[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan

[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan

Voici un petit résumé de cette duologie que j'ai terminé ce mois de février 2017… Histoire que vous vous y retrouviez dans les chroniques et dans la suite chronologique du récit!

[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
Les petits plus…
  • De la bonne fantasy médiévale qui ne tombe pas trop dans les clichés du genre
  • Un concept intéressant qui vient étoffer l'univers proposé
  • Des personnages féminins forts
Les petits moins…
  • Peut-être certaines longueurs dans les explications, mais encore…
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan
[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan

Ce second tome est à mon sens égal au premier tome en matière de qualité. L'écriture est belle et fluide, les personnages sont attachants (sauf Shimi, qui me les brise de long en large). L'intrigue est très bien ficelée et très dense, avec de nombreux éléments qui s'entrecoupent et viennent s'emboîter comme les pièces d'un puzzle.

L'univers développé par Marie Brennan est très complexe (d'ailleurs, j'ai été ravie de retrouver un glossaire en fin de roman, ce fut très utile) et très riche. Les concepts déployés dans le roman sont vraiment intéressant, surtout en ce qui concerne ce culte de la Déesse et de ses cinq facettes, que j'ai trouvé original.

Évidemment, mes poils se sont hérissés de colère face à la bêtise crasse du conservatisme religieux pur et dur. C'est voulu par l'auteur, bien entendu, et cela prouve qu'elle a du talent. C'est une belle thématique résolument moderne qu'elle nous présente magistralement sous la forme d'une allégorie fantasy très réussie.

La seule chose sur laquelle je me dois de mettre un bémol, c'est la finale. Je ne peux évidemment pas tout raconter, mais en gros… ! Attention, spoil !

[Il y a une bataille et on se demande comment le "bon clan" va s'en sortir tant une issue positive semble improbable. Et puis là, l'auteur fait une grande ellipse que j'ai trouvé très maladroite, et saute directement à l'épilogue. Je me suis retrouvée toute bête, à me dire "Mais… Mais… Et la bataille, elle se termine comment?!" Bon, ça peut arriver d'avoir du mal à écrire une scène de bataille, mais laisser le lecteur sur sa faim, c'est un peu gros tout de même…]

Du coup, je voulais mettre une meilleure note que pour le premier tome, mais non, ce sera un 16 aussi.

[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan

– J'ai peur d'une révolution, dit-elle d'une voix calme, empreinte de gravité. Je redoute qu'une guerre nous déchire et provoque de nombreuses morts. Il y a celles qui suivraient volontiers Shimi. Si elles l'emportent, alors les doubles continueront de mourir, comme ça a été le cas depuis le commencement. Ce sont des morts qui ne comptent peut-être pas pour les autres, mais elles sont bien réelles pour moi. Je ne veux pas que les arguments de Shimi prévalent. Mais je ne sais pas jusqu'où nous devrons aller pour l'arrêter. Et je ne sais pas si je dois accepter la mort de sorcières comme prix pour parvenir à ce résultat. Et, si cela se produit, combien. Pour le moment, je ne projette la mort de personne. Mais si tu veux la vérité (Satomi éprouva une terrible envie de rire, mais pas parce qu'elle trouvait la chose amusante), j'ignore ce que je ferai demain.

Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

[Saga fantasy] Les deux soeurs, de Marie Brennan

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Difficile de résumer ce roman, tant il a tendance à partir dans toutes les directions. Pourtant, en un seul mot, je pourrais peut-être le faire : génial!

Acherontia

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets.
Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll et le plus jubilatoire de l'année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte.
II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Bourré de références pop, construit de telle sorte qu'on ne puisse pas arrêter de tourner les pages, ce livre a tout pour lui : de l'humour, de l'amour, de la vengeance, du sexe, de la violence et du bourbon. Anonyme, sers-nous-en un autre, et vite!

The Telegraph (quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine)

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

…Cet article de blog est politiquement incorrect!

Veuillez noter que cet état de fait est purement indépendant de ma volonté, et qu'il constitue une exception sur ce blog d'habitude si décent et soucieux de l'étiquette. Veuillez noter également que je dégage toute responsabilité quant aux injures et à la violence contenues dans les extraits, qui sont purement du fait de cet auteur Anonyme, et non du mien. Esprits chatouilleux s'abstenir, donc…

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Je ne suis pas très fière de le dire, mais ce livre végète littéralement dans ma PAL depuis plusieurs été. Oui, je dis été car c'est la saison durant laquelle il fut acheté. Au mois d'août, précisément, en occasion lors de la Nuit du livre de Redu (c'est en Belgique, pour ceux qui ne connaissent pas l'évènement). En revanche, vous dire en quelle année cet achat fut fait, je pense que ma mémoire ne vous permettra pas de vous fournir l'information…

Pourquoi l'ai-je acheté à l'époque? Ma foi, parce que j'en ai beaucoup entendu parler, de un. Et de deux, parce que le prix demandé était dérisoire par rapport au prix du livre neuf. Hé oui, c'est un élément important à prendre en considération, d'autant plus que l'objet se trouvait être particulièrement bien conservé. Je ne sais quel fluide d'embaumement son précédent possesseur a utilisé, mais cela fut efficace, de toute évidence.

Pourquoi ne pas l'avoir lu plus tôt? Je pense que l'objet s'est un peu perdu dans la jungle de ma PAL… comme c'est d'ailleurs souvent le cas pour beaucoup de livres, et pour beaucoup de blogueurs, si je ne m'abuse.

Pourquoi le ressortir maintenant, alors que tout espoir de lecture semblait perdu? Parce que j'ai eu la délicieuse chance de m'associer à Gilsayan pour le challenge "Pioche dans ma PAL", et que son choix s'est par chance porté sur ce titre… Et puis, de toute façon, j'avais prévu de le lire pour mon Challenge ABC de l'imaginaire de cette année. Donc cela tombait fort bien ^^

Vous désespériez de trouver un équivalent littéraire aux films de Quentin Tarantino, de John Carpenter, de Robert Rodriguez? Lisez le Livre sans nom. À vos risques et périls.

Quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Ha! Je vous sens curieux d'en savoir plus sur ce livre, tiens! On y parle d'un livre sans nom, l'auteur est anonyme, ça fait beaucoup de mystères, tout ça… Hé oui, figurez-vous que c'est aussi cela qui a favorisé le succès de ce roman, et qui a fait parler bien des langues.

Pour la petite histoire, ce roman a été publié en juin 2007 sur internet, sur le site lulu.com, de façon tout à fait anonyme. Comment en est-on arrivé à l'éditer en format papier, je ne connaît malheureusement pas le fin mot de l'histoire, et je ne peux donc pas répondre à cette question. Toujours est-il qu'à l'heure actuelle encore, l'auteur n'a toujours pas donné son nom. Même les éditions Sonatine, qui ont publié la traduction française du roman initialement publié à Londres par Michael O'Mara Books, ne savent pas réellement qui il est.

Bien sûr, les rumeurs vont bon train ; les lecteurs curieux ont même attribué la paternité du roman à certaines célébrités. Quentin Tarantino a fait très logiquement partie du nombre. En effet, on ne peut pas nier que le roman possède un côté Kill Bill assez marqué. Le roman se situe même totalement dans la veine du film From dusk till dawn, dont Tarantino a réalisé le scénario. Ceci dit, les éditions Sonatine ont plutôt l'air de penser qu'il s'agit d'un parfait inconnu. Mais je crois que nous n'aurons jamais vraiment la réponse. Et si vous comptez fouiller du côté des réseaux sociaux, il paraît que l'auteur possède une page Facebook… au nom de Bourbon Kid!

Si vous avez envie de creuser plus le sujet, je vous propose cette petite interview de l'auteur himself ^^

Plus on avance dans le livre, et plus une angoisse nous étreint : y aura-t-il assez de survivants dans l'histoire pour qu'on ait le plaisir de lire une suite?

The Booklist (quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine)

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

La première fois que j'ai lu le synopsis de ce roman, j'ai plutôt halluciné. "Mais qu'est-ce que c'est que ce roman qui mélange autant d'éléments n'ayant rien en commun", me suis-je dit, tout en pouffant de rire. C'est surtout les "moines férus d'arts martiaux" qui m'a fait tiquer… Non pas parce que je me suis justement cassé le pied trois mois plus tôt à mon cours de Taekwondo, mais plutôt parce que cela clochait dans la liste des thèmes abordés. En cela, je paraphraserai la seule et unique philosophe issue de la téléréalité : "Des arts martiaux dans un western? Non, mais Allô, quoi!!"

Alors, laissez-moi vous expliquer… Une des grandes forces de ce roman, c'est de partir dans toutes les directions tout en gardant un fil conducteur et une unité certaine. Et ce fil conducteur, c'est ce côté western, justement.

On retrouve dans le récit les éléments typiques du genre, mais en version modernisée. Exit la période "Guerre de Sécession", les roulottes, les femmes avec des chapeaux ridicules, les indiens emplumés, les hennissements des cataclopes, le french cancan, et tout ça tout ça. Le récit est bien ancré dans notre petit monde moderne. Les roulottes et les cataclopes sont devenus des cadillacs jaunes, les chapeaux ridicules des déguisements d'Elvis, les indiens plein de plumes des vampires de la plus basse espèce, et le french cancan… euh… bah, laissez tomber.

Ceci dit… on retrouve le thème de la petite ville paumée au milieu d'un paysage désertique. Ce n'est peut-être pas une ville du Far West, mais c'est tout comme. Oui, enfin… Santa Mondega est située en Amérique du Sud, mais vous savez, le sud, l'ouest, c'est comme WC/toilettes et GB/Carrefour, n'est-ce pas… Ceci dit, ce bled est très représentatif des termes "paumé" et "désertique". On verrait presque des tumbleweed traverser les rues, poussés par le vent sentant le souffre.

Et bien sûr, en guise du bon vieux saloon cracra, l'auteur nous balance le Tapioca, petit bar miteux que seuls les habitués peuvent fréquenter. Pourquoi est-il ouvert aux seuls autochtones? Parce que dès qu'un étranger débarque, c'est la bagarre assurée. Et Sanchez, le tenancier du bar, déteste avoir à ramasser les morceaux…

Les moines étaient sortis sans un mot. "Bon débarras", pensa Sanchez. Nettoyer le plancher du Tapioca recouvert de sang était l'une des tâches qu'il aimait le moins. Et à présent, à cause de ces deux inconnus qu'il aurait dû envoyer paître dès leur arrivée, il allait devoir s'y coller.
Il alla dans la cuisine au fond du bar pour y prendre une serpillière et un seau d'eau et revint juste à temps pour voir un homme entrer au Tapioca. Un autre inconnu. Grand. Bien bâti. Habillé bizarrement, remarqua-t-il. Comme les deux autres clowns. C'était vraiment une journée de merde que s'annonçait. Sanchez en avait déjà assez, et on n'en était qu'au début de l'après-midi. Il avait un type raide mort par terre, la cervelle éparpillée aux quatre coins de la salle, et un autre mec avec une balle dans la jambe. Il faudrait appeler la police, mais peut-être pas tout de suite.

Le livre sans nom, de Anonyme

Il y a aussi ceux qui jouent au caïd, avec leurs longs manteaux et leurs Stetson pleins de poussière. Et puis il y a ceux qui jouent au shérif, version moderne. Bien entendu, l'on retrouve de nombreuses scènes de Bang!, de Pan!, de Bim! et de Piouh piouh! (ah non, ça c'est dans Star Wars, zut!)… Depuis le temps que ce blog existe, vous savez peut-être que je n'aime pas, mais alors VRAIMENT pas les scènes de baston à coup de flingue. Même au cinéma, et même si c'est Bruce Willis en petit débardeur sexy qui tient ledit flingue, ces scènes de mitraillage m'embêtent toujours au plus haut point. Allons savoir pourquoi. Moi-même, je n'ai jamais trouvé de raison valable à cet état de fait.

Quoi qu'il en soit, assez curieusement, cela ne m'a pas du tout gênée dans ce livre. Il est vrai que les combats sont variés et ne se font pas toujours à grand renfort de balles et d'explosifs. L'auteur fait appel à de nombreuses autres techniques, telles que le combat au couteau, le catch, ou les arts martiaux justement. Cette variété, doublée du fait que ces scènes de combat sont plus comiques qu'autre chose, contribue à mon appréciation. Il y a juste ce qu'il faut d'action, ce n'est pas répétitif, cela fait sourire, c'est donc juste parfait pour mes appétits limités en matière de western. Honnêtement, j'avais plus le sentiment de voir une scène de Kill Bill plutôt que des Sept mercenaires. Et comme j'ai adoré Kill Bill, ça tombe bien!

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Je sais que cela ne figure pas dans le résumé, mais vous vous en rendrez compte très vite à la lecture du roman, ce livre n'est pas juste un bouquin d'action. Que nenni! Il comporte également de nombreux éléments fantastiques. Et c'est là que ça devient intéressant pour moi, puisque le fantastique, c'est mon élément vital.

Très tôt dans l'histoire, vous entendrez parler d'une pierre bleue un peu spéciale, L'oeil de la lune. Je ne vous dirai évidemment pas ses propriétés, sinon je risque de vous spoiler une bonne partie de l'intrigue. Mais c'est un élément capital, car elle constitue selon moi le principal fil conducteur de l'histoire. Volée au monastère d'Hubal, nos deux moines "karaté kid" sont chargés de la retrouver à Santa Mondega. Manque de bol, il se trouve que les deux clowns sont mal préparés pour la mission. Ce sont des moines, après tout… imaginez-les, ils n'ont jamais touché à l'alcool, n'ont jamais utilisé de l'argent de leur vie, n'ont jamais vu une bagarre de café, ne peuvent ni voler, ni mentir, ni… sans enfreindre leur serment sacré. Bref, deux loustics comme eux sont bien mal rodés à la vie de cowboy.

Et puis bon, ils ne doivent pas mener leurs investigations dans n'importe quelle ville, c'est Santa Mondega, quoi… Une ville violente et corrompue, dirigée par une impitoyable mafia locale, et peut-être même quelque chose d'encore plus terrifiant que la mafia…

– Dis-moi, petit con, ça te dirait que je t'en mette une autre devant tous ces gens?
– Non.
– Alors ferme ta gueule et laisse-moi finir.
– Désolé.
– Tu m'étonnes que t'es désolé, putain. Maintenant écoutez bien, tous les deux. Dieu m'emploie au même titre qu'Il emploie Ses prêtres ou Ses exorcistes. Mais je suis le seul à faire ce que je fais. Je suis unique en mon genre." Il se pencha légèrement afin de s'assurer que toute l'attention des deux moines lui était acquise. "Notre Seigneur Tout-Puissant m'a chargé de débarrasser le monde des créatures du mal. Et Santa Mondega, mes bien chers frères, est la capitale mondiale des créatures du mal."

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Enfin, quand je dis "juste un peu d'humour"… C'est juste pour continuer à effeuiller la pâquerette au fil de mes titres. Parce que de l'humour, ce roman en est truffé. Je ne sais pas si tel était le but au départ, mais au final, c'est plutôt très réussi. Je vous parlais des deux moines un peu plus haut, et déjà, vous vous doutiez que leurs aventures ne risquaient pas d'être tristes. Mais c'est sans compter sur le terrible sosie d'Elvis, tueur à gage de son état, ainsi qu'une jolie panoplie de personnages complètement loufoques. Ils sont censés être sérieux, au départ, mais très vite, leurs tribulations prêtent à sourire. Le texte tout entier est empreint de dérision, avec un émaillage de railleries et d'humour noir du plus bel effet.

Je pense aussi que la plupart des scènes comportent une telle démesure que le lecteur finit par se gausser d'une situation au départ dramatique. Exactement comme dans Kill Bill, finalement. C'est cette surenchère de gore et de tragique qui confère au récit son originalité et son côté comique.

Et que dire de la finale, où tout le monde est déguisé pour la Fête de la lune, avec des costumes d'emprunt tous plus ridicules l'un que l'autre. Il faut dire aussi que le roman possède un côté très visuel. Lorsqu'on est plongé dans sa lecture, les mots se transforment aisément en images, et très vite, c'est comme si l'on regardait un film de série B ou un comics. Pour être honnête, c'est cette facette-là du roman que j'ai préféré. Sans parler des références hilarantes à la pop culture…

"Vous êtes censés être déguisés en quoi? demanda Sanchez.
– On est les rangers solitaires, répondit Miguel, prenant le pas sur Carlito de manière inhabituelle.
– Les Rangers solitaires? répéta Mukka d'un ton moqueur. C'est une blague, c'est ça?
– Non, pourquoi? Miguel semblait légèrement troublé.
– Peut-être parce que le principal trait du Ranger solitaire, c'est d'être seul, justement, répondit Mukka. D'où le surnom "Ranger solitaire"."
Miguel paraissait à présent tout à fait perdu. Carlito, de son côté, semblait se désintéresser totalement de la conversation.
"Écoute, ducon, finit par lancer Miguel. Dans la série télé, il avait toujours son fidèle Tonto à ses côtés, donc il était pas tout à fait "solitaire", pas vrai?
– Mais Tonto était pas un "ranger", pas vrai? C'était un "indien" corrigea Mukka. S'ensuivit un long silence.
– Ah, d'accord! dit Miguel, saisissant enfin où Mukka voulait en venir. Ouais, c'est vrai. T'as raison, en fait."

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Clairement, si vous cherchez du romantisme entre ces pages, passez votre chemin. Le langage est cru, les personnages n'ont aucune moralité, la ville est pourrie jusqu'à la moelle par le vice, et j'en passe. Même les couples qui pourraient paraître "mignons" se révèlent ne pas l'être du tout. Amis du sentimentalisme s'abstenir, donc… Moi, personnellement, cela m'a très bien convenu. Car s'il est une chose que je n'aime pas dans les romans, à l'instar des scènes où ça flingue dans tous les sens, ce sont les scènes romantiques où ça embrasse à tout va.

Et dire que mes parents espéraient une petite fille romantique et en dentelles… Bah! Elle est bien bonne, celle-là! 😉

"AOUH!… PUTAIN!… Mais merde!… Espèce de putain d'abruti! Putain de merde, vous m'avez planté! BORDEL DE MERDE! Espèce de… espèce de vieil enculé!
– Ça fait mal? demanda Kacy, et ce ne fut franchement pas l'une de ses plus brillantes remarques.
– BIEN SÛR QUE CA FAIT MAL, PUTAIN! JE VIENS DE ME FAIRE POIGNARDER, BORDEL!"
Dante agrippait son bras, tentant désespérément de juguler l'hémorragie, dont le débit était fort impressionnant. Cromwell avait tiré de sa poche un mouchoir en papier avec lequel il essuyait la lame de son couteau.
"Sentez-vous la blessure guérir d'elle-même, Dante? demanda-t-il posément.
– Vous vous foutez de ma gueule? Vous avez failli me couper le bras en deux. Bien sûr que c'est pas en train de guérir tout seul. Ça va prendre des putains de semaines à guérir. Il va sûrement falloir me faire des points de suture. Putain, Cromwell, mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête? Je pensais que vous alliez juste me faire une petite entaille, pas me découper le bras, bordel de merde!

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Difficile de résumer ce roman, tant il a tendance à partir dans toutes les directions. Pourtant, en un seul mot, je pourrais peut-être le faire : génial!

L'intrigue est super bien ficelée, l'auteur déploie d'excellentes idées et parvient à maintenir l'histoire sur les rails grâce à un fil conducteur, celui de la recherche de la pierre perdue. Le style d'écriture n'est pas spécialement fouillé. Mr Anonymous emprunte même beaucoup de vocabulaire au parler populaire, voire vulgaire. Mais cela cadre si bien avec l'histoire et les personnages que ce n'est absolument pas dérangeant. Donc, pour ceux qui ne sont pas puritains à l'extrême, je vous conseille de foncer sur cette lecture.

Et… Oh! Je ne vous ai pas parlé du fameux Livre sans nom… Ah, c'était le clou de l'histoire, pourtant. Eh bien tant pis, je vais vous laisser lire ça par vous-même. N'est-ce pas, que je suis cruelle? Héhé…

Allez, je suis bonne joueuse, je vais quand même vous donner un indice avec cette citation… Pas sur le livre sans nom, mais sur la façon de découvrir le méchant de l'histoire avant la fin ^^

– Aujourd'hui, ce sera les films d'horreur, dit Jensen dans un sourire. Copycat ou Ring?
– Ring, sans hésiter, répondit aussitôt Somers. Copycat n'est rien d'autre qu'un film de série B : n'importe quel cinéphile digne de ce nom est capable de deviner l'identité du tueur en série dès la première scène.
– C'est vrai? Jensen semblait surpris. Je ne m'en souviens plus.
– Ben tiens. William McNamara, qui commençait à l'époque à avoir le vent en poupe, était perdu dans la première scène au milieu d'une foule de figurants. Je me souviens encore de l'avoir vu et de m'être dit : qu'est-ce qu'un acteur qui a joué plusieurs rôles principaux peut bien faire assis au milieu d'un tas de figurants, à moins qu'il ne s'agisse du tueur en série dont on découvrira plus tard l'identité? J'avais bien évidemment raison, mais je dois admettre que cela ne m'a pas vraiment gâché le reste du film : le réalisateur s'en est très bien chargé tout seul.

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

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Cygne noir, série de Richelle Mead

Cygne noir, série de Richelle Mead
Cygne noir, série de Richelle Mead

Tome 1, Fille de l'orage

Typique. Aucune vie amoureuse digne de ce nom depuis des mois et, d'un coup, voilà que toutes les créature mâles de l'Autremonde veulent coucher avec elle… Eugenie Markham est une puissante chamane, dont le métier est de bannir les esprits et les fey qui franchissent la frontière avec le monde des mortels. Mercenaire, oui, il faut bien faire bouillir la marmite… Mais sa plus récente affaire est de nature à lui couper l'appétit. Engagée pour retrouver une adolescente qui a été emmenée dans l'Autremonde, elle se retrouve confrontée à une étonnante prophétie, qui dévoile de sombres secrets à propos de son passé et prétend que son premier né menacera l'avenir du monde tel qu'elle le connaît. Désormais elle est irrésistible pour tout démon ambitieux ou vaurien de l'Autremonde, et ceux qui ne désirent pas lui faire un enfant veulent la tuer. Eugenie manie aussi bien un Glock qu'une baguette magique, mais elle a besoin d'alliés formidables pour une telle mission. Elle les trouve en Dorian, un séduisant roi des fey qui apprécie le bondage, et Kiyo, un superbe changeforme qui redonne tout son sens à l'expression «magnétisme animal». Mais ses ennemis prennent de l'assurance, le temps lui manque, et Eugénie réalise que le plus grand danger est encore à venir : il réside dans les sombres pouvoirs qui voient le jour en elle…

Ma chronique…

Cygne noir, série de Richelle Mead

Tome 2, Reine des ronces

Eugénie est devenue reine des Terre-de-Daléa. Mais ça n'a rien d'une vie de château. Son royaume est en ruine, tout comme sa vie sentimentale… Et il y a toujours cette prophétie qui annonce que son premier né détruira l'humanité. Pour l'heure Eugénie s'inquiète. Des jeunes filles sont enlevées en Outremonde et tous s'en contrefichent y compris les hommes de sa vie. Qu'est-ce que ça cache ?

Ma chronique…

Cygne noir, série de Richelle Mead

Tome 3, Le sacre de fer

Eugenie Markham n'a pas son pareil pour chasser du monde des humains les êtres surnaturels qui s'y risquent. En revanche, elle peine à stopper la guerre qui dévaste son propre royaume, Terre-de-Daléa. Son seul espoir : la Couronne de Fer, un artefact légendaire redouté de tous. Mais qui l'aidera dans sa quête ? Elle ne peut guère se fier aux hommes de sa vie, Dorian et Kiyo… Or, pour maîtriser les pouvoirs incommensurables de la Couronne, elle devra résister à une terrible tentation, au risque, si elle échoue, de détruire son âme et deux mondes.

Ma chronique bientôt…

Cygne noir, série de Richelle Mead

Tome 4, L'héritier de l'ombre

En tant que shaman, Eugenie Markham se bat pour préserver le monde des humain des créatures qui traversent la frontière entre les mondes. Mais en tant que reine maudite par une prophétie, il n'y a aucun refuge pour elle et ses enfants à naître quand un mystérieux fléau frappe l'Outremonde…
Trouver la source de ce fléau magique n'est pas le seul défi pour Eugenie. Le roi faë Dorian sacrifie tout pour l'aider, mais Eugenie n'a pas assez confiance en lui pour qu'ils retrouvent leur relation d'autrefois. La paix fragile établie entre elle son ancien amant métamorphe Kiyo est mise en péril par un secret qu'il ne veut – ou ne peut pas – réveler. Alors que des forces terribles s'élèvent et menacent le monde humain, Eugenie doit utiliser sa propre malédiction comme une arme – et peut-être être prête au sacrifice ultime…

Bientôt en cours de lecture…

La conspiration Merlin, de Diana Wynne Jones

La conspiration Merlin, de Diana Wynne Jones

En résumé…

Le Multivers est composé d'une infinité d'univers parallèles, dont le nôtre et… celui des îles de Blest, qui concentre toute la magie du Multivers. Dans ce monde si différent du nôtre, un complot vise à renverser le Merlin, le mage le plus puissant du Royaume. Roddy et Nick, deux jeunes gens qui n'auraient jamais dû se rencontrer, vont devoir s'allier. Pour tenter de mettre fin à cette terrible machination, il leur faudra aller au bout d'un formidable périple entre les univers…

[Résumé de la 4e de couverture]

Ce qui m'a attiré vers cette lecture…

Acheté sur brocante pour une bouchée de pain, ce livre m'a d'emblée attiré de par sa couverture joliment illustrée. Puis ensuite le titre, la conspiration Merlin, m'a fait pensé à mon chien Merlin (décédé l'année dernière, paix à son âme…). Et en dernier, le résumé, parlant du Multivers, d'autres mondes et de magie, il n'en fallait pas plus pour me séduire 😉

La première phrase…

J'ai passé toute ma vie à la Cour et j'ai toujours voyagé dans la Suite du Roi.

La conspiration Merlin, de Diana Wynne Jones

Du Multivers…

Question univers parallèles, avec ce livre, nous sommes franchement gâtés! L'auteur ne nous livre malheureusement de description de tous les univers, car – selon elle – il en existerait plusieurs centaines… Mais les quelques univers décrits sont tout simplement géniaux! Comme le monde de Loggia City (voir l'extrait plus loin) ou l'île de Romanov, entièrement composée de parcelles de différents univers… Du travail magistral et une ingéniosité sans borne, je tire mon chapeau à Diana Wynne Jones pour cette perle d'imaginaire!

Un extrait de la description de Loggia City…

"Lorgnant du coin de l’œil ces policiers qui patrouillaient lentement, je me suis démanché le cou pour regarder plus loin. L'endroit n'était que canyons qui serpentaient dans différentes directions, fourmillant d'habitations et de magasins entassés les uns au-dessus des autres et reliés par des ponts – comme si la terre s'était ouverte en formant un réseau de ravins en étoile où les gens avaient décidé de s'installer. Le paysage était spectaculaire. On avait construit d'énormes palans de chargement, peut-être des ascenseurs, dans l'espace entre les colonnes massives qui retenaient chaque strate de constructions. Des machineries vraiment compliquées, ces trucs-là, et peintes de couleurs vives.

Tandis que les policiers s'éloignaient lentement, j'ai entendu comme un grondement monter des profondeurs. "Il doit y avoir une rivière tout en bas", ai-je pensé. Je me suis penché par-dessus bord pour regarder.

Ce n'était pas une rivière, mais un train – deux trains, à vrai dire, semblables à des projectiles argentés qui entraient lentement en gare, très loin en bas. J'ai observé, à la lueur laiteuse d'une lumière électrique, les individus microscopiques qui en descendaient."

La conspiration Merlin, de Diana Wynne Jones

De la magie…

Autre fait surprenant et merveilleusement bien inventé, c'est celui de la magie. Chaque univers possède un type de magie différents, et les habitant de chaque monde apprennent à maîtriser le type de magie qui est propre à son monde. Seuls certains d'entre eux, dont Romanov, parviennent à employer plusieurs types de magies.

La façon d'utiliser chaque magie, et les sorts propres à chaque univers, sont très bien décrits, si bien que cela paraît presque plausible. On en arrivera presque à penser qu'il existe réellement des univers parallèles, que les voyages entre ces univers sont du domaine du possible et que chacun, avec un minimum d'apprentissage, peut employer la magie.

La manière dont Roddy devient une superprofessionnelle de la magie est, elle aussi, surprenante et incroyablement bien trouvée. Nick, quant à lui, apprend à peine à l'employer, toute l'aventure sera pour lui une sorte de grand voyage initiatique dont il sortira grandi.

Des personnages hauts en couleurs…

Diana Wynne Jones nous fait rencontrer de nombreux personnages, certains très attachants, comme nos deux héros Nick et Roddy, ou comme Grundo, d'autres terriblement agaçants mais au final utiles, comme Isadora et Ilsabil, d'autres encore totalement loufoques, comme Romanov ou Heppy Dimber… On rencontre également une foule de petites créatures, des élémentaires, des gens du Petit Peuple, qui ne sont pas comme on les imagine et qui auront également leur rôle à jouer…

En résumé…

Je l'avoue, il m'a fallu presque 150 pages pour dire de vraiment "accrocher" avec l'histoire. Pas que le style ou le récit étaient ennuyeux, c'était sans doute moi qui avait la tête ailleurs à ce moment-là. Toujours est-il qu'après ces 150 pages, une fois que je me suis prise au jeu du Multivers et de la magie, j'ai dévoré le livre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire! L'inventivité de l'auteur y est pour beaucoup. Mais il y a aussi cette façon qu'elle a de tenir le lecteur en haleine en alternant les récits de Nick et de Roddy, et peut-être aussi sa façon simple d'écrire, un peu à la manière d'un grand adolescent, mais en trouvant toujours les bons mots et les bonnes descriptions. Un excellent moment de lecture en définitive!

Ma note : 17/20

Un autre avis sur ActuSF…

Article de Myriam De Loddere.

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013", catégorie Prénom - La conspiration MERLIN.

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013", catégorie Prénom - La conspiration MERLIN.

Lu aussi dans le cadre du challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Mondes imaginaires après 1950.

Lu aussi dans le cadre du challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Mondes imaginaires après 1950.

Le passeur de lumière, par Bernard Tirtiaux

Après une looooooooooooongue période d'absence – merci les festivals et mon costume pour la convention Star Wars!!! – voici une petite chronique au passage, d'un livre que j'ai énormément aimé et que j'ai totalement dévoré!

Le passeur de lumière, par Bernard Tirtiaux

Résumé de la couverture…

"La lumière est diffuse", dit Rosal de Sainte-Croix au jeune Nivard de Chassepierre. "Elle est fugace, changeante, capricieuse. Elle a toutes les ruses. Jamais tu ne seras satisfai de ton ouvrage, si beau soit-il. Jamais tu n'auras assez de couleurs dans tes casiers pour donner vie à un vitrail comme tu le souhaites, jamais tu n'auras la certitude de colorer juste comme on chante juste. Qu'importe! Tes pas partent du feu et tu dois atteindre le feu, devenir un maître en ton art."

Nivard ne déçut pas le chevalier qui attendait de lui la plus vertigineuse escalade jamais rêvée vers la lumière. Animé par une passion presque charnelle pour le verre et ses sortilèges, il récolte d'Orient en Occident les couleurs alchimiques de nos cathédrales. Il oeuvre en Bavière, à Saint-Denis, au Mans, à Chartres…

La quête déchirée de ce "passeur de lumière" sera alors celle d'un artisan sublime, funambule oscillant entre le ciel et l'ombre…"

Un peu d'histoire…

Le récit commence à l'adolescence de notre héros, Nivard, en l'an de grâce onze cent treize, dans la ville mosane de Huy. Nivard est un garçon très intelligent et très introverti laissé par sa mère en apprentissage chez un maître François, un orfèvre très réputé de la ville. Nivard, au début plutôt taiseux, se laisse peu à peu apprivoiser par le vieil orfèvre, et devient rapidement un excellent artisan. Il réalise une châsse magnifique pour une église locale, mais il lui manque pour la compléter un joyau qu'il ne peut trouver qu'en Orient. Il tentera alors de suivre les traces de son père, décédé en croisade, dans le but de dénicher ce bijou qui pourrait à lui seul illuminer la châsse qui lui paraît bien sombre. Il part à la rencontre de Rosal de Sainte-Croix, qui prépare un convoi pour l'Orient dont le départ est imminent. Rosal se rend très vite compte de l'ampleur du talent de Nivard et se propose de le prendre à bord du convoi, non comme orfèvre, mais comme maître verrier… Va s'ensuivre alors pour Nivard un long périple au cours duquel il va apprendre à apprivoiser cette lumière qu'il admire tant.

La quête déchirée d'un artisan oscillant entre le ciel et l'ombre…

Tout est dans le titre… Nivard, c'est un assemblage de sentiments extrêmes qui se bousculent dans un déferlement intérieur. Il oscille sans cesse entre l'amour et la haine, la tendresse et la violence, le calme apparent et l'agitation, la lumière et l'obscurité, le bien et le mal. Autant il peut se donner corps et âme à la femme qu'il aime, autant il peut haïr au point de tuer. Il peut caresser le verre, exécuter le travail le plus raffiné, et à la fois faire souffrir. On sent qu'au fond de lui se mélange des sentiments très forts, souvent contradictoires, des sentiments qui le déchirent de l'intérieur, et pourtant il conserve son attitude réservée, il vit tout au fond de lui-même, il garde tout pour lui.

Il est fort également, d'un caractère – presque – inébranlable, un caractère trempé dans l'acier et dans le feu, le genre de trempe qui fait d'un homme un véritable meneur. Il tient tête aux chevaliers les plus hauts placés lorsque le jugement de ceux-ci est altéré, il tient tête à la toute puissante église chrétienne en faisant sa propre justice, en refusant les règles établies qu'il juge inhumaines. Il défie Dieu de part ses actions, et pourtant il cherche à s'en rapprocher par le biais de la lumière…

La lumière est son chemin de vie, sa raison d'être. Ne s'est-il pas juré sur la tombe de sa mère de vouer sa vie à la lumière? "C'est dans cette église hostile, au pied de l'autel, que le garçon fit avec la morte le pacte qu'il n'accepterait plus l'hostie des mains des prêtres et qu'il ne partagerait plus leurs prières. Il atteindrait Dieu par un autre chemin, il défricherait sa propre voie vers la Lumière. Au soir du jour le plus éprouvant de sa jeune existence, Nivard traça à l'encre noire sur le revers de sa ceinture cette phrase amère qui allait diriger la marche de sa vie : Quaere Dei lumem post materiam, non gentes. Cherche la lumière de Dieu à travers la matière au mépris des humains."

La vie de Nivard est jalonnée de grands bonheurs et de désastres, d'amour inconditionnel lumineux comme le jour et de désespoir aussi profond et noir que les abysses de l'océan. On dit toujours qu'il ne peut y avoir de lumière sans une part d'ombre, que l'on ne peut pleinement profiter du bonheur si on ne connaît pas son opposé. C'est de la complémentarité de ces extrêmes que naît le génie de Nivard. Plus il connaît l'obscurité et le désespoir, plus il fait sombre au fond de lui, plus il est poussé vers la lumière. L'obscurité de son âme torturée, par contraste, fait ressortir son étincelle d'artiste et l'aide à apprivoiser par le verre l'immatérialité de la lumière. "Rosal de Sainte-Croix laisse entendre sa voix aussi tendre que ferme : – Il y a dans ton regard tout ce qu'un homme doit souffrir pour approcher la lumière de Dieu, c'est ce regard-là qu'il nous faut, pas celui d'un saint! – Je n'ai pas le droit de boucler vos églises de ma révolte et de mes interrogations. Je ne peux prétendre à cette tâche. je vous enjoins de comprendre et d'accepter mon choix. Je suis en disgrâce. Dieu est hors de ma portée. – Quoi que tu dises, Nivard, et quoi que tu penses de toi-même, tu es l'initié, le détenteur, coupe Rosal de Sainte-Croix. C'est toi seul qui possède l'héritage, toi seul qui détiens la note et personne d'autre ne peut oeuvrer à ta place."

La poésie de la lumière…

Dans ce roman, ce qui m'a frappée dès les premières lignes, c'est cette poésie qui filtre au travers de chaque mot, de chaque métaphore. Tout dans le style d'écriture laisse entrevoir la force des sentiments de Nivard, sa force de caractère aussi. Comme cette merveilleuse description du sentiment amoureux : "Il est une femme heureuse qui se révèle rameau après rameau à un homme qui se désécorce. Ils sont sous le charme l'un de l'autre et n'existent plus que l'un pour l'autre. Ils croquent le fruit à pleine bouche, avec gourmandise, insatiablement. C'est l'heure du partage, de l'alliance entre le creuset et les pépites d'or, entre les mains et l'eau de source, entre le creux d'une épaule et la rondeur d'une tête, c'est l'heure où les blessures s'ouvrent et les sangs se mêlent, c'est l'heure du dédoublement et de la fusion des êtres."

On ne compte plus toutes les fois où le mot lumière apparaît, comme une litanie qui rappelle sans cesse à Nivard le chemin de vie qu'il s'est tracé. La lumière intervient dans tous les aspects de sa vie, dans l'eau d'une source, dans un vitrail, dans un bijou, dans les yeux de son aimée, sur un paysage,… Elle change en fonction de la vision qu'il porte sur le monde, en fonction de son bonheur ou de ses malheurs. Il la recherche avidement, se sentant perdu lorsqu'il ne la perçoit plus, et elle le guide jusqu'au sommet de son art, se laissant peu à peu apprivoiser par son savoir faire.

En résumé…

Il y aurait encore tellement de choses à dire sur ce roman… La complexité du personnage de Nivard, les rebondissements de l'histoire, les personnages tous aussi attachants les uns que les autres, le style féerique de l'auteur… Je suis presque comme la lumière, une source intarissable d'étincelles d'admiration pour cette oeuvre magistrale de Bernard Tirtiaux. Rien n'y est à jeter, on y apprécie chaque phrase, chaque mot comme on goûterait chaque goulée d'un excellent vin, s'émerveillant devant chaque note et chaque arôme, se laissant enivrer par la force délicate du breuvage. Il est de ces livres qui vous grandissent l'âme, celui-ci en fait partie.

Ma note : une lumineuse découverte! 12/10, au moins…

Tout au long du roman, j'ai pensé à cette chanson. Elle parle du feu et de l'eau, de leur complémentarité et de leur différence. De la force et de la beauté du feu, de la force et de la douceur de l'eau. Ca me rappelle énormément les parts d'ombre et de lumière qui se disputent l'âme de notre héros.

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", pour la session 17 de juillet 2013 où le mot était "Lumière" (http://aperto.libro.over-blog.com/article-challenge-un-mot-des-titres-session-17-118121538.html)

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", pour la session 17 de juillet 2013 où le mot était "Lumière" (http://aperto.libro.over-blog.com/article-challenge-un-mot-des-titres-session-17-118121538.html)

Lu également dans le cadre du challenge Moyen âge (http://delivrer-des-livres.fr/challenge-moyen-age/)

Lu également dans le cadre du challenge Moyen âge (http://delivrer-des-livres.fr/challenge-moyen-age/)

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