[Chronique fantasy] Le dernier chant d’Orphée, de Robert Silverberg

Je ne parlerais pas de revisite, mais plutôt de dépoussiérage, de réécriture moderne façon « Silverberg » de ce pan de mythologie.

Acherontia Nyx

On dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres, sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée.

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[Chronique SF] BIOS, de Robert Charles Wilson

C’est un très beau roman pour qui sait voir au-delà des apparences, au-delà du « simple » récit SF, même si je dois dire que le worldbuilding est excellent (quand bien même on manque parfois un peu d’explications) et qu’il séduira plus d’un lecteur assidu du style.

Acherontia Nyx

La lointaine Isis est un monde luxuriant, à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope suffit à tuer un être humain au terme d’une horrible agonie.
Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie fondamentalement différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature.
Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission.
Quels dangers imprévus Zoé devra-t-elle affronter sur ces terres grandioses et meurtrières ? Lui faudra-t-il sacrifier son humanité, voire son existence même, pour en découvrir tous les secrets ?

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[Chronique Horreur] L’asile du Nord. 1, Camille, de Carine Paquin

Tout commence par un « innocent » jeu de Ouija entre filles (c’est fou, cette propension qu’ont les adolescents à aimer se faire peur !). Se mêle à cela le décès d’une grand-mère qui, post-mortem, se révèle être plus étrange qu’il n’y paraissait de son vivant. Vous tenez là un cocktail trouble à souhait et qui sent déjà le sapin roussi !

Acherontia

Synopsis

Peu de temps après la mort de sa grand-mère, à l’aube de l’an 2000, une jeune fille de seize ans est internée à l’hôpital psychiatrique. Son diagnostique: schizophrénie paranoïde. Pourtant, certaines personnes de la ville sont convaincues que la petite n’est pas folle, que ce qui l’affecte n’a rien d’humain. Existerait-il quelque chose d’invisible à l’homme qui peut s’emparer de lui et détruire sa vie? Enfermée entre les quatre murs de cet hôpital, que fera Camille quand elle constatera que sa vie ne lui appartient plus? Pour quoi, ou plutôt pour « qui » vit-elle?

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[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin.

Acherontia

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

 

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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Acherontia’s chronicles – Godblind 1

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je tiens d’abord à remercier les éditions Bragelonne pour ce service presse. C’est une lecture que j’avais demandé sur la plateforme Netgalley.fr, et cela m’a fait très plaisir d’être sélectionnée pour le lire et le chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que le résumé m’a plu, tout simplement. Je vois que l’auteur nous parle de dieux assoiffés de sang, de guerre, de sinistres rituels… forcément, j’accroche! Et puis bon, il faut avouer aussi que la couverture n’y est pas étrangère. Je sais que l’habit ne fait pas le moine, mais vous savez, je peux parfois être bien faible face à un visuel attractif…

Du sang gicla sur les doigts de Rillirin, sur son bras, son visage, sur sa gorge et sa poitrine, en vagues chaudes qui allèrent lécher le sol, puis les genoux de Liris se dérobèrent et il tomba. Elle tomba avec lui en continuant de lui assener coup sur coup bien que cela fût inutile, et bien après que Liris eût lâché un dernier souffle bouillonnant de sang ; jusqu’à ce que le visage du roi, son cou et son torse, ne fussent plus qu’une masse sanguinolente de chairs déchirées.
Rouge de sang, rouge comme la vengeance, Rillirin cracha sur le cadavre et attendit la nuit.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je dois avouer qu’en matière de dark fantasy, je me serais attendue à mieux. Déjà à l’ouverture de mon ebook, je suis déçue : aucune carte ne vient introduire ma lecture. C’est pourtant un minimum pour un roman de fantasy, me semble-t-il. Je ne peux calculer le nombre de fois où je me suis fait une joie de détailler ces cartes, m’en imprégnant au maximum afin de pouvoir suivre presque visuellement les pérégrinations des personnages. Là, pour le coup, ça sent le sapin…

Au fil de ma lecture, je constate que l’univers dépeint par Anna Stephens est assez réduit. Heureusement, d’un côté, car nous n’avions pas de carte. Malheureusement d’un autre côté, car j’aurais vraiment avoir un univers plus large et plus construit. L’auteur se concentre sur une petite région qu’est le Rilpor et ses alentours. On se doute que cette région doit faire partie d’un univers beaucoup plus large, mais cet univers n’est à aucun moment évoqué. Pas même une mention ou un clin d’œil à d’autres contrées, d’autres peuples, d’autres cieux. C’est assez perturbant, car cela confère un sentiment d’étroitesse, d’emprisonnement. Ce sentiment est encore plus renforcé par le fait que l’histoire même ne détaille que peu l’histoire du Rilpor. Même le bannissement des dieux du sang, événement pourtant majeur et au centre du récit, n’est pas suffisamment développé. Et c’est bien dommage!

Moi qui m’attendais à quelque chose d’innovant, j’en ai été pour mes frais, car nous sommes clairement sur de la fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Un univers médiéval, des dieux, des hommes qui font la guerre pour leurs beaux yeux, des machinations et des intrigues politiques, des trahisons… Rien de nouveau sous le soleil, donc. C’est de la bonne fantasy, mais cela ne renouvelle absolument pas le genre.

L’intrigue était au final assez linéaire. N’eut été la belle surprise réservée vers la fin du premier tiers du roman, qui m’a arraché un « Noooooon, c’est pas vrai!! » bien malgré moi, force est de constater que l’histoire est très convenue, voire cliché par moment.

Elle tomba dans une eau si froide qu’elle eut l’impression d’être lardée de coups de couteau. Jusque-là, elle avait cru avoir froid, mais ce froid-là brûlait. Le monde se recroquevilla, et elle toucha le fond. Elle s’efforça de lutter contre ses jupes qui la tiraient vers le bas. Sa tête jaillit de l’eau. Elle prit une grande goulée d’air à grand renfort de gargouillis. Ses poumons se mirent à la brûler à l’instar de sa peau. Ouvrant les yeux à temps pour voir le rocher sur lequel le courant la propulsait, elle se recroquevilla et fit l’effort d’enfoncer sa tête sous l’eau glaciale. Elle rebondit sur l’obstacle, puis le courant l’emporta derechef ; chaque respiration était un combat pour ne pas suffoquer à cause du froid et de l’insidieuse léthargie qui envahissait ses membres.
Elle entendait l’écho d’hommes et de chiens se perdre derrière elle, loin au-dessus du cours d’eau. Si elle survivait au froid, au poids de ses vêtements qui la tirait vers le fond, aux rochers, aux rapides et aux chutes, elle se ferait un plaisir d’adresser quotidiennement ses prières au premier dieu qui voudrait d’elle.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Ce manichéisme, on le retrouve déjà dans le panthéon des dieux même. D’un côté, il y a les méchants dieux du sang, qui ont besoin de sacrifices humain pour percer le voile de leur geôle et revenir dans le monde « réel », et d’un autre côté, il y a les dieux de la lumière, qui s’opposent à leur retour.

De cela découle beaucoup de contraste parmi les peuples qui vénèrent ces dieux. Forcément, les Mirécès, qui vénèrent les dieux du sang, cherchent à aider ceux-ci à percer le voile. Ils s’opposent donc aux Rilporiens, qui vénèrent les dieux de la lumière, la Danseuse et le Dieu Renard. On a donc une seconde couche de manichéisme, avec les méchants Mirécès contre les gentils Rilporiens.

Personnellement, j’aurais apprécié plus de nuances, des personnages plus contrastés, qui hésiteraient entre l’une ou l’autre croyance, qui se verraient attirés par le « côté obscure de la force ». Et a contrario, des personnages au départ mauvais, qui changeraient progressivement d’avis, que ce soit de leur propre chef ou par la force des choses. Certes, il y a Dom, le calestar, dont la Dame d’Ombre se sert comme d’une marionnette. Mais il reste finalement un des seuls personnages réellement intéressant, par rapport à cet aspect-là.

Moi, ça me rappelle un sketch des Inconnus, où une jolie japonaise demande à Bioumane « Mais pourquoi ce méchant me veut-il du mal? », et Bioumane de répondre « Parce que t’es une gentille! ». Vous voyez le topo? Bon après, heureusement, les Rilporiens ne dégomment pas les Mirécès à coup de rayon laser de Dorothée, et les Mirécès ne font pas des taches sur les vêtements que même Skip Machine ne pourra pas enlever…

La neige collait les cheveux de l’Élue à son crâne et donnait à leur blond vif une couleur sable plus terne. Il ne peut s’empêcher de sourire en voyant son inconfort, même si elle le cachait bien. En tant que chef de guerre du Roc du Corbeau, il avait couru et combattu par tous les temps que les montagnes lui avaient infligés. Il était fait pour ça. Le sacrifice et la communion demandaient sans doute leur lot d’efforts mais, pour une fois, Lanta était dans son monde à lui, et il avait bien l’intention qu’elle s’en aperçût.
De la lumière. Corvus s’arrêta en dérapage contrôlé et leva un bras pour empêcher Lanta de le dépasser. Ses guerriers s’écartèrent pour former une ligne d’escarmouche et se baissèrent. Corvus scruta les arbres devant eux. Plusieurs feux de camp et une odeur de cuisine.
– Par les couilles de Gosfath, grogna-t-il, nous avons trouvé leur village de merde.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Des personnages, justement, parlons-en. Ils sont, à mon sens, le point fort de ce roman. Parmi ceux qui m’ont le plus touchée, il y a Dom, cité plus haut, Rillirin, Crys, Tara, Gilda,

L’auteur fait la part belle aux femmes, qui savent se battre et se défendre, qui sont fortes, intelligentes, courageuses, mais non pas infaillibles, car elles conservent leur sensibilité féminine, et parfois leur fragilité. Certains personnages masculins aussi peuvent se montrer sensibles et fragiles, à l’instar de Dom, dévasté par son don de divination et à la merci des dieux, ou Rastoth, traumatisé par le décès de son épouse.

J’ai presque envie de dire que, heureusement, le manichéisme ambiant ne s’est pas propagé aux personnages. Car ceux-ci, même s’ils appartiennent chacun à un camp précis, sont complexes et contrastés. Encore que… Du côté Mirécès, les personnages sont quand même à peu près tous manipulateurs, assoiffés de pouvoir et très portés sur la destruction. En cela, on ne peut pas vraiment les qualifier de profonds et complexes, puisqu’ils ont tous les mêmes motivations, déchiffrables comme un panneau d’autoroute. On pourrait toutefois trouver un certain intérêt à Lanta, mais fondamentalement, les « méchants » sont à peu près tous faits dans le même moule. Ceci étant, ils ont tous l’avantage que le lecteur aime à les détester.

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Un autre point fort du roman, ce sont les scènes de pure violence : torture, combats, assassinats, cruauté gratuite… Les amateurs de gore s’y retrouveront assez bien. En cela, la couverture et le résumé ont tenu leurs promesses! Pas de publicité mensongère, le lecteur en prend plein la vue, en particulier dans une superbe scène de sacrifice rituel qui confine plus à la torture qu’à la simple exécution. Si j’étais moi-même une déesse du sang, je dois dire que je serais conquise.

Les scènes de combat sont elles aussi très abouties, il faut le reconnaître. D’ailleurs, peut-être le fait que l’auteur soit ceinture noire de karaté y est-il pour quelque chose. Et elles sont aussi très violentes. Je me suis même surprise à faire un parallèle avec Jean-Philippe Jaworski et son Janua vera. Certes, un Jaworski pas très en forme pour ce qui est des tournures littéraires, et même un peu fâché avec son dictionnaire des beaux termes du français. Mais dans le fond, la violence et le caractère cru des combats dans Godblind pourraient bien être de la même trempe.

Le troisième clou fut pour sa cheville gauche. Galtas fut éberlué par le génie de la chose, le talent avec lequel Lanta oeuvrait ; gauche, droite, gauche, droite, au fil des jambes. Il scandait la prière avec les autres et sentait la présence des dieux s’intensifier. « C’est ça le pouvoir. C’est ça la gloire. Les dieux reviendront et grande sera leur satisfaction. »
La sueur assombrissait les cheveux blonds de Lanta et le col de sa robe à mesure qu’elle clouait les jambes de [spoiler] au poteau. La tâche paraissait difficile ; trouver le bon endroit entre les os afin que le clou s’enfonçât proprement, tout en dessinant une ligne nette, régulière, avec les têtes gris terne des clous, qui descendaient le long des jambes du supplicié comme autant de tiques plates de métal se désaltérant du sang qui coulait.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

J’ai pu lire de nombreux avis mitigés sur la toile. Certains rejoignaient mon propre avis, et ceux-là disaient ne pas avoir envie de lire les tomes suivants. Personnellement, je sais que je lirai la suite, et avec plaisir qui plus est. Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin. Qui sait, peut-être que dans le tome suivant, il y aura moins de linéarité? Peut-être que certains « méchants » vont virer leur cuti, ce qui les rendraient bien plus intéressants. Peut-être des « gentils » vont-ils céder à l’appel de l’obscurité et du pouvoir?

Quoi qu’il en soit, et malgré les lacunes de ce premier tome, je rempilerai à coup sûr pour le prochain numéro.

À suivre, donc…

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
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Xapur (Les lectures de Xapur)

Lianne (De livres en livres)

Althea (Althea’s books)

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Lu dans le cadre des challenges…

Littérature de l’imaginaire 2017

Défi lecture 2017

n°1 – Un livre de ma maison d’édition favorite

Si j’étais un livre #3

Je serais le premier tome d’une saga

Lecture en cours #21

Lecture en cours #21

Série : Les nécrophiles anonymes. T2

Titre : L'étrange cas du docteur Ravna et de monsieur Gray

Auteur : Cécile Duquenne

« Qu’y a-t-il avant la mort ? »
En tant que vampire, Bob n’échappe pas à certains doutes et ressent le besoin de retrouver ses plus vieux amis. Mais les réjouissances tournent court lorsqu’un certain vampire nommé Dorian Gray hypnotise Bob et en fait son pantin. Qui est vraiment Dorian ? Quel lien l’unit à Bob ? Entre hallucinations puissantes et rares moments de lucidité, le vampire va tenter d’éclaircir ce mystère, lié à ses origines inconnues…
Népomucène, quant à lui, tente le tout pour le tout afin de ramener son ami à la raison. Parviendra-t-il à arracher Bob des griffes de Dorian ?

Lecture en cours #21
Lecture en cours #21

Éditions Bragelonne

Collection Snark

237 pages

Fantastique

Sorti en 2014 dans la collection, en 2013 à l'origine

Format ebook

Lecture en cours #21
Lecture en cours #21

Commencé le 24 mars 2017

Terminé le … mars 2017

Lecture en cours #20

Lecture en cours #20

Série : Les nécrophiles anonymes. T1

Titre : Quadruple assassinat dans la rue de la morgue

Auteur : Cécile Duquenne

Népomucène, préposé à la morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d'environ 150 ans d'âge. Lorsqu'il manque devenir la cinquième victime d'un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l'enquête. L'immortel est certain qu'une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Lecture en cours #20

Éditions Bragelonne

Collection Snark

185 pages

Fantastique

Sorti en 2014 dans la collection, en 2012 à l'origine

Format ebook

Lecture en cours #20

Commencé le 20 mars 2017

Terminé le 23 mars 2017

[Chronique] Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Yzé, c'est un peu la Chuck Norris des arts magiques. Je ne serais pas étonnée que l'auteur nous apprenne qu'elle a compté jusqu'à l'infini deux fois.
Plus sérieusement j'ai sincèrement apprécié cette lecture, malgré la profusion de personnages et de clans qui ont rendu mon introduction dans l'univers d'Yzé un peu compliquée. L'histoire proposée est relativement simple, mais elle est émaillée d'une foule d'éléments très intéressants.

Achérontia

Synopsis…

Ambre Delage est une lycéenne lambda. Orpheline de père et de mère, elle vit chez sa tante Lucy qui l'élève depuis sa naissance. Un soir, un événement dépassant l’entendement va brusquement la jeter dans un tourbillon de révélations qu'elle était loin d'imaginer. Dès lors, pour la jeune fille tout bascule. Il faut fuir. Fuir sa vie tranquille, fuir son identité. Mais qui est-elle vraiment ?

La loi d'attraction universelle…

Cette lecture m'a été proposée par les éditions Taurnada, et envoyée sous forme d'ebook il y a déjà quelques mois de cela. Je tiens d'ailleurs à m'excuser une nouvelle fois auprès de l'auteur et de l'éditeur qui ont attendu longtemps cette chronique. Ma santé n'a malheureusement pas été au top niveau ces derniers temps, et plus rien de bon ne sortait de ma plume. Résultat des courses, les chroniques sortaient au compte-goutte (et encore, l'instrument semblait en mauvais état de fonctionnement…), et mon blog se voyait pratiquement délaissé. Je m'en suis longtemps désolée, sans pour autant pouvoir remédier à la situation.

Heureusement, les choses tendent à s'améliorer, et je reprends peu à peu le chemin de l'écriture, encore que je me sente comme un faon effectuant ses premiers pas sur le sol inégal de la forêt. Mais l'envie de reprendre y est, et c'est ce qui compte! 

Préambule…

Je commencerai cette chronique en vous disant qu'à la lecture de ce roman, j'ai distingué deux parties plus ou moins distinctes, surtout au point de vue du style. Je diviserais le livre en deux parts égales, à quelques pages près.

Je vous avouerai que j'ai dû m'accrocher durant la première partie. Pas que le roman était désagréable à lire, au contraire, mais l'histoire était si dense qu'elle en devenait difficilement pénétrable. C'est ce que je vais vous expliquer dans les paragraphes qui suivent.

Puis au fil de l'histoire, au fur et à mesure que je me suis rodée aux personnages, aux différents camps, aux tenants et aux aboutissants, je suis progressivement entrée dans l'histoire… pour ne pratiquement plus décrocher jusqu'à la fin.

Une première partie de roman riche…

De bonnes bases…

J'évoquais plus haut mes difficultés à "entrer dedans". Je ne peux bien sûr pas exclure que ceci résulte partiellement de mon récent passage à vide et de mes soucis de santé. Mais, ayant lu l'avis d'autres lecteurs et blogueurs sur différents sites, je ne peux que les rejoindre en ce sens que l'histoire est incroyablement dense et ne se laisse pas facilement aborder. 

Les premiers chapitres, pourtant, étaient prometteurs, encore que l'idée de départ puisse paraître un peu téléphonée. Une jeune fille, Ambre, rentre chez elle après l'école avec un ami. Le soir même, elle et sa tante sont agressées à leur domicile et doivent fuir pour leur survie. Dès lors, ce qui faisait le quotidien d'Ambre se voit définitivement bouleversé, à commencer par sa propre identité. Vous en conviendrez, c'est un début d'histoire assez typique.

Mais… car il y a toujours un mais… très vite, on se rend compte que l'on n'a pas affaire à un univers typique. Des anomalies se glissent dans le monde tel qu'on le connaît, des termes étranges qui ne figurent certainement pas au dictionnaire viennent émoustiller la curiosité (qu'est qu'une "nova", au juste?). Plus les deux femmes en fuite s'enfoncent dans les rues de la ville, et plus notre univers si familier vacille. Les artères urbaines semblent bizarrement peuplées… Il n'y a plus de foule vaquant à leur shopping ou flânant devant les vitrines. En revanche, on voit surgir des personnalités insolites, des membres d'une confrérie très conservatrice aux attitudes particulièrement agressives. Qui sont ces Frères de la Lumière qui commettent tant d'atrocités? Et ces gens qui poursuivent les deux femmes, ils ont de bien étranges pouvoirs… Et la tante d'Ambre, n'a-t-elle pas elle aussi manipulé les éléments de façon étonnante? D'ailleurs, la voilà qui appelle Ambre par un autre prénom, Yzé… La jeune fille, perdue, ne peut que se reposer sur sa tante pour s'en tirer. Quant au lecteur, perdu lui aussi, dépaysé plutôt, il ne peut que se reposer sur l'auteur pour espérer quelques explications.

Ambre s’accrocha à Lucy pour se donner du courage et elles avancèrent dans le brouillard. Derrière elle, la bête avait cessé de crier.
La progression dans cette purée de pois était une expérience stressante pour Ambre. Sa vision s’arrêtait à l’épaule de sa tante qui la précédait. Sur quoi allaient-elles tomber ? Et la créature qui avait mis fin à ses hurlements. Était-elle morte ou avait-elle réussi à s’échapper ? Ses nerfs étaient mis à rude épreuve. Plusieurs fois, le voile glissa sur une masse sombre qui se révéla être un objet inanimé pour le plus grand soulagement d’Ambre.
Lucy semblait progresser sans difficulté apparente. Elle usait de prudence, mais n’était pas gênée par la visibilité réduite. Au bout de quelques minutes, elle parut pourtant tâtonner. Revenue sur ses pas, elle s’arrêta enfin devant une porte en bois avec un heurtoir. Lucy saisit l’anneau de fer que tenait une gueule de loup et cogna contre le montant. Ambre sursauta tellement le son résonna. D’un œil inquiet, elle scrutait les volutes qui les entouraient. Elle se sentait oppressée et s’attendait à ce qu’une tête de chauve-souris surgisse du néant.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Un foisonnement de personnages…

Très vite, les actions s'enchaînent et le suspens est à son comble. Yzé et sa tante parviendront-elles à quitter la ville saines et sauves? Et c'est à ce niveau-ci de l'histoire que cela se corse…

Là où je suivais paisiblement – ou presque – les mésaventures des deux héroïnes, essayant de me familiariser avec l'univers pratiquement post-apocalyptique proposé par l'auteur, bam! Me voici assaillie d'une salve incroyable de nouveaux personnages. En l'espace de quelques chapitres, je fais la connaissance – pas toujours agréable – d'une mère et de son fils, tous les deux Frères de la Lumière, qui veulent capturer Yzé. D'autres Frères de la Lumière interviennent aussi, qui semblent être les commanditaires de cette mise à prix. Puis l'on rencontre quelques personnages turbulents issus d'un clan de magiciens appelés les Magis. Il y a ceux qui poursuivent Yzé, et il y a ceux qui tirent les ficelles. Et je dois bien avouer que je me suis un peu emmêlée les pinceaux dans une profusion de noms et de personnalités étranges et assez peu bienveillantes.

Peu de temps après, on fait la connaissance des habitants du village Wicce, et là non plus, ce n'est pas simple. En gros, ils sont nombreux, et dans leur grand nombre, on distingue des "gentils" Wicce, qui essaient d'aider Yzé, et des "moins gentils" Wicce, qui aimeraient bien la mettre à la porte par jalousie et envie. Mais attention, car ce village Wicce comporte aussi des "non-Wicce", une famille mise au ban de leur petite société presque bien rodée pour de sombres histoires du passé. On les appelle les Tugenstein, et la plupart des gens du village les évitent pour leur étrangeté. 

Bref, vous l'aurez compris, des personnages, il y en a beaucoup, et ce n'est pas toujours facile de se rappeler de tous les noms et du clan auquel ils appartiennent. En attendant que l'histoire me permette de me familiariser plus avec chacun, j'ai avant tout retenu s'ils étaient pour ou contre Yzé. Et c'est déjà pas mal. 

Mais au fait, pourquoi Yzé ne s'appelle-t-elle pas Ambre, au final? Et pourquoi les deux tiers des personnages souhaitent-ils sa mort? 

Elle était très grande et très mince, noueuse. Son visage était dur, première impression renforcée par les os qui saillaient sous sa peau et le rendaient aussi abrupt qu’une paroi rocheuse. Ses cheveux coupés très court lui donnaient un air masculin.
Yzé regarda Lucy s’approcher d’elle et la serrer dans ses bras. Les deux femmes échangèrent quelques mots et revinrent.
« Ange, une très ancienne amie », fit Lucy qui la désigna de la main.
Le regard que porta la nouvelle arrivante sur Yzé la cloua sur place. Elle voulut lui souhaiter la bienvenue, lui dire qu’elle était contente de connaître une amie de sa tante, mais la lueur de colère qui passa dans ses yeux l’en empêcha. Puis son visage se transforma et Ange présenta sa main à Yzé, un timide sourire aux lèvres.
« Enchantée », dit-elle.
Yzé se demanda ce que signifiait cette expression qu’elle avait entraperçue, puis bredouilla un bonjour.
« C’est une Wicce d’air, comme toi, Fall. »
Fall la regarda des pieds à la tête comme s’il la jaugeait et se résolut à lui tendre la main. Sa grosse paume enserra celle, fine et sèche, d’Ange. Aucun des deux ne prononça un mot.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Des Wicce et des Magis…

Je vous parlais de deux clans distincts de magiciens, les Wicce, dont Yzé et sa tante font partie, et les Magis, qui leur cherchent des noises. 

Les Wicce sont des magiciens qui manipulent les éléments, c'est-à-dire l'eau, le feu, l'air et la terre. Chaque Wicce contrôle un seul de ces éléments.

Pour les Magis, c'est un peu différent. D'ailleurs, ils sont plus sorciers que magiciens. Car ils utilisent une forme de magie plus sombre qui leur permet de s'assurer les services de démons qu'ils invoquent lorsqu'ils en ont besoin. Et qui dit démons dit souvent vilaines bestioles malfaisantes, pernicieuses et violentes. 

Les deux clans se vouent une haine mutuelle assez violente et en viennent aux mains (ou devrais-je plutôt dire, aux sorts) bien trop souvent.

Il existe d'autres formes de magie, comme celle des Tugenstein, radicalement différente de celle des Wicce et des Magis. Mais je vous laisse découvrir par vous-même de quoi il retourne…

Ce fut le froid de la roche qui l’accueillit. Elle en ressentait les aspérités, sa rugosité, mais rien d’autre.
« Je ne ressens rien.
– C’est normal la première fois, expliqua Lucy. Tu as eu une expérience du pouvoir quand tu as frappé Myria. C’est cette sensation que tu dois retrouver. Je vais t’aider. »
Lucy posa sa main par-dessus celle d’Yzé et Ange appliqua la sienne à côté.
Elle sentit la douce chaleur de sa tante qui contrastait avec la froideur de la roche. Puis des fourmillements commencèrent à lui parcourir les doigts et se propagèrent à ses bras. Yzé se concentra davantage pour retrouver la sensation de bouillonnement. Ce fut plus simple qu’elle ne l’avait cru. Son ventre se mit à vibrer d’une tiédeur qui l’enivra jusqu’à envahir chaque particule de son être. Le monde autour d’elle prit une autre teinte, plus brillante, comme s’il révélait sa véritable nature. Les couleurs étaient plus intenses, profondes et chaque chose pulsait de vie.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Des Frères de la Lumière…

Les Frères de la Lumière sont donc un ordre religieux particulièrement conservateur et virulent. Ils s'opposent fermement à toute forme de magie, quelle qu'elle soit, et n'hésite pas à torturer ou mettre à mort tous ceux qui la pratique. 

Très vite, l'on s'aperçoit qu'ils se servent de leur religion comme d'un prétexte pour "casser du magicien". Mais finalement, n'est-ce pas une belle métaphore de ce que nous vivons en ce moment avec certains intégristes? 

Le temps jadis. Le sujet préféré de Lucy Delage. Ambre l’avait tellement entendu qu’elle n’en pouvait plus. Un temps où les villes n’étaient pas ce qu’elles sont devenues. Une époque où le religieux n’avait pas une place si prédominante et n’était pas source de conflit.
Nova Lugdunum s’était appelée Lyon autrefois. Les bourgades avoisinantes avaient été absorbées par une population sans cesse grandissante. Et puis ç’avait été la famine, la lutte pour l’eau et un bout de terre. Certains pensaient que c’était un châtiment divin, d’autres que c’était une seconde chance. Quoi qu’il en soit, la démographie avait drastiquement décliné avec les guerres pour les ressources et les nouvelles maladies. Aujourd’hui, la plupart des humains vivaient à l’intérieur d’espaces sécurisés appelés Nova.
Ce n’était pas le paradis, mais les Nova avaient donné un semblant de protection à ses habitants, quand à l’extérieur les hommes survivaient ou mourraient selon la loi du talion.
Lucy Delage s’inquiétait particulièrement de la montée des religieux et principalement de la Fraternité de la Lumière. Branche dévoyée du Christianisme, un groupe de fanatiques qui prêchaient pour que l’homme tende vers la Lumière, vers Dieu. Des milliers de personnes adhéraient à ce mouvement croissant. Quand, en plein désarroi, on vous promettait une vie meilleure, les désespérés étaient enclins à y croire.
Le gouverneur de Nova Lugdunum avait bien du mal à s’opposer à la puissance des Frères de la Lumière, si bien qu’il n’avait pu empêcher la création du Saint-Office, sorte d’inquisition moderne.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Un personnage (trop) parfait…

Dans l'absolu, Yzé est parfaite. Trop parfaite, même. 

Elle est belle, pour commencer. De longs cheveux roux bien fournis, de grands yeux verts, mince (le corps, hein, pas les yeux!). Bref, un véritable ravissement pour la vue. Par-dessus le marché, c'est une demoiselle intelligente, sensible mais pas trop, sociable, à l'écoute des autres, toujours prête à aider ou à consoler, tolérante, ouverte d'esprit, volontaire, et dotée d'un caractère bien trempé. Que demander de mieux?

Ces deux points, déjà, suffiraient à attirer suffisamment de convoitises pour justifier le fait qu'autant de monde lui en veuille. Mais il y a autre chose encore…

Yzé est douée. Incroyablement douée. Les pouvoirs des Wicce nécessitent plusieurs années d'étude et de pratique pour les maîtriser? Qu'à cela ne tienne! Yzé apprend tout cela en quelques journées seulement! Il faut toute une vie ou plus pour apprendre à maîtriser d'autres éléments que le sien? Qu'à cela ne tienne! Yzé apprend cela en une petite semaine! 

Yzé, c'est un peu la Chuck Norris des arts magiques. Je ne serais pas étonnée que l'auteur nous apprenne qu'elle a compté jusqu'à l'infini deux fois. Là, c'est sûr, un personnage aussi gonflé de perfection, moi, ça me donne des envies de meurtre. Mais il y a encore autre chose…

La demoiselle ferait partie intégrante d'une prophétie ancienne, et beaucoup aimerait que celle-ci ne se réalise pas. Mais chuuuuut! Je ne vous ai rien dit…

Mais ne croyez pas que je me gausse bêtement du personnage d'Yzé, car il m'est moi-même arrivé de créer des personnages pour qui tout est trop facile. Je ne peux décemment pas jeter la pierre, d'autant plus qu'Yzé a des côtés très attachants aussi. Certes, elle est parfaite à tous points de vue, mais la vie ne l'a pas épargnée (orpheline, tout de même…) et elle continue à ne pas lui faire de cadeaux. Si elle semble tout réussir au niveau magique, je peux vous assurer que le tragique de la vie la rattrape plus vite qu'un Eurostar lancé à pleine vitesse. 

 

La lumière s’infiltra petit à petit et força Yzé à refermer ses paupières et à passer sa tête sous l’oreiller.
L’abri de la couette ne suffit pas pour éviter la déferlante d’images qui s’imposa à son esprit. Elle revit en accéléré la dernière nuit qui s’était avérée mouvementée. Avec précaution, elle sortit sa tête de sa cachette et ouvrit les yeux. Le lit de Lucy était vide, les couvertures repoussées dans le fond.
Yzé s’assit et voulut attraper ses habits qu’elle avait déposés sur la chaise proche de la fenêtre. Ils n’y étaient plus et en lieu et place elle en trouva d’autres correctement pliés en une pile. Yzé sourit à cette attention qui ne pouvait venir que de sa tante et se pencha pour saisir les vêtements. Son regard s’arrêta sur une paire de bottes noires en cuir souple sans talons. Habillée de la tête au pied !
Le pull serré lui allait à merveille. Tout à fait dans ses goûts. Noir intense, petites sangles qui partaient de divers endroits. Le pantalon, lui, était neutre. De la même couleur que le haut, il possédait de grandes poches sur les côtés qui le faisaient ressembler un peu à un baggy en plus ajusté. Yzé passa les bottes qu’elle remonta par-dessus le pantalon. Satisfaite, elle se leva et fit jouer ses doigts de pied. Elle se sentait à l’aise et l’aurait été davantage si elle avait pu faire un brin de toilette.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Une seconde partie de roman captivante…

Vous n'imaginerez jamais ce qui m'est tombé dessus une fois que je me suis faite aux personnages initiaux? Des nouveaux personnages, tiens! 

Ils me tenaient en embuscade, dissimulés derrière le coin d'un chapitre. Fi, les vilaines créatures! Des Magis, en plus… Et pas n'importe lesquels! De vieux Magis tous moisis, tout droit sortis des caveaux dans lesquels on les avait relégués depuis des centaines d'années (ou était-ce des dizaines?). Quel sombre dessein les pousse à venir fourrer leur nez dans les affaires des Magis actuels, c'est ce que vous apprendrez dans la seconde moitié du roman. 

Car devinez quoi? Eux aussi veulent la peau d'Yzé! Cela devient une obsession… Mais cette fois-ci, Yzé et ses amis ont du souci à se faire, car ces Magis-ci sont plus coriaces que les premiers! 

Si j'ai dû m'accrocher en début de roman pour ne pas vider les étriers et rester dans la course avec Yzé, la deuxième partie du roman m'a totalement happée! Et ça, j'achète, évidemment!

Quid du titre?

Il est une question qui m'a taraudée pendant la presque totalité de mon temps de lecture. Quand apparaîtra donc le fameux palimpseste dont il est question dans le titre? 

Entre parenthèses, pour ceux qui ne sont pas habitué au vocabulaire codicologique, un palimpseste est un manuscrit dont on a gratté ou effacé l'écriture pour réécrire par-dessus

Hé bien, il apparaît, rassurez-vous! Il vous faudra attendre les derniers chapitres, mais il est bien présent, et il a son importance, même si elle est tardive. Mais je dois avouer que cela m'a décontenancée. Pourquoi intituler un roman "Yzé et le palimpseste" si ledit palimpseste n'apparaît qu'à la toute fin? L'auteur serait-il donc maître dans l'art des teasers à très longue durée? Certes, le titre ainsi formulé ne manque pas d'originalité, et il attire indubitablement l'attention du lecteur. Mais si c'est pour faire languir ce dernier dans l'attente d'une explication qui tarde à venir, où est l'intérêt?

Je vous avoue qu'en tant que lectrice, cela m'a déroutée, au point que j'en suis venue à me demander s'il ne manquait pas quelque chose dans l'ebook que l'on m'avait envoyé. La seconde moitié du roman, par exemple… D'autant plus que le roman s'arrête un peu abruptement. Certes, l'intrigue principale est résolue, ou presque, mais je m'attendais honnêtement à ce que cela continue. Cette impression était renforcée par le fait que ni la couverture ni la page de titre ne fait mention d'un second tome. À l'entame de ma lecture, j'étais donc totalement convaincue d'avoir affaire à un one shot dont la chute me dévoilerait les zones d'ombres de l'intrigue. Que neni! Ce sera "suite au prochain numéro"!

En résumé…

J'ergote sur des détails, dans cette chronique, mais ceci dit j'ai sincèrement apprécié cette lecture, malgré la profusion de personnages et de clans qui ont rendu mon introduction dans l'univers d'Yzé un peu compliquée. L'histoire proposée est relativement simple, mais elle est émaillée d'une foule d'éléments très intéressants, comme la magie des Wicce et des Magis, le zèle des Frères de la Lumière, la ténébreuse sorcellerie des Tugenstein, les Rêveurs… 

Le personnage d'Yzé est certes parfois énervant de tant de perfection, mais elle n'en reste pas moins une jeune fille attachante qui a su gagner mon coeur de lectrice. Ses amis, à mon sens, sont encore mieux, parce qu'ils sont imparfaits au départ, mais ils luttent pour surmonter leurs difficultés et leurs peurs. 

Quant à la chute, elle est sympa et plutôt bien pensée. J'attends donc impatiemment la suite!

Ma note : 15/20

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

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