[Chronique] Secret show, de Clive Barker

Synopsis

La vie de Randolph Jaffe, modeste employé d'un bureau de poste restante du Nebraska bascule quand, en parcourant les lettres "abandonnées", il met à jour l'existence d'une société secrète qui pratique L'Art, une sorte de magie, un savoir occulte quasi divin. Quittant le Nebraska pour la Californie, il fait la rencontre du Dr Fletcher, avec qui il met au point le Nonce. Ce dernier leur confère un pouvoir mystique et exacerbe leurs différences. Un combat de titans a alors lieu, au cours duquel les deux hommes sont projetés dans les entrailles de la Terre, où ils se retrouvent prisonniers. Jusqu'au jour où ils parviennent à féconder quatre jeunes filles et à reprendre leur combat à travers leurs "enfants".

[Chronique] Secret show, de Clive Barker

La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon quatrième roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady/Castelmore pour ce second trimestre de l'année. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Bragelonne pour ce partenariat et la découverte de cette lecture.

Cette année, chez Bragelonne, est une année de réédition massive des écrits de Clive Barker. Cela tombe bien, car c'est aussi l'année de début de mon partenariat avec la maison d'édition, et je me fais donc un plaisir de chroniquer chaque roman de Barker qui sors cette année.

Un trou perdu…

Je dois vous avouer qu'au début, je me suis demandée où Barker voulait en venir avec son histoire de lettres perdues. J'avais du mal à concevoir où cela pouvait mener de concret. L'idée est évidemment bonne, mais elle offre tellement de possibles que cela donne le tournis. Jaffe va-t-il devenir fou à force de mener ce train de vie, enfermé à décortiquer le courrier perdu des quidams? Va-t-il découvrir un complot, tomber sur la correspondance de l'amour de sa vie, ou encore entendre parler d'un mystère qu'il aurait envie de résoudre?

Le début du roman nous donne l'impression de s'être perdu dans le trou de balle de l'Amérique avec pour seule compagnie notre "ami" Jaffe, étrange petit homme banal, effacé et sans grande ambition. Une sorte de raté, pourrait-on dire.

C'est justement ce sentiment de vie inutile, ce manque d'ambition qui va le pousser, très curieusement, à se passionner pour le courrier qu'il décortique. Un courrier qui, contre toute attente, va révéler bien des mystères qui méritent qu'on s'y attarde.

Jaffe avait eu une vie médiocre. Né à moins d'une centaine de kilomètres d'Omaha, c'était là qu'il avait été éduqué, là qu'il avait enterré ses parents, là qu'il avait par deux fois fait la cour à une femme et échoué à la conduire à l'autel. Il était sorti de l'État à quelques reprises, et il avait même envisagé (après sa seconde tentative maritale infructueuse) de se retirer à Orlando, où vivait sa sœur, mais celle-ci l'avait persuadé de n'en rien faire, prétextant qu'il n'aimerait ni les gens ni le soleil. Il était donc resté à Omaha, perdant souvent son travail pour en chercher un autre, ne s'engageant jamais très longtemps envers quoi que ce soit ni qui que ce soit, ce qui lui était bien rendu.
Mais lors de sa longue retrait dans la Salle des Lettres Mortes, il avait goûté à des horizons dont il n'avait jamais soupçonné l'existence, et cela lui avait donné de l'appétit pour les grands espaces. Quand il n'avait vu au-dehors que le soleil, la banlieue et Mickey Mouse, il n'en avait eu strictement rien à foutre. Pourquoi se soucier de partir en quêtes de telles banalités? Mais à présent, il était plus avisé. Il y avait des mystères à élucider, des pouvoirs à prendre, et quand il serait maître du monde, il anéantirait les banlieues (et le soleil s'il le pouvait) et transformerait l'univers en ténèbres ardentes où l'homme serait enfin capable de connaître les secrets de son âme.

Secret show, de Clive Barker

L'itinéraire d'un enfant gâté…

Au travers de ces écrits perdus, c'est tout un système de croyance que découvre Jaffe. En ouvrant ces enveloppes, il lève un coin du voile qui constitue l'univers et découvre des secrets magiques, des vérités cachées qui vont lui conférer une puissance inégalée. Il entrevoit des vérités jusqu'alors cachées. Le Banc, l'Art, et Quiddity, cette mer onirique à laquelle on n'accède que trois fois dans sa vie.

Jaffe se sent poussé par une force inconnue et quitte son trou de souris. Commence alors un grand voyage que l'on pourrait qualifier d'initiatique, si Jaffe n'était pas aussi "Jaffe". C'est que le bonhomme ne cherche pas à se grandir ou à devenir meilleur, non. Si vous conceviez ce roman comme un récit des révélations qui furent faites à Jaffe sur les chemins de Compostelle, ou lors de sa médiation au sommet du Tibet, chaudement entouré de son sari orange, vous vous trompez lourdement. Ici, nul miracle de Lourdes, nulle apparition de la Sainte Vierge (en même temps, vous vous en doutiez, n'est-ce pas? Avec Barker aux commandes, rien ne peut arriver d'aussi spirituel). Non, bien sûr, tout ce que Jaffe désire, c'est du pouvoir. Le pouvoir de changer sa vie minable et de devenir plus grand, plus puissant qu'il ne l'est. Et ce pouvoir, il le trouve dans cette étrange magie évoquée dans les lettres mortes qu'il triait. Une magie onirique, sombre, mystérieuse, envoûtante… et terriblement glauque.

C'est que Jaffe n'est pas quelqu'un de bien, mais alors pas du tout. Il assassine son boss, couche avec tout et n'importe quoi, violente un vieillard pétomane et laisse les cafards lui faire des gâteries (soit dit en passant, en matière de zoophilie, il y avait sans doute mieux à trouver…).

Parlant de vieillard, celui-ci sera justement le presque aboutissement de son voyage initiatique pseudo-religieux. Il s'appelait Kissoon. Ce n'était pas un cheval blanc, mais il aurait pu devenir l'idole de Jaffe… si celui-ci n'avait pas tenté de le tuer, du moins. En même temps, si Kissoon avait moins mauvaise haleine et avait pu un peu mieux retenir ses ventosités… Oui, oui, parce qu'aussi étrange que cela puisse paraître, on en est là. C'est vrai, je le raconte avec ironie, mais la scène est tout de même assez loufoque, et le personnage du petit vieux est pour le moins surprenant. Soit.

Kissoon était terrifié à présent. Il était adossé au mur de la hutte, les bras écartés à la recherche d'un point d'appui, et Jaffe lui trouva des ressemblances avec une héroïne de film muet. Ses yeux n'étaient plus mi-clos mais grands ouverts et mouillés. On pouvait en dire autant de sa bouche, grande ouverte et mouillée. Il n'arrivait même plus à proférer des menaces ; il se contentait de trembler.
Jaffe tendit une main et la passa autour de la gorge flasque du vieillard. Il affermit sa prise, sentant ses doigts plonger dans la chair. Puis il leva l'autre main, qui tenait le couteau émoussé, jusqu'au coin de l’œil gauche de Kissoon. Le souffle du vieil homme sentait aussi mauvais qu'un pet de malade. Jaffe ne voulait pas le respirer, mais il n'avait pas le choix, et dès qu'il l'inhala, il comprit qu'il s'était fait baiser. Ce souffle était plus que de l'air ranci. Il y avait autre chose là-dedans, quelque chose qui était expulsé du corps de Kissoon et qui s'insinuait dans le sien – ou du moins tentait de le faire. Jaffe lâcha le cou flasque et recula d'un pas.

Secret show, de Clive Barker

Coup de génie…

Bien sûr, Jaffe n'obtiendra rien de Kissoon, car ce dernier est furieux de la façon dont les choses se sont déroulées (et, entre nous, on le serais à moins, non? Moi aussi j'aurais envie d'envoyer sur Mars le premier venu qui essayerait de m'étrangler).

Jaffe va donc devoir trouver une autre personne, une intelligence capable de réaliser pour lui son "grand œuvre" en toute obéissance et soumission. Cette personne, il la trouvera en Fletcher, petit génie qui va mettre au point une substance appelée "nonce".

Cela vous paraît obscur, vu ainsi, n'est-ce pas? Je vous rassure, pour moi aussi, ce n'était pas évident de tout suivre.

Le Nonce, si vous voulez, est une sorte de pierre philosophale. Elle permet de transcender ce avec quoi elle entre en contact. Prenez Raul, par exemple. Raul était un chimpanzé, autrefois, et grâce au Nonce, il va devenir un vrai petit garçon. Un peu trop poilu pour son âge, certes, et incapable de mentir, heureusement pour lui, sinon il aurait eu de sérieux soucis d'appendice nasal.

Mais, à l'instar de l'Anneau unique de Tolkien, le Nonce a sa volonté propre. Il détruira son éprouvette pour mieux sauter au visage de son créateur. C'est ainsi que notre ami Fletcher se verra infligé d'une âme et d'un esprit supérieurs qui lui seront enviés par Jaffe. Et donc, Jaffe prendra le Nonce pour ne faire plus qu'un avec lui. Mais comme toujours dans les livres, il y a des méchants et il y a des gentils. Dans ce cas précis, vous vous doutez que Jaffe est meuchant! Et que Fletcher est gentil, selon toute vraisemblance.

Le premier acte du Nonce fut de mettre la mémoire de Jaffe en marche arrière, de faire défiler sa vie à reculons depuis l'instant où il l'avait touché, perçant chaque événement jusqu'à ce qu'il plonge dans les eaux des entrailles de sa mères. On lui accorda un instant de douloureuse nostalgie pour cet endroit – calme, sécurité -, puis sa vie le saisit à nouveau pour lui faire faire le voyage de retour, tout le long de sa médiocre existence à Omaha. Dès le début de sa vie consciente, il y avait eu tant de rage en lui. Contre les petits et les puissants ; contre les bons élèves et les séducteurs, ceux qui avaient toutes les filles et toutes les bonnes notes. Il ressentit à nouveau cette rage, mais de façon plus intense : comme une cellule cancéreuse grossissant en un clin d’œil pour le distordre. Il vit ses parents disparaître, se vit incapable de s'accrocher à eux, ou de les pleurer après leur départ, mais toujours saisi par la rage, ne sachant ni pourquoi ils avaient vécu ni pourquoi ils s'étaient souciés de la mettre au monde. Il tomba à nouveau amoureux, par deux fois. Fut par deux fois repoussé. Nourrit sa douleur, en décora les cicatrices, laissa sa rage grossir encore. Et entre ces échecs remarquables, le poids perpétuel des emplois qu'il n'arrivait pas à garder, de ces gens qui oubliaient son nom d'un jour à l'autre, des Noëls qui succédaient aux Noëls en ne marquant que le passage des ans. Échouant toujours à comprendre pourquoi il avait été créé – pourquoi on était créé, alors que tout n'était qu'illusion et tromperie, tout finissait dans le néant.

Secret show, de Clive Barker

Le grand combat…

Ils se raguent et se roupètent, ils s'emparouillent et s'endosquent contre terre…

Oui oui, merci Monsieur Henri Michaux. Mais en l’occurrence, ils s'endosquent dans la terre. Car leur combat sera souterrain, faisant trembler le sol américain, créant des failles, des grottes, des tunnels… des fentes aspiratrices dans lesquelles des baigneuses seront impitoyablement noyées, puis recrachées à la surface avec au creux du ventre d'étranges envies de reproduction.

Soit dit en passant, j'ai trouvé qu'à ce stade, l'auteur passe un peu trop rapidement de l'histoire initiale (celle de Jaffe et de Fletcher) à la suite, ce qui fait que le combat dont je vous parle est à peine effleuré. J'ai trouvé cela dommage, car j'aurais trouvé intéressant qu'il soit plus développé.

Ceci étant, sachez que ce combat souterrain n'est que le commencement d'un combat beaucoup plus ample et ô combien plus sournois…

Serial metteur en cloque…

C'est ici qu'intervient l'épisode de la Ligue des vierges. Quatre jeunes filles seront "choisies" par Jaffe et son concurrent, Fletcher, pour mettre au monde leurs descendants, qui continueront sur terre le combat que leurs parents mènent sous leurs pieds.

Étrange, n'est-ce pas? Eh bien, c'est la partie du livre que j'ai préféré. Jaffe, à présent devenu le Jaff, et Fletcher ne se contenteront pas de "féconder" les filles de la manière traditionnelle, pour dire les choses platement. La graine qu'ils sèment en elles est psychologique, elle les poussera à trouver un père biologique à n'importe quel prix et à concevoir un enfant, qui sommes toutes aura deux pères : le père biologique, l'humain, et le père spirituel, le Jaff ou Fletcher.

C'est à partir de ce moment-là que l'histoire prend tout son sens et devient réellement intéressante. Là où, avant, on se demandait où l'auteur voulait en venir, on voit à présent se mettre en place les machiavéliques mécanismes qui mènent au grand final.

Cette histoire de la Ligue des vierges, je l'ai trouvée absolument magistrale. L'ambiance confinée de la petite ville du sud des États-Unis écrasée par la chaleur, le scandale, les rumeurs, le côté glauque et malsain de la situation, le destin tragique des quatre filles et de leurs enfants… C'est vraiment à partir de ce passage que mon intérêt s'est trouvé éveillé, et je n'ai pas été déçue par la suite.

L'étonnement de Randy Krentzman n'avait pas étouffé sa libido. Il ne comprenait pas pourquoi cette fille s'offrait à lui gratuitement, mais une telle occasion était trop rare pour qu'il fasse la fine bouche. Aussi accepta-t-il, du ton de celui à qui on fait de telles propositions tous les jours. Ils restèrent ensemble durant tout l'après-midi, passant à l'acte non pas une fois mais trois. Elle partit à six heures et quart et rentra chez elle avec la satisfaction du devoir accompli. Ce n'était pas de l'amour. Randy était stupide, égoïste et piètre amant. Mais peut-être avait-il fait entrer la vie en elle, ou du moins contribué pour une cuillerée de liquide à l'alchimie de son ventre, et c'était tout ce qu'elle avait désiré de lui. Pas un seul instant ces nouvelles priorités ne furent remises en question. L'objectif de la fécondité était parfaitement clair dans son esprit. Quant au reste de la vie, le passé, l'avenir et le présent, tout n'était que flou.

Secret show, de Clive Barker

Comme l'auteur en parle dans l'entretien dont j'ai fait la chronique il y a peu (voir le lien ci-plus bas), il aime décrire de grandes scènes presque apocalyptiques pour progressivement glisser vers des scènes à plus petite échelle, plus intimistes, plus dramatiques aussi. On sent bien, à ce moment de l'histoire, le passage de la grande fresque où le paysage se déroule à perte de vue au petit tableau ovale centré sur un personnage, un détail, une scène de vie suspendue dans le temps. Mais on sent également que ce petit tableau ovale qui paraît presque anodin aura des répercussions gigantesques sur la grande fresque, et c'est ce qui rend cette scène terriblement attrayante.

Juste… waw!

La scène en elle-même est savamment amenée d'un point de vue narratif. Le mystère se dégage de la toute première phrase du chapitre comme une fumerolle s'échappe de la craquelure d'un volcan. Les filles allèrent deux fois dans l'eau… c'est simple, mais tellement efficace…

Le chapitre qui se déroule sous les yeux du lecteur explique effectivement la première fois où les filles allèrent dans l'eau. Mais à la fin du chapitre, on reste sur sa faim, car de seconde fois, point il n'y a… Si bien que l'on se demande si l'auteur n'a pas commis une erreur. On se questionne, on s'interroge, le mystère monte, et la tension dramatique avec… Oh, ne vous en faites pas, les réponses viendront! Mais seulement quand l'auteur l'aura décidé…

Cette simple phrase, pour moi, est un vrai coup de génie. Non contente de relancer une histoire qui aurait pu partir dans toutes les directions, elle fait grimper le suspens pour l'amener à un point quasi insoutenable. L'auteur prend le lecteur à la gorge pour ne plus le lâcher. Et ce, pour notre plus grand plaisir!

Les filles allèrent deux fois dans l'eau. La première fois, ce fut le lendemain du jour où une tempête avait éclaté au-dessus du comté de Ventura, faisant tomber en une nuit sur la petite ville de Palomo Grove plus d'eau que ses habitants ne se seraient raisonnablement attendus à en voir en une année. Cette mousson n'avait cependant pas adouci la chaleur. Caressée par une faible brise en provenance du désert, la ville cuisait à une température de plus de quarante degrés. Les enfants, qui s'étaient épuisés à jouer dans la chaleur durant toute la matinée, passèrent l'après-midi enfermés. Les chiens maudirent leur fourrure ; les oiseaux refusèrent de chanter. Les vieillards se mirent au lit. Vêtus de leur seule sueur, les amants adultères firent de même. Les infortunés devant accomplir une tâche qu'ils ne pouvaient pas repousser au soir (Dieu veuille que la température consente alors à baisser) se mirent au travail, les yeux fixés sur le trottoir, et chaque pas leur était une épreuve, chaque souffle rendait leurs poumons poisseux.

Secret show, de Clive Barker

En résumé…

J'ai préféré Secret show aux Évangiles écarlates, dans ce sens que l'histoire était mieux ficelée et comportait plus de mystère. La fin était moins brouillonne, également. Les personnages sont toujours aussi peu engageants, toujours aussi amoraux et répugnants, mais c'est aussi ce qui fait le charme des écrits de Barker – oui, il faut croire que nous autres, lecteurs, sommes un peu maso pour nous complaire ainsi dans les ambiances glauques et laisser des personnages peu recommandables peupler nos lectures…

On retrouve dans ce nouvel opus de Barker sa propension à la grandiloquence et à l'exaltation. En effet, certaines scènes pourraient presque être qualifiées de bibliques, tant le sentiment de grandiosité et de mysticisme qui se dégage du texte est puissant. C'est d'ailleurs un peu à cela que tend l'auteur, de son propre aveu (il en parlait dans l'entretien dont je vous parlais un peu plus haut).

Un dernier point qui m'a beaucoup plus dans ce récit, c'est le sentiment que rien n'est inutile, que toutes les actions, si petites soient-elles, auront une incidence sur le reste de l'histoire. Du coup, l'attention du lecteur est maintenue jusqu'à la fin, le suspens ne quitte pas le fil des pages, et on ne peut qu'en être ravi.

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

Votre très dévouée,

Acherontia.

Les autres romans de Clive Barker chroniqués sur ce blog…

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