[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

Synopsis du tome 1…

À la bibliothèque pour enfant "La rose trémière" vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd'hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu'il leur trouvera le livre salvateur.

[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

Synopsis du tome 2…

Mikoshiba, que l'on appelle affectueusement "le champignon", est le célèbre bibliothécaire pour enfants de "La Rose Trémière". Derrière sa façon un peu rude de parler se cache en fait un personnage très agréable que les gens découvrent à travers les livres qu'il conseille. Adulte tourmenté ou enfant triste, chacun ressent le besoin de lire des livres.

C'est à travers la rencontre de ces personnes que nous est contée la suite des aventures de Mikoshiba, le "sommelier du livre pour enfant".

La loi d'attraction universelle…

J'ai découvert ce manga totalement par hasard, par l'entremise d'un collègue qui possède la collection et que m'a prêté les deux premiers tomes. Il m'a fallu un temps certain pour les entamer, car, vous l'aurez peut-être remarqué, je ne suis guère portée sur les mangas… Mais celui-ci m'intriguait de par son sujet, le métier de bibliothécaire, et donc j'ai fini par craquer et ouvrir le premier tome. Ce ne fut pas une si mauvaise idée…

Graphiquement parlant…

De mon point de vue de "very casual" lectrice de mangas, si je trouve les dessins de certains d'entre eux d'une grande beauté, il y en a beaucoup d'autres dont les graphismes laissent à désirer. C'est d'ailleurs souvent le premier qui me bloque dans la lecture de mangas, car si je n'apprécie pas le graphisme, il y a peu de chances que j'accroche à l'histoire.

Dans le présent cas, après avoir feuilleté le premier tome, j'ai été soulagée de constater que je n'étais pas rebutée par le style des dessins, que je qualifierais d'artistiquement sobres. Cette sobriété n'est d'ailleurs pas pour me déplaire, car j'apprécie fort peu la profusion de détails qui, mariés au noir et blanc du dessin, sans compter les caractères japonais à gauche à droite ou encore le sens de lecture inversé, gênent ma lecture plus qu'autre chose.

Ce sont les livres qui te choisissent…

Si je me penche sur le contenu, à présent, j'ai noté plusieurs points forts qui méritent d'être soulignés. Notamment le concept général, qui est "ce n'est pas toi qui choisis les livres, ce sont les livres qui te choisissent". Ainsi, les lecteurs qui fréquentent la bibliothèque de la Rose Trémière (c'est la bibliothèque dont il est question dans le manga) ne choisissent pas réellement leurs livres. Ils tombent par hasard sur LE livre qu'il leur faut lire au bon moment, LE livre qui pourra les aider à résoudre leurs tracas ou, à tout le moins, qui pourra les aider à y voir plus clair. Enfin, quand je dis hasard… le hasard porte bien souvent le nom de Mikoshiba et se promène dans les rayonnages avec l'air bougon et une coiffure de champignon.

Le sommelier du livre pour enfants…

Mais qui donc est ce Mikoshiba qui hante de ses pas la bibliothèque de la Rose Trémière? Ce drôle d'oiseau est surnommé "le champignon" par les enfants, en raison de sa coiffure pour le moins inesthétique, et renommé mycose-shiba par mes soins (que voulez-vous, on ne se refait pas…). Heureusement, de par son intelligence et ses connaissances en matière de littérature enfantine, ce (presque) sympathique monsieur évoque plus la moisissure noble que la lépiote ou le champignon de Paris. C'est qu'il en a sous le bouchon, notre bibliothécaire en chef! Il surfe sur les pages depuis son plus jeune âge, fréquentant assidûment la bibliothèque de son quartier. Sa très grande connaissance des livres pour enfants le mènera à rencontrer l'actuelle directrice de la Rose Trémière, qui l'engage et le place au poste délicat des acquisitions.

Outre son incroyable érudition littéraire, Mikoshiba possède également un don rare, une sorte de feeling qui lui permet de proposer le bon livre à la bonne personne, et ce au moment où elle en a le plus besoin. Il semblerait que, sous ses airs d'intello coincé, le bonhomme soit plus fin psychologue qu'il n'y parait. Si j'ai dans un premier temps regretté le cliché du bibliothécaire grognon qui passe son temps à gendarmer les lecteurs, j'ai vite compris que ce n'était qu'une façade. Plus on avance dans ce manga, plus on finit par s'attacher à lui d'une manière ou d'une autre, et ce malgré ses manières abruptes et son manque de sourire.

Du métier de bibliothécaire…

Le manga dans son ensemble est construit comme une sorte d'apologie du métier de bibliothécaire. Ce n'est pas pour me déplaire, puisque je suis moi-même bibliothécaire-documentaliste. D'accord, je ne travaille pas dans une bibliothèque pour enfants (je crois que ce n'est pas demain la veille que cela arrivera ^^'), mais le travail effectué reste sensiblement similaire. Ici, tout est fait pour redorer le blason du métier (l'attitude étrange de Mikoshiba mise à part). Les collègues de Mikoshiba sont amicales et attentives aux lecteurs, la bibliothèque est accueillante, les lecteurs y trouvent toujours ce qu'ils cherchent, en repartent avec un sentiment de profonde béatitude, et y reviennent régulièrement (certains y passent même le plus clair de leurs journées). Les connaissances de Mikoshiba et l'aide qu'il parvient à apporter aux lecteurs donne envie, pour ceux qui sont du métier, de l'imiter et d'améliorer, de son côté, les services que l'on rend pendant les heures de travail.

Ceci dit, il y a tout de même un hic… On ne voit pratiquement jamais les bibliothécaires travailler. Ils passent la quasi entièreté de leur temps à papoter avec l'un ou l'autre – et ranger un livre de temps à autre, quand l'envie les prend. Parfois, on assiste à une heure du conte pour les tous petits. Mais ça blablate quand même beaucoup, pour du personnel censé travaillé. Alors certes, sans blabla, il n'y aura tout simplement pas d'histoire. Mais tout de même… Un peu plus de rangement, d'encodage des livres, d'acquisitions, de…

Le résumé à la grosse louche…

Lorsqu'un lecteur a trouvé son livre idéal, l'auteur de ce manga nous offre des vues de ce lecteur occupé à lire le livre en question. C'est alors la bonne occasion pour proposer au lecteur un petit résumé du livre qui est en train d'être lu, le tout en image et avec des mots très simples. J'ai bien aimé ces petits interludes littéraires, d'autant plus qu'ils sont très poétiques et permettent de découvrir des grands classiques, si nous ne les connaissions pas déjà. Un résumé "à la grosse louche", certes, car il faut laisser de la place pour l'histoire, mais cela n'est pas dérangeant, cela donne un peu de légèreté à l'ensemble.

Parce qu'un manga reste un manga…

Je ne le cache pas, la lecture de mangas reste pour moi assez compliquée. Je ne pense pas que le sens de lecture soit le principal problème. Ce qui me perturbe surtout, c'est que, n'ayant lu que très peu de mangas, je ne suis pas familiarisée avec les codes en usage dans ce type de livre. De nombreux caractères japonais censés correspondre à des onomatopées ou… à d'autres choses qui me sont totalement inconnues demeurent très sibyllins à mes yeux. L'attitude des personnages me semble parfois étrange, j'ai du mal à décoder leurs expressions, et donc leurs sentiments. Le fait que la plupart des mangas soient en noir et blanc ne facilite pas ma compréhension. Je dois parfois relire une page pour comprendre ce qui s'y passe, car les mouvements et les actions ne sont pas clairs pour moi.

Enfin, ce n'est pas que ce manga en particulier soit mauvais, je pense surtout que c'est moi qui suis peu accoutumée à en lire…

En résumé…

J'ai vraiment bien aimé le thème, le concept ainsi que les personnages et leur psychologie. Les dessins sont sympas aussi, même s'ils ne sont pas aussi recherchés que ceux de Black Butler (pour ne citer que celui-là). Ce qu'il y a de bien avec ce type de bouquins, c'est que cela nous rappelle qu'il y a encore du bon dans ce monde, monsieur Frodon, et qu'il faut se battre pour ça. Les gens bien existent, les bibliothèques sympas où l'on trouve tout ce qu'on veut existent, les livres qui nous aident à grandir existent. Le tout, c'est de tomber dessus…

Ma note : 17/20 - Une parenthèse de douceur dans un monde de brutes ^^

[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

Et, si ce n'est déjà fait, n'hésitez pas à me rejoindre sur ma page Facebook! Vous y trouverez une nouvelle "section", dans laquelle je posterai des extraits des romans en cours de lecture. Des extraits, seulement, hein ^^

Black Bard. Tome 1, d’Ichiya Sazanami

Black Bard. Tome 1, d'Ichiya Sazanami

Black Bard, l’irrésistible ménestrel à la lyre d’or, parcourt le monde en suivant la seule loi de son art. Une reine-sorcière ou un équipage de pirates, il ne redoute aucun public et charme toujours son assistance. Illusionniste, héros de l’ombre ou poète borné, qui est-il vraiment ? Chut… Le chant commence…

Les lois de l'attraction universelle…

Ce qui m'a attirée vers ce manga? C'est très simple! Les dessins, d'une part, très goths, et le fait que le personnage principale joue d'une sorte de harpe ronde très étrange qui m'intriguait beaucoup…

La première phrase…

Aucun doute, c'est bien… le royaume de la Reine-Sorcière!

De biens beaux dessins…

La première chose qui m'ait frappée à l'ouverture de ce manga, ce sont les dessins, très fouillés, très recherché et très aboutis. J'ai vraiment apprécié le sens du détail de l'auteur. Rien que le costume de Black Bard est à baver… Et celui de la Reine-Sorcière, donc! Mention très bien pour le dessin, vraiment! Et petit clin d'oeil à tous mes amis goths, ce manga est fait pour vous 😉

Une histoire… histoire?

Le petit bémol, ici, c'est justement l'histoire. Je l'ai trouvée un peu insipide, un peu banale. Certes, l'on suit les aventures de ce ménestrel qui voyage autour du monde à la recherche de nouvelles chansons et de nouveaux publics. Mais… et après? J'ai trouvé finalement assez peu de rebondissements, et ça m'a laissée un peu sur ma faim. J'aurais aimé une histoire plus suivie, et non une suite de petites aventures ayant pour seul fil conducteur le voyage de Black Bard (voyage dans quel but, d'ailleurs?). Ou alors il y a quelque chose que je n'ai pas capté…

Un chouette personnage…

En revanche, j'ai vraiment apprécié le personnage de Black Bard, jeune homme mélomane à la recherche de nouvelles mélodies et de nouvelles histoires à véhiculer. J'ai apprécié sa façon de s'investir dans sa musique et dans son métier de barde. J'ai également aimé son grand coeur, sa volonté de rendre service par le biais de son travail de colportage musical, son humanisme et son calme olympien. Black Bard est un personnage attachant, et au final, c'est ce qui rend ce manga intéressant à lire malgré le peu de rebondissements.

En résumé…

Les petits plus…

  • Un personnage principal très attachant
  • Des dessins sublimes
  • Un thème original

Les petits moins…

  • Une histoire plutôt insipide, assez peu de rebondissements
Ma note : 7,5/10

Chi, une vie de chat. Tome 1, de Konami Kanata

Chi, une vie de chat. Tome 1, de Konami Kanata

Ce manga raconte l’histoire d’un petit chat recueilli par une famille et son évolution au sein de cette famille. Chaque épisode met en scène un moment marquant de cette vie de chat : sa première rencontre avec une auto, avec un chien, comment il va apprendre à faire ses besoins dans la litière, le bon goût des croquettes, la chaleur du soleil à travers les vitres, le confort ouaté des pantoufles de papa, etc. Seul problème, la famille ne peut normalement pas posséder d'animaux dans leur appartement, cela est interdit par le propriétaire de l'immeuble. Qu'adviendra-t-il si le chat est découvert?

Les lois de l'attraction universelle…

Ce qui m'a attirée vers cette lecture?

Mon amour pour les chats, bien sûr! Et mon amour naissant pour le japon, également, je dois bien l'avouer… J'ai vu le manga en passant à la FNAC, je l'ai acheté sur un coup de tête, et je ne l'ai pas regretté!

La première phrase…

Oh?

Simple mais efficace…

A première vue, je me suis dit : "Aïe, qu'est-ce qui m'a pris d'acheter ce manga? Ca sent la fleur bleue à deux kilomètres! Déjà la couverture couleur de cupcake, ça pue le manga de fillette, ça! Et puis… quoi?!? Un manga qui se lit à l'envers? Non mais ça va pas?"

Bon, c'est certain, au début ça n'a pas l'air de casser des briques… Un chaton abandonné sur la voie publique, l'animal "parle", mais pas beaucoup, ou en tout cas aucune parole transcendante ne sort de sa bouche. Mwouais… Sur le coup, j'ai failli regretter mon chat/choix…

Et puis l'histoire s'étoffe, un peu. Le chaton se trouve une gentille famille. Et c'est là que l'on comprend où l'auteur voulait nous mener… Parce qu'au fur et à mesure que Chi et sa nouvelle famille font connaissance, le lecteur rencontre de plus en plus de situations cocasses qui prêtent à rire. Certes, le scénario est simple, mais c'est peut-être aussi ce qui fait sa force. On se prête vite au jeu de cette histoire toute simple, détendante, qui pétille la joie de vivre et qui donne à sourire.

Des attitudes "chatiennes"…

Un point sur lequel j'ai vraiment halluciné, c'est la justesse des dessins de Chi. Les attitudes du chaton sont d'une réalité à couper le souffle, on croirait presque voir un véritable chat. Je tire mon chapeau à l'auteur pour son sens minutieux de l'observation et son coup de crayon effroyablement efficace…

En résumé…

Les petits plus…

  • De bons moments de rire
  • On retrouve bien les attitudes et les postures des chats au travers du dessin
  • On se laisse attendrir par Chi et ses aventures

Les petits moins…

  • Une histoire peut-être un peu simpliste
  • Un manga qui se lit dans le sens de lecture européen… pour les puristes, ça passe moins bien.
  • Les lecteurs que les chats rendent indifférents s’ennuieront vite. Mais bon, en même temps, quelqu'un qui n'aime pas les chats n'ira sans doute pas lire ce manga, pas vrai?
Ma note : 8,5/10