[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin.

Acherontia

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

 

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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Acherontia’s chronicles – Godblind 1

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je tiens d’abord à remercier les éditions Bragelonne pour ce service presse. C’est une lecture que j’avais demandé sur la plateforme Netgalley.fr, et cela m’a fait très plaisir d’être sélectionnée pour le lire et le chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que le résumé m’a plu, tout simplement. Je vois que l’auteur nous parle de dieux assoiffés de sang, de guerre, de sinistres rituels… forcément, j’accroche! Et puis bon, il faut avouer aussi que la couverture n’y est pas étrangère. Je sais que l’habit ne fait pas le moine, mais vous savez, je peux parfois être bien faible face à un visuel attractif…

Du sang gicla sur les doigts de Rillirin, sur son bras, son visage, sur sa gorge et sa poitrine, en vagues chaudes qui allèrent lécher le sol, puis les genoux de Liris se dérobèrent et il tomba. Elle tomba avec lui en continuant de lui assener coup sur coup bien que cela fût inutile, et bien après que Liris eût lâché un dernier souffle bouillonnant de sang ; jusqu’à ce que le visage du roi, son cou et son torse, ne fussent plus qu’une masse sanguinolente de chairs déchirées.
Rouge de sang, rouge comme la vengeance, Rillirin cracha sur le cadavre et attendit la nuit.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je dois avouer qu’en matière de dark fantasy, je me serais attendue à mieux. Déjà à l’ouverture de mon ebook, je suis déçue : aucune carte ne vient introduire ma lecture. C’est pourtant un minimum pour un roman de fantasy, me semble-t-il. Je ne peux calculer le nombre de fois où je me suis fait une joie de détailler ces cartes, m’en imprégnant au maximum afin de pouvoir suivre presque visuellement les pérégrinations des personnages. Là, pour le coup, ça sent le sapin…

Au fil de ma lecture, je constate que l’univers dépeint par Anna Stephens est assez réduit. Heureusement, d’un côté, car nous n’avions pas de carte. Malheureusement d’un autre côté, car j’aurais vraiment avoir un univers plus large et plus construit. L’auteur se concentre sur une petite région qu’est le Rilpor et ses alentours. On se doute que cette région doit faire partie d’un univers beaucoup plus large, mais cet univers n’est à aucun moment évoqué. Pas même une mention ou un clin d’œil à d’autres contrées, d’autres peuples, d’autres cieux. C’est assez perturbant, car cela confère un sentiment d’étroitesse, d’emprisonnement. Ce sentiment est encore plus renforcé par le fait que l’histoire même ne détaille que peu l’histoire du Rilpor. Même le bannissement des dieux du sang, événement pourtant majeur et au centre du récit, n’est pas suffisamment développé. Et c’est bien dommage!

Moi qui m’attendais à quelque chose d’innovant, j’en ai été pour mes frais, car nous sommes clairement sur de la fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Un univers médiéval, des dieux, des hommes qui font la guerre pour leurs beaux yeux, des machinations et des intrigues politiques, des trahisons… Rien de nouveau sous le soleil, donc. C’est de la bonne fantasy, mais cela ne renouvelle absolument pas le genre.

L’intrigue était au final assez linéaire. N’eut été la belle surprise réservée vers la fin du premier tiers du roman, qui m’a arraché un « Noooooon, c’est pas vrai!! » bien malgré moi, force est de constater que l’histoire est très convenue, voire cliché par moment.

Elle tomba dans une eau si froide qu’elle eut l’impression d’être lardée de coups de couteau. Jusque-là, elle avait cru avoir froid, mais ce froid-là brûlait. Le monde se recroquevilla, et elle toucha le fond. Elle s’efforça de lutter contre ses jupes qui la tiraient vers le bas. Sa tête jaillit de l’eau. Elle prit une grande goulée d’air à grand renfort de gargouillis. Ses poumons se mirent à la brûler à l’instar de sa peau. Ouvrant les yeux à temps pour voir le rocher sur lequel le courant la propulsait, elle se recroquevilla et fit l’effort d’enfoncer sa tête sous l’eau glaciale. Elle rebondit sur l’obstacle, puis le courant l’emporta derechef ; chaque respiration était un combat pour ne pas suffoquer à cause du froid et de l’insidieuse léthargie qui envahissait ses membres.
Elle entendait l’écho d’hommes et de chiens se perdre derrière elle, loin au-dessus du cours d’eau. Si elle survivait au froid, au poids de ses vêtements qui la tirait vers le fond, aux rochers, aux rapides et aux chutes, elle se ferait un plaisir d’adresser quotidiennement ses prières au premier dieu qui voudrait d’elle.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Ce manichéisme, on le retrouve déjà dans le panthéon des dieux même. D’un côté, il y a les méchants dieux du sang, qui ont besoin de sacrifices humain pour percer le voile de leur geôle et revenir dans le monde « réel », et d’un autre côté, il y a les dieux de la lumière, qui s’opposent à leur retour.

De cela découle beaucoup de contraste parmi les peuples qui vénèrent ces dieux. Forcément, les Mirécès, qui vénèrent les dieux du sang, cherchent à aider ceux-ci à percer le voile. Ils s’opposent donc aux Rilporiens, qui vénèrent les dieux de la lumière, la Danseuse et le Dieu Renard. On a donc une seconde couche de manichéisme, avec les méchants Mirécès contre les gentils Rilporiens.

Personnellement, j’aurais apprécié plus de nuances, des personnages plus contrastés, qui hésiteraient entre l’une ou l’autre croyance, qui se verraient attirés par le « côté obscure de la force ». Et a contrario, des personnages au départ mauvais, qui changeraient progressivement d’avis, que ce soit de leur propre chef ou par la force des choses. Certes, il y a Dom, le calestar, dont la Dame d’Ombre se sert comme d’une marionnette. Mais il reste finalement un des seuls personnages réellement intéressant, par rapport à cet aspect-là.

Moi, ça me rappelle un sketch des Inconnus, où une jolie japonaise demande à Bioumane « Mais pourquoi ce méchant me veut-il du mal? », et Bioumane de répondre « Parce que t’es une gentille! ». Vous voyez le topo? Bon après, heureusement, les Rilporiens ne dégomment pas les Mirécès à coup de rayon laser de Dorothée, et les Mirécès ne font pas des taches sur les vêtements que même Skip Machine ne pourra pas enlever…

La neige collait les cheveux de l’Élue à son crâne et donnait à leur blond vif une couleur sable plus terne. Il ne peut s’empêcher de sourire en voyant son inconfort, même si elle le cachait bien. En tant que chef de guerre du Roc du Corbeau, il avait couru et combattu par tous les temps que les montagnes lui avaient infligés. Il était fait pour ça. Le sacrifice et la communion demandaient sans doute leur lot d’efforts mais, pour une fois, Lanta était dans son monde à lui, et il avait bien l’intention qu’elle s’en aperçût.
De la lumière. Corvus s’arrêta en dérapage contrôlé et leva un bras pour empêcher Lanta de le dépasser. Ses guerriers s’écartèrent pour former une ligne d’escarmouche et se baissèrent. Corvus scruta les arbres devant eux. Plusieurs feux de camp et une odeur de cuisine.
– Par les couilles de Gosfath, grogna-t-il, nous avons trouvé leur village de merde.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Des personnages, justement, parlons-en. Ils sont, à mon sens, le point fort de ce roman. Parmi ceux qui m’ont le plus touchée, il y a Dom, cité plus haut, Rillirin, Crys, Tara, Gilda,

L’auteur fait la part belle aux femmes, qui savent se battre et se défendre, qui sont fortes, intelligentes, courageuses, mais non pas infaillibles, car elles conservent leur sensibilité féminine, et parfois leur fragilité. Certains personnages masculins aussi peuvent se montrer sensibles et fragiles, à l’instar de Dom, dévasté par son don de divination et à la merci des dieux, ou Rastoth, traumatisé par le décès de son épouse.

J’ai presque envie de dire que, heureusement, le manichéisme ambiant ne s’est pas propagé aux personnages. Car ceux-ci, même s’ils appartiennent chacun à un camp précis, sont complexes et contrastés. Encore que… Du côté Mirécès, les personnages sont quand même à peu près tous manipulateurs, assoiffés de pouvoir et très portés sur la destruction. En cela, on ne peut pas vraiment les qualifier de profonds et complexes, puisqu’ils ont tous les mêmes motivations, déchiffrables comme un panneau d’autoroute. On pourrait toutefois trouver un certain intérêt à Lanta, mais fondamentalement, les « méchants » sont à peu près tous faits dans le même moule. Ceci étant, ils ont tous l’avantage que le lecteur aime à les détester.

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Un autre point fort du roman, ce sont les scènes de pure violence : torture, combats, assassinats, cruauté gratuite… Les amateurs de gore s’y retrouveront assez bien. En cela, la couverture et le résumé ont tenu leurs promesses! Pas de publicité mensongère, le lecteur en prend plein la vue, en particulier dans une superbe scène de sacrifice rituel qui confine plus à la torture qu’à la simple exécution. Si j’étais moi-même une déesse du sang, je dois dire que je serais conquise.

Les scènes de combat sont elles aussi très abouties, il faut le reconnaître. D’ailleurs, peut-être le fait que l’auteur soit ceinture noire de karaté y est-il pour quelque chose. Et elles sont aussi très violentes. Je me suis même surprise à faire un parallèle avec Jean-Philippe Jaworski et son Janua vera. Certes, un Jaworski pas très en forme pour ce qui est des tournures littéraires, et même un peu fâché avec son dictionnaire des beaux termes du français. Mais dans le fond, la violence et le caractère cru des combats dans Godblind pourraient bien être de la même trempe.

Le troisième clou fut pour sa cheville gauche. Galtas fut éberlué par le génie de la chose, le talent avec lequel Lanta oeuvrait ; gauche, droite, gauche, droite, au fil des jambes. Il scandait la prière avec les autres et sentait la présence des dieux s’intensifier. « C’est ça le pouvoir. C’est ça la gloire. Les dieux reviendront et grande sera leur satisfaction. »
La sueur assombrissait les cheveux blonds de Lanta et le col de sa robe à mesure qu’elle clouait les jambes de [spoiler] au poteau. La tâche paraissait difficile ; trouver le bon endroit entre les os afin que le clou s’enfonçât proprement, tout en dessinant une ligne nette, régulière, avec les têtes gris terne des clous, qui descendaient le long des jambes du supplicié comme autant de tiques plates de métal se désaltérant du sang qui coulait.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

J’ai pu lire de nombreux avis mitigés sur la toile. Certains rejoignaient mon propre avis, et ceux-là disaient ne pas avoir envie de lire les tomes suivants. Personnellement, je sais que je lirai la suite, et avec plaisir qui plus est. Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin. Qui sait, peut-être que dans le tome suivant, il y aura moins de linéarité? Peut-être que certains « méchants » vont virer leur cuti, ce qui les rendraient bien plus intéressants. Peut-être des « gentils » vont-ils céder à l’appel de l’obscurité et du pouvoir?

Quoi qu’il en soit, et malgré les lacunes de ce premier tome, je rempilerai à coup sûr pour le prochain numéro.

À suivre, donc…

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
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[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Lu dans le cadre des challenges…

Littérature de l’imaginaire 2017

Défi lecture 2017

n°1 – Un livre de ma maison d’édition favorite

Si j’étais un livre #3

Je serais le premier tome d’une saga

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Voici un petit résumé de cette trilogie que j'ai terminé le mois dernier… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

La Guerre de Troie n'aura pas lieu… enfin, pas encore tout à fait!

Mais le premier tome de la saga Troie, lui, aura gagné mon coeur comme l'on gagne une bataille. Je me suis laissée séduire par ce récit mené tambour battant, me prenant d'amour pour nombre de personnages aux personnalités riches, complexes et attachantes. La plume de Gemmell, fluide, vibrante, précise, est venue me haper pour m'emmener aux confins de la Grande Verte, à la rencontre d'une époque et de civilisations qui m'étaient jusque là plutôt hermétiques. Je suis restée prisonnière de l'histoire, captive des yeux d'Hélicon et de la chevelure rousse d'Andromaque, jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher. Et de fait, j'ai lu le dernier tiers du roman d'une traite…

Notons aussi que cette réédition Milady est particulièrement jolie et soignée. La couverture est soyeuse et agréable à tenir, la police d'écriture est juste nickel, le poids du roman acceptable, et les illustrations sympas. Que demande le peuple?

Cette saga sera décidément un de mes grands coups de coeur de cette année…

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Hélicon mit son heaume en bronze et courut rejoindre ses meilleurs combattants sur le pont central. Puis, grimpant par-dessus le bastingage, il cria : "Pour Zidantas!" et sauta sur le pont de la galère mycénienne, en dessous de celui du Xanthos. L'équipage ennemi, armé d'épées, de haches et de massues, se porta à la rencontre des attaquants. Hélicon frappa du plat de sa lame le premier, flanqua le deuxième sur le pont d'un coup d'épaule, puis bondit et enfonça son épée dans la poitrine du troisième. Un quatrième marin visa sa tête, mais une énorme massue l'envoya bouler. C'était celle de Zidantas, dans les mains de Gershom.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Un second tome dans la droite lignée du premier, avec un rythme qui ne faiblit pas, encore qu'il y ait moins de grands combats épiques dans ce second opus. On sent que la guerre de Troie se prépare, lentement mais sûrement. Tous les facteurs sont là, tout se met en place progressivement, et chacun choisit – ou se voit imposer – un camp. À présent, chaque victoire compte, chaque alliance peut tout faire basculer. On sent cette tension grandissante, c'est magistralement bien rendu.

Les héros sont toujours aussi attachants, et les méchants de plus en plus détestables (certains donnent même envie de flanquer des baffes à tout va). Certains se situent entre les deux, et l'on se demande de quel côté la balance va pencher. Certains héros meurent, et on est triste pour eux, d'autres sont de plus en plus héroïques, et on est heureux de suivre leur évolution.

On découvre aussi de nouveaux aspects de la Grèce antique, avec notamment les jeux organisés à Troie, qui joueront un rôle politique majeur malgré la trêve instaurée.

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

La terreur l'avait frappée à cet instant. Seule, perdue sur une île sinistre, elle avait senti son courage la quitter. Elle avait couru jusqu'à un flanc de colline rocailleuse et s'était abritée sous un rocher en surplomb. À un moment, sans savoir quand ça avait commencé, elle s'était aperçue qu'elle sanglotait. Les membres tremblants, elle s'était couchée sur le sol dur, les genoux relevés et les bras abritant son visage, comme si elle attendait un nouvel assaut. Dans son désespoir, elle avait entendu les paroles de la Première Prêtresse, qui la réprimandait : "Fille arrogante! Tu te vantes de ta force, alors qu'elle n'a jamais été mise à l'épreuve. Tu n'as que mépris pour la faiblesse des femmes de la campagne, alors que tu n'as jamais souffert de leur détresse. Tu es fille de roi, et toute ta vie tu as été abritée par son bouclier. Tu es la soeur d'un grand guerrier dont l'épée couperait la tête de ceux qui t'auraient offensée. Comment oses-tu critiquer les paysannes, dont la vie dépend des caprices d'hommes violentes?"
– Je suis désolée, avait-elle murmuré, le visage pressé contre le rocher.

Troie, tome 2, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Quelle finale magistrale pour cette série de Troie, qui aura été mon grand coup de coeur de 2016! La conclusion du récit est peut-être moins épique que celle du premier tome, où la bataille a fait rage jusqu'à la toute fin, mais elle est encore plus vibrante et riche en émotions, plus poignante sur le plan humain. Car de cette guerre de Troie, nul n'en ressortira indemne.

Certains s'en tirent mieux que d'autres, mais quels personnages, et de quelle façon? Cela, je vous le laisse découvrir. Je peux toutefois vous dire que les talents de conteur de David Gemmell ne sont plus à prouver. Il sait si bien distiller le suspense, mêler la profondeur des relations humaines à la froideur du combat, ponctuer ses actions de descriptions légères, comme des touches de peintures sur un tableau impressionniste… Et impressionnant, ce tableau, surtout! Quelle fresque antique et mythique il nous livre là! Le seul mot qui me vient à la bouche pour qualifier cette saga, c'est épique. Épique comme les scènes de combat, épique comme la plume de l'auteur.

Si je devais conseiller une première trilogie à quelqu'un qui n'a jamais lu de fantasy, sans doute choisirais-je celle-ci…

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

– Que veux-tu que je te dise, Hélicon? Que je les hais? Ce n'est pas le cas. La haine est la mère de tous les maux. La haine est ce qui engendre des hommes comme Agamemnon, et comme toi, des hommes qui concourent pour savoir qui commettra les atrocités les plus épouvantables. Et maintenant, lâche-moi le bras!
Mais il ne la lâcha pas. Elle essaya de se dégager, puis lança sa main libre vers lui, prête à frapper. Instinctivement, il la serra contre lui, les bras autour de sa taille. Il sentit le parfum de ses cheveux et la chaleur de son corps contre le sien. Le front de la jeune femme percuta sa joue et il lui saisit les cheveux pour l'empêcher de le frapper de nouveau.
Puis, avant de comprendre ce qu'il faisait, il l'embrassa. Ses lèvres avaient le goût du vin, et son esprit s'embruma.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

Quelle finale magistrale pour cette série de Troie, qui aura été mon grand coup de cœur de 2016! La conclusion du récit est peut-être moins épique que celle du premier tome, où la bataille a fait rage jusqu'à la toute fin, mais elle est encore plus vibrante et riche en émotions, plus poignante sur le plan humain. Car de cette guerre de Troie, nul n'en ressortira indemne.

Acherontia

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

Les ténèbres tombent sur la Grande Verte, et le Monde Ancien est cruellement déchiré.
Sur les champs de batailles autour de Troie, la cité d'or, se réunissent les armées fidèles au roi mycénien, Agamemnon. Parmi ces troupes se trouve Ulysse, le fameux conteur, devenu leur allié malgré lui. Il sait que rien n'arrêtera Agamemnon pour s'emparer du trésor que renferme la cité,et qu'il devra bientôt affronter ses anciens amis en un combat à mort.
Malade et amer, le roi de Troie attend. Ses espoirs reposent sur deux héros: Hector, son fils préféré, le plus puissant guerrier de son époque, et le redoutable Hélicon, détermine à venger la mort de son épouse aux mains des mycéniens.
La guerre a été déclarée. Même si ces ennemis, qui sont aussi des parents, laissent libre cours à leur soif de violence, ils savent que certains d'entre eux, hommes ou femmes, deviendront des héros, dont les exploits vivront à tout jamais dans un récit transmis à travers les âges…

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

Si vous n'avez lu ni le premier, ni le second tome, cette chronique risque de vous dévoiler des éléments importants de l'histoire… Si tel est votre cas, n'hésitez pas à vous reporter à la chronique du premier tome, dont le lien figure à la fin du présent article. Merci!

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… Ou comment j'en suis venue à choisir ce roman-là, et pas un autre.

 

Ce roman est le premier lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady pour décembre 2016. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Milady pour ce partenariat et la découverte de ce livre.

Dans le second tome, l'on sentait progressivement la tension monter entre les différents camps. Les mycéniens et les troyens se montent les uns contre les autres, certains héros changent de camp de façon inopinée, tout est sujet à attiser les braises de la haine… Il ne manque plus que le grand final, l'explosion de toutes les tensions et le dénouement de l'intrigue si finement écrite par David Gemmell. Je ne pouvais VRAIMENT pas rater ce troisième tome!

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… ou l'infamie des Mycéniens et de leurs alliés.

L'ignominie d'Agamemnon, roi de Mycènes, n'est plus un mystère pour nous lecteurs, et encore moins pour les protagonistes de l'histoire. Disons surtout que, dans ce dernier opus, Agamemnon ne s'améliore pas, que du contraire. À présent que Troie est toute proche, presque à sa portée, et qu'il ne manque plus que la bataille finale pour assouvir sa soif de pouvoir et de richesses, il semble consumé par la haine et la cruauté, à l'instar d'un Gollum sentant son précieux se rapprocher.

Jusqu'où ira-t-il dans ses réserves de perversion pour atteindre son objectif? Les autres rois resteront-ils à ses côtés assez longtemps pour satisfaire à ses ambitions et avoir leur part du butin?

L'heure n'est plus aux complots et aux trahisons, mais bien à la bataille, à la force brute, aux stratégies militaires. Les Mycéniens et leurs alliés sont supérieurs en nombre, mais leurs adversaires troyens sont redoutables et endurants. La question fondamentale, à ce point de la guerre, est de savoir qui s'en sortira le moins exsangue…

La lueur rouge à l'est commençait de s'estomper, cachée par la brume qui s'était soudain répandue sur le rivage. La lune disparut derrière un écran de nuages. Nue, la petite fille fut traînée jusqu'à l'autel sacrificiel. Agamemnon vint assister à la cérémonie. Si l'officiant était assez doué, la gamine serait ouverte en deux et son coeur arraché pendant qu'elle vivait encore. Puis le prêtre lirait dans ses entrailles pour y détecter des présages de victoire.
Les soldats s'étaient rassemblés en silence et attendaient que le sang jaillisse. Pendant que deux d'entre eux maintenaient l'enfant, Athéos produisit un long couteau incurvé et invoqua Poséidon. Les milliers de soldats reprirent l'incantation, leurs voix grondant comme le tonnerre.
Athéos se tourna vers l'autel et leva le couteau.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… ou l'art grec de la tragédie pour les nuls.

 

Sans trop vous en dévoiler, de tous les personnages de cette saga, Hector est le personnage que je plains le plus. Hector est beau et fort, il est considéré comme un héros, comme le coeur même de Troie. Il est adulé par les foules, est le fils préféré de son père, et est l'époux de la somptueuse Andromaque. Alors oui, au fond, pourquoi serait-il à plaindre? Eh bien, parce que, souvent, sous le beau vernis de gloire se cachent bien des ombres…

Il est fort, certes, mais il est contraint de guerroyer dans les conditions les plus extrêmes alors même qu'il est de nature pacifique. Il est l'idole des troyen, mais cela signifie une grande pression sur les épaules, des responsabilités monstrueuses à gérer. Quant à ses amours, lui qui, rapidement, tombe profondément amoureux d'Andromaque, il s'aperçoit rapidement que ses sentiments ne sont pas partagés. Pire même, sa stérilité le contraint à élever l'enfant d'Andromaque et d'Hélicon comme son propre fils.

Dans le premier tome, il était présenté comme un demi-dieu, et nul ne doutait de sa force herculéenne, voire de son immortalité. Mais au fil de l'histoire, Hector se montre de plus en plus vulnérable, rongé par la jalousie qu'il voue à Hélicon, son meilleur ami, ses responsabilités de guerrier et les tragédies qui entourent la guerre de Troie. C'est dans cet épisode final que se joue son destin. Et je vous le dis, amis lecteurs, le géant troyen ne démérite pas une seule seconde!

Hector avait passé toute sa jeunesse à essayer de ne pas ressembler à son père. Il traitait les hommes avec respect et honneur, et les femmes avec délicatesse et courtoisie. Quand Andromaque lui avait dit qu'elle attendait l'enfant d'Hélicon, il l'avait accepté, sachant qu'il ne pourrait pas lui donner de fils. Mais alors, il ne la connaissait pas, ils s'étaient à peine rencontrés. Au cours des années, il était tombé profondément amoureux d'elle, alors qu'elle le considérait comme un frère, un excellent ami. Il ne lui avait jamais montré à quel point cela le blessait, jusqu'à aujourd'hui, quand elle avait joyeusement parlé de faire venir Dex, l'enfant d'Hélicon, dans leur demeure. Et voilà qu'elle allait prendre la mer avec son amant pour un long voyage, et ils seraient constamment ensemble.
Jamais de sa vie il n'avait ressenti le besoin de retourner à la guerre, de combattre, et même de tuer. À cet instant, la guerre et la mort lui semblaient merveilleusement simple. C'était la vie qui était trop compliquée.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

D'autres personnages sont durement éprouvés par le destin. Banoclès, notamment, qui perd quelqu'un qui lui est cher, Hélène, Pâris et leurs enfants, Déiphobos, Priam, Ulysse et bien d'autres. La guerre de Troie n'épargnera personne. Il n'y aura pas de happy end, ou s'il y en a une, elle sera gagnée de haute lutte et ne viendra que sur le tard. C'est ce qui rend ce troisième tome particulièrement attachant, épique et réaliste. Une happy end aurait été trop facile. L'histoire de Troie n'est pas un conte de fée, après tout. Peu de ces héros et de leurs ennemis vivront heureux jusqu'à la fin pour avoir beaucoup d'enfants. Aussi, si vous cherchez de l'amour, de la joie, de la bonne humeur, ce n'est pas ce roman qui fera votre bonheur. Mais si vous cherchez des héros qui meurent la main sur le coeur, alors lisez ces pages 😉

Hector frappa, et Achille contra le coup. Soudain, Achille lança une attaque féroce, sa lame bougeant avec une rapidité extraordinaire. Hector Bloqua, puis pivota sur un talon et frappa Achille au visage avec le dos de son poing. Achille tituba, se ressaisit et leva rapidement sa lame pour parer un coup mortel dirigé vers son cou. Il riposta si vite qu'Hector se jeta sur le sol, roula et se remit debout en un clin d'oeil. Ils recommencèrent à tourner.
Ulysse regardait, captivé, le duel se dérouler. Chaque combattant était doté d'équilibre et de vitesse. Les deux avaient peaufiné leurs talents lors de milliers de batailles. Achille était plus jeune, mais il avait passé toute sa courte vie à chercher les combats. Hector combattait et tuait seulement quand il y était contraint. Les deux hommes combattaient maintenant froidement, avec patience. Tous deux savaient que la moindre erreur de jugement pourrait signifier leur perte. Chacun cherchait les faiblesses de l'autre, et essayait de déchiffrer le sens de ses mouvements.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… où les îles grandissent autant que la jalousie et les impossibles amours.

 

La jalousie d'Hector vis-à-vis de Hélicon est sommes toutes assez justifiée. Conscient que sa femme voue de tendres sentiments à son meilleur ami, il est dès lors sur la défensive. Et lorsque Priam annonce que Cassandre doit partir vers l'île de Théra à bord du Xanthos, accompagnée par Hélicon et Andromaque. C'est pour lui la goutte qui fait déborder le vase.

Andromaque, tiraillée entre ses deux amours, est heureuse de prendre la mer en compagnie de Hélicon et de pouvoir goûter à sa présence permanente. Mais elle souhaite à la fois rester fidèle à Hector, qu'elle aime comme un frère. Si, au début, elle parvient à rester à bonne distance de Hélicon, elle s'aperçoit vite que les choses s'annoncent compliquées. Parviendra-t-elle à tenir sa promesse envers son mari?

Quant à l'île de Théra, Andromaque y constate quelques changements. Outre la mauvaise santé de la grande prêtresse, l'îlot qui se situait à l'entrée de la baie menant à Théra semble sortir progressivement des flots. L'île de la tentation serait-elle en train de devenir l'île de la perdition?

– Que veux-tu que je te dise, Hélicon? Que je les hais? Ce n'est pas le cas. La haine est la mère de tous les maux. La haine est ce qui engendre des hommes comme Agamemnon, et comme toi, des hommes qui concourent pour savoir qui commettra les atrocités les plus épouvantables. Et maintenant, lâche-moi le bras!
Mais il ne la lâcha pas. Elle essaya de se dégager, puis lança sa main libre vers lui, prête à frapper. Instinctivement, il la serra contre lui, les bras autour de sa taille. Il sentit le parfum de ses cheveux et la chaleur de son corps contre le sien. Le front de la jeune femme percuta sa joue et il lui saisit les cheveux pour l'empêcher de le frapper de nouveau.
Puis, avant de comprendre ce qu'il faisait, il l'embrassa. Ses lèvres avaient le goût du vin, et son esprit s'embruma.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… où la bataille fait rage aussi bien à terre que sur la mer.

 

Ce que j'aime, chez Gemmell, ce sont les scènes d'action et de bataille. Elles sont décrites avec tellement de justesse que c'en est incroyable. Et je dirai même mieux… elles sont inimitables. Lui seul a le don de rendre une scène de bataille limpide comme de l'eau de roche, sans que les actions ne deviennent brouillonne. On sait toujours qui parle, qui fait quoi, qui reçoit tel coup. Avec Gemmell, impossible de s'emmêler les pinceaux, comme cela peut être le cas avec d'autres auteurs. Les scènes sont décrites avec beaucoup de détails, mais des détails utiles, sans aucune fioriture qui viendraient plomber le tableau. Il en ressort un style graphique et poétique que j'apprécie beaucoup, moi qui ne suis pourtant guère friande de l'action brute.

Et ce que j'apprécie doublement, dans cette série, c'est que les batailles se déroulent aussi bien sur la terre ferme que sur la mer. Hélicon et son navire incendiaire sont juste incroyables. Même si leur oeuvre de mort est discutable, leur stratégie rusée laisse le lecteur baba.

– Alors, quand les attaquerons-nous, Bienheureux? Plus tôt nos navires pourront sortir au large et plus tôt nous pourrons commencer à combattre et à frapper l'ennemi dans la baie d'Héraclès.
– Nous n'attaquerons pas, dit Hélicon. Nous attendrons que les Mycéniens nous attaquent.
Chromis grogna.
– Comment pouvons-nous être sûrs qu'ils le feront? Pour le moment, ils sont satisfaits de nous garder prisonniers dans la baie, comme… comme des crabes dans un panier.
– Tu as fait remarquer toi-même que bien des choses avaient changé avec l'arrivée du Xanthos. (Il regarda les capitaines troyens.) Nous devons être patients. Les Mycéniens sont un peuple impétueux et agressif. Nous devons utiliser cela contre eux. Et mon plan ne consiste pas seulement à nous échapper vers le large. J'ai prévu de détruire leur flotte entière.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

Quant aux combats sur la terre ferme, c'est du grand Gemmell, comme d'habitude. Calliadès et Banoclès y ont bien sûr une place de choix, au même titre qu'Hector et ses valeureux cavaliers du Cheval de Troie, ou les Aigles de Priam.

Le légendaire Cheval de Troie (pas les cavaliers, mais celui qu'on connaît tous, qui est en bois et tout creux, hein…) est bien sûr présent à un moment du récit, mais… Non, je ne vous dis rien, vous DEVEZ découvrir cela par vous même!

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

… mais heureusement, la quiétude a tout de même ses limites!

 

Il est des fois où le combat semble s'enliser, notamment lors du long siège de la ville. Mais Gemmell… ben, c'est Gemmell, quoi! Il parvient à rendre passionnantes des scènes où l'attente est reine et où l'angoisse domine. Tout est merveilleusement bien pensé, bien amené et bien décrit. Il n'y a aucune longueur dans ce petit bijou littéraire, car si l'auteur choisit de nous parler du quotidien des personnages, c'est parce que leur train-train a une incidence sur l'histoire. Il ponctue même souvent cette attente par de brefs combats, des tentatives d'incursions ennemies, des stratégies, des complots. Il approfondit le tableau qu'il dresse de certains personnages, tels Priam.

Andromaque n'avait pas envie de rester toute la journée au palais, dans une atmosphère d'angoisse permanente, et elle préférait s'occuper avec les blessés et les mourants, les nourrir, leur parler et parfois leur tenir la main jusqu'à leur dernier souffle.
En réalité, pensa-t-elle, personne n'avait suffisamment d'occupations. Le train-train quotidien de la cité avait été brisé par le manque de fournitures et l'épuisement provoqué par le rationnement de l'eau et de la nourriture, et la chaleur. La plupart des gens, quand ils ne faisaient pas la queue pour de la nourriture, restaient chez eux. L'inactivité faisait naître des commérages et alimentait les peurs des gens. Ses servantes Penthésilée et Anio avaient trop de temps libre, et elles le passaient à discuter des problèmes de la cité avec les autres serviteurs royaux.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

Quelle finale magistrale pour cette série de Troie, qui aura été mon grand coup de coeur de 2016! La conclusion du récit est peut-être moins épique que celle du premier tome, où la bataille a fait rage jusqu'à la toute fin, mais elle est encore plus vibrante et riche en émotions, plus poignante sur le plan humain. Car de cette guerre de Troie, nul n'en ressortira indemne.

Certains s'en tirent mieux que d'autres, mais quels personnages, et de quelle façon? Cela, je vous le laisse découvrir. Je peux toutefois vous dire que les talents de conteur de David Gemmell ne sont plus à prouver. Il sait si bien distiller le suspense, mêler la profondeur des relations humaines à la froideur du combat, ponctuer ses actions de descriptions légères, comme des touches de peintures sur un tableau impressionniste… Et impressionnant, ce tableau, surtout! Quelle fresque antique et mythique il nous livre là! Le seul mot qui me vient à la bouche pour qualifier cette saga, c'est épique. Épique comme les scènes de combat, épique comme la plume de l'auteur.

Si je devais conseiller une première trilogie à quelqu'un qui n'a jamais lu de fantasy, sans doute choisirais-je celle-ci…

[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell
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[Chronique Fantasy] Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

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Acherontia.

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Voici un petit résumé de cette trilogie que j'ai terminé le mois dernier… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Serre du Faucon Argenté est une bonne première entrée en matière pour cette trilogie fantasy dont le thème majeur est la vengeance. Par l'écriture simple et le souci de concision, Raymond Feist nous livre un roman détendant et accessible, dans lequel on se laisse glisser comme dans un bon bain chaud. L'intrigue est bien ficelée, quoiqu'un rien trop linéaire, mais l'on sent bien que l'histoire va s'étoffer dans les tomes suivants, et que nous auront droit à bien d'autres rebondissements.

Je suis en revanche un peu moins emballée par la psychologie des personnages. Ces derniers sont attachants à leur manière, mais l'auteur survole trop les émotions et les sentiments qu'ils pourraient ressentir. La plupart des personnages nous apparaissent trop détachés, comme si les événements glissaient sur eux. Serre m'a bien plus dans l'ensemble, mais je me suis sentie un peu rebutée par la perte de sa candeur naturelle au profit d'une nature plus machiste. J'espère qu'il va encore évoluer dans les tomes suivants.

Ceci étant, ce premier volet de la trilogie est pleine de belles promesses, et j'ai hâte de lire la suite pour voir si mes craintes sont fondées et si mes espoirs deviennent réalité…

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Son souffle court, sa tunique trempée et ses genoux tremblants prouvaient qu'il perdait trop de sang, trop vite. Son cœur battait à tout rompre, et Serre savait que, s'il ne réussissait pas d'une façon ou d'une autre à tuer les deux dernières créatures, il était condamné.
Il y eut un autre mouvement fugace près de la porte. Serre comprit que les deux créatures étaient sorties avec lui. Il battit des paupières et tourna la tête de part et d'autre pour essayer de distinguer leurs formes noires dans la nuit. Mais, malgré tous ses efforts, elles restèrent invisibles.
Il perçut un mouvement derrière lui et se laissa donc tomber sur la gauche. Il avait eu l'intention de se rattraper à temps pour se redresser, mais sa jambe gauche refusa de lui obéir, et il s'écrasa par terre. Une nouvelle douleur brûlante envahit sa jambe droite. Serre perdit son épée. Son esprit avait beau ordonner à son corps de rouler sur le côté et de mettre autant de distance que possible entre lui et les deux créatures, il ne pouvait s'obliger à le faire.
Une nouvelle ligne de feu traversa son épaule, et Serre hurla. Il savait qu'il était sur le point de mourir.
Son peuple ne serait pas vengé, et lui-même ne saurait jamais qui étaient ses assassins, ni pourquoi on avait décidé de le tuer.
Ses dernières pensées furent teintées d'un grand désespoir et d'un profond regret. Puis une lumière blanche aveuglante explosa autour de lui, et il sombra dans l'oubli.

Serre du Faucon Argenté, de Raymond Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Un second opus meilleur à mon sens que le premier, avec un style d'écriture un peu plus fluide et plus agréable.

Le personnage de Serre s'étoffe peu à peu et, bien qu'il reste égal à lui-même concernant les femmes, il devient de plus en plus mûr et intéressant. C'est vraiment dans ce second tome que j'ai commencé à m'y attacher (mouvement déjà initié dans le premier tome, mais qui avait un peu décliné lorsque j'ai vu le changement opéré par le Conclave des ombres sur le caractère de Serre).

L'histoire riche en rebondissements m'a vraiment bien plu, si bien qu'à présent j'ai hâte de lire la finale de cette trilogie!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Il avait été facile de lui administrer la mixture, comme l'avait prédit Amafi. Pendant qu'elle dormait, Ser avait sorti une mince cordelette en soie et la minuscule fiole de poison. Il avait lentement versé le poison, une goutte après l'autre, le long de la corde jusqu'aux lèvres de la princesse. Toujours selon les prédictions d'Amafi, la princesse s'était léché les lèvres dans son sommeil, et Ser avait fait une pause chaque fois qu'elle bougeait. Le poison avait un goût sucré et une texture collante. Le lendemain matin, le résidu sur ses lèvres était devenu inoffensif en séchant. Ser avait donc réveillé la princesse d'un baiser sans craindre pour sa vie. Ils avaient fait l'amour avant l'aube, alors que Ser savait qu'elle était déjà morte, par sa faute.
Il éprouva un début de remords et le repoussa à l'intérieur de lui. En dépit de son charme, la princesse était aussi impitoyable, à sa manière, que Kaspar. Le sexe n'était que l'une de ses nombreuses armes, et la passion dont elle avait fait preuve et les mots doux qu'elle lui avait susurrés à l'oreille ne signifiaient rien. Ils faisaient seulement partie de l'expérience et n'étaient pas à prendre au sérieux.

Le roi des renards, de Raymond E. Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

J'ai ADORÉ le parti pris de l'auteur, qui a décidé, au dernier tiers de cette saga, de changer radicalement de perspective. Le changement de personnage principal, s'il est déroutant au début, est en fait une vraie source de jouvence pour le récit. En tout cas, il fallait le faire! Ce n'est pas facile de retirer le gentil de l'histoire pour ensuite mettre le grand méchant aux commandes. Le résultat est totalement ahurissant, et à la hauteur de ce qu'on peut attendre d'une trilogie de Feist.

Ensuite, l'histoire en elle-même est juste gé-niale! Cela change des précédentes intrigues de cour, des guerres, des querelles intestines, de la politique houleuse, and so on… On se sent happé par cette histoire d'artefact maléfique, si bien qu'il est difficile de lâcher le roman une fois l'intrigue principale démarrée. Et cette menace latente en fin de roman, cette vision d'horreur finale qui introduit la trilogie suivante, nous mettant l'eau à la bouche, c'est juste… tellement frustrant! Si j'avais eu la suite sous la main, je l'aurais lue dans la foulée!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

– Est-ce qu'il y a quelqu'un à l'intérieur? demanda-t-il.
– Personne ne le sait, répondit Kenner. On n'arrive pas à retirer le heaume, ni aucune autre partie d'ailleurs.
– Elle a un aspect maléfique, fit remarquer Kaspar, en parlant lentement.
Le heaume avait une forme très simple, comme si on avait découpé un cylindre selon un certain angle, avant d'arrondir les bords, ne laissant qu'une ligne continue des épaules au sommet du crâne, sans angle ni pointe. Il était légèrement pincé sur le devant, si bien que, vu de dessus, il avait vaguement la forme d'une goutte plutôt que d'un rond. De chaque côté du heaume jaillissait une aile, mais ces ailes n'appartenaient à aucune créature connue. Elles avaient la forme de celles d'un grand corbeau, mais elles se recourbaient légèrement en suivant les côtés du heaume et elles étaient pourvues d'une membrane comme une chauve-souris géante. Une seule fente au niveau des yeux permettait à l'occupant, s'il y en avait un, de voir quelque chose.

Le retour du banni, de Raymond E. Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

[Chronique Fantasy] Troie 2, Le bouclier du tonnerre, de David Gemmell

Un second tome dans la droite lignée du premier, avec un rythme qui ne faiblit pas, encore qu'il y ait moins de grands combats épiques dans ce second opus. On sent que la guerre de Troie se prépare, lentement mais sûrement. Tous les facteurs sont là, tout se met en place progressivement, et chacun choisit – ou se voit imposer – un camp. À présent, chaque victoire compte, chaque alliance peut tout faire basculer. On sent cette tension grandissante, c'est magistralement bien rendu.

Acherontia

Synopsis…

La guerre menace.
Tous les rois de la Grande Verte se rassemblent, chacun dissimulant de sinistres plans de conquête et de pillage.
Dans ce maelström de traîtrise, trois voyageurs vont faire osciller la balance: Piria, une prêtresse fugitive cachant un terrible secret; Calliadès, un guerrier aux idéaux élevés et à l'épée redoutable; et son meilleur ami, Banoclès, qui se taillera une légende dans les combats à venir.
Ensemble, ils voyagent jusqu'à la fabuleuse cité de Troie, où les ténèbres viendront bientôt éclipser pour des siècles les triomphes et les tragédie des mortels ordinaires. Car l'époque glorieuse de l'âge du bronze n'est pas taillée pour les hommes, mais pour les héros !

[Chronique Fantasy] Troie 2, Le bouclier du tonnerre, de David Gemmell

La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon premier roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady pour novembre 2016. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Milady pour ce partenariat et la découverte de ce premier tome.

Le premier tome de cette saga fantasy basée sur la Grèce antique m'avait déjà fait forte impression, et c'est avec grand plaisir que je la continue avec ce second tome.

Attention, pour celles et ceux qui n'ont pas lu le tome 1 de la série, cette chronique comporte des spoils.

[Chronique Fantasy] Troie 2, Le bouclier du tonnerre, de David Gemmell

Changement de personnages, changement de décor…

Le premier tome se terminait sur l'invasion du château de Priam et une victoire en demi-teinte. Je m'attendais donc à entamer ce second tome avec les personnages qui ont joué un rôle dans la bataille finale du premier opus. Or, il n'en fut rien…

Le second tome s'ouvre sur l'histoire de deux guerriers mycéniens, Calliadès et Banoclès. Loin de me sentir déstabilisée par ce changement radical de personnages et de décor, je me suis très vite laissée porter par leurs (més)aventures pour le moins palpitantes.

Les guerriers mycéniens entrent en scène

De retour à Mycènes, les soldats d'Agamemnon qui avaient assailli Troie sont punis et massacrés par leur roi pour l'avoir "trahi" (tout le monde sait qu'Agamemnon aime tourner la vérité comme ça l'arrange le mieux). Deux soldats parviennent pourtant à lui échapper. Calliadès et Banoclès sont des guerriers hors pair et bien entraînés. Ils auront leur rôle à jouer dans la future histoire de Troie, et non des moindres. Faisons un petit tour de présentation de ces nouveaux héros que les hasards de la guerre et les stratégies houleuses des rois auront mis sur le devant de la scène…

Banoclès est un bon gros géant qui aime la vie et qui ne se soucie guère du lendemain. Il prend les choses telles qu'elles se présentent, sans se poser de questions, et apprécie le moment présent. Calliadès est son parfait opposé ; il est le cerveau de leur duo, mais il cache un lourd passé qui l'empêche de s'ouvrir à la vie et aux autres. Guerrier à l'âme torturée, hanté par le viol de sa soeur alors qu'ils étaient enfants, il gravite autour de Banoclès comme la lune autour du soleil.

Si le "couple" semble bien mal assorti, il se montrera pourtant très efficace, chacun comblant les lacunes de l'autre pour leur plus grand bénéfice. Ce sont deux personnages très attachants que l'on apprend à découvrir peu à peu, au fil de leurs aventures aux côtés d'Ulysse et de Caliope. Leurs actions héroïques auront un poids considérable dans la balance pour la victoire de Troie.

Calliadès frissonna au souvenir du moment où trois hommes du roi avaient fait irruption dans sa maison et lui avaient immobilisé les bras. Ensuite, Kleitos, un aide d'Agamemnon et un parent du défunt Kolanos, s'était approché de lui, une dague à lame étroite dans la main.
– Pensais-tu être à l'abri de la justice du roi? avait demandé Kleitos. Croyais-tu que tu serais pardonné d'avoir tué mon frère?
– Kolanos était un traître qui a essayé de nous vendre pour avoir la vie sauve. Il était comme toi, courageux quand il était entouré de soldats, et lâche devant la bataille et la mort. Vas-y, tue-moi. N'importe quoi serait plus agréable que de sentir ton souffle puant!
– Te tuer? Non, Calliadès. Le roi Agamemnon a ordonné que tu sois puni, pas tué immédiatement. Tu ne connaîtras pas une mort de guerrier. Non! Je dois d'abord te crever les yeux, puis te couper les doigts. Je te laisserai les pouces, pour que tu puisses ramasser à manger sous la table des hommes de valeur.

Troie, tome 2, de David Gemmell

Renégate de Théra, princesse au coeur d'or…

Un autre personnage qui apparaît dès les premiers chapitres, c'est Piria (ou Caliope, pour les intimes). Piria est une jeune femme que des pirates ont capturée, puis maltraitée et violée. Banoclès et Calliadès, qui voyagent avec ces mêmes pirates en espérant échapper aux soldats d'Agamemnon, voient le triste sort qui lui est réservé et décident de la sauver en fuyant l'équipage qui les abritait. Dès lors, la jeune femme, brisée par sa mauvaise expérience, voyagera à leurs côtés, jusqu'à Troie où elle espère rejoindre son grand amour.

Calliadès s'entiche d'elle, et même s'il sait que cet amour est voué à rester à sens unique, il le nourrit malgré tout car cela l'aide à s'ouvrir plus aux autres et à la vie. C'est pour lui une première étape dans la découverte de ses propres blocages, ses propres peurs, et un premier pas vers la guérison.

J'ai vraiment beaucoup aimé le personnage de Piria/Caliope, car elle est résistante malgré toutes les épreuves et l'incertitude d'atteindre son but. Elle rêve de retrouver celle qu'elle a aimé sur Théra, l'île des prêtresses du Minotaure, et poursuit son rêve envers et contre tout, même si elle craint que son amour l'ait oublié ou qu'elle ne veuille plus d'elle. C'est un personnage en constante évolution, qui troque ses habits de femme victime du sort pour une merveilleuse panoplie de guerrière patentée. Elle sait remettre en question ses jugements et ses idées préconçues, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas de tout le monde.

La terreur l'avait frappée à cet instant. Seule, perdue sur une île sinistre, elle avait senti son courage la quitter. Elle avait couru jusqu'à un flanc de colline rocailleuse et s'était abritée sous un rocher en surplomb. À un moment, sans savoir quand ça avait commencé, elle s'était aperçue qu'elle sanglotait. Les membres tremblants, elle s'était couchée sur le sol dur, les genoux relevés et les bras abritant son visage, comme si elle attendait un nouvel assaut. Dans son désespoir, elle avait entendu les paroles de la Première Prêtresse, qui la réprimandait : "Fille arrogante! Tu te vantes de ta force, alors qu'elle n'a jamais été mise à l'épreuve. Tu n'as que mépris pour la faiblesse des femmes de la campagne, alors que tu n'as jamais souffert de leur détresse. Tu es fille de roi, et toute ta vie tu as été abritée par son bouclier. Tu es la soeur d'un grand guerrier dont l'épée couperait la tête de ceux qui t'auraient offensée. Comment oses-tu critiquer les paysannes, dont la vie dépend des caprices d'hommes violentes?"
– Je suis désolée, avait-elle murmuré, le visage pressé contre le rocher.

Troie, tome 2, de David Gemmell

Ulysse et les cochons…

Ulysse m'a vraiment bluffée dans ce second tome, à tout niveau, en bien comme en mal. Dans la première partie du roman, il raconte ses histoires toujours plus fantastiques les unes que les autres, transformant sa vie quotidienne en récits d'aventures émaillés de surnaturel. L'épisode des cochons est, à ce titre, le plus frappant. Ulysse rencontre le petit groupe de Banoclès, Calliadès et Piria sur une plage alors qu'il tentait d'embarquer un troupeau de cochons à bord du Pénélope. Un troupeau de cochons conduit par une fermière du nom de Circé. Un peu plus tard, en vous passant pas mal de péripéties maritimes captivantes, le cochon à la tête du troupeau se retrouve emberlificoté dans le manteau jaune d'Ulysse… Vous la sentez venir, l'histoire?

En revanche, dans la seconde partie du récit, Ulysse m'a tout à fait déçue, encore qu'il n'en soit pas vraiment responsable. Je ne peux pas tout vous dire, sinon vous n'auriez plus envie de lire le livre, mais je vous donne tout de même un indice… un changement de camp. Ahah… Mystère mystère!

Il regarda de nouveau vers le camp des pirates.
– Tu sais qui je suis, Ganny? Je suis Ulysse, le prince des mensonges, le seigneur des conteurs. Je ne pleurerai pas pour les morts. Je les garderai dans mon coeur, et je vivrai ma vie du mieux possible, pour leur faire honneur. Et voilà qu'en bas, sur cette plage, il y a des mécréants qui essaieront demain de nous faire du mal. Nous n'avons pas assez d'épées ou d'arcs pour les battre, mais nous pouvons le faire grâce à notre intelligence! Ganny, mon garçon, demain tu seras emmené par Oristhénès et tu vivras une existence oisive à manger et à baiser les truies. Mais ce soir, tu peux venir avec moi, si tu en as envie, et nous vivrons une aventure. Qu'en dis-tu?
Le cochon inclina la tête sur le côté et regarda l'homme. Ulysse sourit.
– Oui, je vois que tu te poses des questions sur le danger. C'est vrai, ils pourraient nous tuer. Mais vois-tu, Ganny, nul n'est éternel!
Sur ces mots, il prit le chemin qui descendait vers le camp des pirates. Le cochon resta un moment immobile, puis il trotta derrière Ulysse, traînant toujours derrière lui le manteau jaune.

Troie, tome 2, de David Gemmell

Hélicon en mauvaise posture…

Une fois les nouveaux personnages et Ulysse laissés un peu de côté, on retrouve Hélicon et Andromaque. Ce dernier est gravement blessé ; un assassin qui se faisait passer pour un homme en qui il avait toute confiance lui a porté un terrible coup de dague, et la blessure s'est infectée. Couché sur son lit, brûlant de fièvre, il n'est plus que l'ombre de lui-même. S'en sortira-t-il, ou pas? Je vous tairai évidemment l'issue de cette situation. Mais sachez qu'Hélicon a des amis très avisés qui ont des ressources étranges et insoupçonnées. Et qu'Andromaque porte à merveille son nom, pour qui connaît un tant soit peu les positions du kamasutra…

Le lit était grand et couvert de draps blancs. À côté était assise une jeune femme enceinte qui travaillait à une broderie quelque peu froissée.
Hélicon était mortellement pâle, et il dormait. Andromaque regarda Xander. Son visage aussi avait pâli quand il avait vu dans quel état se trouvait réellement son héros. La sueur luisait sur le visage émacié d'Hélicon, et ses yeux fermés étaient enfoncés dans leurs orbites et entourés de cernes noirs. Une odeur de putréfaction flottait dans la chambre.
Xander resta silencieux, mais Andromaque vit que ses yeux s'emplissaient de larmes.

Troie, tome 2, de David Gemmell

Un style d'écriture toujours aussi inimitable…

La plume de Gemmell est, dans ce second tome, toujours aussi délectable. Rien n'est laissé au hasard, les intrigues s'enchaînent et s'entremêlent sans aucune fausse note, tout est parfaitement bien pensé, bien calculé. Les descriptions des paysages, des combats, des costumes sont toujours autant à couper le souffle. On ressent l'ambiance aussi bien que la matière ou que les odeurs, les saveurs. C'est une écriture magistrale, et on aimerait bien que cela ne s'arrête jamais.

 

Sa voix s'éteignit, et elle resta un moment silencieuse. Elle vit les silhouettes obscures des dieux marchant à l'horizon. Des chevaux et des ours les accompagnaient, et une grande créature cornue qu'elle ne reconnut pas. Elle sentait les vibrations de leurs pas résonner dans son épine dorsale.
Elle se pencha vers la jeune femme et murmura d'une voix insistante :
– La maison de Priam vivra pendant encore mille ans, et j'ai joué mon rôle là-dedans. Je l'ai bien joué. J'ai fait ce que j'avais à faire.
Elle se souvint de la journée, près d'un an plus tôt, où la menue Paleste s'était tordue de douleur sur le sol des appartements de la reine, tachant les tapis de ses vomissures, ses hurlements étouffés par un vieux châle.
Son esprit dériva, et elle revint aux jours où son seigneur et elle avaient navigué sur la Grande Verte. Ils avaient vécu à bord du navire, et ses souvenirs avaient tous le vert de la mer, le goût du sel sur ses lèvres. Jeunes et amoureux, ils avaient visité des îles verdoyantes et des cités de pierre, rencontré des rois et des pirates, dormi dans des lits d'or et d'ivoire, ou sur des plages fraîches sous les étoiles. Elle essaya de se souvenir du nom du navire, mais il lui échappa…

Troie, tome 2, de David Gemmell

En résumé…

Un second tome dans la droite lignée du premier, avec un rythme qui ne faiblit pas, encore qu'il y ait moins de grands combats épiques dans ce second opus. On sent que la guerre de Troie se prépare, lentement mais sûrement. Tous les facteurs sont là, tout se met en place progressivement, et chacun choisit – ou se voit imposer – un camp. À présent, chaque victoire compte, chaque alliance peut tout faire basculer. On sent cette tension grandissante, c'est magistralement bien rendu.

Les héros sont toujours aussi attachants, et les méchants de plus en plus détestables (certains donnent même envie de flanquer des baffes à tout va). Certains se situent entre les deux, et l'on se demande de quel côté la balance va pencher. Certains héros meurent, et on est triste pour eux, d'autres sont de plus en plus héroïques, et on est heureux de suivre leur évolution.

On découvre aussi de nouveaux aspects de la Grèce antique, avec notamment les jeux organisés à Troie, qui joueront un rôle politique majeur malgré la trêve instaurée.

Ma note : 19/20, juste parce qu'il y a un peu moins de grands combats épiques dans ce tome-ci. La fin m'a tenue un tantinet moins en haleine… encore que!

 

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

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Les autres tomes chroniqués sur ce blog…

Tome 1, Le seigneur de l'arc d'argent

[Chronique] Sacrements, de Clive Barker

À chaque heure son mystère.
À l'aube, les arcanes de la vie et de la lumière. À midi, les énigmes de la solidité. À 15 heures, dans la bourdonnante chaleur du jour, une lune fantôme, déjà haute dans le ciel. Au crépuscule, le souvenir. Mais à minuit? Oh, à minuit, le mystère du temps même ; celui d'un jour qui passe à jamais pour devenir histoire, tandis que nous dormons.

Sacrements, Clive Barker

Synopsis…

Photographe de grand renom, Will Rabjohns fait frissonner le monde entier en dévoilant la nature sauvage sous ses aspects les plus cruels. Son œil impitoyable traque les derniers instants des animaux en voie de disparition.
Quand l'attaque brutale d'une ourse polaire le plonge dans un coma profond, il revit une aventure inquiétante, enfouie au cœur de ses souvenirs d'enfance : sa rencontre nocturne avec un couple étrange, porteur d'une mission de mort.
Will se trouve alors face à une vérité qui le dépasse et l'entraîne des bars gays de San Francisco aux collines du Yorkshire, puis au large de l'Ecosse, à la recherche de sa propre identité et de la source de toute vie.

[Chronique] Sacrements, de Clive Barker

La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon second roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady pour octobre 2016. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Milady pour ce partenariat et la découverte de ce roman.

Avec ce volume, je continue sur ma lancée de ma grande incursion dans l'univers de Clive Barker.

[Chronique] Sacrements, de Clive Barker

Une bien étrange lubie…

Comme vous l'avez sans doute lu dans le résumé, Will, le héros du roman, est photographe. Mais, loin de suivre les traces de ses nombreux confrères, Will ne s'exerce pas à l'art délicat du portrait, ni à celui de photographe reporter, et encore moins à celui de photographe sportif. Non, Will a ses petites lubies, ses thèmes de prédilection qui le rendent unique, en un sens. Unique, et terriblement macabre. Les animaux en voie de disparition sont ses modèles, la cruauté gratuite son leitmotiv, et la bêtise humaine son cheval de bataille.

Voilà qui fait de Will un photographe professionnel écologiquement engagé, et c'est très bien, dans un sens. Oui, sauf que Will n'est pas aussi clair qu'il en a l'air. On se rend vite compte que sa passion pour le moins morbide ne relève pas juste d'un héroïsme dénonciateur, d'un combat sans fin contre la barbarie de l'homme, mais plutôt d'une sorte de fascination malsaine face à la mort. Et encore plus quand ces animaux massacrés sont… les tous derniers représentants de leur espèce. Celui-là ne reviendra pas… ni celui-là… ni celui-là, non plus…

Will regarda. La lumière émise par les photographies n'était pas stable, et il y avait une bonne raison à cela. Sur les images, les formes brillantes et floues s'étaient animées : elles voltigeaient et papillotaient, comme si le feu les dévorait lentement. Et dans leur agonie Will les reconnaissait toutes : un lion écorché, pendu à un arbre ; une tente misérable, faite de bouts de peau d'éléphant pourrissante, jetée sur les os de leurs congénères… Images d'un monde corrompu, elles n'étaient plus fixes ni lointaines, mais déferlaient dans la pièce en un furieux tourbillon de douleur.

Sacrements, de Clive Barker

Étant très sensible à la cause animale, j'avoue que la passion de Will m'a mise assez mal à l'aise. J'apprécie le geste, toutefois. Cette dénonciation des méfaits humains à l'égard des populations animales est plus que louable. Il faut après tout bien que quelqu'un agisse en tant qu'éveilleur de conscience. Si personne ne s'en charge, comment les choses peuvent-elles changer? Et il faut dire aussi que le poids et la symbolique de l'image a généralement une force de persuasion que d'autres médias n'ont pas.

Malgré tout, étant trop sensible, j'ai tendance à éviter ces images qui me choquent et me font trembler jusqu'au plus profond de moi. Donc, rien d'étonnant à ce que j'aie trouvé certains passages de ce livre déroutants, voire heurtants. Ceci étant, j'apprécie l'initiative de l'auteur qui, par le biais de l'écriture et du fantastique, parvient à faire passer un message de mise en garde quant à la mise en danger et la disparition de centaines d'espèces animales de par le monde. Je ne sais pas si tel était son but, ou s'il s'agit simplement d'un élément d'intrigue comme un autre pour lui, mais quoi qu'il en soit, ça ne peut pas faire de mal.

Entre rêve et réalité…

Quand tout dérape…

Comme on peut s'en douter, c'est le genre de métier qui comporte indubitablement des risques, et non des moindres. C'est en cherchant à photographier des ours se nourrissant dans une décharge publique que tout dérape pour Will. Il est attaqué par une ourse massive qui le laisse dans un état physique pitoyable et un profond coma.

Sur sa gauche, hors de son champ de vision, quelque chose reniflait. Will tourna son regard chaviré dans cette direction. L'ourse avait plongé son museau dans le corps de Guthrie, dont elle humait les exhalaisons. Elle releva sa tête énorme. Son museau dégouttait de sang.
Voilà donc à quoi ressemble la mort, songea Will. Pour chacun d'entre nous, voilà à quoi ressemble ce qu'il avait photographié tant de fois. Le dauphin pris dans le filet, qui se noie tout doucement, avec de pitoyables frémissements ; le singe paniqué, qui s'agite entre les cadavres de ses congénères, et tourne vers Will un regard que celui-ci n'a pu soutenir qu'à travers l'objectif. Dans ces circonstances , ils se valaient tous, le singe, l'ourse et lui-même. Ils n'étaient rien que des êtres éphémères, dont le temps était compté.

Sacrements, de Clive Barker

Retour vers le passé…

Le coma de Will a ceci de particulier qu'il le ramène loin dans ses souvenirs, jusque dans son univers pour le moins malheureuse. Coincé entre une mère dépressive et un père indifférent à son sort, qui lui reproche la mort de son frère, chouchou de la famille, Will ne parvient pas à trouver sa place. Alors que la famille déménage dans un trou perdu de l'Angleterre, le gamin se lie plus ou moins d'amitié avec un frère et une soeur qu'il entraînera dans ses étranges aventures champêtres. Les deux frangins lui parlent d'un étrange bâtiment en ruine perdu dans les collines, et bien entendu, comme tous les enfants qui se respectent, ils pousseront leurs excursions jusqu'à cet endroit prétendu maudit, par curiosité et par goût du risque. Ce qu'ils y découvriront les traumatisera et les poursuivra toute leur vie durant.

Il tremblait comme une feuille et commençait à claquer des dents. Il avait mal aux jambes, et son visage battu par la pluie était tout engourdi. Il essaya d'appeler à l'aide, mais dut rapidement renoncer à cette idée. En comparaison du vacarme de l'orage, sa voix semblait si frêle qu'après quelques cris il s'aperçut qu'il n'avait aucune chance de se faire entendre. Il avait tout intérêt à économiser les forces qui lui restaient, à attendre que l'orage passe pour pouvoir s'orienter. Cela devrait être assez facile, sitôt que les lumières du village réapparaîtraient – et elles le feraient fatalement, tôt ou tard.
Et soudain un cri, quelque part dans la tempête. Quelque chose déboula, juste devant lui, puis une voix sèche :
– Attrapez-le!

Sacrements, de Clive Barker

Mauvaises rencontres…

C'est lors d'une excursion en solitaire que Will rencontrera un très étrange couple, Jacob Steep et Rosa McGee. Fasciné par eux, il ne pourra s'empêcher d'être entraîné par eux vers des activités bizarres et de plus en plus dangereuses. Il voue à Steep une dévotion totale, sans doute parce qu'il est en manque de reconnaissance paternelle et qu'il trouve en cet individu un peu de ce réconfort et de ce charisme qui manquent si cruellement à son père. Il suivrait Jacob les yeux fermés jusque dans les pires plans foireux, s'il le fallait. Et c'est d'ailleurs ce qui se passe… Car Jacob Steep et sa femme sont tout sauf des individus inoffensifs et sains d'esprit. Ils entraîneront le petit sur une voie sombre, attisant en lui le goût et la fascination pour la mort, faisant surgir dans son esprit d'étranges visions qui le poursuivront jusque dans ses rêves, tout de sa vie, jusqu'au dénouement de l'histoire.

En parlant, il plongea la main dans sa poche, dont il tira encore un peu de combustible pour alimenter son minuscule bûcher. Cette fois, Will était assez près pour s'apercevoir que ces brindilles bougeaient. Fasciné et un peu écoeuré, Will se rapprocha de la table et vit enfin ce que tenait Steep : une phalène dont il serrait les ailes entre le pouce et l'index. Les pattes et les antennes s'agitèrent désespérément lorsque l'insecte fut précipité dans le feu, et, durant un bref instant, ce fut comme si la chaleur du feu allait soulever l'animal et l'emporter en lieu sûr, mais, avant qu'il n'ait pu s'élever, ses ailes s'enflammèrent, et il tomba.
– En vivant comme en mourant, nous alimentons le feu, souffla Steep. Telle est la mélancolique vérité des choses.

Sacrements, de Clive Barker

D'agaçantes entités…

Mais qui sont ces étrangers qui logent en pleine campagne comme des clochards, et qui parlent de mort comme si c'était la plus belle chose en ce monde? Le texte laisse entendre qu'ils pourraient être des sortes de divinités, mais personnellement, je les trouve juste bizarres. Ils m'évoquent plutôt des patients hystériques évadés de l'hôpital psychiatrique du coin…

Je dois dire que cette propension à la théâtralité m'a beaucoup agacée, tout comme leur petit jeu de "je t'aime, je ne t'aime plus", et le fait qu'ils ne savent jamais vraiment ce qu'ils veulent. Jacob Steep tient toujours des propos étranges, comme s'il s'était fait laver le cerveau par une secte morbide férue de mort et de sang. Ses dialogues étaient trop mystiques pour moi, aussi avais-je trop souvent du mal à suivre où il voulait en venir. Quant à Rosa, son côté geignard et son tempérament de chaudasse invétérée ne m'a pas du tout plu. Et quand je dis chaudasse, elle est même carrément glauque et malsaine! Cette scène où elle laisse un gamin la toucher, et celle où elle dit avoir essayé des rapports sexuels avec un cheval… hmmm! No comment…

Je comprends que Will se soit senti attiré par ces deux personnages énigmatiques, que la curiosité et le besoin de reconnaissance parentale l'ait poussé à les suivre, mais en ce qui me concerne, cela n'a pas fait mouche dans mon esprit. Ils ont juste réussi à me taper sur les nerfs. Dommage…

Quel dommage que le gamin soit encore si petit! Elle se serait volontiers amusée avec lui, un certain temps. Elle aurait fini par l'épuiser, bien sûr, et très vite. Chaque fois qu'elle avait ouvert son lit à d'autres hommes que Steep, elle avait toujours été déçue. Malgré leur virilité, malgré leur ardeur, aucun d'entre eux n'avait eu l'extraordinaire endurance de Jacob. Bon Dieu, elle le regretterait! Pour elle, il avait été plus qu'un mari, plus qu'un amant ; il avait été l'aiguillon qui l'avait poussée à tous les excès, suscitant des comportements qu'elle n'aurait jamais osé se permettre, et dont elle n'aurait jamais pensé tirer tant de plaisir, avec quelque être que ce fût, homme ou bête.

Sacrements, de Clive Barker

En résumé…

Je suis assez mitigée quant à cette lecture… Même si certaines descriptions ont heurté ma sensibilité, j'ai apprécié le message écologique passé, que ce soit voulu ou non par Clive Barker. L'écriture de l'auteur était, dans ce roman-ci, égale à elle-même, dirais-je. Ni meilleurs, ni moins bonne que celle trouvée dans mes précédentes lectures. J'ai même relevé quelques jolies métaphores, ce qui ne gâche rien. Petit bémol, je me serais peut-être bien passée de certaines scènes de débauche (sexuelle et autre). Cela n'a rien à voir avec l'homosexualité de Will, car je me pose clairement en adversaire de l'homophobie, mais je suis mal à l'aise avec ce que l'alcool et les drogues peuvent avoir comme résultat. La perte de contrôle de soi qu'ils induisent m'effraie, et je n'aime guère retrouver cela, ni dans les livres, ni à la télévision. Mais cela ne tient évidemment qu'à moi…

Mis à part Will, je n'ai pas accroché avec les personnages, et surtout pas avec les deux protagonistes principaux, à savoir Jacob et Rosa. Je n'ai juste pas compris ce qu'ils étaient, et même si je l'avais compris, je crois qu'ils m'auraient tapé sur les nerfs malgré tout. Ce mysticisme propre à Jacob, et ce côté "petite fille trop gâtée" de Rosa, ce sont là des points de caractères qui tendent à m'agacer au plus haut point. Dommage, car l'histoire repose principalement sur leur deux personnages…

Une dernière chose, et non des moindres, je n'ai en fait pas compris le but de l'histoire. Où l'auteur a-t-il voulu en venir? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de fou? J'ai trouvé que la fin partait un peu en vrille (pour ne pas dire en couille…), et je n'ai pas eu les réponses aux questions que je me posais. Ou alors, si l'auteur les a données, je ne les ai pas comprises. La faute aux propos trop sibyllins de ses personnages…!

Ma note : 14/20, pour être gentille, parce que le style d'écriture est soigné et que j'ai aimé le personnage de Will.

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[Chronique] Sacrements, de Clive Barker

D'autres romans de Clive Barker chroniqués sur mon blog…

[Chronique] Troie 1, Le seigneur de l’arc d’argent, de David Gemmell

La Guerre de Troie n'aura pas lieu… enfin, pas encore tout à fait!

Mais le premier tome de la saga Troie, lui, aura gagné mon coeur comme l'on gagne une bataille. Je me suis laissée séduire par ce récit mené tambour battant, me prenant d'amour pour nombre de personnages aux personnalités riches, complexes et attachantes. La plume de Gemmell, fluide, vibrante, précise, est venue me haper pour m'emmener aux confins de la Grande Verte, à la rencontre d'une époque et de civilisations qui m'étaient jusque là plutôt hermétiques.

Acherontia

Synopsis…

Trois individus vont changer la destinée de plusieurs nations.
Hélicon, le jeune prince de Dardanie, hanté par une enfance traumatisante; la prêtresse Andromaque, dont le caractère de feu et l'indépendance forcenée se dressent contre la volonté des rois; et le légendaire guerrier Argurios, emmuré dans la solitude, uniquement motivé par son besoin de vengeance.
A Troie, ils découvrent une cité déchirée par des rivalité impitoyable -un maelström de jalousie, de tromperie et de traîtrise meurtrières. En dehors des murs de la cité mythique, des ennemis assoiffés de sang convoitent ses richesses et conspirent à sa chute. C'est une époque de bravoure et de trahison. Une époque de bain de sang et de terreur.
Une époque pour les héros!

[Chronique] Troie 1, Le seigneur de l'arc d'argent, de David Gemmell
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La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon premier roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady pour octobre 2016. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Milady pour ce partenariat et la découverte de ce premier tome.

Pourquoi me suis-je lancée dans cette saga fantasy en particulier? Tout d'abord parce que j'ai longtemps entendu parler de David Gemmell et que, en tant que fan de fantasy, je trouvais inconcevable de n'avoir encore rien lu de cet auteur incontournable. Ensuite, parce que j'étais curieuse de voir ce qu'il pouvait ressortir d'une fiction s'inspirant de la guerre de Troie. Pourtant, au départ, j'étais dubitative. Je ne suis pas une fan incontestée de l'Antiquité grecque, et j'avais un peu peur de me lancer les yeux fermés dans une longue saga qui ne me plairait peut-être pas. J'ai malgré tout prit le risque, parce que c'est du David Gemmell, et parce que parfois, il faut pouvoir élargir son esprit à la nouveauté…

 

Une question de mise en place…

Assez curieusement, il m'a fallu à peine 70 pages pour dire de rentrer tout à fait dans l'histoire, et pourtant ces 70 pages m'ont semblé durer assez longtemps. Les premiers chapitres m'ont un peu déroutée dans le sens où ils présentent des personnages qui n'apparaissent ensuite plus une seule fois dans l'histoire, comme la petite Phia et sa maman, ou Spyros le rameur. Certes, ils sont là pour introduire d'autres personnages plus importants, tels Hélicon ou Gershom. Mais sur le moment, je ne savais pas trop à quels personnages je devais m'attacher et lesquels seraient ensuite laissés de côté.

Pourtant, le style d'écriture m'a plu d'emblée. Très fluide et très riche, la plume de Gemmell se fait tantôt fine, tantôt violente. Mais toujours, elle parvient à décrire à merveille l'ambiance des îles grecques à l'Antiquité. J'ai été bluffée par la force de ses descriptions, semées de ci de là parmi les dialogues et les scènes d'action. À bord du Xanthos, je sentais les embruns, le sel et la brise marine. Dans les rues des villes, je sentais les herbes aromatiques, le miel des pâtisseries, mais aussi l'odeur de la garrigue cuite par le soleil d'été, celle de la terre des habitations, celle des tissus et de l'hygiène rudimentaire des citadins. Je sentais les remugles sous-jacents du bétail, de l'industrie des métaux, des abattoirs, des teintureries.

J'ai aussi très vite eu le sentiment que l'auteur s'était énormément documenté sur l'époque, ses moeurs et coutumes, ses croyances, ses techniques, ses métiers, sa vie quotidienne. J'ai été très impressionnée par la clarté et la précision de certaines scènes, subtilement agrémentées de détails auxquels je n'aurais, en tant que lectrice, jamais pensé.

Tout cela contribue à rendre l'univers décrit réel, presque tangible, et en cela, j'ai trouvé l'écriture de Gemmell tout à fait remarquable.

Immobiles et silencieux, les douze hommes vêtus de longs manteaux de laine noire se tenaient à l'entrée de la caverne. Le vent d'automne était anormalement froid, mais ils ne se réchauffaient pas les mains en soufflant dessus. Les rayons de la lune scintillaient sur leurs plastrons de bronze et leurs casques à la crête blanche, sur leurs protections de poignets et leurs jambières en métal repoussé, ainsi que sur les pommeaux des épées courtes qu'ils portaient à la ceinture. Malgré tout ce métal froid sur leur corps, ils ne frissonnaient pas.
La nuit devint plus froide, et, vers minuit, la pluie se mit à tomber. De la grêle crépita contre leurs armures, mais les hommes ne bougèrent pas.

Troie Tome 1, de David Gemmell

Un petit topo des différents camps en présence…

Une des grandes difficultés, lorsque l'on entame cette trilogie, c'est de se familiariser avec les différents personnages et les camps, amis ou ennemis, auxquels ils appartiennent. Les personnages sont nombreux, mais tous attachants à leur manière (pour ceux qui sont amis, en tout cas, parce que je ne peux pas dire que le premier camp que je vais présenter soit sympathique…)

Le camp des mycéniens…

Agamemnon ne répondit pas. Hélicon était un parent de Priam, le roi de Troie. Agamemnon avait un traité d'alliance avec Troie, et avec la plupart des royaumes marchands de la côte est. Malgré ces traités, il finançait des raids de pirates sur des galères mycéniennes, pour piller les villes de ses alliés et s'emparer des vaisseaux marchands et de leurs cargaisons – du cuivre, de l'étain, du plomb, de l'albâtre ou de l'or. Les galères pirates lui payaient toutes une dîme sur leur butin. Cela lui permettait d'équiper ses armées et de faire des faveurs à ses généraux et à ses soldats. Officiellement, il était contre les pirates, passibles de la mort pour leurs offenses, et il ne pouvait donc pas déclarer Hélicon ennemi de Mycènes. Troie était un royaume riche et puissant, et le commerce avec cette cité rapportait d'énormes bénéfices, payés en cuivre et en étain, nécessaires à la fabrication des armures de bronze.
La guerre contre les Troyens se dessinait, mais il n'était pas encore prêt à se faire un ennemi de leur roi.

Troie Tome 1, de David Gemmell

Dans cette trilogie, les Mycéniens sont les grands méchants de l'histoire. Dirigés par le roi Agamemnon, aussi sec que malveillant, ils sont les ennemis de Troie et chercheront, tout au long du récit, à s'emparer de cette dernière. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, surtout ceux qui usent de la traîtrise et de la manipulation. Agamemnon est un homme fourbe et sans aucun sens moral, et ses troupes se comportent bien sûr à son image.

Pourtant, comme dans notre monde, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Certains Mycéniens se révèleront être des hommes de valeurs, tels Argurios. Je ne vous dirai pas ce qu'il fait pour prouver sa valeur, car ce serait vous spoiler, ce qui serait franchement dommage. Mais sachez tout de même qu'Argurios est un de mes personnages favoris de ce premier tome, et que vous commencerez à comprendre pourquoi vers la seconde moitié du roman… Pour les petits curieux, j'en parle dans mon tout premier Throwback Thursday accessible via le lien suivant :

Hélicon et l'équipage du Xanthos…

Toute la matinée, Hélicon resta sur le haut pont arrière, en vue de l'équipage affairé. L'ambiance était tendue, car les marins craignaient tous de naviguer sur le Vaisseau de la Mort. Sa présence les calma, et ils travaillèrent avec plus de facilité. Il savait ce qu'ils pensaient. Le Bienheureux, béni des dieux, voguerait avec eux. Rien de mauvais ne pourrait leur arriver.
Il était vital qu'ils conservent cette foi en lui. Hélicon savait que le plus grand danger était qu'il se mette à y croire lui-même. Les hommes parlaient de sa chance, et soulignaient qu'aucun de ses vaisseaux n'avait jamais fait naufrage. La chance y était sans doute pour quelque chose, mais à chaque fin de saison commerciale, ses vaisseaux étaient vérifiés par des charpentiers, tirés sur la plage, débarrassés de leurs bernaches et réparés si nécessaire. Les équipages étaient triés sur le volet, et les capitaines étaient toujours des hommes de grande expérience. Aucune de ses cinquante galères n'avait jamais pris la mer trop chargée, ou couru des risques inutiles pour faire un peu plus de profit.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

Hélicon, aussi appelé Énée, est pour moi un des grands héros de cette histoire. Fils d'Anchise, un roi qui le considère comme un bon à rien, c'était un enfant craintif et éteint, jusqu'à sa rencontre avec Ulysse. Ce dernier le poussera dans ses derniers retranchements afin de lui permettre de dépasser ses peurs. Par la suite, Ulysse l'emmènera sur son navire, le Pénélope, et le prendra sous son aile, faisant de lui un homme et un héros par la même occasion.

J'adore ce personnage également, car il a fait de ses peurs et de ses blessures une force. Il prend sa revanche sur la vie d'une belle manière, avec honneur et courage. Il prend sa revanche de façon personnelle sur les mycéniens, aussi, et quelle revanche! Sanglante et fumante à souhait… Mais on préfère fermer les yeux sur la violence qui se déchaîne en lui pour y arriver, préférant ne garder à l'esprit que ses bons côtés. De plus, il a, d'après les descriptions, un physique plus qu'attrayant, ce qui ne gâche rien… Mais désolée de vous l'apprendre, les filles, le colosse tombera profondément amoureux d'Andromaque, promise à son meilleur ami Hector.

À bord de son navire, le Xanthos, il est appelé le Bienheureux en raison de sa chance incroyable sur la mer et lors des combats. D'autres personnages importants gravitent autour de lui, tels Gershom, Oniacus ou encore Attalus.

Ulysse et l'équipage du Pénélope…

Non, les dieux, dans leur sagesse infinie, avaient décidé qu'Ulysse serait laid. Ils avaient dû longuement réfléchir à la question, se dit le marin, parce qu'ils avaient accompli leur tâche avec brio. Il avait les bras trop longs, les mains noueuses et les jambes aussi arquées que celles d'un cavalier thessalien. Même ses dents étaient de travers. Et Pénélope lui avait fait remarquer, en riant, qu'il avait une oreille plus grande que l'autre. Pourtant, un des dieux avait sans doute eu pitié de lui. Pour compenser sa laideur, il lui avait accordé le don de savoir raconter des histoires extraordinaires. Il était capable de tisser des récits d'une complexité époustouflante, et il détectait les réactions de son auditoire aussi bien, sinon mieux, que les mouvements subtils des vents. Partout où il accostait, des foules se rassemblaient autour de lui, et attendaient patiemment qu'il daigne se lancer dans un de ses récits fabuleux. Parfois, il disait qu'il était fatigué, ou bien qu'ils connaissaient désormais toutes ses histoires. Après s'être fait prier et supplier un certain temps, il soupirait, et la représentation commençait.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

De tous les personnages, c'est Ulysse qui m'a le plus surprise. J'avais de lui une image toute faite en tête, celle que les récits antiques nous renvoient. Mais Gemmell a su s'approprier les mythes et les légendes de la Grèce antique afin de tisser son propre univers, ses propres personnages.

Ainsi, Ulysse est-il devenu laid. C'est assez comique, parce que suite à la description retranscrite en citation, je le voyais à l'image de Willy, le vieux jardinier écossais dans Les Simpsons. Allez savoir pourquoi…

Mais cette laideur est largement compensée par les talents de conteurs d'Ulysse. Ainsi, l'auteur détourne toute une série de légendes originales tournant autour d'Ulysse, et les transpose à sa sauce. Ulysse les raconte comme des histoires qui lui seraient arrivées, affabulant autour de petites anecdotes de son quotidien de marin. On le voit particulièrement bien dans le second tome de la saga, aussi reviendrai-je sur ce point dans ma prochaine chronique.

Ulysse est également un marin hors pair, un grand guerrier et un excellent tacticien à ses heures. Son amour sans faille pour sa femme Pénélope est touchant et contribue à faire de lui un autre de mes personnages de prédilection.

Le roi Priam et celles/ceux qui gravitent autour de lui…

Priam se souciait fort peu des cinquante enfants qu'il avait faits à ses trois femmes et à ses trente concubines. Ceux qu'il favorisait avaient intérêt à lui prouver leur valeur. Il vendait ses filles à des princes étrangers en échange d'alliances, et ses fils travaillaient dans ses trésoreries, dans la prêtrise ou dans l'armée. De tous ses enfants, il montrait ce qu'on pouvait appeler de l'affection pour deux seulement : Créüse et Hector. Sa fille connaissait les secrets permettant d'amasser des richesses. Et son fils était un combattant redoutable. Tous deux étaient des atouts dans son jeu, voilà tout.
Le vieil homme semblait même amusé par l'idée que nombre de ses enfants complotaient sa mort. Ses espions lui rapportaient le moindre de leurs mouvements. Puis, au moment où ils s'apprêtaient à passer à l'action, Priam les faisait arrêter. Au cours des trois dernières années, il avait fait exécuter cinq de ses fils.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

Priam, en revanche, fait partie de ces personnages que j'ai secrètement envie de baffer encore et encore, et qui ont pourtant un rôle important à jouer dans l'histoire. C'est un homme infâme sur toute la ligne. Très beau et très porté sur le sexe, il n'a de cesse de tromper sa femme mourante à tout va, parfois par la séduction, souvent par la force. Des fils naissant de ces unions, il n'en a cure, prenant plaisir à les humilier à chaque rencontre, à les rabaisser le plus bas possible.

Et pourtant, Priam sera un personnage important de l'histoire. Non seulement il est roi de Troie et combat les Mycéniens, mais il est aussi le père d'Hector, le plus grand des héros troyens, le beau-père d'Andromaque dont je parlerai plus loin, et est parent avec Hélicon. Rien que ça…

Hector, quant à lui, est presque absent de l'histoire. Parti en mission à l'autre bout du monde, on ne le voit qu'en filigrane, et ce jusqu'aux tous derniers chapitres du roman. Ses exploits à la guerre et sa faculté à rester en vie même dans les situations les plus désespérées font de lui un demi-dieux vivant aux yeux du peuple de Troie. Il est donc un symbole de la puissance troyenne. Si Hector tombe, c'est toute la ville de Troie qui perd confiance en sa faculté à se défendre. Pourtant, les habitants de la ville sont bien loin de s'imaginer qu'Hector possède un point faible. Un tout petit détail, mais qui a son importance en ce qui concerne la lignée des rois de Troie.

Andromaque est la promise d'Hector. Ancienne prêtresse du Minotaure sur l'île de Théra, elle est démise de ses fonctions et amenée contre son gré à Troie afin d'épouser le grand héros local. Mais Andromaque ne l'entend pas de cette oreille. Elle ne craint rien, surtout pas les hommes avec leurs machinations et leur surplus de testostérone. Aussi effrontée qu'intelligente, elle prendra de force sa place au sein de la cour de Priam et aura son mot à dire dans bon nombre de situations délicates. En tant qu'archère hors paire, elle n'hésitera pas à partir au combat, en démontrant son courage et son habileté dans l'art de la guerre.

Pour moi, Andromaque représente l'héroïne parfaite. Belle, rebelle, courageuse, valeureuse, intelligente, elle est aussi indispensable à l'histoire de Troie que la lune est nécessaire au soleil.

De belles histoires d'amours impossibles…

En marchant vers le port, Hélicon pensait à Andromaque. Il sentait encore la chaleur de son corps pressé contre le sien dans leur étreinte, et le parfum remémoré de sa chevelure le remplissait de nostalgie.
Il aurait maintenant préféré avoir quitté Troie plus tôt, et ne pas être allé rendre visite à Hécube agonisante.
Il jeta un coup d’œil au ciel, aux nuages bas à l'ouest, et se demande s'il avait offensé Aphrodite, la déesse de l'Amour. Il lui avait peut-être offert moins d'offrandes qu'aux autres divinités. L'ironie de la situation ne lui échappait pas. Il s'était refusé à prendre femme sans amour et à présent qu'il avait rencontré l'élue de son cœur, l'incarnation de tous ses rêves, elle était promise à un autre… Pis, elle devait épouser son ami le plus proche.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

Plusieurs histoires d'amour s'entremêlent dans ce premier tome. Des amours impossibles, des amours qui finissent mal, des amours heureux parfois…

Je vous ai parlé de l'amour impossible entre Hélicon et Andromaque, qui sera bien problématique pour la suite de l'histoire, puisqu'Andromaque doit épouser Hector, le meilleur ami d'Hélicon. Mais il y a, au coeur de ce récit, d'autres histoires, dont une que j'ai trouvé très belle, très poétique… et qui pourtant finit affreusement mal, m'arrachant quelques larmes au passage (et chez moi, c'est chose rare).

L'escalade de la violence…

Hélicon mit son heaume en bronze et courut rejoindre ses meilleurs combattants sur le pont central. Puis, grimpant par-dessus le bastingage, il cria : "Pour Zidantas!" et sauta sur le pont de la galère mycénienne, en dessous de celui du Xanthos. L'équipage ennemi, armé d'épées, de haches et de massues, se porta à la rencontre des attaquants. Hélicon frappa du plat de sa lame le premier, flanqua le deuxième sur le pont d'un coup d'épaule, puis bondit et enfonça son épée dans la poitrine du troisième. Un quatrième marin visa sa tête, mais une énorme massue l'envoya bouler. C'était celle de Zidantas, dans les mains de Gershom.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

Bien sûr, qui dit Troie, dit guerre. Dans ce premier tome, on suit toute cette escalade de violence qui mènera finalement à la guerre ouverte. Cela commence toujours sur un petit évènement, qui aurait pu passer pour anodin s'il n'y avait toujours un besoin de vengeance derrière. Ainsi, pour venger la mort d'Alectruon le pirate mycénien, tué par Hélicon, Agamemnon va s'arranger pour faire assassiner le bras droit d'Hélicon, Zidantas. Hélicon voudra se venger à son tour en incendiant une flotte mycénienne, et ainsi de suite. Une fois que le doigt est mis dans l'engrenage, il n'y a plus de limite à la violence et à la recherche de vengeance. Tout va crescendo, jusqu'au grand final, une bataille à mort, sanglante et rapide, où les deux camps ennemis semblent n'avoir aucun autre échappatoire que la mort.

Force est de constater que, bien souvent, cela se passe ainsi dans notre monde. Après tout, de nombreux récits de Fantasy ne sont qu'un reflet de notre réalité, une façon de mettre le doigt où ça fait mal tout en jouant sur les allégories.

Mais ne nous y trompons pas, ce roman est plus un récit d'action qu'une fable morale sur la barbarie de l'Homme. Les scènes de combat sont époustouflantes de réalisme, et elles ne tirent pas en longueur. Moi qui, d'habitude, ne raffole pas des scènes d'actions, j'ai trouvé que celles-ci se laissent lire sans modération. Elles confèrent au récit un rythme haletant, un suspens presque insoutenable. La bataille finale est particulièrement grandiose, et m'a tenue en haleine jusqu'à… 4h du matin! Hé oui, alors que je devais aller travailler le lendemain matin! Merci, monsieur Gemmell, franchement…

En résumé…

La Guerre de Troie n'aura pas lieu… enfin, pas encore tout à fait!

Mais le premier tome de la saga Troie, lui, aura gagné mon coeur comme l'on gagne une bataille. Je me suis laissée séduire par ce récit mené tambour battant, me prenant d'amour pour nombre de personnages aux personnalités riches, complexes et attachantes. La plume de Gemmell, fluide, vibrante, précise, est venue me haper pour m'emmener aux confins de la Grande Verte, à la rencontre d'une époque et de civilisations qui m'étaient jusque là plutôt hermétiques. Je suis restée prisonnière de l'histoire, captive des yeux d'Hélicon et de la chevelure rousse d'Andromaque, jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher. Et de fait, j'ai lu le dernier tiers du roman d'une traite…

Notons aussi que cette réédition Milady est particulièrement jolie et soignée. La couverture est soyeuse et agréable à tenir, la police d'écriture est juste nickel, le poids du roman acceptable, et les illustrations sympas. Que demande le peuple?

Cette saga sera décidément un de mes grands coups de coeur de cette année…

Ma note : 20/20… Eh oui, rien que ça!!

Les autres tomes de la série…

 

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Votre dévouée,

Acherontia.

Lecture en cours #1

Titre : Sacrements

Auteur : Clive Barker

Lecture en cours #1

Éditions Bragelonne

548 pages

Fantastique/Horreur/Thriller

Prix : 25 € (grand format)

ISBN 9791028101459

Synopsis…

Photographe de grand renom, Will Rabjohns fait frissonner le monde entier en dévoilant la nature sauvage sous ses aspects les plus cruels. Son œil impitoyable traque les derniers instants des animaux en voie de disparition.
Quand l'attaque brutale d'une ourse polaire le plonge dans un coma profond, il revit une aventure inquiétante, enfouie au cœur de ses souvenirs d'enfance : sa rencontre nocturne avec un couple étrange, porteur d'une mission de mort.
Will se trouve alors face à une vérité qui le dépasse et l'entraîne des bars gays de San Francisco aux collines du Yorkshire, puis au large de l'Ecosse, à la recherche de sa propre identité et de la source de toute vie.

 

Les statistiques…

Commencé le dimanche 20 novembre 2016

Terminé le 27 novembre 2016

[Chronique] Pays rouge, de Joe Abercrombie

Joe Abercrombie m'a une fois de plus bluffée avec ses personnages à la psychologie complexe et son histoire tellement humaine qu'elle en devient presque réelle malgré le fait que ce soit un univers de fantasy.

Acherontia

Synopsis…

Farouche Sud aurait aimé oublier son passé une fois pour toutes.
Mais lorsque son frère et sa sœur sont enlevés et sa ferme réduite en cendres par une bande de hors-la-loi, il est temps pour elle de reprendre ses anciennes habitudes. En compagnie du vieux Nordique qui l’a adoptée, un homme lui aussi marqué par ses démons, Farouche entame un long voyage à travers les plaines désertiques. Un voyage qui les emmène jusqu’aux bas-fonds d’une ville cauchemardesque, frappée par la ruée vers l’or, puis dans les montages inexplorées, qu’on dit hantées. Sur leur chemin, règlements de compte, alliances douteuses et trahisons amères se succèdent à la vitesse d’une flèche de barbare.
Car même lorsqu’on croit avoir tout perdu, au Pays Lointain le passé ne reste jamais enterré…

[Chronique] Pays rouge, de Joe Abercrombie

La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon second roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady pour septembre 2016. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Bragelonne pour ce partenariat et la découverte de ce livre.

Si j'ai choisi ce roman en particulier, c'est parce que j'ai déjà eu l'occasion de lire un roman de l'auteur qui m'avait beaucoup plu. Il s'agissait de Servir froid. Je suppose que certains d'entre vous connaissent ^^

Ce qui m'a fait plaisir, dans ce nouveau roman d'Abercrombie, c'est que j'ai pu retrouver certains personnages de Servir froid, notamment Cosca et Temple. Placide aussi est évoqué dans Servir froid. Comme quoi, c'est bien la preuve que l'auteur nous livre un univers complet, complexe, avec de la suite dans les idées!

Un terrible coup du sort…

Le temps des toutes premières pages, tout paraît paisible, presque joyeux malgré la pauvreté qui se fait sentir en filigrane de l'écriture. Mais très vite, tout bascule pour les deux héros, Farouche et Placide. Le lecteur n'a même pas le temps de s'attacher à eux, d'apprendre à les connaître, que crac!, il leur arrive malheur.

Meurtres sauvages, enlèvements révoltants, saccages à tout va… Le menu arrive très rapidement sur la table et s'annonce copieux en plats corsés! Le lecteur est directement placé au coeur de l'action, ce qui n'est pas pour me déplaire. On se retrouve happé par la recherche désespérée des enfants, enlevés par des mercenaires sanguinaires, assoiffés d'argent et de violence. On compatit de tout coeur à la douleur des héros, et on s'émerveille devant leur courage à faire face à l'adversité.

Petit plus : j'ai trouvé remarquable la façon dont est traitée la douleur des personnages face au saccage de leur maison et la perte de leurs proches. L'auteur se montre souvent très juste dans la description des sentiments et des actions qui en découlent. Sans faire des phrases à rallonges, il dépeint avec des mots adroitement choisis ce que ressentent Farouche, Placide, et toutes les autres victimes des mercenaires. Pour cela, chapeau bas, l'ami!

Elle atteignit la cour – ce qui avait été leur cour – et s'immobilisa, perdue. La maison n'était que poutres brûlées et détritus. Seule la souche de cheminée tenait encore debout. Pas de fumée. La pluie avait dû éteindre les feux un jour ou deux auparavant. Mais tout était calciné. Le souffle court, elle contourna les ruines noircies de la grange.
On avait pendu Gully à l'arbre du fond. Au-dessus de la tombe de sa mère, dont la stèle avait été renversée. Il était transpercé de flèches. Au moins une dizaine.
Farouche avait l'impression d'avoir reçu un coup de pied dans le ventre. Penchée en avant, les bras serrés contre sa poitrine, elle gémit. L'arbre gémit de concert, agité par le vent, et le cadavre de Gully se mit à tanguer doucement. Le pauvre vieux fou. Tandis qu'ils s'éloignaient en charrette, il avait assuré à Farouche qu'il veillerait sur les enfants. Elle avait ri avant de rétorquer que les enfants veilleraient plutôt sur lui. À présent, aveuglée par les larmes et le vent cinglant, blottie dans ses propres bras, elle se sentait si froide que rien ne semblait pouvoir jamais la réchauffer.

Pays rouge, de Joe Abercrombie

Une héroïne en béton…

Tous les personnages de ce roman sont intéressants à leur manière, mais il en est un qui a retenu toute mon attention. Il s'agit de Farouche, bien sûr, le personnage central de l'histoire. Une jeune femme dont le caractère bien trempé cache une sensibilité, presque une fragilité qui lui vient sans doute de son passé tumultueux qu'elle essaie d'oublier. 

Si elle peut paraître dure, elle est aussi droite et travailleuse, drôle et tendre à ses heures. On se rend compte que c'est la vie qu'elle mène ou qu'elle a mené qui a façonné son apparente dureté, mais qu'au-delà des faux-semblants, c'est une fille qui gagne à être connue et appréciée.

Son prénom, Farouche, m'avait d'emblée déroutée, mais finalement j'ai trouvé qu'il lui allait comme un gant. Car elle n'est pas farouche par son caractère, très franc et bien affirmé au demeurant, mais plutôt par sa propension à dissimuler ce qu'il y a de meilleur en elle. Elle ne jette pas des perles aux cochons, et c'est fort bien ainsi.

Les deux boeufs se débattaient dans des gerbes d'eau, et le deuxième joug se tordit malgré les cris et les coups de fouet de Brin. Il aurait tout autant pu fouetter l'eau, ce qu'il faisait parfois. Farouche tirait de toutes ses forces. En vain.
– Merde! s'exclama-t-elle en sentant la longe glisser de sa main droite.
La corde lui cisailla l'avant-bras. Elle parvint tout juste à en rattraper l'extrémité, sang et chanvre se mêlant à l'eau qui éclaboussait son visage et détrempait ses cheveux, sous les meuglements terrifiés des animaux et les gémissements non moins terrifiés de Majud.

Pays rouge, de Joe Abercrombie

Des personnages Kinder surprise…

À l'instar de Farouche, les autres personnages de Joe Abercrombie sont rarement ce qu'ils paraissent être de prime abord. Les apparences sont souvent trompeuses, et l'auteur ne cesse de nous le rappeler au travers de leur psychologie.

Certains personnages essaient d'oublier un passé violent en devenant des "hommes meilleurs". Placide fait partie de ceux-là. Comme il le dit, il ne s'est pas toujours appelé Placide… C'est donc ainsi que certains caractères ressurgissent, et qu'un personnage que l'on pensait mou se révèle être un véritable guerrier dans l'âme.

D'autres personnages, comme Cosca, sont de véritables pourritures mais essaient de faire croire le contraire à tout le monde. D'autres encore, comme Temple, sont des gens biens mais essaient de se faire passer pour de véritables pourritures. Chez Joe Abercrombie, rien n'est jamais simple ni gravé dans le marbre, tout est sujet à évolution, à surprises. Les personnages sont souvent torturés, complexes, pour notre plus grand plaisir.

Farouche se tourna vers Placide. Il la dévisageait, l'épée volée dans une main, le reste de corde dans l'autre. C'était comme s'il la voyait à peine. Comme s'il était à peine lui-même. Comment pouvait-il être l'homme qui avait chanté au chevet de Ro quand elle était fiévreuse? Mal, certes, mais il avait quand même chanté, le visage tordu par l'inquiétude. À présent, devant ses yeux noirs, elle fut saisie d'effroi, comme si elle contemplait le vide. Elle se sentait comme au bord d'un précipice, et il lui fallut tout son courage pour ne pas s'enfuir.

Pays rouge, de Joe Abercrombie

Moralité, quand tu nous tiens…

Ce qui me frappe, chez Joe Abercrombie, c'est cette mise en avant du fait que la limite entre bien et mal est parfois bien ténue. Certains font le mal en pensant faire bien, ou en ne pensant qu'à eux. D'autres commettent des atrocités pour une bonne cause. Comment distinguer le bon grain de l'ivraie, au final? Le bien et le mal ne sont-ils réellement qu'une question de point de vue?

Certains dialogues très intéressants parlent également du concept de conscience. Car c'est peut-être elle, au final, qui fera la différence pour devenir un "homme meilleur"…

J'ai aimé cette moralité qui se dégage de l'histoire. L'auteur nous démontre que, finalement, c'est la vie qui nous façonne et nous forge. Un passé violent vécu bien malgré nous peut créer des blessures telles que notre caractère initial se voit modifié. La nécessité de survivre ou de protéger les siens peut pousser n'importe qui aux pires extrémités. Tout le monde est logé à la même enseigne.

L'auteur nous livre au final des personnages très humains, très réalistes et complexes. Dans Pays rouge, c'est vraiment ce côté-là du récit qui m'a le plus marquée et touchée.

Un sentiment d'impuissance submergea Sufeen. Soudain assailli par la fatigue, il pouvait à peine lever les bras. Si seulement il avait été entouré d'hommes justes. Mais seul lui s'approchait de cette définition. Il était le meilleur homme de la compagnie. Il n'en tirait aucune fierté. Le meilleur ver dans un tas de fumier aurait été plus reluisant. lui seul avait un semblant de conscience. Temple aussi, peut-être, mais Temple passait chaque instant à convaincre lui-même et les autres du contraire. Sufeen l'observa : en retrait derrière Cosca, un peu voûté, comme s'il se cachait. Jouant impatiemment avec les boutons de sa chemise. Il aurait pu être tout ce qu'il voulait, mais s'efforçait de n'être rien. Toutefois, au milieu de cette folie destructrice, le gâchis du potentiel d'un homme semblait fort peu importer. Jubair aurait-il raison? Dieu était-il un tueur vindicatif, qui se délectait de l'anéantissement? À ce moment précis, il paraissait difficile de prétendre le contraire.

Pays rouge, de Joe Abercrombie

Des hommes bons… ou pas!

Bien sûr, comme dans tout roman de Joe Abercrombie qui se répète, l'on trouve une franche dose de violence, souvent de la pire espèce car elle est la plupart du temps gratuite. Que ce soit les massacres perpétrés par Nicomo Cosca et son armée, ou par celle des mercenaires qui enlèvent les enfants, tout cela pourrait être évité. Mais non, ça les amuse bien trop, de violer, décapiter, torturer, piller, démolir… ça les fait même rire!

De la fiction, ça, vraiment? Personnellement, cela me rappelle les images que je vois tous les jours au journal télévisé. À la sauce fantasy, certes, mais l'on en trouve malgré tout les échos dans notre petit monde bien réel. On dit que la réalité dépasse souvent la fiction. Je ne peux malheureusement que confirmer l'adage.

Le couteau qu'il avait donné à Danard était enfoncé dans les côtes de Sufeen jusqu'à la garde et la chemise de celui-ci noircissait à vue d'oeil. Un tout petit couteau, par rapport à d'autres. Mais suffisamment gros.
Le chien aboyait toujours. Sufeen tomba face contre terre. La femme à l'arbalète avait disparu. Était-elle partie chercher des projectiles, sortirait-elle de nulle part, prête à tirer? Temple aurait probablement dû se mettre à couvert.
Il ne bougea pas.
Le martèlement des sabots se fit plus fort. Le sang formait une flaque boueuse autour du crâne fendu de Sheel. Le gamin recula doucement, puis se mit à courir en boitillant, traînant sa jambe infirme derrière lui. Temple le regarde s'éloigner.

Pays rouge, de Joe Abercrombie

Trop de linéarité…

Je dois cependant émettre quelques petits bémols pour cette lecture, que j'ai trouvé un cran en-dessous de Servir froid.

Trop de linéarité, tout d'abord. J'ai trouvé l'histoire un peu trop plate par moments. Entre le moment où les héros partent à la recherche des enfants, et celui où ils arrivent à Fronce, le voyage traîne parfois en longueur. On sent bien qu'il y a une certaine maturation de la part des personnages, mais il ne se passe pas assez de choses, les rebondissements sont trop peu nombreux ou ne sont pas à la hauteur des attentes du lecteur.

Ensuite, le paysage dans lequel évoluent les personnages est trop peu décrit. On se doute qu'il s'agit d'un décor façon "far west", mais on ne sent pas assez la poussière, le soleil, la chaleur, la soif… Je suis restée sur la mienne, pour le coup.

En résumé…

Joe Abercrombie m'a une fois de plus bluffée avec ses personnages à la psychologie complexe et son histoire tellement humaine qu'elle en devient presque réelle malgré le fait que ce soit un univers de fantasy.

On retrouve dans ce roman de nombreux éléments chers à l'auteur : des paysages très "dark" où la pauvreté et la corruption morale sont loi, des personnages torturés, des dialogues qui tournent autour de la conscience et de la recherche de sens, une histoire où le bien et le mal s'entremêlent, et de la violence… beaucoup de violence.

Si on retrouve dans ce livre beaucoup de bonnes choses, je lui reproche tout de même une trop grande linéarité, quelques longueurs, des passages qui manquent parfois de rebondissements, un caractère même parfois un peu brouillon, et le fait que la psychologie passe souvent avant l'histoire elle-même. Je l'ai trouvé un peu en-dessous de Servir froid, le premier roman que j'aie lu d'Abercrombie.

Ma note : 15/20

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Acherontia.

[Chronique] Galilée, de Clive Barker

Synopsis…

Depuis la naissance des États-Unis, deux des familles les plus puissantes d'Amérique se livrent une guerre impitoyable dont l'origine reste mystérieuse. Et lorsque Galilée, le fils prodige du clan Barbarossa, condamné tel le hollandais volant à errer sur les mers du monde entier, tombe amoureux de Rachel, la jeune épouse du clan Geary, l'affrontement prend une nouvelle ampleur. D'anciens secrets ressurgissent, des forces surnaturelles se déchaînent et emportent les amants dans un monde de cauchemar. Car ce qui est en jeu n'est pas seulement le pouvoir ou l'argent, mais bien la quête de l'immortalité

La loi d'attraction universelle…

Ce roman est mon second roman lu dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady/Castelmore pour ce troisième trimestre de l'année. Je remercie donc très chaleureusement les éditions Bragelonne pour ce partenariat et la découverte de cette lecture.

Le choix de ce roman de Clive Barker dérive d'une suite logique. Dès le début de mon partenariat avec Bragelonne, j'ai entrepris de chroniquer chaque (ré)édition des romans de l'auteur. Après Secret show, voici donc ma chronique de Galilée, qui sera suivie, dans quelques temps, de celle de Sacrement qui doit sortir dans le courant d'octobre.

[Chronique] Galilée, de Clive Barker

Une bonne idée de départ…

À l'entame de ce roman, j'étais franchement emballée par le concept. Cette histoire de deux familles influentes, l'une riche à milliards et l'autre possédant un surprenant caractère surnaturel, deux familles qui se vouent une haine impitoyable pour d'obscures raisons, avait tout pour me plaire. Sans compter le fait que j'apprécie généralement ces grandes fresques littéraires dépeignant plusieurs pans de l'histoire, détaillant des généalogies qui n'en finissent plus.

Les premiers chapitres ont confirmé ce que je pressentais à l'ouverture du roman. L'ambiance très particulière m'a d'emblée rappelé le roman d'Anne Rice, Le lien maléfique, où il est aussi question d'une grande histoire familiale qui débute à l'époque des Celtes et se poursuit jusqu'à notre époque, avec un côté surnaturel et une ambiance particulièrement pesante comme je les aime.

Je commençais à comprendre qu'une des malédictions de la famille Barbarossa était l'apitoiement sur soi-même. Il y avait Luman dans son fumoir qui mijotait sa revanche contre des morts ; moi, dans ma bibliothèque, persuadé que la vie m'avait rendu un horrible service ; Zabrina enfermée dans sa propre solitude, boursouflée de sucreries. Et même Galilée – là-bas sous un ciel infini – qui m'écrivait des lettres mélancoliques évoquant l'inanité de sa vie. Tout cela était pathétique. Nous qui étions les fruits bénis d'un arbre si extraordinaire. Comment en étions-nous venus à nous lamenter sur nos existences, au lieu de trouver des motivations dans le fait de vivre? Nous ne méritions pas ce qu'on nous avait donné : notre prestige, nos dons, nos visions. Nous les avions gaspillés, tandis que nous pleurions sur notre sort.
Était-il trop tard pour changer tout ça? me demandais-je. Quatre enfants ingrats avaient-ils encore une chance de découvrir pourquoi ils avaient été créés?

Galilée, de Clive Barker

Un joli style d'écriture…

Le style d'écriture que j'ai découvert entre les pages de Galilée est très plaisant. La plume est fluide et littéraire, agréable à lire. Et même si certaines descriptions tirent un peu en longueur, le tout se lit avec bonheur et aisance.

Je me suis étonnée du fait qu'une bonne partie du récit soit écrit au présent, et à la première personne qui plus est. En fait, le roman est construit d'une façon assez originale. C'est Maddox, un des membres de la famille Barbarossa, qui raconte l'histoire à sa manière. Au début du roman, on le voit prendre la décision d'écrire un livre sur l'histoire de sa famille (la famille surnaturelle), et par conséquent aussi sur celle de la famille Geary (la famille riche à milliards), puisque les deux sont intimement liées.

Il est donc des parties où c'est Maddox qui raconte sa petite vie et ce qui se passe autour de l'écriture de son livre (parties écrites au présent), et des parties qui sont en fait des extraits de son livre en cours d'écriture (parties souvent écrites au passé simple).

Cela m'a un peu déroutée au début, mais ensuite, je me suis aperçue que ce n'était pas plus mal, car les parties "roman" et les parties "petite vie de Maddox" étaient dès lors bien séparées.

– Tu me rappeles… (Je devinais la suite) … ton père.
Je ne pense pas avoir répondu quoi que ce soit. J'étais bien trop intimidé. En outre, si j'avais essayé de parler, je doute que ma langue ait accepté de m'obéir. Alors, je restai planté là, tandis que Cesaria glissait vers moi, et le vacarme animal jaillit d'elle avec une férocité renouvelée.
Mais cette fois, ce raffut s'accompagna d'une vision, non pas dévoilée par le nuage, mais comme sculptée dans sa masse. Je n'en eus qu'un aperçu, Dieu merci, mais je suis certain que Cesaria m'en aurait laissé voir davantage si elle n'avait pas eu besoin de mes services. Ayant une autre idée en tête, elle m'en montra juste assez pour me faire perdre le contrôle de ma vessie ; trois ou quatre secondes peut-être, et encore. Qu'avais-je vu? Il ne sert à rien de dire qu'il n'y a pas de mots pour décrire cette vision. Les mots existent, évidemment ; il y a toujours des mots. La question est : suis-je capable de les manier suffisamment bien pour évoquer le pouvoir dont j'ai été le témoin? J'en doute. Mais permettez que je fasse de mon mieux.
Je vis, je crois, une femme entrer en éruption, par tous les pores de sa peau, tous ses orifices, et expulser des formes inachevées. Je la vis donner naissance, pourrait-on dire, non pas à une, ni même à dix, mais à mille créatures, dix mille. Cependant, cette description pose un problème. Elle ne tient pas compte du fait que, en même temps, Cesaria devenait… comment dire? Plus dense. Comme certaines étoiles, ai-je lu quelque part, qui, en se refermant sur elles-mêmes pour mourir, absorbent la lumière et la matière.

Galilée, de Clive Barker

Vous prendrez bien une part de glauque attitude?

Comme dans beaucoup de romans de Clive Barker, le récit comporte parfois un côté très glauque. Ce côté glauque, je l'ai retrouvé dans certains aspects de la famille Barbarossa, notamment dans le fait que Nicodemus (le père) soit, selon les dires de son propre fils, un "homme de sexe", qui conserve une collection d'objets sexuels hétéroclites, qui aime à se montrer nu dans un… certain état… à sa fille encore gamine, qui fait des… choses… avec ses chevaux par une nuit d'orage… Enfin soit, c'est quelqu'un que je qualifierais de peu recommandable, dieu ou pas.

Les Geary ne sont pas en reste en ce qui concerne la "glauque attitude", car certains d'entre eux ont des jeux sexuels des plus étranges. Il y en a un, notamment, qui paye de jeunes prostituées afin qu'elles fassent la morte pendant l'acte. Il les place dans une chambre froide, sur un lit de glaçons pour qu'elles aient la température des cadavres, et leur demande de ne pas bouger d'un pouce pendant qu'il leur fait dieu sait quoi.

Oui, je sais, c'est du lourd en matière de gens louches… Je crois que Clive Barker aime provoquer et susciter le malaise au travers de ses personnages. Après tout, l'horreur ne se mesure pas qu'au nombre de litres de sang versés et à la sauvagerie de certaines scènes gores. Les replis de certains cerveaux humains sont bien plus mal famés qu'une ruelle sombre des bas-fonds urbain après minuit, et l'auteur aime à nous le rappeler.

Dans la pièce voisine du bureau, où je me trouve présentement, Nicodemus avait entreposé sa collection de souvenirs, dont une grande partie a été enterrée avec lui, à sa demande. C'est là qu'il conservait le crâne de son tout premier cheval, ainsi qu'une vaste et bizarre collection d'objets sexuels créés au fil des siècles pour accroître le plaisir des connaisseurs. (Mon père avait une histoire pour chacun d'eux, toujours hilarante.) Mais il conservait bien d'autres choses dans cette pièce. Il y avait également un gant à crispin ayant appartenu à Saladin, l'amant musulman de Richard Coeur-de-Lion. Il y avait un rouleau de parchemin, peint pour lui en Chine, et qui décrivait, il me l'expliqua un jour, l'histoire du monde (même si mes yeux incultes n'y voyaient qu'un paysage traversé par une rivière au cours sinueux), il y avait également des dizaines de représentations des organes génitaux masculins – le lingam, la flûte de jade, la tige d'Aaron (ou, pour reprendre l'expression préférée de mon père, il Santo Membro, la sainte queue)-, dont certaines, je pense, avaient été gravées ou sculptées par ses propres prêtres et représentaient donc ce sexe dont j'avais jailli. Certains de ces objets sont toujours sur les étagères. Vous trouvez peut-être cela étrange, voire un peu répugnant. Je ne suis pas certain d'avoir envie de vous contredire. Mais mon père était un homme de sexe, et ces sculptures, malgré leur crudité, le représentent mieux qu'un livre sur sa vie ou un millier de photos.

Galilée, de Clive Barker

Trop de longueurs tuent la longueur…

Il est une chose qui m'a vraiment gênée durant ma lecture, ce sont toutes ces longueurs. Le style d'écriture a beau être fluide et se laisser lire assez plaisamment, j'ai trouvé que bon nombre de scènes n'apportaient rien à l'histoire. Elles nuisaient même au récit en cassant le rythme de l'action. Il y a eu des moments où j'ai carrément baillé, et, je l'avoue volontiers, lu certains passages en diagonale, voire les zapper.

Le roman aurait été meilleur, selon moi, sans toutes ces cassures de rythme. Il aurait tenu en 400 pages que cela aurait été aussi bien, et même mieux.

Parfois, j'avais même l'impression que l'auteur nous prenait pour des débiles profonds, en répétant certains bouts de phrases (histoire d'être sûr qu'on les ait bien lus) ou en insistant sur des détails qui me paraissaient insignifiants. Et comme tous les lecteurs de par le monde, je n'aime pas être prise pour une débile profonde. Donc j'ai trouvé cela très désagréable, et j'ai zappé ces passages, tout simplement.

Et tout cela sans compter que le roman prend vraiment trop de temps à démarrer. Après une première mise en bouche, où l'on voit le début de l'écriture du livre et quelques aperçus de l'histoire de la famille Barbarossa, l'auteur nous parle longuement de l'histoire de la famille Geary. Trop longuement à mon goût. Pas qu'elle soit inintéressante, au contraire. Mais pendant de très nombreux chapitres, aucun lien n'est fait entre les deux familles, si bien que l'on se demande quand l'auteur en arrivera au clou de l'histoire, c'est-à-dire la rencontre de Rachel Geary et de Galilée. Autant vous le dire tout de suite, cette rencontre n'arrive que vers la moitié du roman… Cela vous situe les longueurs que vous aurez à subir.

Ainsi, Galilée prit le large ; je ne peux vous dire où il alla. S'il s'agissait d'un ouvrage d'un tout autre genre, peut-être pourrais-je inventer les détails de son itinéraire, sélectionné à partir de livres et de cartes. Mais, en faisant cela, je miserais sur votre ignorance, je supposerais que vous ne remarqueriez pas l'inexactitude des détails.
Il est préférable d'avouer la vérité : Galilée prit le large, et j'ignore où il alla. Quand je ferme les yeux et que j'attends que me vienne une image de lui, je le vois généralement assis sur le pont mouvant du Samarkand agité par le roulis, en train de broyer du noir. Mais j'ai beau scruter l'horizon à la recherche d'un indice permettant de le localiser, je ne vois que l'immensité de l'océan. Pour un œil plus exercé que le mien, ces indices existent peut-être, ici même, mais je ne suis pas un marin. Pour moi, tous les paysages de mer se ressemblent.

Galilée, de Clive Barker

Galilée?

Un dernier point que j'aimerais soulever, et non des moindres, c'est ce personnage central, Galilée…

Je vous l'ai dit au paragraphe précédent, il n'apparaît réellement qu'au milieu du roman. Il est cité de temps à autres dans les pages avant, mais sans prendre de réelle substance. Ce qui est fortement agaçant pour le lecteur, car on finit par se demander si le choix d'appeler le roman galilée était vraiment judicieux. "Eh quoi ?", me suis-je dit. "Le roman s'appelle Galilée mais de Galilée on ne voit point. Qu'est-ce donc que cette publicité mensongère?"

Cela renforce donc le côté "l'auteur se fout de notre poire", ce qui est assez frustrant. Mais ce qui l'est encore plus, c'est que, quand ce fameux personnage apparaît, lui qui nous est présenté comme une sorte de messie, un dieu vivant (d'ailleurs, tous les membres de sa famille l'encensent et l'appelle "mon Galilée"), ses actions et ses paroles sont en totale contradiction avec ce qu'il est censé être. Il arrive de la mer telle une divinité des vagues sur son fier navire construit de ses propres mains, il séduit Rachel avec des histoires, un joli petit conte censé les mettre en scène de façon allégorique. Elle mord à l'hameçon, ils passent une nuit digne des cinquante nuances de Grey, et jusque là, on se dit "Waw, ce mec est un vrai dieu!". Le lendemain matin, alors que Rachel vient lui ronronner des mots doux et des promesses d'avenir à l'oreille, il la repousse et s'en va, la laissant seule avec ses doutes et sa fureur.

Vous y voyez un dieu, vous? Moi, personnellement, j'y vois juste un homme. Et un homme de base, qui plus est. Un beau parleur, un rhéteur venteux qui débite de belles promesses totalement creuses et qui prend le large dès que cela devient trop sérieux.

– Ce n'était pas sérieux, dit-il d'une voix ferme. Je croyais que tu avais compris que c'était juste une histoire.
Les larmes picotaient les yeux de Rachel ; elle sentait gémir le sang dans ses oreilles. Comment pouvait-il dire une chose pareille? Sa vision se troubla. Comment pouvait-il rester assis là et lui dire que tout cela n'était qu'un jeu, alors qu'ils savaient bien, l'un et l'autre, forcément, qu'il s'était passé quelque chose de merveilleux?
– Tu es un menteur!
– Peut-être.
– Tu sais bien que c'est faux!
– Comme toutes les histoires que je t'ai racontées, dit-il, les yeux fixés sur le pont.
Rachel aurait voulu lui rappeler toutes ses belles paroles concernant ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas, mais elle ne se souvenait plus des arguments qu'il avait employés. Elle ne pensait qu'à une seule chose : il veut m'échapper. Je ne le reverrai plus jamais. Cette idée lui était insupportable. Il y a dix minutes, ils parlaient de sa maison au sommet de la colline. Maintenant, il lui disait de ne pas attacher d'importance à toutes ses paroles.
– Menteur! répéta-t-elle. Menteur, menteur, menteur!

Galilée, de Clive Barker

En résumé…

Vous l'aurez compris, j'ai été fortement déçue par le personnage de Galilée, censé être le centre de ce roman. Un centre creux, apparemment. Et même si, par la suite, il s'améliore un peu, cette déception initiale prend le pas sur le reste, si bien qu'il m'est resté antipathique jusqu'à la fin. Mêlez cela aux interminables longueurs et aux passages inutiles qui viennent casser le rythme de l'intrigue, et vous obtenez au final votre billet d'entrée pour le chemin qui vous fait passer totalement à côté de l'histoire.

Oh, bien sûr, tout n'était pas mauvais dans ce Galilée, car le style d'écriture était malgré tout très plaisant. Quelques bonnes trouvailles viennent émailler le récit de petits éclats d'or. D'un point de vue fantastique pur, il y a de bonnes choses dans ce roman, et certains personnages sont assez intriguants pour dire de donner du souffle au récit.

Mais clairement, Galilée se situe très en-dessous du Lien maléfique d'Anne Rice, dont je vous parlais en début de chronique. Je crois qu'il manque à ce roman un fil conducteur, ou s'il y en a un, il apparaît beaucoup trop tardivement. Dans Le lien maléfique, Anne Rice parlait du fait que la famille Mayfair était une famille de sorcières ayant invoqué un démon pour les servir. Très tôt dans le roman, le démon qui suit les femmes de la famille apparaît, aussi sait-on que c'est son histoire et le lien qu'il a avec ces femmes qui est décrit. On comprend dès lors aisément le pourquoi de toute cette fresque historique. Dans Galilée, pendant toute la première partie du roman, le lien entre les deux familles n'est pas clair. On se doute que c'est l'histoire d'amour entre Galilée et Rachel qui formera ce lien, mais cela prend trop de temps à se développer, si bien que l'histoire finit par perdre de son intérêt.

Donc si, au départ, vous n'aimez pas les grandes fresques historiques et généalogiques, clairement, ce roman n'est pas fait pour vous. Pour le côté fantastique et pour l'écriture plaisante, en revanche, c'est un roman qui est intéressant malgré tout.

Ma note : 13/20

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques…

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Votre dévouée,

Acherontia.

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