C’est lundi, que lisez-vous? #69

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Comme d’habitude, le rendez-vous du « C’est lundi… » est organisé par Galléane. Vous pouvez retrouver tous les billets sur son blog en cliquant sur le lien ^^ Le principe est très simple, il faut répondre à trois questions, chaque lundi:
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Hello mes ptits poulpes!
Je suis assez contente car, cette semaine, j’ai terminé mon pavé!! 990 pages d’avalées!! Et bien sûr, je n’ai pas tardé à trouver la lecture suivante 😉
J’ai également terminé un manga reçu en service presse (il était déjà terminé la semaine dernière, mais j’ai oublié de le mentionner dans mon précédent « C’est lundi »).
Donc, au final, j’ai passé une agréable semaine de lecture. Je n’ai pas lu des heures durant, mais je me suis tenue à un minimum d’une demi-heure par jour, et ça m’a permis d’avancer comme je le souhaitais.

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin.

Acherontia

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

 

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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Acherontia’s chronicles – Godblind 1

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je tiens d’abord à remercier les éditions Bragelonne pour ce service presse. C’est une lecture que j’avais demandé sur la plateforme Netgalley.fr, et cela m’a fait très plaisir d’être sélectionnée pour le lire et le chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que le résumé m’a plu, tout simplement. Je vois que l’auteur nous parle de dieux assoiffés de sang, de guerre, de sinistres rituels… forcément, j’accroche! Et puis bon, il faut avouer aussi que la couverture n’y est pas étrangère. Je sais que l’habit ne fait pas le moine, mais vous savez, je peux parfois être bien faible face à un visuel attractif…

Du sang gicla sur les doigts de Rillirin, sur son bras, son visage, sur sa gorge et sa poitrine, en vagues chaudes qui allèrent lécher le sol, puis les genoux de Liris se dérobèrent et il tomba. Elle tomba avec lui en continuant de lui assener coup sur coup bien que cela fût inutile, et bien après que Liris eût lâché un dernier souffle bouillonnant de sang ; jusqu’à ce que le visage du roi, son cou et son torse, ne fussent plus qu’une masse sanguinolente de chairs déchirées.
Rouge de sang, rouge comme la vengeance, Rillirin cracha sur le cadavre et attendit la nuit.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je dois avouer qu’en matière de dark fantasy, je me serais attendue à mieux. Déjà à l’ouverture de mon ebook, je suis déçue : aucune carte ne vient introduire ma lecture. C’est pourtant un minimum pour un roman de fantasy, me semble-t-il. Je ne peux calculer le nombre de fois où je me suis fait une joie de détailler ces cartes, m’en imprégnant au maximum afin de pouvoir suivre presque visuellement les pérégrinations des personnages. Là, pour le coup, ça sent le sapin…

Au fil de ma lecture, je constate que l’univers dépeint par Anna Stephens est assez réduit. Heureusement, d’un côté, car nous n’avions pas de carte. Malheureusement d’un autre côté, car j’aurais vraiment avoir un univers plus large et plus construit. L’auteur se concentre sur une petite région qu’est le Rilpor et ses alentours. On se doute que cette région doit faire partie d’un univers beaucoup plus large, mais cet univers n’est à aucun moment évoqué. Pas même une mention ou un clin d’œil à d’autres contrées, d’autres peuples, d’autres cieux. C’est assez perturbant, car cela confère un sentiment d’étroitesse, d’emprisonnement. Ce sentiment est encore plus renforcé par le fait que l’histoire même ne détaille que peu l’histoire du Rilpor. Même le bannissement des dieux du sang, événement pourtant majeur et au centre du récit, n’est pas suffisamment développé. Et c’est bien dommage!

Moi qui m’attendais à quelque chose d’innovant, j’en ai été pour mes frais, car nous sommes clairement sur de la fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Un univers médiéval, des dieux, des hommes qui font la guerre pour leurs beaux yeux, des machinations et des intrigues politiques, des trahisons… Rien de nouveau sous le soleil, donc. C’est de la bonne fantasy, mais cela ne renouvelle absolument pas le genre.

L’intrigue était au final assez linéaire. N’eut été la belle surprise réservée vers la fin du premier tiers du roman, qui m’a arraché un « Noooooon, c’est pas vrai!! » bien malgré moi, force est de constater que l’histoire est très convenue, voire cliché par moment.

Elle tomba dans une eau si froide qu’elle eut l’impression d’être lardée de coups de couteau. Jusque-là, elle avait cru avoir froid, mais ce froid-là brûlait. Le monde se recroquevilla, et elle toucha le fond. Elle s’efforça de lutter contre ses jupes qui la tiraient vers le bas. Sa tête jaillit de l’eau. Elle prit une grande goulée d’air à grand renfort de gargouillis. Ses poumons se mirent à la brûler à l’instar de sa peau. Ouvrant les yeux à temps pour voir le rocher sur lequel le courant la propulsait, elle se recroquevilla et fit l’effort d’enfoncer sa tête sous l’eau glaciale. Elle rebondit sur l’obstacle, puis le courant l’emporta derechef ; chaque respiration était un combat pour ne pas suffoquer à cause du froid et de l’insidieuse léthargie qui envahissait ses membres.
Elle entendait l’écho d’hommes et de chiens se perdre derrière elle, loin au-dessus du cours d’eau. Si elle survivait au froid, au poids de ses vêtements qui la tirait vers le fond, aux rochers, aux rapides et aux chutes, elle se ferait un plaisir d’adresser quotidiennement ses prières au premier dieu qui voudrait d’elle.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Ce manichéisme, on le retrouve déjà dans le panthéon des dieux même. D’un côté, il y a les méchants dieux du sang, qui ont besoin de sacrifices humain pour percer le voile de leur geôle et revenir dans le monde « réel », et d’un autre côté, il y a les dieux de la lumière, qui s’opposent à leur retour.

De cela découle beaucoup de contraste parmi les peuples qui vénèrent ces dieux. Forcément, les Mirécès, qui vénèrent les dieux du sang, cherchent à aider ceux-ci à percer le voile. Ils s’opposent donc aux Rilporiens, qui vénèrent les dieux de la lumière, la Danseuse et le Dieu Renard. On a donc une seconde couche de manichéisme, avec les méchants Mirécès contre les gentils Rilporiens.

Personnellement, j’aurais apprécié plus de nuances, des personnages plus contrastés, qui hésiteraient entre l’une ou l’autre croyance, qui se verraient attirés par le « côté obscure de la force ». Et a contrario, des personnages au départ mauvais, qui changeraient progressivement d’avis, que ce soit de leur propre chef ou par la force des choses. Certes, il y a Dom, le calestar, dont la Dame d’Ombre se sert comme d’une marionnette. Mais il reste finalement un des seuls personnages réellement intéressant, par rapport à cet aspect-là.

Moi, ça me rappelle un sketch des Inconnus, où une jolie japonaise demande à Bioumane « Mais pourquoi ce méchant me veut-il du mal? », et Bioumane de répondre « Parce que t’es une gentille! ». Vous voyez le topo? Bon après, heureusement, les Rilporiens ne dégomment pas les Mirécès à coup de rayon laser de Dorothée, et les Mirécès ne font pas des taches sur les vêtements que même Skip Machine ne pourra pas enlever…

La neige collait les cheveux de l’Élue à son crâne et donnait à leur blond vif une couleur sable plus terne. Il ne peut s’empêcher de sourire en voyant son inconfort, même si elle le cachait bien. En tant que chef de guerre du Roc du Corbeau, il avait couru et combattu par tous les temps que les montagnes lui avaient infligés. Il était fait pour ça. Le sacrifice et la communion demandaient sans doute leur lot d’efforts mais, pour une fois, Lanta était dans son monde à lui, et il avait bien l’intention qu’elle s’en aperçût.
De la lumière. Corvus s’arrêta en dérapage contrôlé et leva un bras pour empêcher Lanta de le dépasser. Ses guerriers s’écartèrent pour former une ligne d’escarmouche et se baissèrent. Corvus scruta les arbres devant eux. Plusieurs feux de camp et une odeur de cuisine.
– Par les couilles de Gosfath, grogna-t-il, nous avons trouvé leur village de merde.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Des personnages, justement, parlons-en. Ils sont, à mon sens, le point fort de ce roman. Parmi ceux qui m’ont le plus touchée, il y a Dom, cité plus haut, Rillirin, Crys, Tara, Gilda,

L’auteur fait la part belle aux femmes, qui savent se battre et se défendre, qui sont fortes, intelligentes, courageuses, mais non pas infaillibles, car elles conservent leur sensibilité féminine, et parfois leur fragilité. Certains personnages masculins aussi peuvent se montrer sensibles et fragiles, à l’instar de Dom, dévasté par son don de divination et à la merci des dieux, ou Rastoth, traumatisé par le décès de son épouse.

J’ai presque envie de dire que, heureusement, le manichéisme ambiant ne s’est pas propagé aux personnages. Car ceux-ci, même s’ils appartiennent chacun à un camp précis, sont complexes et contrastés. Encore que… Du côté Mirécès, les personnages sont quand même à peu près tous manipulateurs, assoiffés de pouvoir et très portés sur la destruction. En cela, on ne peut pas vraiment les qualifier de profonds et complexes, puisqu’ils ont tous les mêmes motivations, déchiffrables comme un panneau d’autoroute. On pourrait toutefois trouver un certain intérêt à Lanta, mais fondamentalement, les « méchants » sont à peu près tous faits dans le même moule. Ceci étant, ils ont tous l’avantage que le lecteur aime à les détester.

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Un autre point fort du roman, ce sont les scènes de pure violence : torture, combats, assassinats, cruauté gratuite… Les amateurs de gore s’y retrouveront assez bien. En cela, la couverture et le résumé ont tenu leurs promesses! Pas de publicité mensongère, le lecteur en prend plein la vue, en particulier dans une superbe scène de sacrifice rituel qui confine plus à la torture qu’à la simple exécution. Si j’étais moi-même une déesse du sang, je dois dire que je serais conquise.

Les scènes de combat sont elles aussi très abouties, il faut le reconnaître. D’ailleurs, peut-être le fait que l’auteur soit ceinture noire de karaté y est-il pour quelque chose. Et elles sont aussi très violentes. Je me suis même surprise à faire un parallèle avec Jean-Philippe Jaworski et son Janua vera. Certes, un Jaworski pas très en forme pour ce qui est des tournures littéraires, et même un peu fâché avec son dictionnaire des beaux termes du français. Mais dans le fond, la violence et le caractère cru des combats dans Godblind pourraient bien être de la même trempe.

Le troisième clou fut pour sa cheville gauche. Galtas fut éberlué par le génie de la chose, le talent avec lequel Lanta oeuvrait ; gauche, droite, gauche, droite, au fil des jambes. Il scandait la prière avec les autres et sentait la présence des dieux s’intensifier. « C’est ça le pouvoir. C’est ça la gloire. Les dieux reviendront et grande sera leur satisfaction. »
La sueur assombrissait les cheveux blonds de Lanta et le col de sa robe à mesure qu’elle clouait les jambes de [spoiler] au poteau. La tâche paraissait difficile ; trouver le bon endroit entre les os afin que le clou s’enfonçât proprement, tout en dessinant une ligne nette, régulière, avec les têtes gris terne des clous, qui descendaient le long des jambes du supplicié comme autant de tiques plates de métal se désaltérant du sang qui coulait.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

J’ai pu lire de nombreux avis mitigés sur la toile. Certains rejoignaient mon propre avis, et ceux-là disaient ne pas avoir envie de lire les tomes suivants. Personnellement, je sais que je lirai la suite, et avec plaisir qui plus est. Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin. Qui sait, peut-être que dans le tome suivant, il y aura moins de linéarité? Peut-être que certains « méchants » vont virer leur cuti, ce qui les rendraient bien plus intéressants. Peut-être des « gentils » vont-ils céder à l’appel de l’obscurité et du pouvoir?

Quoi qu’il en soit, et malgré les lacunes de ce premier tome, je rempilerai à coup sûr pour le prochain numéro.

À suivre, donc…

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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Acherontia

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
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Xapur (Les lectures de Xapur)

Lianne (De livres en livres)

Althea (Althea’s books)

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Lu dans le cadre des challenges…

Littérature de l’imaginaire 2017

Défi lecture 2017

n°1 – Un livre de ma maison d’édition favorite

Si j’étais un livre #3

Je serais le premier tome d’une saga

Lecture en cours #24

Lecture en cours #24

Titre : Godblind

Tome : 1

Auteur : Anna Stephens

DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

Lecture en cours #24
Lecture en cours #24

Éditions Bragelonne

408 pages

Dark fantasy

Sorti le 18 octobre 2017

Grand format/ebook

Lecture en cours #24
Lecture en cours #24

Commencé le 2 octobre 2017

Terminé le 8 octobre 2017

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

L'auteur ouvre une brèche dans le tissu superficiel de l'humanité et s'amuse à nous y faire chuter. Mais de fond point il n'y a. Car la turpitude, le vice, la folie et l'horreur n'ont pas de limites…

Acherontia, chronique de "Poétique du morcellement"

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

« Des pleurs étouffés tirèrent Rachel de son inconscience. Elle ouvrit les yeux mais demeura plongée dans le noir. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser qu’elle n’était plus ligotée. Un petit cri s’échappa de sa gorge et, en une seconde, elle fut debout, tâtonnant nerveusement à travers l’obscurité qui l’enveloppait. Essoufflée, elle heurta un mur, écarta les bras puis en toucha deux autres latéralement. Elle se retourna brusquement, fit trois pas précipités et rencontra une autre cloison. Hystérique, elle battit des bras comme pour déchirer le voile de ténèbres qui l’oppressait. Elle hurla avant de plaquer ses mains sur sa bouche, ne laissant plus sortir qu’un grognement pitoyable. Et si son agresseur l’observait, au-delà des cloisons, attendant le moment propice pour lui tomber dessus et la torturer? Qui l’avait amenée ici et pourquoi ? Luttant pour contenir le flot de peur brute qui ne demandait qu’à corrompre son corps et son esprit, elle demeura immobile quelque temps, prostrée. Puis, reprenant ses esprits, elle tendit l’oreille. Les sanglots s’étaient arrêtés, mais il lui sembla entendre la voix lointaine d’un homme. L’air charriait des relents d’excréments et de moisissures, c’était la première fois qu’elle le remarquait. »

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Playlist Spotify

Acherontia's chronicles – Poétique du morcellement

Playlist aussi disponible sur YouTube…

PS : The coronation de Dishearten a été remplacé par Portal of Anatolia du même groupe. Quant au morceau d'Eros Necropsique, je n'ai pas pu le trouver sur Youtube…

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

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[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

…Ce roman n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains!

Comme le dit l’auteur lui-même, cette lecture est déconseillée aux humanistes végétariens. J’ajouterai que, d’une façon générale, je ne la conseille pas aux âmes sensibles.

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Je vais encore faire dans l’original, sur le coup, je le sens venir ^^

L’auteur m’a donc proposé son roman en m’envoyant un gentil petit mail sur la boîte du blog… Après lecture dudit mail et du résumé, j’ai accepté, parce que le thème et le ton me plaisaient, et que je n’étais pas trop débordée en apparence.

Mouais… En apparence, seulement! Parce que le gentil monsieur, cela fait un an qu’il l’attend, sa chronique, pauvre de lui! Je n’en suis pas fière, croyez-moi… C’est la tête basse et le regard fuyant que je m’installe derrière ce PC. Pour peu, on pourrait me confondre avec le teckel du voisin… Attendez! Mais le voisin n’a pas de teckel?! Enfin, oui, vous m’avez comprise.

À ma décharge, le livre est tout petit et tout fin. Pour vous dire, un petit quinze centimètres de hauteur, pour cinq millimètres d’épaisseur. On dit souvent que ce n’est pas la taille qui compte, mais dans ce cas-ci, sa taille lui a permit de se faufiler loin loin dans ma PAL, et de s’y cacher si bien que je ne l’ai retrouvé que récemment lors de mon déménagement. Je pense que ce livre est conscient des horreurs qu’il renferme, et qu’il me jugeait trop sensible pour me délivrer ses sombres petits secrets.

C’est dommage, car l’auteur s’était chargé de le tatouer avant de me l’envoyer. Une magnifique dédicace à rallonge en première page, avec un emoji diablotin prêt à me piquer le popotin avec sa fourche. Il y avait pourtant de quoi me donner l’eau à la bouche!

Soit, j’ai remis la main sur le bouquin fugueur, je l’ai donc lu une fois mon déménagement terminé, et voici ce que j’en ai pensé… Je vais vous le décortiquer nouvelle après nouvelle, ce sera plus simple.

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

D’une façon générale, l’écriture de l’auteur est fluide et bien maîtrisée. J’ai apprécié le vocabulaire parfois soutenu, le français impeccable, la rythmique agréable des récits. Premier bon point, Monsieur Janulewicz, c’est bien! Au troisième, vous aurez des bonbons!

Tenez, voici un second bon point pour vous : J’ai trouvé que les nouvelles, pour la plupart, étaient bien construites, distillant peu à peu le suspens, faisant sombrer le lecteur de plus en plus dans les insondables abîmes de l’horreur. Une nouvelle en particulier m’a interpellée à ce niveau-là, je vous en parle un peu plus loin. 

Quant aux chutes, élément primordial pour une nouvelle réussie, la plupart étaient totalement imprévisibles et ont réussi à me surprendre. À part une, mais là aussi, je vous en parle plus loin. Et voilà, Monsieur Janulewicz, troisième bon point! Bravo, vous voici l’heureux propriétaire d’un authentique sachet de Carimbo! À moins que vous préfériez les Haribar? (Petit clin d’oeil que seul celui qui a déjà lu ce recueil pourra comprendre…)

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Un restaurateur a reçu la visite impromptue d’un critique culinaire, et n’est guère ravi de l’article écrit à son sujet. Il rumine sa colère, jusqu’au jour où le critique revient dans son établissement…

Mon avis

Une sympathique mise en bouche pour ce recueil de nouvelles… Mauvais jeu de mot, s’il en est, je sais! Mais cela ne devrait pas étonner celles et ceux qui me connaissent.

La chute est assez chouette, car plutôt inattendue. Ceci étant, la nouvelle se compose surtout de la « lecture » de la critique acide reçue par le restaurateur, et je l’ai trouvée longuette. Un peu plus d’action pure aurait été la bienvenue.

J'ai laissé s'exprimer le molosse impitoyable que j'abritais à mon insu. Dans ma vie, j'ai découpé, tranché, filé des milliers de morceaux de viande, mais là c'est une expérience inédite. Et ultime.

Ver solitaire. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Daniel bricole chez lui un dimanche, jusqu’au moment où il est interrompu par sa propriétaire. Celle-ci lui reproche de faire trop de bruit…

Mon avis

Pas mal, mais sans plus. J’ai trouvé la fin franchement téléphonée (et là, je vous donne un indice sans même le vouloir!). Disons que je me suis moi aussi essayée à l’art de la nouvelle. Je me suis par conséquent informée quant aux différents types de chute possible, et ceci faisait partie des exemples trouvés. En revanche, le côté sanglant et morbide est au rendez-vous, palliant un peu le manque d’originalité.

La saisir par les cheveux pour lui fracasser le crâne contre le mur est la première idée qui traverse l'esprit de Daniel. Résistant néanmoins à la tentation, il espère une réaction plus civilisée.

Bricoleur du dimanche. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Des femmes sont enlevées et séquestrées dans un but qu’elles ignorent. Lorsqu’elles en découvriront la raison, il sera déjà trop tard pour elles…

Mon avis

La meilleure nouvelle de ce recueil, à mon sens. J’ai beaucoup aimé sa construction. Un peu à la façon d’une macabre poupée russe, on découvre au fur et à mesure que les couches du récit se soulèvent des horreurs toujours pires que les précédentes. Jusqu’à la surprise finale, bien évidemment, subtilement cachée sous des monceaux de mots putrides et de syntaxe nauséabonde. L’ambiance du récit elle-même est glauque à souhait. L’auteur ouvre une brèche dans le tissu superficiel de l’humanité et s’amuse à nous y faire chuter. Mais de fond point il n’y a. Car la turpitude, le vice, la folie et l’horreur n’ont pas de limites…

Avachie sur le sol, revêtue seulement de ses dessous crasseux, Laura redressa la tête avec difficulté. À travers sa vision déformée par les larmes et la drogue qui commençait à agir, la silhouette floue de l'homme qui se tenait en face d'elle semblait onduler comme une plante d'aquarium.

Fantasme ultime. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Un homme est licencié de façon injuste alors qu’il travaillait depuis des années pour une firme de bonbons. Il était chargé de rédiger les blagues imprimées au dos des emballages. Le destin va frapper à sa porte d’une bien étrange manière pour lui proposer de prendre sa revanche.

Mon avis

Pas mal, mais peut faire mieux au niveau de la rédaction. Je pense que le récit et les différents éléments de suspense auraient pu être agencés de façon plus machiavélique encore…

Il enfila des gants en latex et attrapa un bonbon qu'il agita au-dessus de sa tête. Rien dans son aspect ne le distinguait des autres, mis à part qu'il semblait d'un gabarit un peu plus important. L'homme ôta la papillote et agita son contenu sous les regards incrédules du groupe, qui explosa en jurons et cris de dégoût.

Dernière blague. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Prostrée chez elle dans la misère et la crasse, une femme est sur le point d’accoucher alors que son copain vient de la larguer.

Mon avis

Une petite nouvelle ma foi fort sympathique, si l’on aime les récits désespérés où la misère côtoie l’horreur. Je n’ai qu’un seul regret, qu’elle ne soit pas un peu plus développée. Je sais que c’est volontaire de la part de l’auteur (enfin, je le suppose…), mais un peu plus de suspense et de matière m’aurait fait encore plus plaisir.

Front plissé, paupières si serrées qu'elles semblent hermétiquement fermées, le visage de Rosy est un masque de colère taillé dans un bois envahi de stries. Si Franck se tenait en face d'elle, le venin qu'elle déverserait lui ferait l'effet d'un acide.

Petite poupée. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Synopsis

Un vieil homme doit aller donner son sang, mais c’est un acte qu’il n’a encore jamais fait, et il se sent stressé. L’infirmière fait de son mieux pour le rassurer, mais le passé resurgit parfois au moment où on s’y attend le moins, et pas toujours de la façon la plus agréable…

Mon avis

Alors là, je suis sur le derrière, comme on dit. La chute est complètement inattendue! Enfin… On commence à se douter de quelque chose vers la moitié du texte, mais sans toutefois pouvoir mettre le doigt sur THE truc qui va vous faire bondir à la toute fin. Une dernière nouvelle assez bien construite et rédigée qui clôture un sympathique recueil de nouvelles digne des froides soirées d’Halloween…

Un fracas de verre brisé, la tôle qui se déchire. Paul a les os broyés, les chairs éclatées. La douleur, fulgurante, lui coupe la respiration. Terrorisé, il tend une main tremblante vers le visage de son père qui le regarde avec une expression de tristesse infinie.

Redemption sangles. In : Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Vous l’aurez compris, dans ce très (trop) court recueil de nouvelles, il y a du bon et du moins bon. Je ne vous dirai pas qu’il y a à boire et à manger, car ce sont là des mets auxquels l’on n’a guère envie de goûter, à moins d’être nécrophile, ou scatophile, ou cannibale, ou…

Bref, ceci n’est clairement pas un recueil à mettre à la portée de tous. Mais les amateurs du genre horrifique y prendront un certain plaisir, surtout s’ils sont en plus portés sur l’humour noir.

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

FungiLumini (Livraisons littéraires)

Eléonore (Le repaire des livres)

Mélisande (Lire ou mourir)

[Chronique] Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz
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Livre lu dans le cadre du Défi lecture 2017…

Thème 74 : Un titre imagé (qui n’a rien à voir avec le thème)

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l’intégrale, de Lois McMaster Bujold

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Chaque tome de cette série a été édité en français, puis réédités à plusieurs reprises, jusqu'à ce que Bragelonne les réunissent dans cette superbe intégrale, augmentée d'une nouvelle inédite intitulée Le démon de Penric.

Voici un petit résumé de cette trilogie… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

PS : Je voudrais saluer le magistral travail de traduction effectué par Mélanie Fazi et Emmanuelle Casse-Castric… Vraiment, c'est du grand art!

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

S'il m'a fallu un petit temps d'adaptation à l'univers de Chalion, l'histoire m'a totalement submergée jusqu'à la fin! Je me suis laissée embarquer sur cette rivière tumultueuse, un flot incessant d'intrigues de cour, de complots, de trahisons, de possession démoniaque, de rites de mort, de ménageries exotiques, de révélations, de… oulà, j'en ai encore le coeur qui palpite!

Je me suis profondément entichée de cet univers riche et complexe, de ces personnages tellement humains, tellement humbles, avec leurs qualités et leurs défauts… J'ai adoré le personnage de Cazaril, à tel point que j'ai eu du mal à continuer la trilogie quand j'ai vu qu'il n'était question de lui nulle part dans les tomes suivants. Pour une fois qu'on ne nous présente pas un héros masculin sous la forme d'un géant plein de muscles et dotés de super pouvoirs aussi mirobolants que risibles…

Quant au style d'écriture, il est fluide, rythmé, captivant. L'auteur possède une imagination débordante, foisonnante de super idées, aussi ne puis-je que vous donner ce conseil : jetez-vous dessus!

Enfin, pas trop fort quand même… Je ne voudrais pas être responsable d'accidents en chaîne!

 

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Chassé de sa chambre par son atmosphère confinée lors d'une journée chaude et brumeuse succédant à des averses nocturnes d'une rare intensité, Cazaril s'aventura dans le jardin à la recherche d'un perchoir plus confortable. Le livre qu'il tenait sous son bras était l'un des rares qu'il n'ait pas déjà lus dans la maigre bibliothèque du château – non que "Les cinq chemins de l'âme : les véritables méthodes de la théologie quintarienne" d'Ordol le passionne plus que de raison. Peut-être ses pages, voletant librement sur ses genoux, donneraient-elles à sa sieste une apparence plus érudite pour les passants. Il contourna la tonnelle de roses et se figea en découvrant que la royina, accompagnée d'une de ses dames munie d'un métier à broder occupait le banc qu'il convoitait. Lorsque les deux femmes levèrent la tête, il esquiva quelques abeilles en délire et s'excusa d'une révérence pour cette intrusion involontaire.

Le fléau de Chalion, de Lois McMaster Bujold

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Bon, je ne vais pas vous le cacher, j'ai eu très difficile à l'entame de ce nouveau tome de Chalion. En fait, je m'attendais à retrouver les personnages du premier tome pour suivre la suite de leurs aventures. Mais les premiers chapitres donnent rapidement le ton… Plus de Cazaril, de Betriz, d'Iselle, de Palli et des autres! La seule qui revient en lice, c'est Ista, un personnage qui m'avait très peu marqué lors de ma lecture du premier tome… pour ne pas dire déplu.

Je me suis accrochée. Encore. Et encore. Puis Ista s'est mise à se rebeller contre l'autorité en place. Elle est sortie de son amorphe léthargie pour partir à l'aventure. Une aventure! Ah, enfin, elle se réveille!! Et là, j'ai commencer à accrocher avec le personnage comme avec le récit. Pour finir, je n'ai pas été déçue. Son personnage s'améliore au fil du récit, pour passer du noir à un blanc radical.

Certes, l'intrigue est parfois vraiment tirée par les cheveux. Très bien imaginée, très bien conçue, mais parfois vraiment hard à suivre. Le dénouement vaut la peine que l'on s'accroche, mais je vous le dit tout de suite, si vous cherchez une lecture pas trop casse-tête, passez votre chemin! Cela mis à part, je me dois de saluer bien bas l'imagination débordante de l'auteur. La théorie sur les démons se voit de plus en plus étoffée, ce qui fait bondir de joie mon coeur de lectrice.

Sinon, j'ai vraiment apprécié le fait que l'on découvre d'autres coins de Chalion. Le territoire est immense, et donne envie d'être découvert dans son intégralité.

 

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Le souffle coupé, Ista étouffa un cri. Elle tomba à genoux près du lit de camp. "Cinq dieux, on l'a assassiné." Mais comment? Personne n'était entré dans cette tente depuis le départ du serviteur. Avait-il trahi son maître de la sorte? S'agissait-il d'un espion roknari? La main tremblante d'Ista écarta le drap.
Sous le sein gauche, la blessure béait comme une petite bouche sombre. Du sang en coulait lentement. Un coup de poignard, peut-être, dirigé en plein cœur. "Vit-il toujours?" Elle pressa les doigts contre cette bouche dont elle ressentait le baiser collant contre sa paume, guettant désespérément la moindre palpitation indiquant que le cœur battait toujours. Elle n'aurait su le dire. Oserait-elle poser l'oreille contre sa poitrine?
Un souvenir hideux fulgura devant son œil interne, l'homme long et mince de son rêve, et le flot rouge de sang qui s'échappait entre ses doigts. Elle retira vivement la main.

Paladin des âmes, de Lois Mcmaster Bujold

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Que dire de ce troisième et dernier tome? Qu'il s'inscrit dans la droite lignée des deux précédents? C'est une certitude. Qu'il est aussi bon que les précédents? Cela, j'en suis un peu moins sûre…

Les idées mises en place sont vraiment excellentes. Transformer les histoires de possession démoniaque en possession animale, c'est intelligent, et cela change un peu des deux premiers tomes. Il y a cette histoire de malédiction courant de génération en génération qui revient sur le tapis, mais déclinée cette fois-ci de façon un peu différente que dans le premier tome. C'est malin… Cela aurait pu marcher, oui… si je n'avais pas trouvé l'écriture si brouillonne par moment. J'ai parfois eu du mal à suivre l'auteur lorsque ses personnages entrent dans de grandes digressions métaphysique. Les sujets religieux ou chamaniques qu'ils abordent sont parfois si abscons, et les répercussions sur leurs vies sont si tordues que j'en saisis difficilement le sens.

Et c'est bien dommage, car il y a vraiment de l'idée, et les personnages d'Ingrey et d'Ijada sont attachants. Bon, je ne vais pas dire que ce roman m'ait déplu, que du contraire. Je lui ai tout de même donné une note convaincante, parce que l'écriture est toujours aussi belle, que les concepts sont sympas, et qu'il y a toujours de l'aventure, de l'intrigue et des rebondissements. C'est juste que je m'y suis parfois perdue… mais je suis peut-être bien la seule à avoir été déboussolée par l'histoire!

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Le chaos suscité par cet événement avait, de toute évidence, engourdi les serviteurs du prince au point qu'ils n'avaient pas osé laver ni vêtir le corps. De la crasse assombrissait les replis du corps de Boleso… Non, pas de la crasse. Ingrey passa le doigt le long d'un sillon de chair glaciale, puis inspecta d'un oeil circonspect cette trace de couleur, bleu terne, jaune étamine, ainsi qu'un vert malsain là où ils se mêlaient. Teinture, peinture, quelque poudre colorée? La fourrure sombre de la sous-robe portait elle aussi de légères traces.
Ingrey se redressa et aperçut ce qu'il avait d'abord pris pour un tas de fourrures repoussé le long du mur opposé. Il s'en approcha puis s'agenouilla.
C'était un léopard mort. Une femelle léopard, corrigea-t-il en retournant partiellement l'animal. Sa fourrure fine et douce était d'un contact fascinant. Il suivit du doigt le contour des froides oreilles incurvées, des moustaches blanches et raides, le tracé de noires volutes sur soie dorée. Il souleva une lourde patte, tâta les coussinets, les épaisses griffes d'ivoire. On les avait coupées. Une corde de soie rouge, nouée serré autour de son cou, mordait profondément la fourrure. On en avait taillé l'extrémité. Les poils d'Ingrey se hérissèrent, réaction qu'il réprima.

La chasse sacrée, de Lois McMaster Bujold

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

Je dois dire que les éditions Bragelonne ont été très bien inspirées en joignant cette nouvelle inédite au cycle de Chalion. Ce texte apporte un peu de fraîcheur et vient confirmer le talent de l'auteur pour l'écriture. La plume est fluide et très agréable, comme toujours.

J'ai trouvé que cette nouvelle constituait un vrai "plus" au cycle. Ainsi avons-nous une belle palette de tout ce qui peut se faire en matière de possession, de démons, d'âmes et de rites bizarres en Chalion!

Je me permets de vous recopier le début de la nouvelle, afin que, comme moi, vous puissiez vous délecter du style de l'auteur…

La lumière matinale coulait en pente douce dans les prairies, infusant d'une lueur vert pâle les branches entremêlées des arbres du bois qui s'étendait au-delà et éclairant ici et là quelques fleurs blanches et rose pâle parmi les nouvelles feuilles. L'air printanier était doux et gonflé de promesses. La mère de Penric, avant de partir en chariot avec ses sœurs pour mettre la dernière main aux préparatifs, avait levé la tête vers le ciel bleu froid et décrété que c'était un jour parfait pour des fiançailles – sûrement le signe que les dieux souriaient enfin à la maison de Jurald! Penric s'était retenu de faire remarquer que les érudits divins enseignaient que les dieux ne contrôlaient pas la météo. Pour tout remerciement pour son respect filial, il avait été gratifié d'un ordre sec lui enjoignant de se dépêcher de finir de s'habiller et de les suivre! Ce n'était pas le moment de traîner les pieds!

Le démon de Penric, de Lois McMaster Bujold

[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold
[Saga fantasy] Le cycle de Chalion, l'intégrale, de Lois McMaster Bujold

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Voici un petit résumé de cette trilogie que j'ai terminé le mois dernier… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

La Guerre de Troie n'aura pas lieu… enfin, pas encore tout à fait!

Mais le premier tome de la saga Troie, lui, aura gagné mon coeur comme l'on gagne une bataille. Je me suis laissée séduire par ce récit mené tambour battant, me prenant d'amour pour nombre de personnages aux personnalités riches, complexes et attachantes. La plume de Gemmell, fluide, vibrante, précise, est venue me haper pour m'emmener aux confins de la Grande Verte, à la rencontre d'une époque et de civilisations qui m'étaient jusque là plutôt hermétiques. Je suis restée prisonnière de l'histoire, captive des yeux d'Hélicon et de la chevelure rousse d'Andromaque, jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher. Et de fait, j'ai lu le dernier tiers du roman d'une traite…

Notons aussi que cette réédition Milady est particulièrement jolie et soignée. La couverture est soyeuse et agréable à tenir, la police d'écriture est juste nickel, le poids du roman acceptable, et les illustrations sympas. Que demande le peuple?

Cette saga sera décidément un de mes grands coups de coeur de cette année…

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Hélicon mit son heaume en bronze et courut rejoindre ses meilleurs combattants sur le pont central. Puis, grimpant par-dessus le bastingage, il cria : "Pour Zidantas!" et sauta sur le pont de la galère mycénienne, en dessous de celui du Xanthos. L'équipage ennemi, armé d'épées, de haches et de massues, se porta à la rencontre des attaquants. Hélicon frappa du plat de sa lame le premier, flanqua le deuxième sur le pont d'un coup d'épaule, puis bondit et enfonça son épée dans la poitrine du troisième. Un quatrième marin visa sa tête, mais une énorme massue l'envoya bouler. C'était celle de Zidantas, dans les mains de Gershom.

Troie, Tome 1, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Un second tome dans la droite lignée du premier, avec un rythme qui ne faiblit pas, encore qu'il y ait moins de grands combats épiques dans ce second opus. On sent que la guerre de Troie se prépare, lentement mais sûrement. Tous les facteurs sont là, tout se met en place progressivement, et chacun choisit – ou se voit imposer – un camp. À présent, chaque victoire compte, chaque alliance peut tout faire basculer. On sent cette tension grandissante, c'est magistralement bien rendu.

Les héros sont toujours aussi attachants, et les méchants de plus en plus détestables (certains donnent même envie de flanquer des baffes à tout va). Certains se situent entre les deux, et l'on se demande de quel côté la balance va pencher. Certains héros meurent, et on est triste pour eux, d'autres sont de plus en plus héroïques, et on est heureux de suivre leur évolution.

On découvre aussi de nouveaux aspects de la Grèce antique, avec notamment les jeux organisés à Troie, qui joueront un rôle politique majeur malgré la trêve instaurée.

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

La terreur l'avait frappée à cet instant. Seule, perdue sur une île sinistre, elle avait senti son courage la quitter. Elle avait couru jusqu'à un flanc de colline rocailleuse et s'était abritée sous un rocher en surplomb. À un moment, sans savoir quand ça avait commencé, elle s'était aperçue qu'elle sanglotait. Les membres tremblants, elle s'était couchée sur le sol dur, les genoux relevés et les bras abritant son visage, comme si elle attendait un nouvel assaut. Dans son désespoir, elle avait entendu les paroles de la Première Prêtresse, qui la réprimandait : "Fille arrogante! Tu te vantes de ta force, alors qu'elle n'a jamais été mise à l'épreuve. Tu n'as que mépris pour la faiblesse des femmes de la campagne, alors que tu n'as jamais souffert de leur détresse. Tu es fille de roi, et toute ta vie tu as été abritée par son bouclier. Tu es la soeur d'un grand guerrier dont l'épée couperait la tête de ceux qui t'auraient offensée. Comment oses-tu critiquer les paysannes, dont la vie dépend des caprices d'hommes violentes?"
– Je suis désolée, avait-elle murmuré, le visage pressé contre le rocher.

Troie, tome 2, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

Quelle finale magistrale pour cette série de Troie, qui aura été mon grand coup de coeur de 2016! La conclusion du récit est peut-être moins épique que celle du premier tome, où la bataille a fait rage jusqu'à la toute fin, mais elle est encore plus vibrante et riche en émotions, plus poignante sur le plan humain. Car de cette guerre de Troie, nul n'en ressortira indemne.

Certains s'en tirent mieux que d'autres, mais quels personnages, et de quelle façon? Cela, je vous le laisse découvrir. Je peux toutefois vous dire que les talents de conteur de David Gemmell ne sont plus à prouver. Il sait si bien distiller le suspense, mêler la profondeur des relations humaines à la froideur du combat, ponctuer ses actions de descriptions légères, comme des touches de peintures sur un tableau impressionniste… Et impressionnant, ce tableau, surtout! Quelle fresque antique et mythique il nous livre là! Le seul mot qui me vient à la bouche pour qualifier cette saga, c'est épique. Épique comme les scènes de combat, épique comme la plume de l'auteur.

Si je devais conseiller une première trilogie à quelqu'un qui n'a jamais lu de fantasy, sans doute choisirais-je celle-ci…

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

– Que veux-tu que je te dise, Hélicon? Que je les hais? Ce n'est pas le cas. La haine est la mère de tous les maux. La haine est ce qui engendre des hommes comme Agamemnon, et comme toi, des hommes qui concourent pour savoir qui commettra les atrocités les plus épouvantables. Et maintenant, lâche-moi le bras!
Mais il ne la lâcha pas. Elle essaya de se dégager, puis lança sa main libre vers lui, prête à frapper. Instinctivement, il la serra contre lui, les bras autour de sa taille. Il sentit le parfum de ses cheveux et la chaleur de son corps contre le sien. Le front de la jeune femme percuta sa joue et il lui saisit les cheveux pour l'empêcher de le frapper de nouveau.
Puis, avant de comprendre ce qu'il faisait, il l'embrassa. Ses lèvres avaient le goût du vin, et son esprit s'embruma.

Troie. Tome 3, La chute des rois, de David Gemmell

[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell
[Saga fantasy] Troie, de David Gemmell

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Voici un petit résumé de cette trilogie que j'ai terminé le mois dernier… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Serre du Faucon Argenté est une bonne première entrée en matière pour cette trilogie fantasy dont le thème majeur est la vengeance. Par l'écriture simple et le souci de concision, Raymond Feist nous livre un roman détendant et accessible, dans lequel on se laisse glisser comme dans un bon bain chaud. L'intrigue est bien ficelée, quoiqu'un rien trop linéaire, mais l'on sent bien que l'histoire va s'étoffer dans les tomes suivants, et que nous auront droit à bien d'autres rebondissements.

Je suis en revanche un peu moins emballée par la psychologie des personnages. Ces derniers sont attachants à leur manière, mais l'auteur survole trop les émotions et les sentiments qu'ils pourraient ressentir. La plupart des personnages nous apparaissent trop détachés, comme si les événements glissaient sur eux. Serre m'a bien plus dans l'ensemble, mais je me suis sentie un peu rebutée par la perte de sa candeur naturelle au profit d'une nature plus machiste. J'espère qu'il va encore évoluer dans les tomes suivants.

Ceci étant, ce premier volet de la trilogie est pleine de belles promesses, et j'ai hâte de lire la suite pour voir si mes craintes sont fondées et si mes espoirs deviennent réalité…

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Son souffle court, sa tunique trempée et ses genoux tremblants prouvaient qu'il perdait trop de sang, trop vite. Son cœur battait à tout rompre, et Serre savait que, s'il ne réussissait pas d'une façon ou d'une autre à tuer les deux dernières créatures, il était condamné.
Il y eut un autre mouvement fugace près de la porte. Serre comprit que les deux créatures étaient sorties avec lui. Il battit des paupières et tourna la tête de part et d'autre pour essayer de distinguer leurs formes noires dans la nuit. Mais, malgré tous ses efforts, elles restèrent invisibles.
Il perçut un mouvement derrière lui et se laissa donc tomber sur la gauche. Il avait eu l'intention de se rattraper à temps pour se redresser, mais sa jambe gauche refusa de lui obéir, et il s'écrasa par terre. Une nouvelle douleur brûlante envahit sa jambe droite. Serre perdit son épée. Son esprit avait beau ordonner à son corps de rouler sur le côté et de mettre autant de distance que possible entre lui et les deux créatures, il ne pouvait s'obliger à le faire.
Une nouvelle ligne de feu traversa son épaule, et Serre hurla. Il savait qu'il était sur le point de mourir.
Son peuple ne serait pas vengé, et lui-même ne saurait jamais qui étaient ses assassins, ni pourquoi on avait décidé de le tuer.
Ses dernières pensées furent teintées d'un grand désespoir et d'un profond regret. Puis une lumière blanche aveuglante explosa autour de lui, et il sombra dans l'oubli.

Serre du Faucon Argenté, de Raymond Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Un second opus meilleur à mon sens que le premier, avec un style d'écriture un peu plus fluide et plus agréable.

Le personnage de Serre s'étoffe peu à peu et, bien qu'il reste égal à lui-même concernant les femmes, il devient de plus en plus mûr et intéressant. C'est vraiment dans ce second tome que j'ai commencé à m'y attacher (mouvement déjà initié dans le premier tome, mais qui avait un peu décliné lorsque j'ai vu le changement opéré par le Conclave des ombres sur le caractère de Serre).

L'histoire riche en rebondissements m'a vraiment bien plu, si bien qu'à présent j'ai hâte de lire la finale de cette trilogie!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

Il avait été facile de lui administrer la mixture, comme l'avait prédit Amafi. Pendant qu'elle dormait, Ser avait sorti une mince cordelette en soie et la minuscule fiole de poison. Il avait lentement versé le poison, une goutte après l'autre, le long de la corde jusqu'aux lèvres de la princesse. Toujours selon les prédictions d'Amafi, la princesse s'était léché les lèvres dans son sommeil, et Ser avait fait une pause chaque fois qu'elle bougeait. Le poison avait un goût sucré et une texture collante. Le lendemain matin, le résidu sur ses lèvres était devenu inoffensif en séchant. Ser avait donc réveillé la princesse d'un baiser sans craindre pour sa vie. Ils avaient fait l'amour avant l'aube, alors que Ser savait qu'elle était déjà morte, par sa faute.
Il éprouva un début de remords et le repoussa à l'intérieur de lui. En dépit de son charme, la princesse était aussi impitoyable, à sa manière, que Kaspar. Le sexe n'était que l'une de ses nombreuses armes, et la passion dont elle avait fait preuve et les mots doux qu'elle lui avait susurrés à l'oreille ne signifiaient rien. Ils faisaient seulement partie de l'expérience et n'étaient pas à prendre au sérieux.

Le roi des renards, de Raymond E. Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

J'ai ADORÉ le parti pris de l'auteur, qui a décidé, au dernier tiers de cette saga, de changer radicalement de perspective. Le changement de personnage principal, s'il est déroutant au début, est en fait une vraie source de jouvence pour le récit. En tout cas, il fallait le faire! Ce n'est pas facile de retirer le gentil de l'histoire pour ensuite mettre le grand méchant aux commandes. Le résultat est totalement ahurissant, et à la hauteur de ce qu'on peut attendre d'une trilogie de Feist.

Ensuite, l'histoire en elle-même est juste gé-niale! Cela change des précédentes intrigues de cour, des guerres, des querelles intestines, de la politique houleuse, and so on… On se sent happé par cette histoire d'artefact maléfique, si bien qu'il est difficile de lâcher le roman une fois l'intrigue principale démarrée. Et cette menace latente en fin de roman, cette vision d'horreur finale qui introduit la trilogie suivante, nous mettant l'eau à la bouche, c'est juste… tellement frustrant! Si j'avais eu la suite sous la main, je l'aurais lue dans la foulée!

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist

– Est-ce qu'il y a quelqu'un à l'intérieur? demanda-t-il.
– Personne ne le sait, répondit Kenner. On n'arrive pas à retirer le heaume, ni aucune autre partie d'ailleurs.
– Elle a un aspect maléfique, fit remarquer Kaspar, en parlant lentement.
Le heaume avait une forme très simple, comme si on avait découpé un cylindre selon un certain angle, avant d'arrondir les bords, ne laissant qu'une ligne continue des épaules au sommet du crâne, sans angle ni pointe. Il était légèrement pincé sur le devant, si bien que, vu de dessus, il avait vaguement la forme d'une goutte plutôt que d'un rond. De chaque côté du heaume jaillissait une aile, mais ces ailes n'appartenaient à aucune créature connue. Elles avaient la forme de celles d'un grand corbeau, mais elles se recourbaient légèrement en suivant les côtés du heaume et elles étaient pourvues d'une membrane comme une chauve-souris géante. Une seule fente au niveau des yeux permettait à l'occupant, s'il y en avait un, de voir quelque chose.

Le retour du banni, de Raymond E. Feist

[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist
[Saga fantasy] Le conclave des ombres, de Raymond Feist