[Chronique fantastique] La bibliothèque de Mount Char, de Scott Hawkins

L’horreur que l’on trouve dans ce roman n’est pas celle de bas étage, celle qui vous laboure le corps à coups d’adrénaline et qui vous retourne l’estomac comme au sortir d’un train fantôme un peu trop chaotique. Ce que Scott Hawkins vous propose, c’est une peur glacée que chaque mot refroidit un peu plus, c’est un sentiment de malaise, de mal-être même, qui vous colle au corps comme de la cendre humide, c’est une amertume qui vous laisse un goût ammoniaqué et ferrugineux sur les papilles. 

Acherontia

Synopsis

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Carolyn était une jeune Américaine comme les autres. Mais ça, c’était avant. Avant la mort de ses parents. Avant qu’un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d’autres orphelins.
Depuis, Carolyn n’a pas eu tant d’occasions de sortir. Elle et sa fratrie d’adoption ont été élevés suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance. Parfois, ils se sont demandé si leur tuteur intransigeant ne pourrait pas être Dieu lui-même.
Mais Père a disparu – peut-être même est-il mort – et il n’y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s’en emparer.
Carolyn se prépare pour la bataille qui s’annonce. Le destin de l’univers est en jeu, mais Carolyn a tout prévu. Carolyn a un plan. Le seul problème, c’est qu’en s’acharnant à créer un nouveau dieu elle a oublié de préserver ce qui fait d’elle un être humain.
Avec une galerie de personnages mémorables et une intrigue qui vous réserve plus d’une surprise, La Bibliothèque de Mount Char est à la fois terrifiant et hilarant, étrange et humain, visionnaire et captivant. Un roman qui marque l’entrée en scène d’une voix nouvelle dans le monde de la fantasy.

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[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

L’auteur se propose de nous révéler les secrets de la naissance du royaume de France, ni plus ni moins. Et je dois dire que c’est un pari réussi haut la main!

Acherontia

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

Après la mort de son père, Childéric Ier, Clovis devient le roi de tous les Francs, jusqu’à poser les fondations de la future France. Comment un jeune barbare inexpérimenté a-t-il pu supplanter ses puissants voisins et rivaux ? Grâce à sa conversion au catholicisme lui assurant le soutien des élites gallo-romaines ? À sa science militaire ? Certainement. Mais avant tout grâce à l’action de trois agents secrets, une femme et deux hommes. Obéissant chacun à des motivations différentes, ces guerriers de l’ombre au tragique passé vont peu à peu transformer l’héritier en roi des rois. Manipulations, chantages, trahisons, sexe, meurtres… Mission impossible au pays des Francs.

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare
[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

Je tiens d’abord à remercier les éditions Pygmalion pour ce service presse, ainsi que Babelio et son opération Masse Critique. C’est une lecture que j’avais sélectionné lors de l’avant-dernière MC, et cela m’a fait très plaisir d’être tirée au sort pour la lire et la chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que le résumé m’a plu et m’a intriguée, bien sûr. D’ailleurs, il fallait bien cela pour que je me décide à essayer un genre qui change radicalement de mes habitudes. Car oui, des romans historiques, j’en lis très peu, voire pas du tout. Et ce n’est pas que cela me débecte, bien au contraire, je suis très fan d’histoire, surtout pour les époques médiévales et victoriennes. Mais voilà, j’ai décidé, au début de ce blog, d’axer celui-ci sur les littératures de l’imaginaire, mon genre de prédilection. Cela n’exclut pas les autres genres que j’apprécie, mais cela les limite, car j’ai peu de temps pour la lecture et je préfère donc me concentrer sur ce qui entre dans le thème de mon blog.

J’ai donc fait une exception pour « Mérovingiens », parce que son auteur a déjà rédigé des romans de l’imaginaire (notamment les Haut Conteurs et Darryl Ouvremonde) d’une part, et parce que d’une autre part je pressentais qu’il y aurait malgré tout des éléments fantastiques dans le récit. Avais-je raison de me pencher sur ce roman en faisant fi de mes habitudes littéraires? C’est ce que nous allons voir…

– Ingénieux, mais dangereux, reprit Clovis en palpant distraitement sa courte barbe. Commettre un régicide reste impardonnable, quelles qu’en soient les raisons. Je pourrais te faire décapiter pour m’avoir avoué ton crime.
– Impardonnable, sauf si la victime est l’un de tes ennemis acharnés. Euric voulait ta perte.
– Je le sais. Comme je sais que son fils Alaric me gênera beaucoup moins, répindait Clovis sans cesser d’observer son hôte.
La cagoule baissée de Gunthar révélait ses cheveux noirs coupés très courts. Tête ainsi nue et avec les bagues finement ouvragées qui ornaient quatre de ses doigts, il ressemblait davantage à un Romain qu’à un Barbare wisigoth. Certes, un Romain pourvu de traits peu gracieux, avec son nez ridiculement court et sa bouche aux lèvres si minces qu’elle en paraissait privée. Mais un Romain quand même. Un bon point supplémentaire, jugea Clovis. Sournois, comploteur, devin et sûrement sorcier, cet assassin si efficace représentait une chance à ne pas laisser filer.

Mérovingiens, de Patrick McSpare

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

L’auteur se propose de nous révéler les secrets de la naissance du royaume de France, ni plus ni moins. Et je dois dire que c’est un pari réussi haut la main!

Au fil du roman, nous suivons Wyso, jeune Irlandais qui a fait sa vie sur le territoire Franc. Par l’entremise de Daga Wulf, dont nous parlerons un peu plus loin, il se voit contraint de servir d’espion pour Clovis, roi des Francs saliens, qui aspire à devenir le Roi des rois. Dans les différentes missions qui lui seront données, il sera aidé de Guntar et de la ravissante Valesta.

C’est un travail remarquable qu’a réalisé l’auteur, car il lui a fallut partir des sources historiques pour ensuite imaginer tout ce qui a pu se tramer en coulisse, recréer les missions des espions, leur quotidien, les relations entre eux… Je connais malheureusement fort mal l’époque mérovingienne, et donc je peux difficilement juger de l’exactitude historique du récit. Cela me désole, car je peine à distinguer les éléments historiques des éléments romanesques. Ceci étant, on sent que l’auteur s’est remarquablement bien documenté, et il donne envie au lecteur de faire de même. Peut-être ferais-je finalement bien de me replonger dans mes cours d’histoire?

Wyso avait ressenti une antipathie générale à son encontre, dès les présentations formulées par Clovis. Les ministres voyaient de mauvaise grâce l’arrivée d’un étranger venu s’approprier une part de leurs privilèges. Deux d’entre eux s’étaient risqués à tenter de dompter l’Irlandais du regard, mais ses yeux gris acier les avaient forcés à vite se détourner, en piètres vaincus d’un combat virtuel. Isolé à un bout de table, seul le devin conservait une attitude neutre. Et pour cause. Avant d’entrer dans la salle de conseil, Clovis avait informé Wyso qu’il s’agissait de l’homme avec qui il ferait désormais équipe. Un devin et une fausse religieuse. Voilà donc les gens qu’il devrait côtoyer au cours de ses missions meurtrières. L’Irlandais n’était plus maître de son destin et il détestait cela.

Mérovingiens, de Patrick McSpare

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

Au-delà de la notion d’histoire, il y a la composante humaine, prépondérante tout au long du récit. Les trois espions m’ont touchée à divers degrés, que ce soit de par leur passé douloureux ou par leur caractère.

À la base, rien ne les prédestinait à devenir espions. Mais les évènements de la vie (ou notre fameux Daga Wulf, c’est selon) les ont formaté de sorte qu’ils se sont blindés intérieurement. Valesta, par exemple, qui a connu des choses très dures dans sa jeunesse, est si brisée de l’intérieur qu’elle ne ressent pratiquement plus rien. De même, Wyso est amené à connaître un chantage qui ne présage rien de bon quant à une hypothétique issue heureuse. Et de ce fait, lui aussi finit par se sentir intérieurement vide. Ce sont ces fractures qui leur permettent d’effectuer les tâches les plus viles sans remord aucun. Au final, même si je ne cautionne pas leurs actes, je les ai trouvé terriblement attachants dans leur complexité et leur impuissance face au sort qui leur est réservé. Car on s’aperçoit vite qu’ils ne sont que des pions sur un échiquier bien trop vaste pour eux, manipulés par des puissances qu’ils peuvent à peine concevoir.

Trois ans d’esclavage, de viols, d’humiliations… Le chef qui les avait enlevées s’était conduit à leur égard comme le pire des monstres, donnant visage humain à la cruauté et à la perversité. Des années après, Valesta refusait encore de formuler son nom. Elle le ferait le jour où elle l’éventrerait. Lentement. Très, très lentement. D’ici là, elle continuerait de remercier la providence qui les avait secourues. Même si sa soeur, hantée de cauchemars, s’était réfugiée auprès du dieu crucifié et cloîtrée dans un couvent. La jeune fille inspira profondément. Il lui restait à parachever sa mortelle comédie. Elle frotta rapidement ses yeux d’une gousse d’ail cachée dans sa tunique, poussa un cri perçant et se rua vers la porte.

Mérovingiens, de Patrick McSpare

 

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

Y a-t-il eu des éléments fantastiques au cours de ce récit? À mon sens, oui…

Il y a surtout eu Daga Wulf, ce mystérieux homme sorti de nulle part, et qui se prétend sorcier. En est-il réellement un, cela, je vous le laisse découvrir… Ceci étant, le bonhomme a tout de même la fâcheuse manie d’apparaître et de disparaître au moment où on s’y attend le moins, comme par magie. Et ce n’est pas tout! Il semble connaître l’avenir, ou en tout cas, il est capable de voir très loin dans le temps, et sait ainsi prévoir toutes les implications de tel ou tel acte.

Ainsi, son but est de faire de Clovis ce qu’il appelle le « Roi des rois ». Quels sombres desseins anime cet homme-démon qui n’hésite pas à employer des moyens pour le moins barbares pour arriver à ses fins? C’est d’ailleurs ce fil conducteur-là qui m’a tenu le plus en haleine tout au long du récit. Il me fallait savoir qui il était, et si les chantages exercés sur Wyso, espion de Clovis, prendront fin de façon heureuse ou non.

Certes, il n’y pas que cela, dans ce roman, qui tient en haleine. Les machinations politiques, les batailles, les trahisons, les meurtres… bref, toute cette fange qui a accouché de Clovis en tant que roi des Francs, et dont les missions des trois espions font partie intégrantes, est tout à fait captivante et fascine le lecteur du début à la fin.

Guénolé ne l’attendait pas sur le seuil de leur maison. À sa place se tenait un homme maigre, voûté, aux yeux translucides, au crâne chauve et pointu, à la pâleur mortuaire, aux doigts griffus, aux dents acérées. L’apparence d’un spectre, pensa Wyso en réprimant un frisson.
– Qui es-tu? cracha-t-il, prêt à tirer l’épée hors du fourreau.
– Daga Wulf. Et je vais t’employer, répondit l’homme, d’une voix à la fois rauque et aigüe, désagréable comme le crissement de deux lames frottées l’une contre l’autre.
– Je travaille pour le comte Brent.
– La tâche qui t’attend dépasse le service du comte Brent.
Irrité par le ton et l’audace de l’étranger, Wyso sauta de cheval et dégaina sa spatha. Guénolé avait dû voir arriver l’intrus et s’était enfermée. L’Irlandais jeta un bref coup d’oeil aux buissons bas sur sa gauche. Il connaissait suffisamment leur forme pour certifier que personne ne s’y embusquait. L’arrière de la maison, il le contrôlerait vite. Pour l’heure, il n’allait pas supporter davantage la morgue d’un inconnu profanant son domaine.
– Qui t’a envoyé? siffla Wyso en appuyant la pointe de l’épée sur la poitrine décharnée.
– La destinée. Celle qui te forgea si bien pour l’art de la manipulation.

Mérovingiens, de Patrick McSpare

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare
[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

J’ai bien accroché avec ce roman, le tout premier relevant du style historique à être chroniqué sur ce blog. Pour une première, donc, mes attentes sont pleinement satisfaites. En matière d’action et d’intrigue, j’ai été copieusement servie. Le côté historique est, bien entendu, mis fortement en avant. C’est d’ailleurs un côté très plaisant, car l’on sent que l’auteur maîtrise pleinement son sujet, et s’amuse même à recréer, ou imaginer, des scènes qui se sont passées « en coulisses » et qu’il est donc impossible de connaître.

Ai-je réellement trouvé les éléments imaginaires que je soupçonnais en ouvrant le roman? Non, pas vraiment, même si quelques traces subsistent, avec l’apparition du sorcier Daga Wulf. Mais il n’y a rien de véritablement transcendant pour les amateurs d’imaginaire. En même temps, je pense que ce n’était guère le but de l’auteur. Personnellement, même si je suis plus familière des littératures de l’imaginaire, le fait que l’on soit dans un style historique pratiquement pur et dur ne m’a nullement dérangée. Je me suis même prêtée au jeu, me laissant bluffer par le réalisme du récit.

Le style d’écriture, quant à lui, n’est pas désagréable, loin s’en faut. On pourrais peut-être lui reprocher un petit côté vieillot, mais qui cadre finalement bien avec l’époque choisie. Ce qui m’a un peu gênée, en revanche, c’est que j’ai trouvé certains passages trop plats à mon goût. Mais je vous rassure, ils sont loin d’être légion! Et d’une façon générale, l’auteur est assez doué de sa plume, donc je pense que l’ouvrage en ravira plus d’un.

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare
[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare
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Acherontia

[Chronique historique] Mérovingiens, de Patrick McSpare

Lu dans le cadre des challenges…

Défi lecture 2017

n°31 – Un livre avec un seul mot dans le titre

 

Si j’étais un livre #3

Je serais un livre avec une couverture bleue

 

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin.

Acherontia

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

 

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

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Acherontia’s chronicles – Godblind 1

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je tiens d’abord à remercier les éditions Bragelonne pour ce service presse. C’est une lecture que j’avais demandé sur la plateforme Netgalley.fr, et cela m’a fait très plaisir d’être sélectionnée pour le lire et le chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que le résumé m’a plu, tout simplement. Je vois que l’auteur nous parle de dieux assoiffés de sang, de guerre, de sinistres rituels… forcément, j’accroche! Et puis bon, il faut avouer aussi que la couverture n’y est pas étrangère. Je sais que l’habit ne fait pas le moine, mais vous savez, je peux parfois être bien faible face à un visuel attractif…

Du sang gicla sur les doigts de Rillirin, sur son bras, son visage, sur sa gorge et sa poitrine, en vagues chaudes qui allèrent lécher le sol, puis les genoux de Liris se dérobèrent et il tomba. Elle tomba avec lui en continuant de lui assener coup sur coup bien que cela fût inutile, et bien après que Liris eût lâché un dernier souffle bouillonnant de sang ; jusqu’à ce que le visage du roi, son cou et son torse, ne fussent plus qu’une masse sanguinolente de chairs déchirées.
Rouge de sang, rouge comme la vengeance, Rillirin cracha sur le cadavre et attendit la nuit.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Je dois avouer qu’en matière de dark fantasy, je me serais attendue à mieux. Déjà à l’ouverture de mon ebook, je suis déçue : aucune carte ne vient introduire ma lecture. C’est pourtant un minimum pour un roman de fantasy, me semble-t-il. Je ne peux calculer le nombre de fois où je me suis fait une joie de détailler ces cartes, m’en imprégnant au maximum afin de pouvoir suivre presque visuellement les pérégrinations des personnages. Là, pour le coup, ça sent le sapin…

Au fil de ma lecture, je constate que l’univers dépeint par Anna Stephens est assez réduit. Heureusement, d’un côté, car nous n’avions pas de carte. Malheureusement d’un autre côté, car j’aurais vraiment avoir un univers plus large et plus construit. L’auteur se concentre sur une petite région qu’est le Rilpor et ses alentours. On se doute que cette région doit faire partie d’un univers beaucoup plus large, mais cet univers n’est à aucun moment évoqué. Pas même une mention ou un clin d’œil à d’autres contrées, d’autres peuples, d’autres cieux. C’est assez perturbant, car cela confère un sentiment d’étroitesse, d’emprisonnement. Ce sentiment est encore plus renforcé par le fait que l’histoire même ne détaille que peu l’histoire du Rilpor. Même le bannissement des dieux du sang, événement pourtant majeur et au centre du récit, n’est pas suffisamment développé. Et c’est bien dommage!

Moi qui m’attendais à quelque chose d’innovant, j’en ai été pour mes frais, car nous sommes clairement sur de la fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Un univers médiéval, des dieux, des hommes qui font la guerre pour leurs beaux yeux, des machinations et des intrigues politiques, des trahisons… Rien de nouveau sous le soleil, donc. C’est de la bonne fantasy, mais cela ne renouvelle absolument pas le genre.

L’intrigue était au final assez linéaire. N’eut été la belle surprise réservée vers la fin du premier tiers du roman, qui m’a arraché un « Noooooon, c’est pas vrai!! » bien malgré moi, force est de constater que l’histoire est très convenue, voire cliché par moment.

Elle tomba dans une eau si froide qu’elle eut l’impression d’être lardée de coups de couteau. Jusque-là, elle avait cru avoir froid, mais ce froid-là brûlait. Le monde se recroquevilla, et elle toucha le fond. Elle s’efforça de lutter contre ses jupes qui la tiraient vers le bas. Sa tête jaillit de l’eau. Elle prit une grande goulée d’air à grand renfort de gargouillis. Ses poumons se mirent à la brûler à l’instar de sa peau. Ouvrant les yeux à temps pour voir le rocher sur lequel le courant la propulsait, elle se recroquevilla et fit l’effort d’enfoncer sa tête sous l’eau glaciale. Elle rebondit sur l’obstacle, puis le courant l’emporta derechef ; chaque respiration était un combat pour ne pas suffoquer à cause du froid et de l’insidieuse léthargie qui envahissait ses membres.
Elle entendait l’écho d’hommes et de chiens se perdre derrière elle, loin au-dessus du cours d’eau. Si elle survivait au froid, au poids de ses vêtements qui la tirait vers le fond, aux rochers, aux rapides et aux chutes, elle se ferait un plaisir d’adresser quotidiennement ses prières au premier dieu qui voudrait d’elle.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Ce manichéisme, on le retrouve déjà dans le panthéon des dieux même. D’un côté, il y a les méchants dieux du sang, qui ont besoin de sacrifices humain pour percer le voile de leur geôle et revenir dans le monde « réel », et d’un autre côté, il y a les dieux de la lumière, qui s’opposent à leur retour.

De cela découle beaucoup de contraste parmi les peuples qui vénèrent ces dieux. Forcément, les Mirécès, qui vénèrent les dieux du sang, cherchent à aider ceux-ci à percer le voile. Ils s’opposent donc aux Rilporiens, qui vénèrent les dieux de la lumière, la Danseuse et le Dieu Renard. On a donc une seconde couche de manichéisme, avec les méchants Mirécès contre les gentils Rilporiens.

Personnellement, j’aurais apprécié plus de nuances, des personnages plus contrastés, qui hésiteraient entre l’une ou l’autre croyance, qui se verraient attirés par le « côté obscure de la force ». Et a contrario, des personnages au départ mauvais, qui changeraient progressivement d’avis, que ce soit de leur propre chef ou par la force des choses. Certes, il y a Dom, le calestar, dont la Dame d’Ombre se sert comme d’une marionnette. Mais il reste finalement un des seuls personnages réellement intéressant, par rapport à cet aspect-là.

Moi, ça me rappelle un sketch des Inconnus, où une jolie japonaise demande à Bioumane « Mais pourquoi ce méchant me veut-il du mal? », et Bioumane de répondre « Parce que t’es une gentille! ». Vous voyez le topo? Bon après, heureusement, les Rilporiens ne dégomment pas les Mirécès à coup de rayon laser de Dorothée, et les Mirécès ne font pas des taches sur les vêtements que même Skip Machine ne pourra pas enlever…

La neige collait les cheveux de l’Élue à son crâne et donnait à leur blond vif une couleur sable plus terne. Il ne peut s’empêcher de sourire en voyant son inconfort, même si elle le cachait bien. En tant que chef de guerre du Roc du Corbeau, il avait couru et combattu par tous les temps que les montagnes lui avaient infligés. Il était fait pour ça. Le sacrifice et la communion demandaient sans doute leur lot d’efforts mais, pour une fois, Lanta était dans son monde à lui, et il avait bien l’intention qu’elle s’en aperçût.
De la lumière. Corvus s’arrêta en dérapage contrôlé et leva un bras pour empêcher Lanta de le dépasser. Ses guerriers s’écartèrent pour former une ligne d’escarmouche et se baissèrent. Corvus scruta les arbres devant eux. Plusieurs feux de camp et une odeur de cuisine.
– Par les couilles de Gosfath, grogna-t-il, nous avons trouvé leur village de merde.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Des personnages, justement, parlons-en. Ils sont, à mon sens, le point fort de ce roman. Parmi ceux qui m’ont le plus touchée, il y a Dom, cité plus haut, Rillirin, Crys, Tara, Gilda,

L’auteur fait la part belle aux femmes, qui savent se battre et se défendre, qui sont fortes, intelligentes, courageuses, mais non pas infaillibles, car elles conservent leur sensibilité féminine, et parfois leur fragilité. Certains personnages masculins aussi peuvent se montrer sensibles et fragiles, à l’instar de Dom, dévasté par son don de divination et à la merci des dieux, ou Rastoth, traumatisé par le décès de son épouse.

J’ai presque envie de dire que, heureusement, le manichéisme ambiant ne s’est pas propagé aux personnages. Car ceux-ci, même s’ils appartiennent chacun à un camp précis, sont complexes et contrastés. Encore que… Du côté Mirécès, les personnages sont quand même à peu près tous manipulateurs, assoiffés de pouvoir et très portés sur la destruction. En cela, on ne peut pas vraiment les qualifier de profonds et complexes, puisqu’ils ont tous les mêmes motivations, déchiffrables comme un panneau d’autoroute. On pourrait toutefois trouver un certain intérêt à Lanta, mais fondamentalement, les « méchants » sont à peu près tous faits dans le même moule. Ceci étant, ils ont tous l’avantage que le lecteur aime à les détester.

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Un autre point fort du roman, ce sont les scènes de pure violence : torture, combats, assassinats, cruauté gratuite… Les amateurs de gore s’y retrouveront assez bien. En cela, la couverture et le résumé ont tenu leurs promesses! Pas de publicité mensongère, le lecteur en prend plein la vue, en particulier dans une superbe scène de sacrifice rituel qui confine plus à la torture qu’à la simple exécution. Si j’étais moi-même une déesse du sang, je dois dire que je serais conquise.

Les scènes de combat sont elles aussi très abouties, il faut le reconnaître. D’ailleurs, peut-être le fait que l’auteur soit ceinture noire de karaté y est-il pour quelque chose. Et elles sont aussi très violentes. Je me suis même surprise à faire un parallèle avec Jean-Philippe Jaworski et son Janua vera. Certes, un Jaworski pas très en forme pour ce qui est des tournures littéraires, et même un peu fâché avec son dictionnaire des beaux termes du français. Mais dans le fond, la violence et le caractère cru des combats dans Godblind pourraient bien être de la même trempe.

Le troisième clou fut pour sa cheville gauche. Galtas fut éberlué par le génie de la chose, le talent avec lequel Lanta oeuvrait ; gauche, droite, gauche, droite, au fil des jambes. Il scandait la prière avec les autres et sentait la présence des dieux s’intensifier. « C’est ça le pouvoir. C’est ça la gloire. Les dieux reviendront et grande sera leur satisfaction. »
La sueur assombrissait les cheveux blonds de Lanta et le col de sa robe à mesure qu’elle clouait les jambes de [spoiler] au poteau. La tâche paraissait difficile ; trouver le bon endroit entre les os afin que le clou s’enfonçât proprement, tout en dessinant une ligne nette, régulière, avec les têtes gris terne des clous, qui descendaient le long des jambes du supplicié comme autant de tiques plates de métal se désaltérant du sang qui coulait.

Godblind T1, d’Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

J’ai pu lire de nombreux avis mitigés sur la toile. Certains rejoignaient mon propre avis, et ceux-là disaient ne pas avoir envie de lire les tomes suivants. Personnellement, je sais que je lirai la suite, et avec plaisir qui plus est. Je sais que ma chronique peut sembler très mitigée, et de fait, elle l’est. Et pourtant j’ai trouvé dans ce roman un côté très addictif qui m’a plu, et qui me donne envie d’aller plus loin. Qui sait, peut-être que dans le tome suivant, il y aura moins de linéarité? Peut-être que certains « méchants » vont virer leur cuti, ce qui les rendraient bien plus intéressants. Peut-être des « gentils » vont-ils céder à l’appel de l’obscurité et du pouvoir?

Quoi qu’il en soit, et malgré les lacunes de ce premier tome, je rempilerai à coup sûr pour le prochain numéro.

À suivre, donc…

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
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[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens
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Xapur (Les lectures de Xapur)

Lianne (De livres en livres)

Althea (Althea’s books)

[Chronique fantasy] Godblind. T1, de Anna Stephens

Lu dans le cadre des challenges…

Littérature de l’imaginaire 2017

Défi lecture 2017

n°1 – Un livre de ma maison d’édition favorite

Si j’étais un livre #3

Je serais le premier tome d’une saga

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d’Olivier Gay

Si vous cherchez une héroïne qui en a dans la culotte sans se la jouer, un ténébreux héros un rien gaffeur sur les bords, de la magie pleine de fraîcheur qui ne réinvente peut-être pas le genre mais qui divertit à coup sûr, alors ce roman est fait pour vous!

Acherontia

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Chloé, élève en seconde, assiste un jour par hasard à un combat à l’épée entre Thomas, un élève d’une autre classe qu’elle connaît à peine, et une sorte de démon. L’adolescente tente d’intervenir mais est blessée et perd connaissance. A son réveil, la créature est morte et Thomas lui explique qu’il est un mage et que sa mission est de repérer et fermer les failles vers le monde des démons.

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

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Acherontia’s chronicles – Le coeur et le sabre

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay
[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Je tiens d’abord à remercier les éditions Castelmore pour ce service presse. C’est une lecture que j’avais demandé sur la plateforme Netgalley.fr, et cela m’a fait très plaisir d’être sélectionnée pour le lire et le chroniquer!

Pourquoi ai-je demandé cette lecture en particulier? Parce que cela faisait un petit moment que j’entendais parler d’Olivier Gay, que je n’avais encore rien lu venant de lui, et que je me disais qu’il serait grand temps de remédier au problème, tout simplement. Après, il faut avouer que la couverture et le résumé ont beaucoup influencé mon choix… Mais quel lecteur ne se laisserait pas influencer par eux, hein?

Ma mère était devant son chevalet, comme d’habitude lorsqu’elle ne traînait pas sur les sites de rencontre. Elle semblait convaincue qu’elle avait du talent. Moi aussi, je l’avais longtemps cru, je l’avais même encouragée dans sa passion. Mais, depuis que Papa était parti, elle semblait se contenter de vivre de la prestation compensatoire en attendant qu’une éventuelle galerie daigne la transformer en star.
Elle leva vaguement les yeux vers moi puis retourna à sa peinture. Deux diffuseurs d’encens ne suffisaient pas à couvrir l’odeur de la térébenthine.
– Il y a quelques restes dans le frigo, et j’ai fait une salade de pâtes.
Pas de « bonjour », pas de « comment s’est passée ta journée », ni même un « alors, pourquoi rentres-tu si tard? ».
D’habitude, je ne m’en offusquais pas ; ces derniers temps, ma mère n’était que l’ombre d’elle-même. Ce soit, pourtant…

Le coeur et le sabre, d’Olivier Gay

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay
[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

La première chose qui m’a frappé dans ce roman (aïe…), ce sont les deux personnages principaux. Ils ne représentent en rien l’archétype du super-héros, sans être pour autant des antihéros. Ils se situent à la frontière des deux, ce qui les rend au final très humains, et c’est ce qui me plaît chez eux.

Il y a Chloé, qui est une adolescente de taille démesurée, et donc d’un naturel maladroit, ce qui la mène souvent à des situations rocambolesques, voire drôlissimes. Ses problèmes familiaux lui confèrent une profondeur et un background historique intéressants ; son père est parti quelques années plus tôt au bras d’une femme plus âgée que sa mère, et cette dernière se réfugie dans l’alcool et la peinture, ne consacrant plus assez de temps à Chloé. La mère et la fille vont tenter de se rapprocher tout au long du récit, mais il faudra du temps à la mère pour comprendre ce que sa fille attend d’elle et pour l’appliquer. Chloé n’est pas à proprement dit la fille la plus populaire de son lycée, loin s’en faut. Mais à défaut de popularité, elle possède un franc parler tout à fait délectable qui prête le lecteur à sourire à de nombreuses reprises.

Et puis il y a Thomas, cet adolescent qui se la joue ténébreux et qui s’avère être un très gentil garçon, dans le genre mage foireux. Parce que, oui, Thomas est mage, comme vous allez le voir dans la suite…

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Dans le Paris décrit par Olivier Gay, la magie existe bel et bien. Elle y est même plus puissante qui partout ailleurs. Ce n’est peut-être pas celle du monde de Harry Potter (et encore…), mais plutôt une magie qui joue avec les élémentaux et les forces de la nature.

Dans ce Paris, il y a aussi des failles qui donnent sur d’autres univers et que les mages doivent colmater afin d’éviter une invasion de goules et autres monstres indésirables. C’est le rôle de Thomas, et c’est d’ailleurs dans l’exercice de cette fonction qu’il rencontrera Chloé. Lors d’un combat avec une goule, alors qu’il est en mauvaise posture, Chloé vient à sa rescousse mais manque de mourir par la même occasion. Pour la sauver, Thomas n’a qu’une solution…

Thomas recula de nouveau. Comme tout à l’heure, il agita sa main gauche à hauteur de son visage.
– Air et feu, Feu follet, Viens et Frappe, Danse et Brûle, Feu follet, Air et Feu, Chante et Tue…
Une bille de lumière se forma sans sa main, grandissant alors qu’il psalmodiait.
OK, on venait officiellement d’entrer dans le grand n’importe quoi. Qu’est-ce qu’il essayait de faire? Et c’était quoi, ces paroles pourries? On aurait dit une chanson de RnB.
Je perdais pied – dans tous les sens du terme. Mes bras et mes jambes s’engourdissaient. J’avais beau être musclée, cela faisait presque cinq minutes que je pendouillais ainsi. Mais je n’avais pas envie de descendre pour autant.
Thomas n’eut pas le temps de finir son improbable litanie. L’homme se fendit de nouveau et manqua de le toucher au poignet. Puis il feinta, un mouvement bas et long qui trompa la garde du garçon.

Le coeur et le sabre, d’Olivier Gay

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

… Faire subir à Chloé un rituel qui est normalement interdit pour son rang : celui de l’Adoubement. Chloé devient alors le chevalier servant de Thomas, littéralement. Elle devra le protéger envers et contre tout des monstres qui le menacent tandis qu’il tisse ses rituels. Pour mener à bien sa mission, Chloé se voit « augmentée » de pouvoirs extraordinaires ; mais cela, je vous le laisse découvrir dans le roman… Ce ne serait pas comique, si je vous disais tout!

Qui dit Chevalier dit aussi épée. Ou plutôt sabre, en ce qui nous concerne. Et cela tombe bien, car Chloé est justement une vraie cheffe en matière d’escrime! Elle se débrouille même tellement bien qu’elle est sur le point de se rendre à un tournoi qui pourrait faire d’elle une escrimeuse professionnelle.

C’est d’ailleurs, selon moi, un des gros points forts de ce roman. Je ne sais pas si l’auteur pratique lui-même l’escrime, ou s’il s’est très bien documenté sur ce sport, mais quoi qu’il en soit, les descriptions semblaient très réalistes. On voit qu’Olivier Gay maîtrise bien son sujet, sans toutefois inonder le lecteur sous les termes techniques et les descriptions de combat à rallonges.

Et le mousquetaire, dans tout ça, me direz-vous? Ah ben ça… Je vous laisse le découvrir!

Il se leva, et se planta juste devant moi. Je n’avais pas pu juger de sa taille alors qu’il était assis, mais il arrivait presque à ma hauteur, avec de larges épaules et des mains comme des battoirs. Il avait dû être une vraie force de la nature avant que la vieillesse le rattrape. De nouveau, je cherchai à deviner son âge. Soixante ans? Plus?
– Thomas nous a forcé la main. Il a réalisé un rituel qu’il ne devait faire sous aucun prétexte. Il devait attendre le jour de ses dix-huit ans pour se lier avec un Chevalier et, au lieu de ça…
– Ce n’est pas la première fois que j’entends ce mot, intervins-je. Qu’est-ce que ça veut dire?
Ha! Chacun son tour de se faire interrompre. Mais la plaisanterie n’était pas du goût de Mickael. Il se pinça l’arête du nez avant de reprendre, la voix glaciale :
– Un Chevalier est un homme dévoué à notre cause, qui se retrouve doté de capacités extraordinaires pour nous protéger. Nous, les Mages.
– Mais…
– Ce n’est pas un rôle pour une femme. Depuis quatre mille ans, tous les Chevaliers sont des hommes. Et nous allons devoir supporter les conséquences de son erreur ridicule.

Le coeur et le sabre, d’Olivier Gay

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Le seul réel bémol que je peux émettre concernant ce roman, ce sont les méchants de l’histoire, les fameuses goules. Qui sont-ils/elles? D’où viennent-ils/elles? D’un univers parallèle certes, mais on ne sait pas grand-chose de cet univers, et c’est bien dommage. Peut-être est-ce réservé au tome suivant? Mais moi, j’aurais bien aimé un petit mot d’explication les concernant. Déjà, pourquoi les appelle-t-on « goules »?

Il y a bien un élément d’explication quant au fait qu’elles essaient constamment d’envahir l’univers de Chloé et Thomas, mais je le trouve un peu léger, j’aurais vraiment apprécié d’en savoir plus, ou au moins savoir que de plus amples informations me seront fournies au prochain numéro…

– Il paraît que tu connais de nombreux rituels, observa l’homme en avançant d’un pas, testant la lame de son adversaire.
– Il paraît.
– Tu penses que cela va m’arrêter?
– En tout cas, ça t’a fait réfléchir. Tu ne devais pas me percer le coeur?
L’homme eut un rire froid. De nouveau, il avança. De nouveau, les lames s’entrechoquèrent. De nouveau, Thomas prit de la distance. Je constatai avec surprise qu’ils étaient plutôt doués. Malgré leur position peu orthodoxe, ils se déplaçaient avec la souplesse d’escrimeurs-nés. Oui, ils étaient bons – mais pas exceptionnels. Même d’aussi haut, je pouvais voir des trous béants dans leur garde. Mon prof les aurait traités de tous les noms.
Fascinée, je contemplai ce ballet incompréhensible sans intervenir, sans prononcer le moindre mot. J’en oubliai même mes mains douloureuses à force de serrer cette maudite corde. Tout cela n’avait aucun sens.

Le coeur et le sabre, d’Olivier Gay

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay
[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

J’ai vraiment adoré tout ce qui était lié à la magie dans ce roman. Ce n’est peut-être pas ce qui s’est fait de plus original, cela ne réinvente clairement pas le fantastique moderne, mais j’ai aimé la fraîcheur du concept La façon dont celui-ci est traité, aussi, avec beaucoup de simplicité et de candeur. Dieu merci, on est lui de la bit-lit pour grands ados aux hormones bouillonnantes, où les scènes de fesses crues et vulgaires sont plus présentes que les éléments fantastiques censés pourtant abonder. Certes, il y a bien un peu de romance, mais on est beaucoup plus proche des premiers émois adolescents que de la littérature érotico-pornographique.

Le personnage de Chloé est ce qui m’a le plus convaincue dans ce roman. Je l’ai appréciée pour ses qualités autant que pour ses défauts. Ses réparties étaient drôles, sa maladresse était attendrissante, et je ne doute pas que bon nombre d’adolescentes pourront s’identifier à elle, que ce soit dans son manque de popularité à l’école ou dans ses difficultés familiales.

L’écriture d’Olivier Gay est fluide et agréable à lire. Quelques cliffhangers viennent ponctuer et rythmer le récit, lui conférant un côté addictif très plaisant. Je dois bien avouer que j’avais hâte de retrouver ma lecture chaque jour et de tourner les pages pour voir ce qui allait s’y passer. Certes, le combat final est peut-être un tantinet trop « easy », on se serait cru dans une grosse production hollywoodienne où les héros réussissent à tuer tous les méchants d’un coup de cuillère à pot. Heureusement, la toute fin vient tout sauver, avec l’arrivée d’un personnage aux pouvoirs un peu particuliers, ainsi que de révélations finales qui laissent pantois et donnent envie de se réjouir du tome suivant.[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay
[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

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[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay
[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Lianne (De livres en livres)

Althea (Althea’s books)

Agathe Lou Lp (Les lectures d’Agathe)

Lady Chantilly (Lady Chantilly bouquine)

Chems (Chems book)

Maud Bonnefond (Des livres / une fille)

[Chronique jeunesse] La magie de Paris. T1, Le coeur et le sabre, d'Olivier Gay

Lu dans le cadre des challenges…

Littérature de l’imaginaire 2017

Défi lecture 2017

n°22 – Un livre dans lequel il pleut

Challenge Si j’étais un livre #3

…Je serais le premier tome d’une saga

[Chronique jeunesse] Les 7 de Babylone. Tome 1, La mémoire des anciens, de Taï-Marc Le Tanh

Le synopsis nous promettait une autre vision de Victor Hugo… Hé bien, je confirme! Exit le papy croulant sur son gadot de fortune, exit l’écrivain passé de mode rédigeant ses textes à la plume sur du papier défraîchi. L’auteur passe un bon coup de Swifer sur nos chers (?) manuels d’histoire et revisite les personnages historiques façon 2.0!

Acherontia, dans cette chronique

[Chronique jeunesse] Les 7 de Babylone. Tome 1, La mémoire des anciens, de Taï-Marc Le Tanh

Quand les personnages de tes livres d’Histoire deviennent des super-héros…

Jasper, 13 ans, est recruté par Victor Hugo (alias Toth), Vercingétorix (alias Verse), Mozart (alias Wolf) et quelques autres personnalités historiques afin de mener à bien, avec eux, une mission ultra secrète : empêcher leurs ennemis de toujours, menés par Léonard de Vinci, de réunir des fragments des 7 merveilles du monde, qui leur permettraient d’acquérir un pouvoir destructeur.

Promis : tu ne verras plus jamais Victor Hugo comme avant !

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[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Ce second tome est à mon sens égal au premier tome en matière de qualité. L'écriture est belle et fluide, les personnages sont attachants (sauf Shimi, qui me les brise de long en large). L'intrigue est très bien ficelée et très dense, avec de nombreux éléments qui s'entrecoupent et viennent s'emboîter comme les pièces d'un puzzle.

Acherontia

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Les extraordinaires talents de Mirei en font maintenant la magicienne la plus puissante qui soit. Pour certains, elle est un miracle vivant ; pour d’autres, une abomination et l’incarnation du Mal… et ils ont fait vœu de détruire tous ceux qui la soutiennent. Les sorcières des deux camps s’engagent dans une guerre sanglante, sans merci, et pour la gagner elles recourent sans hésiter à la magie, la traîtrise, le meurtre. Mais il se pourrait que ces adversaires s’affrontent pour rien. Car le pouvoir que redoutent les sorcières rebelles, cette magie ultime qui n’appartient qu’à Mirei, ce don, est aussi son arrêt de mort.

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Ce diptyque m'a été offert par ma mère à Noël il y a deux ans, un cadeau qui m'a fait fort plaisir et qui continue à enjoliver mes étagères. J'ai lu le premier tome, Guerrière, très peu de temps après l'avoir reçu, et j'avais bien apprécié cette lecture, à l'époque. Puis d'autres lectures sont venues se greffer par-dessus, ma PAL a pris des proportions déraisonnables, et vous savez comme c'est, n'est-ce pas…

Heureusement, cette année, j'ai décidé de remédier au "problème" en vidant ma PAL grâce à des challenges. Et en ce mois de février, je participe au challenge spécial fin de sagas. Plus je termine de sagas entamées, plus je gagne de points. Voici donc une merveilleuse occasion de sortir le second et dernier tome de ma PAL!

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Si vous n'avez pas lu le premier tome, cette chronique risque de vous dévoiler des éléments importants de l'histoire… Si tel est votre cas, n'hésitez pas à vous reporter à la chronique du premier tome, dont le lien figure à la fin du présent article. Merci!

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Bien sûr, quand je parle d'avis partagés, je ne parle pas d'avis concernant ce livre… mais plutôt des avis concernant la réunion de la sorcière et de son double. Si vous avez lu récemment le premier tome de la série, vous vous souvenez sans doute que Miryo, la soeur sorcière, et Mirage, la soeur Guerrière, ont été réunies en une seule et même personne, Mirei. Cette dernière possède aussi bien les pouvoirs de sorcières de Miryo que les talents de Chasseuse de Mirage (encore que Mirei soit un peu plus lente). C'était la première que cela arrivait dans l'histoire des sorcière, car personne ne savait qu'une telle réunification était possible. Traditionnellement, le double guerrier, supposé ne pas avoir d'âme, devait être tué par la sorcière afin que celle-ci puisse contrôler sa magie. Une telle unification de la sorcière et de son double remet beaucoup de traditions en question.

Vous imaginez donc aisément que cette découverte divise la communauté des sorcières. Comme dans bon nombre de religions, il y a les traditionalistes, qui refusent tout net de modifier leurs rituels ancestraux, et il y a les progressistes, qui y voient un miracle offert par la Déesse et qui n'hésitent pas à remettre en question les traditions.

La Chute de l'Étoile, le grand QG des sorcières, se voit dès lors divisée et en proie à des difficultés aussi bien théosophiques que politiques. Alors que la cheffe de la Chute de l'Étoile, Satomi, essaie de comprendre comment les sorcières peuvent tirer parti de la découverte, une des dirigeantes, Shimi, décide que réunir une sorcière et son double constitue un acte abominable. Elle quitte la Chute de l'Étoile et crée un petit groupe de sorcières dissidentes, dont le nombre d'adeptes croit dangereusement au fil des jours.

Je suis partie, et je ne reviendrai pas. Je refuse de rester en compagnie de cette abomination. Le double nous est ôté pour une bonne raison, et le faire revenir est la pire des hérésies. Il doit être détruit. L'affirmation selon laquelle il serait la Guerrière et le néant n'est pas un argument en sa faveur – au contraire, c'est précisément pourquoi nous devons nous en débarrasser. Il est la destruction de la vie, la destruction de la magie, l'antithèse de tout ce qui existe ici-bas et, si nous accueillons favorablement son retour, nous aurons commis un péché terrible. Il ne suffit pas que ce monstre s'en aille. Nous devons le détruire, éradiquer cette horreur de notre monde.

Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Les affaires se corsent lorsque l'on découvre que certaines sorcières étudiant à la Chute de l'Étoile possèdent des doubles dans différentes écoles de Chasseurs. Ces doubles doivent être récupérés avant que Shimi ne s'en empare. Certes, elle ne pourra pas les tuer, car seule une sorcière peut tuer son propre double. Mais en les enlevant et en les cachant, elle peut ralentir le processus visant à réunir les sorcières et leurs doubles. Pire encore, elle est tout à fait capable de manoeuvrer pour que les sorcières tuent elles-mêmes leur double, soit par manipulation psychologique, soit grâce à d'obscures manigances.

Mirei va devoir partir à la recherche des sosies, les faire sortir des différentes écoles de Chasseurs, et les faire revenir à la Chute de l'Étoile, où ils seront en sécurité et pourront s'entraîner avec leur double sorcière. Mais c'est sans compter sur l'endoctrinement imposé par les écoles de Chasseurs elles-mêmes, qui apprennent à leurs élèves à détester les sorcières. Si Mirage était très admirée pour ses incroyables talents de Chasseuse, Mirei est beaucoup moins populaire auprès des sosies à cause de sa partie sorcière. Les adolescentes sont particulièrement rebelles, et ne sont absolument pas prêtes à accepter leur double sorcière. La partie s'annonce compliquée…

– Sale sorcière! cracha cette dernière.
Elle avait aperçu Amas et Indera et semblait avoir reconnu en elles des apprenties Chasseuses, bien qu'elle ne fût pas du Feu d'Argent. Elles avaient ôté leur foulard durant le temps passé dans la cachette, et leurs cheveux courts étaient visibles dans la pâle clarté de la lune qui se levait. Toutes deux avaient mis pied à terre et observaient la scène avec étonnement.
– Ne lui faites pas confiance! C'est une sorcière! Elle va nous emmener pour nous tuer…
– Je te l'ai déjà dit, je suis celle qui ne veux pas te tuer, répliqua Mirei en resserrant sa prise sur les poignets de la fille. Est-ce que tu vas te taire, maintenant, ou faudra-t-il que je t'endorme encore avec un sort?

Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Mais bien entendu, il est de bon ton de compliquer encore un peu les choses…

Éclipse, le coéquipier de Mirage lorsqu'elle était Chasseuse, et qui l'a beaucoup aidée tout au long du premier tome, a disparu. Il n'a plus donné de ses nouvelles depuis fort longtemps, et Mirei est inquiète. Malheureusement, elle doit d'abord ramener les doubles à la Chute de l'Étoile, car le temps presse et que Shimi se fait de plus en plus dangereuse. Elle se voit contrainte de s'occuper du problème d'Éclipse plus tard. Et peut-être qu'à ce moment-là, il sera trop tard…

Éclipse va devoir se débrouiller seul, mais quel prix lui faudra-t-il payer pour se libérer? Et si ce prix avait un impact sur l'intrigue? Si ce prix plaçait une épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de celle de Mirei?

Éclipse se rendit compte qu'une fois de plus, il se tordait les mains dans ses fers pour essayer de les libérer. Il ne cessait de le faire, quand bien même l'expérience lui avait démontré que c'était une perte de temps. On l'avait très bien menotté, et même le sang à ses poignets écorchés ne lui permettait pas de glisser les mains hors de leur étau métallique. Par ailleurs, même s'il avait réussi à se libérer de ses entraves, il demeurait dans une pièce sans fenêtre, derrière une porte verrouillée et trop solide pour être enfoncée, porte qui était munie d'un judas grillagé par lequel ses geôlières regardaient systématiquement avant d'entrer. S'il ne leur montrait pas ses mains, elles n'ouvraient pas. Il avait ainsi manqué quelques repas, ce qui expliquait son incertitude quant au nombre de jours passés ici. Et la sorcière qui chantait le sort ne pénétrait jamais dans sa cellule. Elle se contentait de l'observer par le judas, et repartait dès qu'elle en avait fini.

Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

La grande majorité du roman est emprunt de beaucoup de suspens et d'intrigue. Le lecteur est au coeur d'une atmosphère orageuse, mêlant complots, trahisons, attaques déguisées, ruses, tensions internes et menaces externes. C'est une guerre larvée qui, jusqu'au trois quarts du roman, menace d'exploser à tout moment. Les dirigeantes de la Chute de l'Étoile ne savent plus sur qui elles peuvent réellement compter. Quelqu'un peut très bien donner l'impression d'adhérer à leur cause, et être en fait un pion de Shimi. Satomi, la cheffe suprême, ne sait même plus si elle peut avoir confiance en ses primes et, de ce fait, se sent bien seule au monde.

D'anciennes alliées sorcières reviennent, mais peut-on se fier sur elles? Et les Cousines qui servent les sorcières depuis la nuit des temps, ne sont-elle pas elles aussi occupées à fomenter leur propre révolution?

– J'ai peur d'une révolution, dit-elle d'une voix calme, empreinte de gravité. Je redoute qu'une guerre nous déchire et provoque de nombreuses morts. Il y a celles qui suivraient volontiers Shimi. Si elles l'emportent, alors les doubles continueront de mourir, comme ça a été le cas depuis le commencement. Ce sont des morts qui ne comptent peut-être pas pour les autres, mais elles sont bien réelles pour moi. Je ne veux pas que les arguments de Shimi prévalent. Mais je ne sais pas jusqu'où nous devrons aller pour l'arrêter. Et je ne sais pas si je dois accepter la mort de sorcières comme prix pour parvenir à ce résultat. Et, si cela se produit, combien. Pour le moment, je ne projette la mort de personne. Mais si tu veux la vérité (Satomi éprouva une terrible envie de rire, mais pas parce qu'elle trouvait la chose amusante), j'ignore ce que je ferai demain.

Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan

Ce second tome est à mon sens égal au premier tome en matière de qualité. L'écriture est belle et fluide, les personnages sont attachants (sauf Shimi, qui me les brise de long en large). L'intrigue est très bien ficelée et très dense, avec de nombreux éléments qui s'entrecoupent et viennent s'emboîter comme les pièces d'un puzzle.

L'univers développé par Marie Brennan est très complexe (d'ailleurs, j'ai été ravie de retrouver un glossaire en fin de roman, ce fut très utile) et très riche. Les concepts déployés dans le roman sont vraiment intéressant, surtout en ce qui concerne ce culte de la Déesse et de ses cinq facettes, que j'ai trouvé original.

Évidemment, mes poils se sont hérissés de colère face à la bêtise crasse du conservatisme religieux pur et dur. C'est voulu par l'auteur, bien entendu, et cela prouve qu'elle a du talent. C'est une belle thématique résolument moderne qu'elle nous présente magistralement sous la forme d'une allégorie fantasy très réussie.

La seule chose sur laquelle je me dois de mettre un bémol, c'est la finale. Je ne peux évidemment pas tout raconter, mais en gros… ! Attention, spoil !

[Il y a une bataille et on se demande comment le "bon clan" va s'en sortir tant une issue positive semble improbable. Et puis là, l'auteur fait une grande ellipse que j'ai trouvé très maladroite, et saute directement à l'épilogue. Je me suis retrouvée toute bête, à me dire "Mais… Mais… Et la bataille, elle se termine comment?!" Bon, ça peut arriver d'avoir du mal à écrire une scène de bataille, mais laisser le lecteur sur sa faim, c'est un peu gros tout de même…]

Du coup, je voulais mettre une meilleure note que pour le premier tome, mais non, ce sera un 16 aussi.

[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
[Chronique fantasy] Les deux soeurs. Tome 2, Sorcière, de Marie Brennan
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[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Difficile de résumer ce roman, tant il a tendance à partir dans toutes les directions. Pourtant, en un seul mot, je pourrais peut-être le faire : génial!

Acherontia

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets.
Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll et le plus jubilatoire de l'année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte.
II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Bourré de références pop, construit de telle sorte qu'on ne puisse pas arrêter de tourner les pages, ce livre a tout pour lui : de l'humour, de l'amour, de la vengeance, du sexe, de la violence et du bourbon. Anonyme, sers-nous-en un autre, et vite!

The Telegraph (quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine)

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

…Cet article de blog est politiquement incorrect!

Veuillez noter que cet état de fait est purement indépendant de ma volonté, et qu'il constitue une exception sur ce blog d'habitude si décent et soucieux de l'étiquette. Veuillez noter également que je dégage toute responsabilité quant aux injures et à la violence contenues dans les extraits, qui sont purement du fait de cet auteur Anonyme, et non du mien. Esprits chatouilleux s'abstenir, donc…

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Je ne suis pas très fière de le dire, mais ce livre végète littéralement dans ma PAL depuis plusieurs été. Oui, je dis été car c'est la saison durant laquelle il fut acheté. Au mois d'août, précisément, en occasion lors de la Nuit du livre de Redu (c'est en Belgique, pour ceux qui ne connaissent pas l'évènement). En revanche, vous dire en quelle année cet achat fut fait, je pense que ma mémoire ne vous permettra pas de vous fournir l'information…

Pourquoi l'ai-je acheté à l'époque? Ma foi, parce que j'en ai beaucoup entendu parler, de un. Et de deux, parce que le prix demandé était dérisoire par rapport au prix du livre neuf. Hé oui, c'est un élément important à prendre en considération, d'autant plus que l'objet se trouvait être particulièrement bien conservé. Je ne sais quel fluide d'embaumement son précédent possesseur a utilisé, mais cela fut efficace, de toute évidence.

Pourquoi ne pas l'avoir lu plus tôt? Je pense que l'objet s'est un peu perdu dans la jungle de ma PAL… comme c'est d'ailleurs souvent le cas pour beaucoup de livres, et pour beaucoup de blogueurs, si je ne m'abuse.

Pourquoi le ressortir maintenant, alors que tout espoir de lecture semblait perdu? Parce que j'ai eu la délicieuse chance de m'associer à Gilsayan pour le challenge "Pioche dans ma PAL", et que son choix s'est par chance porté sur ce titre… Et puis, de toute façon, j'avais prévu de le lire pour mon Challenge ABC de l'imaginaire de cette année. Donc cela tombait fort bien ^^

Vous désespériez de trouver un équivalent littéraire aux films de Quentin Tarantino, de John Carpenter, de Robert Rodriguez? Lisez le Livre sans nom. À vos risques et périls.

Quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Ha! Je vous sens curieux d'en savoir plus sur ce livre, tiens! On y parle d'un livre sans nom, l'auteur est anonyme, ça fait beaucoup de mystères, tout ça… Hé oui, figurez-vous que c'est aussi cela qui a favorisé le succès de ce roman, et qui a fait parler bien des langues.

Pour la petite histoire, ce roman a été publié en juin 2007 sur internet, sur le site lulu.com, de façon tout à fait anonyme. Comment en est-on arrivé à l'éditer en format papier, je ne connaît malheureusement pas le fin mot de l'histoire, et je ne peux donc pas répondre à cette question. Toujours est-il qu'à l'heure actuelle encore, l'auteur n'a toujours pas donné son nom. Même les éditions Sonatine, qui ont publié la traduction française du roman initialement publié à Londres par Michael O'Mara Books, ne savent pas réellement qui il est.

Bien sûr, les rumeurs vont bon train ; les lecteurs curieux ont même attribué la paternité du roman à certaines célébrités. Quentin Tarantino a fait très logiquement partie du nombre. En effet, on ne peut pas nier que le roman possède un côté Kill Bill assez marqué. Le roman se situe même totalement dans la veine du film From dusk till dawn, dont Tarantino a réalisé le scénario. Ceci dit, les éditions Sonatine ont plutôt l'air de penser qu'il s'agit d'un parfait inconnu. Mais je crois que nous n'aurons jamais vraiment la réponse. Et si vous comptez fouiller du côté des réseaux sociaux, il paraît que l'auteur possède une page Facebook… au nom de Bourbon Kid!

Si vous avez envie de creuser plus le sujet, je vous propose cette petite interview de l'auteur himself ^^

Plus on avance dans le livre, et plus une angoisse nous étreint : y aura-t-il assez de survivants dans l'histoire pour qu'on ait le plaisir de lire une suite?

The Booklist (quatrième de couverture de l'édition française publiée chez Sonatine)

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

La première fois que j'ai lu le synopsis de ce roman, j'ai plutôt halluciné. "Mais qu'est-ce que c'est que ce roman qui mélange autant d'éléments n'ayant rien en commun", me suis-je dit, tout en pouffant de rire. C'est surtout les "moines férus d'arts martiaux" qui m'a fait tiquer… Non pas parce que je me suis justement cassé le pied trois mois plus tôt à mon cours de Taekwondo, mais plutôt parce que cela clochait dans la liste des thèmes abordés. En cela, je paraphraserai la seule et unique philosophe issue de la téléréalité : "Des arts martiaux dans un western? Non, mais Allô, quoi!!"

Alors, laissez-moi vous expliquer… Une des grandes forces de ce roman, c'est de partir dans toutes les directions tout en gardant un fil conducteur et une unité certaine. Et ce fil conducteur, c'est ce côté western, justement.

On retrouve dans le récit les éléments typiques du genre, mais en version modernisée. Exit la période "Guerre de Sécession", les roulottes, les femmes avec des chapeaux ridicules, les indiens emplumés, les hennissements des cataclopes, le french cancan, et tout ça tout ça. Le récit est bien ancré dans notre petit monde moderne. Les roulottes et les cataclopes sont devenus des cadillacs jaunes, les chapeaux ridicules des déguisements d'Elvis, les indiens plein de plumes des vampires de la plus basse espèce, et le french cancan… euh… bah, laissez tomber.

Ceci dit… on retrouve le thème de la petite ville paumée au milieu d'un paysage désertique. Ce n'est peut-être pas une ville du Far West, mais c'est tout comme. Oui, enfin… Santa Mondega est située en Amérique du Sud, mais vous savez, le sud, l'ouest, c'est comme WC/toilettes et GB/Carrefour, n'est-ce pas… Ceci dit, ce bled est très représentatif des termes "paumé" et "désertique". On verrait presque des tumbleweed traverser les rues, poussés par le vent sentant le souffre.

Et bien sûr, en guise du bon vieux saloon cracra, l'auteur nous balance le Tapioca, petit bar miteux que seuls les habitués peuvent fréquenter. Pourquoi est-il ouvert aux seuls autochtones? Parce que dès qu'un étranger débarque, c'est la bagarre assurée. Et Sanchez, le tenancier du bar, déteste avoir à ramasser les morceaux…

Les moines étaient sortis sans un mot. "Bon débarras", pensa Sanchez. Nettoyer le plancher du Tapioca recouvert de sang était l'une des tâches qu'il aimait le moins. Et à présent, à cause de ces deux inconnus qu'il aurait dû envoyer paître dès leur arrivée, il allait devoir s'y coller.
Il alla dans la cuisine au fond du bar pour y prendre une serpillière et un seau d'eau et revint juste à temps pour voir un homme entrer au Tapioca. Un autre inconnu. Grand. Bien bâti. Habillé bizarrement, remarqua-t-il. Comme les deux autres clowns. C'était vraiment une journée de merde que s'annonçait. Sanchez en avait déjà assez, et on n'en était qu'au début de l'après-midi. Il avait un type raide mort par terre, la cervelle éparpillée aux quatre coins de la salle, et un autre mec avec une balle dans la jambe. Il faudrait appeler la police, mais peut-être pas tout de suite.

Le livre sans nom, de Anonyme

Il y a aussi ceux qui jouent au caïd, avec leurs longs manteaux et leurs Stetson pleins de poussière. Et puis il y a ceux qui jouent au shérif, version moderne. Bien entendu, l'on retrouve de nombreuses scènes de Bang!, de Pan!, de Bim! et de Piouh piouh! (ah non, ça c'est dans Star Wars, zut!)… Depuis le temps que ce blog existe, vous savez peut-être que je n'aime pas, mais alors VRAIMENT pas les scènes de baston à coup de flingue. Même au cinéma, et même si c'est Bruce Willis en petit débardeur sexy qui tient ledit flingue, ces scènes de mitraillage m'embêtent toujours au plus haut point. Allons savoir pourquoi. Moi-même, je n'ai jamais trouvé de raison valable à cet état de fait.

Quoi qu'il en soit, assez curieusement, cela ne m'a pas du tout gênée dans ce livre. Il est vrai que les combats sont variés et ne se font pas toujours à grand renfort de balles et d'explosifs. L'auteur fait appel à de nombreuses autres techniques, telles que le combat au couteau, le catch, ou les arts martiaux justement. Cette variété, doublée du fait que ces scènes de combat sont plus comiques qu'autre chose, contribue à mon appréciation. Il y a juste ce qu'il faut d'action, ce n'est pas répétitif, cela fait sourire, c'est donc juste parfait pour mes appétits limités en matière de western. Honnêtement, j'avais plus le sentiment de voir une scène de Kill Bill plutôt que des Sept mercenaires. Et comme j'ai adoré Kill Bill, ça tombe bien!

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Je sais que cela ne figure pas dans le résumé, mais vous vous en rendrez compte très vite à la lecture du roman, ce livre n'est pas juste un bouquin d'action. Que nenni! Il comporte également de nombreux éléments fantastiques. Et c'est là que ça devient intéressant pour moi, puisque le fantastique, c'est mon élément vital.

Très tôt dans l'histoire, vous entendrez parler d'une pierre bleue un peu spéciale, L'oeil de la lune. Je ne vous dirai évidemment pas ses propriétés, sinon je risque de vous spoiler une bonne partie de l'intrigue. Mais c'est un élément capital, car elle constitue selon moi le principal fil conducteur de l'histoire. Volée au monastère d'Hubal, nos deux moines "karaté kid" sont chargés de la retrouver à Santa Mondega. Manque de bol, il se trouve que les deux clowns sont mal préparés pour la mission. Ce sont des moines, après tout… imaginez-les, ils n'ont jamais touché à l'alcool, n'ont jamais utilisé de l'argent de leur vie, n'ont jamais vu une bagarre de café, ne peuvent ni voler, ni mentir, ni… sans enfreindre leur serment sacré. Bref, deux loustics comme eux sont bien mal rodés à la vie de cowboy.

Et puis bon, ils ne doivent pas mener leurs investigations dans n'importe quelle ville, c'est Santa Mondega, quoi… Une ville violente et corrompue, dirigée par une impitoyable mafia locale, et peut-être même quelque chose d'encore plus terrifiant que la mafia…

– Dis-moi, petit con, ça te dirait que je t'en mette une autre devant tous ces gens?
– Non.
– Alors ferme ta gueule et laisse-moi finir.
– Désolé.
– Tu m'étonnes que t'es désolé, putain. Maintenant écoutez bien, tous les deux. Dieu m'emploie au même titre qu'Il emploie Ses prêtres ou Ses exorcistes. Mais je suis le seul à faire ce que je fais. Je suis unique en mon genre." Il se pencha légèrement afin de s'assurer que toute l'attention des deux moines lui était acquise. "Notre Seigneur Tout-Puissant m'a chargé de débarrasser le monde des créatures du mal. Et Santa Mondega, mes bien chers frères, est la capitale mondiale des créatures du mal."

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Enfin, quand je dis "juste un peu d'humour"… C'est juste pour continuer à effeuiller la pâquerette au fil de mes titres. Parce que de l'humour, ce roman en est truffé. Je ne sais pas si tel était le but au départ, mais au final, c'est plutôt très réussi. Je vous parlais des deux moines un peu plus haut, et déjà, vous vous doutiez que leurs aventures ne risquaient pas d'être tristes. Mais c'est sans compter sur le terrible sosie d'Elvis, tueur à gage de son état, ainsi qu'une jolie panoplie de personnages complètement loufoques. Ils sont censés être sérieux, au départ, mais très vite, leurs tribulations prêtent à sourire. Le texte tout entier est empreint de dérision, avec un émaillage de railleries et d'humour noir du plus bel effet.

Je pense aussi que la plupart des scènes comportent une telle démesure que le lecteur finit par se gausser d'une situation au départ dramatique. Exactement comme dans Kill Bill, finalement. C'est cette surenchère de gore et de tragique qui confère au récit son originalité et son côté comique.

Et que dire de la finale, où tout le monde est déguisé pour la Fête de la lune, avec des costumes d'emprunt tous plus ridicules l'un que l'autre. Il faut dire aussi que le roman possède un côté très visuel. Lorsqu'on est plongé dans sa lecture, les mots se transforment aisément en images, et très vite, c'est comme si l'on regardait un film de série B ou un comics. Pour être honnête, c'est cette facette-là du roman que j'ai préféré. Sans parler des références hilarantes à la pop culture…

"Vous êtes censés être déguisés en quoi? demanda Sanchez.
– On est les rangers solitaires, répondit Miguel, prenant le pas sur Carlito de manière inhabituelle.
– Les Rangers solitaires? répéta Mukka d'un ton moqueur. C'est une blague, c'est ça?
– Non, pourquoi? Miguel semblait légèrement troublé.
– Peut-être parce que le principal trait du Ranger solitaire, c'est d'être seul, justement, répondit Mukka. D'où le surnom "Ranger solitaire"."
Miguel paraissait à présent tout à fait perdu. Carlito, de son côté, semblait se désintéresser totalement de la conversation.
"Écoute, ducon, finit par lancer Miguel. Dans la série télé, il avait toujours son fidèle Tonto à ses côtés, donc il était pas tout à fait "solitaire", pas vrai?
– Mais Tonto était pas un "ranger", pas vrai? C'était un "indien" corrigea Mukka. S'ensuivit un long silence.
– Ah, d'accord! dit Miguel, saisissant enfin où Mukka voulait en venir. Ouais, c'est vrai. T'as raison, en fait."

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Clairement, si vous cherchez du romantisme entre ces pages, passez votre chemin. Le langage est cru, les personnages n'ont aucune moralité, la ville est pourrie jusqu'à la moelle par le vice, et j'en passe. Même les couples qui pourraient paraître "mignons" se révèlent ne pas l'être du tout. Amis du sentimentalisme s'abstenir, donc… Moi, personnellement, cela m'a très bien convenu. Car s'il est une chose que je n'aime pas dans les romans, à l'instar des scènes où ça flingue dans tous les sens, ce sont les scènes romantiques où ça embrasse à tout va.

Et dire que mes parents espéraient une petite fille romantique et en dentelles… Bah! Elle est bien bonne, celle-là! 😉

"AOUH!… PUTAIN!… Mais merde!… Espèce de putain d'abruti! Putain de merde, vous m'avez planté! BORDEL DE MERDE! Espèce de… espèce de vieil enculé!
– Ça fait mal? demanda Kacy, et ce ne fut franchement pas l'une de ses plus brillantes remarques.
– BIEN SÛR QUE CA FAIT MAL, PUTAIN! JE VIENS DE ME FAIRE POIGNARDER, BORDEL!"
Dante agrippait son bras, tentant désespérément de juguler l'hémorragie, dont le débit était fort impressionnant. Cromwell avait tiré de sa poche un mouchoir en papier avec lequel il essuyait la lame de son couteau.
"Sentez-vous la blessure guérir d'elle-même, Dante? demanda-t-il posément.
– Vous vous foutez de ma gueule? Vous avez failli me couper le bras en deux. Bien sûr que c'est pas en train de guérir tout seul. Ça va prendre des putains de semaines à guérir. Il va sûrement falloir me faire des points de suture. Putain, Cromwell, mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête? Je pensais que vous alliez juste me faire une petite entaille, pas me découper le bras, bordel de merde!

Le livre sans nom, de Anonyme

[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom
[Chronique fantastique] Bourbon Kid. Tome 1, Le livre sans nom

Difficile de résumer ce roman, tant il a tendance à partir dans toutes les directions. Pourtant, en un seul mot, je pourrais peut-être le faire : génial!

L'intrigue est super bien ficelée, l'auteur déploie d'excellentes idées et parvient à maintenir l'histoire sur les rails grâce à un fil conducteur, celui de la recherche de la pierre perdue. Le style d'écriture n'est pas spécialement fouillé. Mr Anonymous emprunte même beaucoup de vocabulaire au parler populaire, voire vulgaire. Mais cela cadre si bien avec l'histoire et les personnages que ce n'est absolument pas dérangeant. Donc, pour ceux qui ne sont pas puritains à l'extrême, je vous conseille de foncer sur cette lecture.

Et… Oh! Je ne vous ai pas parlé du fameux Livre sans nom… Ah, c'était le clou de l'histoire, pourtant. Eh bien tant pis, je vais vous laisser lire ça par vous-même. N'est-ce pas, que je suis cruelle? Héhé…

Allez, je suis bonne joueuse, je vais quand même vous donner un indice avec cette citation… Pas sur le livre sans nom, mais sur la façon de découvrir le méchant de l'histoire avant la fin ^^

– Aujourd'hui, ce sera les films d'horreur, dit Jensen dans un sourire. Copycat ou Ring?
– Ring, sans hésiter, répondit aussitôt Somers. Copycat n'est rien d'autre qu'un film de série B : n'importe quel cinéphile digne de ce nom est capable de deviner l'identité du tueur en série dès la première scène.
– C'est vrai? Jensen semblait surpris. Je ne m'en souviens plus.
– Ben tiens. William McNamara, qui commençait à l'époque à avoir le vent en poupe, était perdu dans la première scène au milieu d'une foule de figurants. Je me souviens encore de l'avoir vu et de m'être dit : qu'est-ce qu'un acteur qui a joué plusieurs rôles principaux peut bien faire assis au milieu d'un tas de figurants, à moins qu'il ne s'agisse du tueur en série dont on découvrira plus tard l'identité? J'avais bien évidemment raison, mais je dois admettre que cela ne m'a pas vraiment gâché le reste du film : le réalisateur s'en est très bien chargé tout seul.

Le livre sans nom, de Anonyme

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