[Chronique] Par-delà le gouffre des étoiles, de Frédéric Gynsterblom

À défaut d’avoir atteint les sommets de l’horreur, au bout d’une ascension longue et laborieuse, c’est surtout le gouffre de la bêtise que j’ai trouvé… Un trou noir béant qui a avalé aussi bien les étoiles que mes espoirs de fan de Lovecraft.

Acherontia

Synopsis

couv53121210Les Grands Anciens ont été, sont et seront.
Du fin fond des univers multidimensionnels, ils jailliront en légions pour revendiquer la propriété de la Terre, reléguant le bétail humain au rang de pâture gémissante et soumise.
Mais peut-être sont-ils déjà là ? Dissimulés sous les traits de quidams les plus anodins ou sommeillant dans notre ADN, attendant patiemment le début d’un nouveau cycle.
Par la porte du ciel nocturne, ils viendront. Par delà le gouffre des étoiles, ils déferleront sur l’humanité pour l’emporter dans les ténèbres.
En s’inspirant de la mythologie de Lovecraft, Frédéric Gynsterblom est sur le point d’atteindre les sommets de l’horreur.

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It’s always teatime! #2

It's always teatime! #2

A teatime with… Olivier Pietroy

Bonjour bonjour!

Aujourd'hui, je continue ma lecture de cette belle anthologie qu'est Légendes. La nouvelle qui suit n'est pas du genre fantastique, mais s'inscrit clairement dans un courant fantasy. Mais ce n'est pas grave, car certains éléments (la Banshee notamment) relèvent de vieilles légendes qui sont, elles, bien fantastiques.

It's always teatime! #2

Le thé…

Pour cette nouvelle tea party, j'ai choisi un thé vert aromatisé répondant au nom de "Spirit of summer". Ce thé est un vieux souvenir d'un voyage à Londres, où je l'avais acheté à la Tea House de Covent Garden.

La nouvelle…

Il s'agit d'une nouvelle publiée dans le recueil Légendes, dirigé par Jacques Fuentealba.

L'hiver de Belen, d'Olivier Pietroy

Eltran, habitant d'un petit village insulaire, vient de se marier. Lui et son épouse filent le parfait amour. Au point que, le jour où une Banshee annonce à Eltran que la guerre est à leurs portes, celui-ci craint pour la vie de sa femme et de son enfant à naître, et pense aux épouses et aux enfants des ennemis qui mourront au combat.

La plume est simple, mais efficace et poétique. J'ai beaucoup apprécié les questionnements du héros à propos de l'utilité de la guerre, ses doutes, son dégoût de ce qu'il est en train de faire, et la nécessité qu'il a pourtant de le faire. C'est un joli conte qui met en avant l'absurdité de la guerre et des pertes humaines qui l'accompagnent. Du coup, pour moi, la chute est passée un peu inaperçue, même si elle était bien présente, et très logique.

Almetera allait bientôt me rejoindre. Je l'avais prise pour épouse, mais la coutume, ici, exige une première séparation avant la vie commune. Ainsi, elle vivait dans une autre demeure, en compagnie de ses parents. Un rite certainement destiné à apprendre la solitude aux promises puisque les guerriers de Schittily meurent souvent au combat.

Je connaissais Almetera depuis bien des saisons. Nous avions suivi l'enseignement dispensé par Hogan, le prêtre du village, puis j'avais dû la quitter pour accomplir mon éducation militaire à Skaaren, le hameau voisin. De retour sur nos terres, mon entraînement terminé, j'avais demandé sa main.

Voilà que quatre lunes plus tard, nous allions fonder notre propre foyer. J'avais construit cette coquette habitation de mes propres mains. Son agencement ne comptait rien d'extravagant ; des murs de pierres noires, un toit de lauzes et des portes en sapin achetées chez un marchand du continent. Il n'y avait pas de quoi s'extasier, mais cette bâtisse verrait notre amour perdurer, naître nos enfants et offrirait un dernier refuge idéal à nos corps fatigués.

En ce jour, cet abri douillet allait s'emplir d'un souffle vital, pur et féminin. Je me posai sur le banc de bois, que j'avais confectionné, et attendis l'arrivée de ma dulcinée. Elle se présenta accompagnée de ses trois sœurs. Comme le veut la tradition, elle portait une couronne d'épines et une robe de laine. Nous avions célébré les fiançailles ascétiques, nous devions connaître les fiançailles de fusion, après, et seulement après, nous serions considérés comme du même sang.

L'hiver de Belen, d'Olivier Pietroy

Ma progression dans le recueil

2 nouvelles lues sur 21!

À très bientôt pour une nouvelle tea party!

Si vous appréciez ce concept, n'hésitez pas à faire pareil et à venir parler des nouvelles que vous avez lues, soit en commentaire de cet article, soit sur la page Facebook du blog!

Let’s have a beer #2

Let's have a beer #2

Let's have a beer with… Clark Ashton Smith

Bonjour tout le monde!

Me revoici pour un nouveau rendez-vous de Let's have a beer! Un rendez-vous incontournable, ou je lis -nous lisons- une nouvelle fantasy autour d'une bonne bière…

Let's have a beer #2

La bière…

Pour cette semaine, j'ai opté pour une Légia cassis-menthe bien fraîche… achetée au supermarché du coin, tout simplement!

La nouvelle…

Celle que j'ai lu aujourd'hui provient d'une anthologie publiée chez Omnibus et intitulée "La grande anthologie de la fantasy". Les textes de cette antho ont été sélectionnés et réunis par Marc Duveau. Voici cette fameuse nouvelle :

Le voyage du roi Euvoran, de Clark Ashton Smith

Le roi Euvoran règne sur sa corps en arborant une magnifique couronne léguée par ses ancêtres. Non contente d'être construite dans l'or le plus précieuse et sertie des gemmes les plus recherchées, elle est surmontée d'un oiseau empaillé qui serait le dernier de son espèce. Malheureusement pour Euvoran, un nécromancien vient le voir un jour, et ranime l'oiseau de sa couronne, qui se fait la malle joyeusement. Euvoran est à présent condamné à rechercher l'oiseau avant de perdre sa dignité de monarque.

Le style d'écriture de cette nouvelle, ses descriptions, son vocabulaire, sont vraiment très chouettes. L'ambiance est parfaite, certaines idées sont bien trouvées (notamment ce peuple-oiseau qui empaille des humains pour les punir), mais malgré tout, je lui ai trouvé certaines longueurs, et une chute qui m'a plutôt laissée de marbre. Enfin, s'il s'agit vraiment d'une chute?

D'après les matelots qui avaient tué l'oiseau dans l'île quasi légendaire de Sotar, située loin à l'est du continent de Zothique, ce gazolba était le dernier de son espèce. Comme il ornait la couronne d'Ustaim depuis neuf générations, les rois en étaient venus à le considérer à la fois comme l'emblème sacré de leur pouvoir et comme un talisman dont la perte entraînerait les plus terribles catastrophes.
Euvoran, fils de Karpoom, fut le neuvième porteur de la couronne. Elle trônait sur sa tête dans toute sa magnificence depuis dix ans et dix mois ; en fait, depuis le décès de Karpoom, provoqué par une indigestion d'anguilles farcies et d’œufs de salamandre en gelée. Lors des manifestations officielles, réceptions, audiences publiques et séances judiciaires, elle avait ceint le front du jeune roi, lui conférant une majesté redoutable aux yeux des spectateurs éblouis. Elle avait également servi à dissimuler l'accroissement déplorable d'une calvitie précoce.
À la fin de l'automne de la troisième année de son règne, le roi Euvoran, après avoir pris un copieux petit déjeuner comprenant douze plats accompagnés de douze vins, se rendit selon son habitude au palais de justice. De celui-ci, qui occupait une aile entière de son palais dans la cité d'Aramoam, on embrassait d'un seul regard le marbre versicolore des collines couvertes de palmiers et les lazulis onduleux de l'océans oriental.

Le voyage du roi Euvoran, par Clark Ashton Smith

Ma progression dans "La grande anthologie de la fantasy"…

4 nouvelles lues sur 71!

À très bientôt pour une nouvelle bière!

Si vous appréciez ce concept, n'hésitez pas à faire pareil et à venir parler des nouvelles que vous avez lues, soit en commentaire de cet article, soit sur la page Facebook du blog!

Cereal readers #1

Cereal readers #1

Des Golden Grahams en compagnie de Graham Masterton!

Bonjour tout le monde!

Vous le savez peut-être déjà, je me suis prise de goût pour l'écriture de nouvelles, mais je constate que j'en ai lu trop peu sur ma courte vie. Or, cela peut s'avérer utile pour glaner des idées et apprendre à construire ces courtes histoires d'une main de maître. Afin de remédier à ce triste constat, j'ai décidé de vous donner rendez-vous les dimanches matins (les vendredis et les samedis aussi, mais cela, je vous l'ai déjà expliqué ^^). Un grand bol de céréales sur les genoux, je lirai une (ou plusieurs) nouvelle(s) d'horreur ou de steampunk, et vous donnerai mon avis dans un court article.

Cela me permet, d'une part, de lire davantage de nouvelles et de découvrir de nouveaux auteurs, et d'une autre part de progressivement vider ma PAL des grosses anthologies qui la peuplent. Et, par la même occasion, de retomber un peu en enfance en m'enfilant un bol de céréales comme au bon vieux temps 😉

Je ne sais pas encore si ce rendez-vous sera hebdomadaire ou pas… Il est à l'essai jusqu'en septembre. Dès lors, je devrai décider d'une fréquence, en fonction de ce que je peux lire, de ce que je peux chroniquer, et aussi de ce que mon corps peut absorber sans trop prendre de poids (déjà que j'essaie d'en perdre…)!

Mais cessons de tergiverser, et allons déguster ces céréales avant qu'elles ne ramollissent!

La nouvelle… Le Laird de Dunain, par Graham Masterton

Cette nouvelle a été publiée dans sa version originale en 1992 dans le recueil The Mammouth book of vampires, puis traduite par Dennis Labbé et publiée en français dans la revue Phenix n°38.

Claire et sa classe de dessin partent en voyage en Écosse afin d'y peaufiner leur formation en y dessinant les paysages. Ils logent dans le château du Laird de Dunain, un énigmatique personnage. Celui-ci s'intéresse au travail de Claire et lui demande de faire son portrait. Claire est ravie et accepte de bonne grâce, mais très vite, elle va s'apercevoir que peindre le Laird n'est pas chose si aisée…

J'ai littéralement adoré cette nouvelle, d'une part parce que c'est Graham Masterton qui l'a écrite, et on sait tous bien qu'il est l'un de mes auteurs d'horreur favoris, si pas mon favoris tout court. Et d'une autre part parce que les mécanismes qui régissent cette nouvelle sont tout bonnement machiavéliques. On savait déjà que Masterton appréciait les histoires de tableaux qui évoluent avec les personnages qu'ils dépeignent (son roman Le portrait du mal le prouve bien). Ici encore, l'on retrouve ce concept, avec de belles scènes gores, des descriptions et style propres à l'auteur, et une chute magistrale qui en surprendra plus d'un.

Dans les premières brumes matinales, le Laird du Dunain sortit sur les pelouses vêtu d'un kilt, d'un sporran et d'un épais pull-over beige. Il avait le visage pâle, osseux, agréable, une barbe rousse comme les flammes, ses cheveux en bataille ressemblaient à un carré de chardons sauvages. Le pur Écossais, exactement comme celui que l'on peut voir sur les boîtes de pain ou sur les bouteilles de whisky pur malt. Excepté qu'il paraissait plus crispé et plus décharné, plus affamé spirituellement aussi.
C'était la première fois que Claire le voyait depuis son arrivée. Elle tendit le bras, tapa doucement sur celui de Duncan avec le bout de son pinceau en lui disant :
– Regarde, ça y est! N'est-ce pas fantastique?

Retrouvez les scènes gores de cette nouvelle dans ma nouvelle collection d'extraits… Frissons garantis!

Ma progression dans le Phenix n°38…

Cereal readers #1

1 nouvelle sur 7 lue!

Cereal readers #1

À très bientôt pour un nouveau Cereal Readers!

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It’s always teatime! #1

It's always teatime! #1

A tea party with… Nicolas Chapperon!

Bonjour tout le monde!

Vous le savez peut-être déjà, je me suis prise de goût pour l'écriture de nouvelles, mais je constate que j'en ai lu trop peu sur ma courte vie. Or, cela peut s'avérer utile pour glaner des idées et apprendre à construire ces courtes histoires d'une main de maître. Afin de remédier à ce triste constat, j'ai décidé de vous donner rendez-vous les samedi à 16h (les vendredis et les dimanches aussi, mais cela, je vous l'expliquerai les jours concernés ^^). Une tasse de thé à la main, je lirai une (ou plusieurs) nouvelle(s) fantastique, et vous donnerai mon avis dans un court article.

Cela me permet, d'une part, de lire davantage de nouvelles et de découvrir de nouveaux auteurs, et d'une autre part de progressivement vider ma PAL des grosses anthologies qui la peuplent. Et, par la même occasion, de tester de nouveaux thés et/ou tisanes 😉

Je ne sais pas encore si ce rendez-vous sera hebdomadaire ou pas… Il est à l'essai jusqu'en septembre. Dès lors, je devrai décider d'une fréquence, en fonction de ce que je peux lire, de ce que je peux chroniquer, et aussi de ce que mon corps peut absorber sans trop prendre de poids (déjà que j'essaie d'en perdre…)!

Mais cessons de tergiverser, et allons boire cette tasse de thé avant qu'elle ne refroidisse!

It's always teatime! #1

Le thé…

Cette semaine, j'ai choisi de goûter au Thé des belges, un thé au spéculoos que j'ai déniché à l'Avouerie d'Anthisnes…

La nouvelle…

La nouvelle que j'ai lu aujourd'hui provient d'un recueil intitulé "Légendes!" et dirigé par Jacques Fuentealba. Je l'avais acheté cette année au Salon fantastique de Paris parce que j'avais craqué pour la couverture. Voici la nouvelle en question :

Le soldat à la cuillère, de Nicolas Chapperon

La nouvelle nous relate l'histoire du soldat à la cuillère, un homme ordinaire devenu une divinité par la force des choses. Une divinité vénérée dans un tout petit temple en bas d'une rue obscure…

J'ai trouvé cette nouvelle fort sympathique, d'une part parce qu'elle contient une bonne dose d'humour, d'une autre part parce qu'elle débute par un sujet auquel on ne se serait pas attendu au vu du titre. La nouvelle débute sur l'extrait ci-plus bas, puis dérive sur une histoire rocambolesque, qui finit par le coup d'éclat du soldat à la cuillère. Jusqu'à la fin, je me suis demandée où l'auteur voulait me mener, quelle allait être la chute, et surtout, qui était ce fameux soldat à la cuillère… Le titre paraît incongru quand on voit que l'histoire parle de religions et de divinités, mais ne vous en faites pas, tout s'éclaire à la fin!

S'il vous arrive un jour d'être lassé par votre divinité tutélaire, de ne plus supporter la routine de ses cérémonies, d'exécrer les discours creux de vos prêtres, alors il est temps de vous rendre sur la rue des Temples. Cette étrange artère a été créée il y a de ça quelques siècles par un sultan désireux de rassembler dans un même lieu tout ce que la ville d'Arnèst comptait de religions turbulentes et minoritaires afin de mieux les contrôler et de garantir la tranquillité des autres quartiers. C'est un passage en pente, coupée par de nombreux escaliers. Si, au cours de votre descente, les vociférations agressives de prédicateurs hystériques résonnent en vous comme une cacophonie insupportable, si aucun de leurs mots n'éveille la moindre parcelle d'envie, vous arriverez sans doute au bas des derniers degrés, là où la rue se jette dans celle de la Désillusion. Cependant, si vous regardez à gauche, il vous restera une petite chance de ne pas être venu ici pour rien.

Le soldat à la cuillère, de Nicolas Chapperon

Ma progression dans le recueil "Légendes!"…

It's always teatime! #1

1 nouvelle lue sur 21!

It's always teatime! #1

À très bientôt pour une nouvelle tea party!

Si vous appréciez ce concept, n'hésitez pas à faire pareil et à venir parler des nouvelles que vous avez lues, soit en commentaire de cet article, soit sur la page Facebook du blog!

Let’s have a beer! #1

Let's have a beer! #1

Let's have a beer with… Lord Dunsany et Hannes Bok

Bonjour tout le monde!

Vous le savez peut-être déjà, je me suis prise de goût pour l'écriture de nouvelles, mais je constate que j'en ai lu trop peu sur ma courte vie. Or, cela peut s'avérer utile pour glaner des idées et apprendre à construire ces courtes histoires d'une main de maître. Afin de remédier à ce triste constat, j'ai décidé de vous donner rendez-vous les vendredis soirs (les samedis et les dimanches aussi, mais cela, je vous l'expliquerai les jours concernés ^^). Une bonne chope de bière à la main, je lirai une (ou plusieurs) nouvelle(s) fantasy, et vous donnerai mon avis dans un court article.

Cela me permet, d'une part, de lire davantage de nouvelles et de découvrir de nouveaux auteurs, et d'une autre part de progressivement vider ma PAL des grosses anthologies qui la peuplent. Et, par la même occasion, de tester toutes les bières spéciales auxquelles je n'ai pas encore goûté 😉

Je ne sais pas encore si ce rendez-vous sera hebdomadaire ou pas… Il est à l'essai jusqu'en septembre. Dès lors, je devrai décider d'une fréquence, en fonction de ce que je peux lire, de ce que je peux chroniquer, et aussi de ce que mon corps peut absorber sans trop prendre de poids (déjà que j'essaie d'en perdre…)!

Mais cessons de tergiverser, et allons prendre cette bière!

La bière…

Cette semaine, j'ai choisis une Apogée, produite par la brasserie belge Fulltime Hops, et achetée à la boutique de l'Avouerie d'Anthisnes.

Voici ce qu'en dit son brasseur :

L’Apogée est une bière rousse brassée avec du malt tourbé dans laquelle on fait macérer des copeaux de chêne imbibés au whisky durant la fermentation… titrant 6% vol.alc, donc très légère et avec un goût venu de l’espace intersidéral !

Fulltime Hops

Les nouvelles…

Les deux nouvelles que j'ai lu aujourd'hui proviennent d'une anthologie publiée chez Omnibus et intitulée "La grande anthologie de la fantasy". Les textes ont été sélectionnés et réunis par Marc Duveau. Les deux nouvelles que j'ai choisi de lire aujourd'hui sont les suivantes :

Chu-Bu et Sheemish, de Lord Dunsany

Cette nouvelle est initialement parue dans "Le livre des merveilles".

Chu-Bu était une divinité mineure dont la statue était idolâtrée dans un petit temple de Ting. Mais un jour, une autre statue fut introduite dans le même temple, et idolâtrée au même titre que celle de Chu-Bu. C'était la statue de Sheemish, un autre dieu mineur. Chu-Bu en conçut une terrible jalousie, et passa dès lors son temps à regagner l'adoration de ses fidèles.

J'ai adoré cette nouvelle, toute simple et pourtant truffée d'humour. Cette histoire de dieux jaloux m'a vraiment prêté à sourire, surtout à la lecture de leurs petites vengeances personnelles et de leurs insultes dignes d'une cours de récré. J'ai trouvé cela succulent. Et la finale est plutôt surprenante, avec une bonne chute.

Il s'agissait probablement pour la nouvelle idole d'affermir sa réputation. Mais je doute que Chu-Bu se soit préoccupé un seul instant de ses motivations. Pour le dieu déjà consumé de jalousie, le simple fait de savoir que son rival honni s'apprêtait à faire un miracle dépassait tout ce qui était admissible. Sans hésiter, Chu-Bu concentra de nouveau toutes ses forces pour obtenir un tremblement de terre, même un tout petit. Pendant quelques instants tout se figea et attendit dans le temple de Chu-Bu, mais aucun tremblement de terre ne vint.
Être un dieu et ne pas réussir un miracle donne une sensation assez horrible. C'est à peu de chose près comme si, dans le cas des êtres humains, quelqu'un s'apprêtait à éternuer de belle façon et qu'aucun éternuement ne venait ; ou bien encore comme si quelqu'un décidait de nager avec de lourdes chaussures de marche, ou bien tentait de se souvenir d'un nom oublié depuis longtemps. Tous ces désagréments étaient aussi ceux que connaissait Sheemish en cet instant.

Chu-Bu et Sheemish, de Lord Dunsany

La quête de la pierre, de Hannes Bok

Dans un royaume qui ressemble au Japon ou à la Chine traditionnelles, l'empereur Po Ko souhaite partir à la quête de la Pierre du Pouvoir, qu'il doit dérober à un puissant magicien. Bien des obstacles jalonneront son chemin.

La véritable force de cette nouvelle, ce sont les descriptions. Elles se veulent démesurément poétiques, imitant le style asiatique traditionnel, très pompeux et exalté. Mais il y a une surenchère dans la démesure qui prête à sourire, parce qu'on sent bien que, par ce biais, l'auteur tourne un peu le style en dérision. Comme lorsqu'il parle de la cité impériale d'Oa, dont le nom signifie "Le lit du fleuve visité jadis par la déesse Tow Kow et son cortège de neuf cent quatre vierges sages"… Le tout m'a fait penser à un mash-up entre Karaté Kid et Elric le nécromancien. C'était au final assez comique, et remarquablement bien écrit.

Le globe doré du soleil se prélassait languissamment sur les coussins bleutés de l'horizon, tandis que d'entêtants zéphyrs susurraient au travers de ses rayons de miel, caressant au passage la joue ferme, lisse, couleur de pain d'épice de l'empereur Po Ko et faisant frémir l'éventail en plumes de paon qu'il agitait négligemment d'une main aux ongles effilés, semblables à des griffes laquées. Sur la terrasse la plus élevée de ses jardins, l'empereur occupait son trône du mercredi, tout d'argent et de malachite. C'était un homme long et mince comme une stalagmite mordorée, élégamment drapé dans les vastes plis d'un kimono bleu vif, dont l'étoffe soyeuse disparaissait sous de riches broderies représentant des chimères et des dragons s'accouplant dans des gerbes de flammes.

La quête de la pierre, de Hannes Bok

Ma progression dans "La grande anthologie de la fantasy"…

Let's have a beer! #1

3 nouvelles lues sur 71 pour ce recueil de nouvelles fantasy!

Let's have a beer! #1

À très bientôt pour une nouvelle bière!

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