[Chronique Document] Dans les collines, entretien avec Clive Barker, de Peter Atkins et Dennis Etchison

Synopsis

En mars 2000, l’écrivain, réalisateur et artiste Clive Barker a reçu dans sa maison des Hollywood Hills un ami de longue date, Peter Atkins, lui aussi originaire de Liverpool et scénariste de trois des films de Barker. L’idée initiale – une interview balayant la carrière de Clive susceptible d’intéresser ses nombreux admirateurs – s’est immédiatement développée pour explorer les questions plus vastes et plus profondes qui motivent sa vie et son œuvre. Le résultat, un dialogue remarquable de près de deux heures, offre un portrait spontané et révélateur de Barker qui est probablement unique. Ceci restitue la transcription complète de cet enregistrement qui n’a jamais été publié sous aucune forme.

[Chronique Document] Dans les collines, entretien avec Clive Barker, de Peter Atkins et Dennis Etchison

Logo Livraddict

La vie n'est pas une répétition. C'est la représentation. On ne passe sur scène qu'une fois, alors autant faire les choses qui comptent le plus pour soi.

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

La loi d'attraction universelle…

Cet ebook est ma troisième lecture lue dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Bragelonne/Milady/Castelmore pour ce premier trimestre de l'année, et mon premier ebook de leur collection "Snark". Je remercie donc très chaleureusement les éditions Bragelonne pour ce partenariat et la découverte de cette lecture.

Après avoir lu Les évangiles écarlates, j'avais envie de découvrir Clive Barker autrement, pouvoir entrer dans son esprit, avoir un aperçu de sa façon de penser et de voir les choses. Je suis au final très contente de cette petite incursion, pour des raisons que nous allons voir tout de suite…

Parfois je peux avoir l'esprit de compétition un peu trop poussé, en particulier en littérature ou en peinture. Mais je ne ressens pas cela pour le cinéma. Heureusement, j'ai tendance à n'être jaloux de la réussite que de gens déjà morts, ce qui simplifie grandement ma vie sociale. [rires]

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

Avis aux lecteurs…

Avez-vous jamais eu envie de découvrir l'arrière du décor? De savoir ce qu'il peut bien se passer dans la tête de vos écrivains préférés? De connaître ce qui vous attend au détour de leur méandreux encéphale? Vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi un tel choix de thème, pourquoi telle psychologie pour un personnage donné, pourquoi la mise en avant de tel élément plutôt qu'un autre? Voici une partie de réponse à toutes ces questions qui jusqu'à présent sont restées en suspens…

Pour celles et ceux qui connaissent déjà Clive Barker, peut-être avez-vous pensé que ses écrits ne peuvent être que l’œuvre d'un écrivain fou à l'encéphale passablement en voie de dégénération? Héhé, il faut bien l'avouer, quand je lis certains passages de ses romans, je me pose des questions quant à sa santé mentale. Et si je me trompais sur toute la ligne? Et si en fait nous nous trouvions bien étonnés après la lecture de cet entretien? Je vous laisse le découvrir…

On m'a demandé de modifier mon texte. Bien sûr, je n'en ai fait qu'à ma tête et le livre a été bien accueilli par la critique et les lecteurs. Mais ça montre bien qu'il ne faut jamais baisser la garde. L'homophobie est toujours là, bien présente. Le racisme aussi. Nous sommes encore bien loin de l'Ère du Verseau.

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

Café philosophique…

Je me suis trouvée agréablement surprise dès les premières lignes de cet entretien. Comme beaucoup, sans doute, j'imaginais Clive Barker comme quelqu'un de ténébreux, avec un petit je-ne-sais-quoi de perverti qui met du piment à ses romans. À la lumière de cette interview, je peux dire qu'il n'en est en fait rien. De nombreuses déclarations démontent complètement la thèse de l'écrivain fou présentant un goût douteux pour le macabre et l'occultisme.

De ce que j'en lis, l'auteur a l'air parfaitement sain d'esprit. Plus que cela, au fil des lignes, on découvre une personne sensible et habitée de nobles intentions.

Clive Barker commence cet entretien en nous parlant d'un peintre qu'il affectionne, de cette impression de grandeur épique qui se dégage de ses tableaux, grandeur qu'il tente de reproduire au travers de ses textes. Il nous parle également de la Bible, qui est pour lui une grande source d'inspiration.

Puis au fil des questions et des réponses, il aborde de nombreux autres sujets, très philosophiques pour la plupart. Il évoque son passage du monde du théâtre à celui de l'écriture avec un beau sens de l'autocritique. De nombreux propos, d'ailleurs, sont teintés de cette lucidité assez plaisante, qui tend à démontrer que l'auteur ne se fait pas du tout le gros cou. Malgré son succès, Clive Barker a su rester simple, et c'est d'autant plus admirable.

Je pense que ce qui fait la force des films d'horreur et des films fantastiques, c'est que cette chose est souvent de nature métaphysique. Quand le spectateur ou le lecteur arrive à ce moment-là, il se trouve confronté à quelque chose d'exaltant. Dans Imajica, mon plus gros livre à ce jour, j'ai inclus un moment similaire à celui que je viens de décrire dans Le seigneur des anneaux, où la géographie bien particulière d'Imajica est d'une certaine façon la clé du roman. C'est une idée incroyablement simple. Parfois, ce qui me plaît dans l'ampleur d'un roman de 800 pages, c'est la possibilité de bâtir toutes ces digressions, d'ajouter tous ces détails et ces expériences autour d'un noyau très simple. La vie est pleine de digressions et de sources de distraction qui sollicitent notre esprit en permanence, mais en son coeur, il faut qu'elle contienne quelques réponses simples. Des sentiments simples, fondamentaux. L'amour, essentiellement. C'est le seul moyen pour que tout le reste fonctionne. Et sans amour dans ta vie, le reste, aussi amusant, aussi décoratif soit-il n'a que peu de sens. Je cherche donc toujours activement cette idée emblématique. Parfois, elle peut venir assez tard – il m'est arrivé de ne comprendre quel était vraiment le thème d'un énorme pavé qu'au beau milieu du deuxième jet.

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

Café littéraire…

J'ai également beaucoup apprécié la façon dont il parle de son métier d'écrivain. Ce sont des informations évidemment bien précieuses pour moi, qui tente mes premiers pas dans le milieu de l'écriture. Ce genre de témoignages me prouvent que je ne suis pas seule à ressentir ce que j'éprouve lorsque j'écris.

Et à nouveau, l'on retrouve ce côté philosophique qui ne quitte jamais vraiment l'auteur. Dans de nombreux passages, il dévoile des thèmes qui lui sont chers, en expliquant pourquoi ce choix. Au travers de son témoignage, le lecteur parvient à mieux cerner ce que Clive Barker tente de transmettre au fil de ses récits. J'ai été surprise de constater à quel point cet auteur peut être pointu et profond dans ses analyses littéraires, appréciant particulièrement cet extrait où il parle des mythes fondateurs et de la nécessité d'y prêter plus attention, de les respecter en tant que patrimoine de l'espèce humaine…

Il existe d'extraordinaires représentants de cette énergie incroyable, que l'on trouve en chacun de nous et que je qualifierais de divine, capables de transformer le monde avec art. Et de nous montrer l'altérité dans ce qui nous entoure, et en nous-mêmes. Je suis toujours déçu de constater qu'on met tellement l'accent sur le décryptage du scénario du dernier épisode en date de Star Trek ou de Buffy, mais pas assez selon moi sur l'analyse de ce que sont ces histoires à la base et de la façon dont elles sont liées à ce que racontait déjà Boccace ou Chaucer. Ce n'est pas faire preuve de prétention intellectuelle. Je désire simplement que les gens soient conscients que ces thèmes font partie de la nature même des êtres humains, depuis l'origine. L'histoire de la quête. L'histoire d'un voyage pour mieux se connaître soi-même, qui nécessite une descente aux enfers. L'histoire d'une personne qui doit mourir pour retrouver et ramener l'être aimé. Ce sont les grands récits anciens qui nous ont façonnés en tant qu'espèce. Et je pense qu'il est de notre responsabilité, nous qui sommes impliqués dans la célébration du fantastique sous toutes ses formes, de nous montrer plus exigeants, d'éclairer nos lecteurs. Nous sommes trop simplistes. Trop paresseux. Nous nous soucions bien trop du nombre d'exemplaires d'Harry Potter vendus cette semaine, alors que nous devrions davantage nous pencher sur la façon de partager avec les gens cette tradition riche et ancienne à laquelle nous appartenons et nous empruntons.

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

Marche sur mes traces…

J'aimerais marier la peinture et l'écriture. C'est mon ambition avec ces livres [la série Abarat] : réunir deux parties complètement différentes de ma vie. Au final, je ne veux pas qu'on se souvienne de moi comme d'un écrivain, d'un peintre ou d'un cinéaste, mais comme de quelqu'un qui a fait oeuvre d'imagination. Voilà ce que je veux. Quelqu'un qui a rêvé les yeux ouverts et qui, en partageant ses rêves, a amélioré la vie des gens.

Dans les collines, entretien avec Clive Barker

Ce dernier extrait n'est pas choisi au hasard. Il est celui qui m'a le plus touchée parmi toutes les révélations de cet entretien. Il m'a touchée parce qu'il reflète à merveille ma façon de concevoir les choses, il résume parfaitement ce que je voudrais parvenir à faire avec mes projets d'écriture et de dessin. Ne pas être juste un écrivain, juste un dessinateur, mais être plus que cela : un passeur. Passeur de savoir, d'une part, car l'on s'inspire toujours de choses qui font partie du monde réel, l'on contribue toujours d'une façon ou d'une autre à la diffusion de la culture qui, à mon sens, est l'arme ultime contre toutes les barbaries. Passeur d'univers, d'une autre part, car l'on permet au lecteur de passer du monde réel à d'autres mondes inconnus et pourtant passionnants, enrichissants, des mondes qui utilisent les codes du réel pour faire passer des messages concrets à travers des métaphores et des allégories. Passeur de rêves, enfin, car l'on permet au lecteur un peu de rêve, d'évasion, et c'est souvent plus que bienvenu.

En résumé…

J'ai été enchantée de découvrir cet entretien, réalisé avec brio par Peter Atkins et Dennis Etchison, il faut le souligner. Clive Barker se révèle au final être quelqu'un de bien, tout simplement. Un auteur doté d'une philosophie profonde, d'une grande humanité, d'une sensibilité certaine, et d'un sens pointu de l'analyse. Je me suis trouvée bien étonnée devant la complexité de sa psychologie, mais aussi devant son apparente gentillesse. J'ai apprécié qu'il reste simple, sans se donner des airs de fou ou de grand méchant comme on pourrait s'y attendre de la part d'un écrivain d'horreur. Je pensais aller à la rencontre d'une personnalité ténébreuse et un tantinet effrayante, il n'en fut rien.

Clive Barker dévoile de nombreux thèmes qui lui sont chers, et explique pourquoi ces motifs particuliers lui tiennent à coeur. Il revient également sur les débuts de sa carrière, sur les raisons qui l'ont fait passer du monde du théâtre à celui de la littérature, puis du cinéma et de la peinture. Il explique ses motivations, ses choix, ses envies, la façon dont il aime que ses romans soient construits, les messages qu'il aimerait faire passer. Mais pas que…

Cet ebook n'est pas destiné qu'aux seuls fans de Barker. Je conseille cette lecture à toute personne désireuse de connaître l'envers du décor du métier d'écrivain, de voir d'un peu plus près ce que représente le processus d'écriture pour de tels romans, mais aussi d'en savoir plus sur les littératures de l'imaginaire en général.

Ses commentaires quant à son métier d'auteur, agrémentés de digressions philosophiques, me seront plus que certainement utiles lors de mes premiers pas dans le monde de l'écriture. Comme quoi, rien n'arrive jamais par hasard. À croire que cet ebook était mis sur ma voie pour me pousser plus avant dans cette longue maturation de mon projet d'écriture.

Ma note : 19/20 – Une excellente interview, magistralement réalisée. Des propos extrêmement intéressants qui touchent à tous les domaines de l'écriture et de la création artistique en général. J'ai adoré!

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

Et n'hésitez surtout pas à commenter cet article, ou à rejoindre ma page Facebook ^^

D'autres romans de cet auteur chroniqués sur ce blog…

La grande encyclopédie des Fées, de Pierre Dubois

La grande encyclopédie des Fées, de Pierre Dubois

En résumé…

Entre le bien et le mal, l'archange et le dyman, la légende découvre un être. Cet être, c'est la fée. Entre l'Eden et les Enfers, la légende rêve d'un monde. Ce monde est peuplé par les fées. Entre la lumière et les ténèbres, la légende crée un crépuscule. Ce crépuscule devient la Féérie… Nous ne décidons rien. Précédant les hommes aux prémices du jour, penchées sur leur éveil, elles en brodent les pensées et perdent en chemin ceux qui s'accrochent à de vaines prétentions qui ne leur agréent point.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Acheté sur une bourse aux livres avec sa petite soeur la Grande encyclopédie des elfes, cet ouvrage m'a donné soif de nouvelles connaissances féeriques. C'est donc avec ravissement que je l'ai ouvert et en ai parcouru les pages jusqu'au dénouement.

La première phrase…

"Et voici les Fées enclosent, comme l'ont été les Lutins il y a quelque quatre ans."

Une bible ou presque…

Pierre Dubois n'est plus à présenter. Passionné par les fées, "enfayté" depuis de nombreuses années, il est une valeur sûre dans le domaine de l'elficologie. Ce sont ses ouvrages, ainsi que ceux d'Edouard Brasey qui m'ont donné envie de m'aventurer plus en avant dans cette discipline méconnue et pourtant porteuse d'avenir.

Si ce livre, qui s'inclut dans une série d'ouvrages de type encyclopédiques sur le petit peuple, n'est pas aussi exhaustif qu'on le souhaiterait, il n'en reste pas moins un petit bijou de bible féerique, un grand trésor de connaissances anciennes et fort malheureusement quasi oubliées.

De la poésie duboisienne…

Ce que j'aime, chez Pierre Dubois, c'est sa manière si personnelle et poétique de présenter nos amis du Petit Peuple. Prenons par exemple une des nombreuses descriptions magnifiquement pondues : "Lorsqu'à la mi-mars la Dryade, assotée par les humeurs de la sève montante, appelée au-dehors par les cors-calices dans lesquels soufflent les hérauts du Petit Peuple, se détache de l'écorce et va rejoindre le premier essaim sylphique, l'Hamadryade ne quitte ni la cellule dense du cambium, ni le liber où circulent l'âme sylvestre, les nerfs et le sang vert. Animée par un élan profond, elle prend appui sur ses racines, aspire de ses mille radicelles le mille vies de l'humus renaissant et s'étire, tout le long du tronc jusqu'aux plus fines ramilles, refluant toute sa moelle amoureuse dont le surplus écarte les bourgeons… et illumine son houppier encore ensommeillé d'une tendre aura amoureuse."

Ceci dit, point trop n'en faut, car si certaines descriptions sont merveilleuses et agréables à lire, d'autres se font moins compréhensibles, car trop de beaux mots l'un à la suite de l'autre embrouillent l'esprit… "Une à une, aile par aile, en vols fragmentés, émergent de la nuit miniature que le matin dissipe les sujettes fluidiformes d'une population libellunaire toute engourdie de bâillements, de replis enliseronnés qu'un ébrouement défripe. Une apprentie, reconnaissable au bonnet nigricorne, pleurniche de ne plus retrouver ses paniers contenant les fioles d'extrait d'alisier. Derrière la traîne royale la foule lactéipenne secoue ses antennules, s'assouplit la jambe phylloïde, égrène ses gammes flûtées ; bavarde, se bouscule, compare ses finesse d'épiderme, ses élégances d'élytres, s'ajuste l'ombrelle, se chamaille pour deux sous de grelots et finit enfin par répondre aux ordres en s'alignant sur un rang fantaisiste. Une douairière planirostre embouche son olifant et sonne le départ…"

Une merveilleuse bibliographie…

Étant moi-même une elficologue débutante, la bibliographie de ce genre d'ouvrage m'intéresse toujours au plus haut point, surtout si l'auteur m'a donné encore plus l'envie d'aller encore plus loin dans la recherche du Petit Peuple…

La bibliographie de Pierre Dubois a ceci de particulier qu'elle est divisée en thématiques aux titres aussi poétiques que le reste de l'ouvrage. Ainsi l'on peut voir apparaître les sections suivantes :

  • Rayonnages des boiseries enchantées de Ferral
  • A la lucarne de givre où se montrait le Père Noël
  • Sous les combles de la Sylphirie, au perchoir de la Dame Blanche
  • Sur le lutrin lunaire et les rayons de Petit Fay
  • A la poutre des Pixies, à la chatière de Dent-de-lait
  • Sous le faîtage des cinq étoiles
  • Tout près des feuillages
  • Autour de la mare aux salamandres d'or
  • Sur le chemin du SÍd par le pont de Petit Fayt

Une mine d'or pour tous ceux qui s'intéressent de près aux Fées!!

Des illustrations…

J'avoue être restée sur ma faim sur le plan des illustrations réalisées par Claudine et Roland Sabatier. Certes, elles sont féeriques à souhait, le trait est sûr, les couleurs éclatantes, et l'imagination vive. Ce que j'apprécie moins, ce sont les visages de certains personnages, trop simplistes à mon goût, et les motifs répétés que l'on retrouve en bordure de pages. La mise en couleur est pourtant fort réussie, la technique de l'aquarelle est plutôt bien maîtrisée. Mais quelque chose me chiffonne parfois au niveau du dessin en lui-même, peut-être certains tracés un peu trop hasardeux à mon goût.

En résumé…

Les petits plus…
  • Les connaissances inestimables contenues dans l'ouvrage.
  • Les textes et la poésie de Pierre Dubois.
  • La bibliographie très très utile.
Les petits moins…
  • On en veut encore! Encore plus de textes et de fées à découvrir!
  • La poésie duboisienne parfois trop poussée à l'extrême.
  • Les illustrations parfois bof-bof.

Ma note…

un très joli 9/10…

Lu dans le cadre du challenge "Mythologies du monde 2013" - Catégorie ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes

Lu dans le cadre du challenge "Mythologies du monde 2013" - Catégorie ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013" - Catégorie objet - La grande ENCYCLOPEDIE des fées

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013" - Catégorie objet - La grande ENCYCLOPEDIE des fées