Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Saskia fête ses dix-huit ans et s'apprête à entrer en terminale, comme beaucoup de filles de son âge. Dans sa maison en bordure de forêt, elle mène une vie des plus ordinaires. Ordinaire, vraiment ?
Si c'était le cas, pourquoi son quotidien vire-t-il au cauchemar, enchaînant phénomènes incongrus et rencontres étranges ?
Quel secret recèle la pierre qu'elle porte au poignet depuis qu'elle a été trouvée aux portes d'un orphelinat, bébé ?
Que lui veut Tod, mystérieux garçon qui la suit comme son ombre et ne se sépare jamais de son coutelas ? Et Mara, jeune fille froide et distante, qui parle une langue incongrue ?
Peu à peu, Saskia plonge au coeur d'un monde aussi fascinant que terrifiant, peuplé de créatures ailées, de magie, de combats mortels et de prophéties troublantes.
La voici embarquée dans une guerre séculaire dont elle était loin de soupçonner l'existence…

La loi de l'attraction universelle…

Au départ, je me suis lancée dans cette lecture un peu par "obligation", puisqu'il figure dans un des baby challenges auxquels je participe. Le résumé était loin de me déplaire, pourtant, même si je ne suis pas naturellement portée vers ce genre d'histoires qui peuvent vite sombrer dans les clichés. Mais au final ce fut une belle découverte, je n'ai point été déçue!

La première phrase…

Je cours depuis longtemps.

Une histoire cliché?

J'avoue que le début de l'histoire m'a fait un peu "peur", si je puis dire. Quoi de plus banal, après tout, qu'une jeune fille dont la vie se voit bouleversée par une série de révélations… Un garçon qui la suis, une histoire d'amour entre adolescents, de la magie, des surprises, une prophétie… Je me suis dit : "Aïe, ça flaire le cliché du roman fantastique pour adolescent à plein nez!". Et pourtant…

Il y a quelque chose dans le style d'écriture de Marie Pavlenko qui fait mouche. Une sorte de force d'attraction inexplicable qui pousse le lecteur à ne pas refermer le livre avant de connaître la fin… Et de fait, je l'ai lu jusque deux heures du matin, alors que je devais aller travailler le lendemain!

Alors oui, tout cela peut paraître bien cliché, ce garçon qui suit Saskia et qui la sauve, cette fille qui se met à la suivre aussi, cette histoire d'anges qui n'en sont pas, la magie et la prophétie qui entourent Saskia peu à peu… J'ai envie de dire qu'il n'y a rien là-dedans de très novateur, mais le tout est si bien tourné qu'on en redemande, et tant pis si c'est du presque déjà vu!

Une jeune fille de caractère…

Un des points forts du roman reste cette mademoiselle Saskia. Je l'ai assez rapidement appréciée. Elle m'a très vite rappelé ma façon d'agir à son âge, sa naïveté, son innocence, ses palpitations face aux garçons de son âge, son imprudence parfois, et puis son caractère déjà bien trempé.

Hé oui, car miss Saskia en a, du caractère, et c'est tant mieux! C'est ainsi que je préfère les héroïnes féminines. Elle ne se laisse pas manger son biscuit, et sait se défendre, tout en restant quelqu'un de sensible. J'ai également été très émue par la relation entre Saskia et sa mère adoptive. Il y a beaucoup de tendresse entre elles, et certains passages m'ont beaucoup touchés.

J'ai également apprécié le personnage de Tod, jeune homme attentionné qui se pose en véritable chevalier servant. Sans parler de Domitille, l'amie de Saskia, intelligente et touche-à-tout, et son copain Antoine, original et attachant.

Tout cela fait que l'atmosphère du récit était un véritable délice à lire…

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

En résumé…

Les petits plus…

  • Un style d'écriture très agréable et attractif.
  • Une histoire captivante du début à la fin.
  • Des personnages attachants, dont une héroïne au caractère fort.

Les petits moins…

  • Cela laisse un petit goût de trop peu… Vivement les tomes suivants!!
Ma note : 9,5/10 - C'est un coup de coeur!!

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

La chanson d’Arbonne, de Guy Gavriel Kay

La chanson d'Arbonne, de Guy Gavriel Kay

Résumé…

Au pays d’Arbonne le soleil mûrit les vignes et fait éclore les chansons des troubadours qui célèbrent l’amour courtois.
Au Gorhaut, terre austère du Nord où l’on adore le dieu mâle Corannos, règne le brutal Adémar, sous l’influence du primat fanatique du clergé.

« Jusqu’à ce que meure le soleil et que tombent les lunes, l’Arbonne et le Gorhaut ne vivront pas en harmonie côte à côte. »

Gouvernée par une femme, minée par la rivalité sanglante de ses deux seigneurs les plus puissants, l’Arbonne n’est-elle pas une proie tentante pour une guerre de conquête et de croisade du Gorhaut, d’autant – ignominie ! – qu’on y vénère une déesse ?
Mais c’est en Arbonne que Blaise du Gorhaut s’est engagé comme mercenaire au service d’un baronnet, après avoir fui son pays et son père.
Qui est-il, ce Blaise du Nord, et quel destin l’attend qu’il ignore lui-même ? Seule le sait peut-être Béatrice, la grande prêtresse aveugle de Rian au hibou sur l’épaule.
La Chanson d’Arbone est une fantasy magistrale et envoûtante dans un monde parallèle à la Provence médiévale.

Planter le décor…

Le premier élément qui m'a sauté aux yeux, à la lecture de ce roman, ce sont les excellentes descriptions réalisées par l'auteur, et l'ambiance qu'il parvient à transmettre au travers de paragraphes très poétiques.

Le choix d'attribuer à l'Arbonne un climat méditerranéen tempéré est original, et pour ma part, plutôt dépaysant, surtout en ce moment, alors que je me trouve au coeur d'un beau début de printemps belge. L'analogie avec la Provence médiévale est donc bien visible, et très agréable pour le lecteur. Surtout que Monsieur Kay parvient sans l'ombre d'une difficulté à nous immerger dans une ambiance chaleureuse, où l'on sent les rayons du soleil poindre entre les lignes, même lorsque le récit nous parle d'hiver. En se mettant dans de bonnes conditions de lecture, on pourrait presque entendre les cigales chanter et sentir les fragrances des vignes et des champs de lavande.

"La lumière : ce phénomène extraordinaire par lequel le soleil dans un ciel d'un bleu profond individualisait chaque chose d'une façon vivante et immédiate, animait chacun des arbres, des oiseaux prenant leur essor, des renards dans leur course, des brins d'herbe acérés. Ici, tout paraissait plus que ce qu'il n'était, plus aigu, plus brillamment défini. En cette fin d'après-midi, la brise qui soufflait de l'est atténuait la chaleur de la journée ; même le souffle qu'elle produisait dans les feuilles rafraîchissait. Quoique, si l'on y réfléchissait, cette pensée fût ridicule : en Arbonne, le bruit du vent dans les feuilles était exactement le même qu'au Gorhaut ou au Götzland. Mais en Arbonne quelque chose aiguillonnait ainsi l'imagination."

Un récit intéressant mais…

Je peux dire également avoir aimé le contexte médiéval posé par l'auteur. Le travail documentaire qu'a dû nécessiter ce type de récit se fait bien sentir dans les descriptions de la vie politique, des métiers de troubadour et de ménestrel, de la vie à la cour, des coutumes de l'époque, en particulier celle de l'amour courtois, de la vie quotidienne en ces temps-là, de la condition de la femme… L'auteur donne envie à ses lecteurs d'en savoir plus sur l'époque décrite et les mœurs qui s'y rapportent.

Cependant, il y a un mais à cette réussite…

Personnellement, je me suis sentie déstabilisée d'emblée. Après une introduction alléchante, l'auteur plante là les personnages décrits pendant quelques pages, fait fit de leurs histoires et nous porte une vingtaine d'années plus tard, à la rencontre de nouveaux personnages qui n'ont au premier regard pas de lien avec ceux de l'introduction. Je suis restée très perplexe, j'aurais au moins apprécié que le lien entre l'introduction et la suite de l'histoire nous soit clairement expliqué. Certes, il faut ménager "l'effet de surprise", mais sur le coup, j'ai trouvé le cours du récit trop chamboulé et cela m'a gênée dans ma lecture.

Sans compter qu'après l'introduction, l'histoire peine à démarrer. Il y a trop de longueurs dans le récit. Les scènes d'action sensées apporter un peu de rythme et de piment à l'histoire sont régulièrement entrecoupées par des descriptions des pensées et des ressentis des personnages. C'est certes utile au lecteur, mais cela aurait peut-être pu être fait autrement, en tout cas moins longuement. L'action étant trop souvent coupée, j'ai rapidement perdu le fil de l'histoire et mon intérêt pour celle-ci. C'est dommage, je pense que l'histoire aurait été mieux servie par une écriture plus simple.

En résumé…

Les petits plus…

  • Un travail documentaire conséquent
  • Une ambiance agréable
  • Un style d'écriture abouti

Les petits moins…

  • Les scènes d'action sont trop entrecoupées
  • On perd vite le fil de l'histoire
  • J'ai parfois eu du mal à voir où l'auteur voulait en venir
Ma note : 6,5/10

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres" : session 22, chanson.

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres" : session 22, chanson.

Lu aussi dans le cadre du challenge "Moyen âge"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Moyen âge"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Lieux imaginaires 2013", catégorie mondes imaginaires après 1950

Lu aussi dans le cadre du challenge "Lieux imaginaires 2013", catégorie mondes imaginaires après 1950

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit bac 2014", ligne fantasy, catégorie lieu : la chanson d'ARBONNE

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit bac 2014", ligne fantasy, catégorie lieu : la chanson d'ARBONNE

La couleur tombée du ciel, de H. P. Lovecraft

La couleur tombée du ciel, de H. P. Lovecraft

En résumé…

L'humanité est en proie aux agressions répétées d'êtres surnaturels et mauvais qui ont été les maîtres de la Terre bien avant notre ère… Après un prélude d'horreur, voici que surgissent les démons de la Terre, puis ceux de la mer et de l'air, qui vont faire notre malheur. Quatre récits du grand écrivain américain H. P. Lovecraft.

La couleur tombée du ciel…

Près d'Arkham, dans la région appelée désormais la Lande foudroyée, est tombée un météorite fait d'une matière aux étranges propriétés, et d'une couleur encore jamais vue sur terre, apportant terreur et désolation aux habitants du périmètre…

L'abomination de Dunwich…

A Dunwich naît un petit garçon bien étrange, Wilbur, déjà fort peu attirant physiquement, et qui a la particularité de grandir trop vite, que ce soit d'un point de vue corporel et intellectuel. La condition hors-normes de Wilbur et les modifications apportées aux bâtiments où vit sa famille ont-elles un lien avec les vieilles légendes qui circulent et qui disent que Dunwich serait hantée par le Diable?

Le cauchemar d'Innsmouth…

Un jeune homme de 18 ans fête sa majorité en parcourant le pays à la recherche de curiosités archéologiques. Il ne tarde pas à découvrir la ville fantôme d'Innsmouth, où il se passe de bien étranges choses, et dont la population présente de troublantes difformités…

Celui qui chuchotait dans les ténèbres…

De curieuses et inquiétantes créatures sont aperçues dans les collines du Vermont. Deux scientifiques s'échangent des lettres à leur sujet et tentent de trouver leur origine. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Lovecraft était un de mes écrivains favoris lorsque j'étais ado. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers cette (re)lecture pour mon challenge le Trivial pursuit de l'imaginaire. Je savais qu'il s'agissait d'une valeur sûre…

La première phrase…

La couleur tombée du ciel…

"A l'ouest d'Arkham s'érigent des collines farouches, séparées par des vallées plantées de bois profonds dans lesquels nulle hache n'a jamais pratiqué de trouée."

L'abomination de Dunwich…

"Lorsqu'un voyageur qui parcourt le centre nord du Massachusetts se trompe de direction à l'embranchement de la barrière de péage d'Aylesbury, au-delà de Dean's Corner, il se trouve dans une région étrange et désolée."

Le cauchemar d'Innsmouth…

"Au cours de l'hiver 1927-1928, des fonctionnaires du gouvernement fédéral menèrent une enquête mystérieuse dans la ville d'Innsmouth, ancien port de pêche du Massachusetts."

Celui qui chuchotait dans les ténèbres…

"Par-dessus tout, rappelez-vous bien que je ne vis, au dernier moment, aucune horreur concrète susceptible d'affecter ma raison."

La couleur tombée du ciel, de H. P. Lovecraft

About Lovecraft…

"L'univers accessible à nos sens se prolonge à l'infini pour devenir le nouvel univers révélé par la science. Des distances énormes dans l'espace et le temps, une infinité de mondes dont beaucoup sont probablement habités par des êtres très différents de nous, des frontières qui reculent constamment, des mystères toujours nouveaux : tel nous apparaît cet autre cosmos.

Il est permis d'avoir, à l'égard de ce domaine prodigieux, d'autres attitudes que l'admiration béate des manuels d'astronomie populaire. Howard Philips Lovecraft avait adopté l'attitude de l'effroi. Le silence des espaces infinis effrayait Pascal ; Lovecraft, lui, redoute l'activité hostile des êtres monstrueux qu'il sent autour de lui, êtres dont la puissance infiniment supérieure à la nôtre, l'emporte même sur celle des dieux que nous avons imaginés. Ces êtres nous ont été créés un jour par plaisanterie ou par erreur ; un jour viendra où ils nous anéantiront.

Des historiens de la littérature arriveront sans aucun doute à montrer pourquoi Lovecraft a choisi cette voie. La misère dans laquelle il a vécu toute sa vie, une mauvaise santé, un mariage malheureux y sont certainement pour quelque chose. Pourtant, il n'y a eu qu'un Lovecraft dans la littérature de tous les pays… Et c'est pourquoi toutes les explications données seront toujours nécessaires mais non pas suffisantes.

Ce qui est certain, c'est que Lovecraft a inventé un genre nouveau : le conte matérialiste d'épouvante. Plus que tout autre il sait créer la terreur ; mais c'est sur les découvertes de la science que repose son pouvoir, plus grand à nos yeux que celui de Poe lui-même.

Sa cosmogonie et sa mythologie nous effraient parce qu'elles sont possibles. Des méthodes scientifiques irréfutables ont montré que la vie existait déjà sur notre globe il y a deux milliards sept cent millions d'années! Nous ignorons tout de la forme de cette vie : nous savons seulement que, dans des roches datant de deux milliards sept cent millions d'années, nous trouvons du carbone dont le rapport des isotopes est celui de la vie.

Ces êtres d'un passé infiniment lointain ont pu atteindre des pouvoirs étonnants et signer des pactes avec d'autres intelligences dans l'espace et le temps. Toute existence terrestre est peut-être soumise à des lois inconnues, appartient à des maîtres lointains depuis l'époque "où la Vie et la Mort, l'Espace et le Temps contractaient des alliances sinistres et impies", selon les termes de notre auteur. Et peut-être subsiste-il encore de cette époque des portes s'ouvrant sur d'autres points du continu espace-temps, sur des galaxies lointaines, sur le passé et l'avenir ; des portes dont les clés se trouvent dans notre inconscient, "mondes d'une réalité sardonique se heurtant à des tourbillons de rêves fébriles".

C'est dans ce cadre immense que Lovecraft place son oeuvre. Il utilise un "réalisme fantastique" qui lui appartient en propre. Les sources qu'il cite existent toutes à une exception près : le livre maudit, le noir Necronomicon, écrit par l'arabe Abdul Alhazred qui devint fou après avoir achevé la rédaction de son oeuvre. (Notons en passant, à ce propos, que la Bibliothèque du British Museum reçoit fréquemment des lettres demandant où l'on peut se procurer cet ouvrage!) Ce réalisme fantastique est encore renforcé par l'incrédulité du narrateur, qui cherche toujours des explications rationnelles et prosaïques.

La lecture de l'oeuvre de Lovecraft exige des nerfs solides. C'est une liqueur forte qui doit être absorbée à petites doses. Mais elle offre d'étranges plaisirs, dans cet "ailleurs absolu" dont parle Einstein.

Jacques Bergier, préface de l'édition de 1996 parue chez Denoël.

La Lovecraftitude…

Qu'ajouter de plus à ce préambule soigneusement rédigé par Monsieur Bergier et qui décrit si bien notre auteur?

Oui, il n'y a qu'un seul Lovecraft sur cette terre, unique, inimitable. Ses nouvelles sont intemporelles, et il est toujours plaisant de les relire de temps à autre. Ce fut le cas pour moi avec cet excellent recueil de quatre nouvelles formidables.

Mais qu'a donc ce recueil de si excellent?

Eh bien, il se fait que les quatre nouvelles qui le composent sont bien représentatives du style d'écriture de l'auteur, et une bonne introduction à son univers sombre, ainsi qu'à sa mythologie bien personnelle. On n'y parle que peu du grand Cthulhu, personnage de Lovecraft devenu culte suite à de nombreuses références dans les films, les jeux vidéos, les dessins animés et la littérature.

Mais cela ne gêne absolument pas car, même si on s'attend à voir au moins le bout de ses tentacules, d'autres créatures sont plus longuement évoquées et qui font partie intégrante de la mythologie dont est issu Cthulhu.

Chacune des nouvelles paraissent se ressembler sur la forme, et pourtant elles sont bien différentes de par le fond. On retrouve dans chacune d'elle le style inimitable de l'auteur, et cette atmosphère lourde d'angoisse qui suffoque le lecteur jusqu'à évoluer vers un sentiment d'effroi sans nom, comme dans cet extrait :

"Presque en même temps les animaux de la ferme périrent les uns après les autres. Poules et coqs devinrent grisâtres et moururent rapidement : leur chair desséchée était infecte. Les porcs grossirent démesurément, puis commencèrent soudain à subir des transformations répugnantes que nul ne put expliquer. Bien entendu, leur chair s'avéra inutilisable, et Nahum ne sut plus à quel saint se vouer. Aucun vétérinaire rural ne voulait s'approcher de la ferme ; quant à celui d'Arkham, il était manifestement déconcerté. Les porcs, eux aussi, prenaient une couleur grisâtre et tombaient littéralement en lambeaux avant de mourir, tandis que leurs yeux et leur groin présentaient des altérations singulières, d'autant plus étranges qu'ils n'avaient jamais mangé de plantes souillées. Ensuite, les vaches succombèrent à un mal mystérieux. Certaines parties du corps, ou bien l'animal tout entier, se recroquevillaient ; après quoi survenait un affaissement ou une désintégration particulièrement atroce. Quelque temps avant la mort (qui était le terme inévitable de la maladie), la chair devenait grise et friable comme celle des porcs."

En résumé, je dirais que ce recueil est une intéressante introduction à l'univers de Lovecraft, que je conseillerais aux lecteurs qui ne connaissent pas encore cet auteur de génie.

Mais qu'a donc cet auteur de si génial?

Ce que j'aime, chez Lovecraft, c'est cette façon très personnelle d'attiser l'effroi chez le lecteur par l'emploi de termes forts, qui marquent l'esprit. Tout le vocabulaire de l'horreur y passe. C'est que l'auteur ne manque pas de mots pour décrire l'indicible… étrange, abomination, cauchemar, souillé, avili, singulier, démesurément, squelettique, lambeaux, putride, succomber, désintégration, atroce, fantastique, délabré, en décrépitude, terrible, horreur, intolérable, extravagance, hallucination, quintessence du mal, impie, perversité, démoniaque… et ceci n'est qu'un tout petit aperçu.

Cela paraît anodin vu comme ça, mais pour moi, c'est ce qui donne du relief au récit de Lovecraft. L'auteur s'exprime dans une langage relativement châtié (mis à part pour certains dialogues qui ressemblent plus à une sorte de transcription d'accents régionaux), et l'histoire pourrait paraître monotone s'il n'y avait ces coups de tonnerre donné par ces termes tantôt durs, tantôt alambiqués qui font comme un électrochoc au cerveau.

Autre côté que j'apprécie énormément chez cet auteur, c'est son imagination débordante qui nous imprègne d'entrée de jeu. Rien que les descriptions des créatures qui terrorisent les protagonistes de l'histoire valent de l'or tellement ces créatures sont tirées par les cheveux, et pourtant si bien décrites qu'on les soupçonnerait d'avoir réellement existé.

"Ce ne pouvait pas être non plus des animaux familiers aux habitants du Vermont. C'étaient des créatures rosâtres d'environ cinq pieds de long : leur corps crustacéen portait une paire de vastes nageoires dorsales ou d'ailes membraneuses, et plusieurs groupes de membres articulés ; une espèce d'ellipsoïde couvert d'une multitude de courtes antennes leur tenait lieu de tête. Tous les récits, je l'ai déjà dit, coïncidaient d'une façon remarquable ; néanmoins, il ne fallait pas trop s'en émerveiller, car les vieilles légendes autrefois répandues dans le pays fournissaient une image morbide particulièrement vive qui avait sans doute impressionné le cerveau des témoins en cause."

La couleur tombée du ciel, de H. P. Lovecraft

En résumé…

Les petits plus…

  • Le lecteur est tout de suite pris par l'histoire car Lovecraft sait fort bien maintenir le mystère jusqu'au dénouement final.
  • La lecture reste agréable jusqu'au bout et l'ambiance est glauque à souhait.
  • J'ai aimé pouvoir m'émerveiller par l'imagination de l'auteur qui semble ne pas connaître de limites, même pas celles de notre monde physique…

Les petits moins…

  • Une ambiance peut-être un peu trop lourde et glauque pour certains lecteurs? Un roman, en tout cas, à ne pas mettre dans toutes les mains…
Ma note : 9,5/10 SECOND COUP DE COEUR DE 2014!!!

Lu dans le cadre du Trivial Pursuit de l'Imaginaire, Session 1 : "Des romans d'horreur avec une couleur dans le titre"

Lu dans le cadre du Trivial Pursuit de l'Imaginaire, Session 1 : "Des romans d'horreur avec une couleur dans le titre"

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantastique, Catégorie Couleur : La COULEUR tombée du ciel

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantastique, Catégorie Couleur : La COULEUR tombée du ciel

Lu aussi dans le cadre du challenge Les lieux imaginaires 2013, catégorie dystopies et lieux cauchemardesques

Lu aussi dans le cadre du challenge Les lieux imaginaires 2013, catégorie dystopies et lieux cauchemardesques

Le protectorat de l’ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Résumé…

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n'a pas d'âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté! Que faire? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l'affaire. Des vampires indésirables s'en mêlent, d'autres disparaissent, et tout le monde pense qu'Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

La première phrase…

"Mademoiselle Alexia Tarabotti n'appréciait pas sa soirée."

Un roman steampunk?

Dès les premières pages, on baigne d'emblée dans le fantastique. Mademoiselle Tarabotti, attaquée par un vampire n'ayant aucune idée des conventions sociales en vigueur, le tue presque par mégarde à l'aide de son ombrelle… Là, c'est certain qu'avec un tel début, on ne peut pas se tromper sur le style! C'est du fantastique, et pourtant…

Il y comme un parfum de steampunk qui remonte des pages lorsqu'on les tourne. Très agréable parfum, d'ailleurs, d'encens, de métal et de vapeur mêlés, qui confère à l'ensemble du récit une aura mystérieuse qui décoiffe. Tout se passe à l'époque victorienne, mais pas tout à fait celle que l'on connaît. C'est une époque victorienne faite de technologie à vapeur, de découvertes scientifiques majeures, de manipulations médicales qui font peur… Un monde où les dames en corset se font enlever par d'obscurs ordres ayant pour logo une pieuvre de cuivre, un monde où les paranaturels peuvent tuer à coup d'ombrelle à embout métallique et où les vampires peuvent naître en laboratoire clandestin.

Des vampires et des loups-garous…

J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteure a traité le sujet "vampires vs. Loups-garous". Sans vouloir faire dans l'originalité, Gail Carriger a su ajouter au sujet une petite touche novatrice et personnelle. Les vampires vivants dans des ruches dirigées par des reines, les loups-garous vivant en meutes civilisées, et à côté de cela, ceux que l'on nomme les "isolés", ne faisant partie de rien en particulier. Il y a ce BUR, sorte d'organisme officiel chargé de veiller au bon fonctionnement de toute cette société surnaturelle, et aussi ce Cabinet fantôme… Toute une petite société fort bien rodée, savamment imaginée par l'auteure et qui revisite le sujet d'une façon très agréable. Et, il faut bien l'avouer, voir la reine Victoria qui s'en mêle, c'était plutôt drôlissime.

Sans compter une nouvelle catégorie d'être tout droit sortis de l'imagination fertile de Madame Carriger, les paranaturels, ces hommes et ces femmes nés sans âmes qui ont le pouvoir de contrecarrer ceux des surnaturels. Catégorie intéressante, car le statut de sans âme et le pouvoir qui y est lié amène tout une série de quiproquos fort comiques qui rend l'histoire adorable et délicieuse à souhait.

Une héroïne de caractère…

Un des plus grands points positifs de cette série, c'est tout de même l'extraordinaire Mademoiselle Alexia Tarabotti… Cette jeune dame a décidément tout pour me plaire. Un caractère plus qu'affirmé, très impertinent pour l'époque, un sens inné de la débrouillardise, une curiosité débordante, une intelligence au-dessus de la moyenne, un humour ironique à croquer, un goût certain pour l'aventure…

Il faut dire qu'Alexia a désespérément le chic pour se fourrer dans des situations périlleuses, à l'issue desquelles elle parvient généralement à défrayer la chronique… et écorner au passage son honneur de vieille fille de bonne famille! Mais si, aux yeux de la bonne société londonienne, elle ne fait décidément rien comme tout le monde, pour nous, c'est un véritable plaisir de suivre ses aventures rocambolesques.

Et, bon point supplémentaire pour elle, Alexia possède plus de charme que de véritable beauté. Loin de ressembler à un mannequin (je parle de ceux de notre époque), ses formes sont plutôt généreuses, son teint mat et trop foncé pour la mode de l'époque, et son nez un peu trop gros au goût de sa mère. Ca fait du bien à lire! Ca change de toutes ces héroïnes filiformes et musclées de la Bit-Lit et des romans jeunesse actuels. L'auteure nous prouve qu'il n'est nul besoin d'être "parfait" à l'extérieur pour rayonner de l'intérieur. Merci Gail Carriger!

Un peu de romance ne fait jamais de mal…

Les pérégrinations de Miss Tarabotti sont fréquemment ponctuées de ces si rafraîchissantes entrevues "galantes" avec Lord Maccon. C'est dans ce domaine que j'ai trouvé notre jeune héroïne la plus touchante… Son inexpérience des relations amoureuses et sa découverte de la chose étaient décrites avec beaucoup de douceur et de délicatesse, même s'il faut le dire, pour la stricte ère victorienne, ces intermèdes auraient été considérés comme particulièrement osés… Rien à voir avec ces scènes de sexe que l'on trouve maintenant dans la Bit-Lit et que je trouve parfois franchement crues. Au final, j'ai goûté à tous ces petits moments intimes avec beaucoup de bonheur et d'attendrissement.

Un style léger qui déride…

Ce que j'ai apprécié avec ce roman, c'est aussi le style d'écriture, mêlant tournures plus anciennes et modernité. Cela aurait pu paraître lourd, mais l'auteure y met tellement de légèreté que cela passe tout seul comme une tasse de thé sucré à point et à température parfaite. On sent dans l'écriture tout le côté guindé de la société victorienne, et à la fois le côté frivole et intelligent de notre Alexia, ce qui est, il faut le dire, un exercice de style considérable. Cerise sur le gâteau, une touche d'humour tantôt loufoque, tantôt ironique, qui relève un peu la sauce allégée baignant notre plat romanesque.

Un petit aperçu de ce style plutôt particulier :

"Aussi, Alexia, qui abhorrait la violence, se vit-elle contrainte de saisir le scélérat par les narines, une partie de son corps délicate et donc susceptible d'être douloureuse, et de le repousser au loin. Il tituba par-dessus la desserte renversée, perdit son équilibre avec un manque de grâce stupéfiant pour un vampire et tomba à terre. Il atterrit pile sur une assiette de tarte à la mélasse.

Ce qui troubla terriblement Mademoiselle Tarabotti. Elle avait un goût prononcé pour les tartes à la mélasse et se faisait une fête de pouvoir consommer cette assiette-là. Elle ramassa son ombrelle. Emporter une ombrelle à un bal du soir relevait d'un terrible manque de goût, mais mademoiselle Tarabotti allait rarement où que ce fût sans son ombrelle. Elle l'avait entièrement conçue et réalisée elle-même : un objet noir à fanfreluches sur lequel étaient cousues des pensées mauves ; la structure était en cuivre et sa pointe en argent contenait de la chevrotine.

Elle l'abattit droit sur le sommet du crâne du vampire tandis qu'il tentait de s'extraire de sa nouvelle relation intime avec la desserte. La chevrotine donnait à l'ombrelle de cuivre ce qu'il faillait de poids pour produire un "ponk" délicieusement satisfaisant.

"Mal élevé!" gronda mademoiselle Tarabotti.

Le vampire hurla de douleur et se rassit sur la tarte à la mélasse."

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

En résumé…

Les petits plus…

  • Un concept vampires vs. loups-garous plutôt novateur.
  • Une héroïne au caractère fort et qui sort des stéréotypes.
  • Une romance traitée tout en délicatesse.
  • Un style inimitable qui mêle modernité et tournures anciennes avec humour et légèreté.

Les petits moins…

  • Selon moi, il n'y en a pas…
Ma note : 9,5/10... PREMIER COUP DE CŒUR DE L’ANNÉE!!

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

En résumé…

C'était un monde agreste et paisible, peuplé d'esprits, d'elfes et de biches. Et puis les Hommes sont venus, avec leurs chiens, leurs feux, et le cliquetis de leurs armes car, très vite, les tribus se sont fait la guerre. Les esprits ont fui… Seule Arafel, l'elfe hardi et fier, n'a pas quitté sa forêt, encore inviolée. Une pierre d'émeraude pâle la protège et elle ne hait pas les hommes. Alors, quand apparaît Ciaran, un jeune guerrier blessé, elle le secourt et lui offre une pierre de rêve, semblable à la sienne. Plus tard, il rejoindra Scaga, son allié, mais Ciaran n'est plus le même. Une voix d'elfe parle en lui, Arafel le hante. Et pourtant il aime Brandwyn, la fille de son hôte… Quel sera le destin de Ciaran, homme double et déchiré? Qui l'emportera en lui des hommes ou des esprits?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

D'une part, le fait que ce livre, acheté sur une brocante il y a maintenant neuf ans, traînait dans mes étagères sans jamais avoir été lu ni même ouvert…

D'autre part, le fait qu'en cette année 2014, j'ai décidé d'axer mes lectures principalement sur le Fantasy et le Fantastique. Je suis une fan des deux genres, mais j'estime mes connaissances dans le domaine trop limitées pour quelqu'un qui se dit fan. J'ai donc voulu commencer l'année par la lecture d'un livre fantasy "old school" et merveilleusement rétro, avant d'entamer les derniers nés de la génération fantasy 2.0…

La première phrase…

"Il existe de par le monde des choses qui jamais n'ont aimé les Hommes, qui se trouvent là depuis bien plus de temps que l'humanité puisque, alors même que les Hommes étaient encore nouveaux sur cette terre et plus vastes les forêts, il existait des lieux où l'Homme, lorsqu'il les foulait, pouvait sentir peser sur ses épaules le poids des âges du monde."

Une bien étrange histoire…

J'avoue, je suis restée sur ma faim avec cette histoire. J'avouerais même, à ma plus grande honte, m'être occasionnellement endormie sur les cinquante dernières pages… Je n'irai pas jusqu'à dire que le récit fût ennuyeux, mais il y avait quelque chose dans la façon dont il était conté qui, personnellement, me barbait royalement, du moins sur la fin… qui, comme je l'ai dit, m'a laissée sur ma faim.

Ce qui m'a déplu? Entre autre, le fait que l'on nous serve l'histoire d'un certain Ciaran dans le résumé de la quatrième de couverture, et que l'on ne parle de lui qu'à partir de la 154e page… Jusque là, j'en étais venue à me demander si l'éditeur ne s'était pas trompé de résumé. La première partie du récit était pourtant très agréable à lire, et d'une importance capitale pour la suite de l'histoire. Mais si Ciaran est tellement important dans le récit, pourquoi ne pas l'avoir introduit avant la première partie, ne fut-ce que pour dire "Nous ne parlerons pas tout de suite de lui, mais ne vous inquiétez pas, le moment viendra où il aura son rôle à jouer dans l'histoire". Un peu comme Gollum dans le seigneur des anneaux, dont on parle dès le début mais qui n'apparaît que par la suite. J'avoue que cela m'a un peu déroutée…

Un style d'écriture pourtant agréable…

Je parlais, dans mon introduction, de fantasy "old school". Nous sommes bien en plein dedans avec cet ouvrage sorti dans les années 80 et dont le style d'écriture reflète toute une époque où la fantasy et le lyrisme ne faisaient qu'un. La poésie de la langue est ici au rendez-vous, comme le montre cet extrait :

"Les Hommes empilèrent pierre sur pierre et bâtirent des logis tièdes, et ils domestiquèrent certaines parmi les choses les plus humbles, les plus paisibles, mais les plus sombres s'enfouirent encore plus profond et les plus brillantes partirent, le coeur brisé.

Sauf l'une d'elles, dont la patience et l'orgueil étaient plus grands encore que chez toutes les autres.

Un lieu demeura donc, un lieu inviolé dans tout le monde existant, une forêt plutôt modeste tout près de la mer, tout près des humains, où le temps était différent d'ailleurs.

Et cette forêt, à un moment, avait cessé d'être un lieu accueillant. Au delà de sa lisière de grandes fougères, elle était cernée d'épineux. Des arbres morts s'y entremêlaient que nul bûcheron n'avait jamais touchés, car aucun bûcheron n'aurait osé s'aventurer en un tel lieu. Durant le jour, c'était un lieu de péril. Avec la nuit, pis encore, et jamais un homme n'aurait ,osé allumer un feu trop près des arbres anciens. En ce lieu, des choses murmuraient, et le vent marmonnait avec les arbres, ou bien avec lui-même, ou avec peut-être d'autres choses encore. Les Hommes savaient que la forêt était vieille, vieille comme le monde, et jamais ils n'avaient conclu la paix avec elle."

Bien qu'emprunte d'une grande poésie, l'écriture de C. J. Cherryh peut parfois être rebutante. Le style se fait parfois tellement abstrait que cela nuit à la compréhension de l'intrigue. Mis à part cela, l'écriture est ce que j'ai trouvé de plus positif dans cet ouvrage, car elle apporte une touche magique supplémentaire à l'ensemble.

Des prénoms à coucher dehors…

Encore un autre non-sens de ce roman… Pendant tout le récit, je me suis cassé la tête à tenter de prononcer des noms tels que Caoimhin, Cearbhallain, Aelfraeda, Siobrach, Eadwulf, Cinnfhail, Diomasach, Fitheach, et j'en passe… Bien vu, des noms d'origine celte, c'est joli, mais imprononçable pour qui n'y est pas familiarisé. Un guide de prononciation aurait été le bienvenu en début de lecture, me suis-je dit.

Et que trouvai-je à la fin du roman? Un guide de prononciation! Décidément, C. J. Cherryh fait tout à l'envers…

Pour la fin…

Les petits plus…
  • Une histoire féerique
  • Une écriture lyrique et poétique à souhait
Les petits moins…
  • Une histoire qui colle mal avec le résumé qu'on lit à l'arrière du livre.
  • Des prénoms difficiles à prononcer et à retenir.
  • Un style parfois trop lyrique qui nuit à la compréhension de l'histoire.

Ma note : 6,5/10

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", Catégorie Mythologie celtique

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", Catégorie Mythologie celtique

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l’anneau / J. R. R. Tolkien

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

En résumé…

Après un long prologue décrivant les Hobbits et leurs mœurs, le passé de la Terre du Milieu et un rapide résumé des aventures de Bilbon Sacquet, le Livre I s'ouvre sur le cent onzième anniversaire de ce dernier, soixante années après les événements décrits dans Le Hobbit. Au cours de la réception, Bilbon s'éclipse grâce à l'invisibilité que lui confère son anneau magique et quitte Hobbitebourg, laissant tous ses biens, anneau compris, à son neveu et héritier désigné, Frodon Sacquet. Dix-sept ans plus tard, leur vieil ami, le magicien Gandalf le Gris, révèle à Frodon que son anneau est en réalité l'Anneau unique, instrument du pouvoir de Sauron, le Seigneur Ténèbreux, qui l'a perdu jadis ; s'il devait le retrouver, son pouvoir deviendrait insurmontable. Gandalf presse Frodon de quitter la Comté, qui n'est plus sûre pour lui, et de se mettre en route pour le refuge qu'est Fondcombe, la demeure d'Elrond le Semi-elfe.

Frodon vend sa demeure de Cul-de-Sac, dissimulant son départ sous le prétexte d'un déménagement au Pays de Bouc, à la lisière orientale de la Comté. Accompagné de son jardinier Sam Gamegie et d'un jeune ami, Peregrin Touque (Pippin), il échappe de justesse à plusieurs reprises aux Cavaliers Noirs, serviteurs de Sauron chargés de retrouver l'Anneau. Les trois compagnons atteignent le Pays de Bouc, à l'est de la Comté, où Meriadoc Brandebouc (Merry) se joint à eux, malgré la volonté de Frodon de ne pas exposer ses amis au danger. Les quatre hobbits poursuivent leur route vers l'est, échappant aux dangers de la Vieille Forêt et des Hauts des Galgals grâce à l'énigmatique Tom Bombadil. À Bree, ils font la connaissance de l'étrange Grands-Pas, un ami de Gandalf, qui devient leur guide ; plus tard, il sera révélé qu'il s'agit d'Aragorn fils d'Arathorn, héritier d'Isildur. Les Cavaliers Noirs, toujours à leurs trousses, parviennent à blesser Frodon près du Mont Venteux, mais grâce à l'aide de l'Elfe Glorfindel, il parvient à franchir le gué de Bruinen. Les Cavaliers, qui le suivent de près, sont emportés par une crue soudaine de la rivière, et Frodon s'évanouit.

Frodon se réveille au début du Livre II : il est à Fondcombe, où Elrond l'a soigné. Il y retrouve Bilbon et aperçoit Arwen, l'Étoile du Soir, fille d'Elrond et bien-aimée d'Aragorn. S'ensuit le Conseil d'Elrond, auquel assistent des représentants des principales races de la Terre du Milieu (Elfes, Nains et Hommes). Gandalf leur apprend la trahison de Saroumane, son supérieur dans l'Ordre des Mages, qui recherche l'Unique pour lui-même. Après avoir examiné toutes les possibilités qui s'offrent à eux, les participants au Conseil décident que le seul moyen de vaincre Sauron est de détruire l'Anneau en l'amenant au cœur du Mordor, pays de Sauron, et en le jetant dans la lave des Crevasses du Destin, là où il fut forgé. Frodon se déclare volontaire pour accomplir cette tâche, et une « Communauté de l'Anneau » est formée pour l'accompagner et l'aider : elle comprend Frodon et ses trois compagnons hobbits, Gandalf, Aragorn, Boromir du Gondor, Gimli le nain et Legolas l'elfe.

La compagnie voyage à travers l'Eregion déserte, mais échoue à franchir les Monts Brumeux par le col enneigé du Caradhras. Gandalf la conduit dans les mines de la Moria, ancienne cité naine désormais peuplée par des Gobelins, mais il tombe dans l'abîme en affrontant sur le pont de Khazad-dûm un Balrog, antique créature démoniaque responsable de la ruine de la Moria. La Communauté, désormais menée par Aragorn, quitte la Moria et entre dans le pays elfique de Lothlórien, gouverné par Celeborn et Galadriel. Là, Frodon et Sam regardent dans le miroir de Galadriel et voient des visions du passé, du présent et d'un possible futur. Terrifié par l'Œil de Sauron, Frodon propose de remettre l'Anneau à Galadriel, mais celle-ci surmonte la tentation et refuse. Les Compagnons quittent la Lórien à bord de trois bateaux et descendent le grand fleuve Anduin. Arrivés à hauteur des chutes de Rauros, Boromir tente de s'emparer de l'Anneau, et la Communauté est attaquée par des Orques. Au milieu de cette confusion, Frodon et Sam partent seuls en direction du Mordor.

Résumé trouvé sur Wikipedia.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Du génie de Tolkien…

Oui oui, je n'en démords pas, ce Tolkien, c'est un écrivain de génie comme il s'en fait peu…

De quelle richesse a-t-il pourvu son univers! Tout y est, et en détails, s'il vous plaît! Que ce soit les différentes "races", avec leur histoire, leurs us et coutumes, leurs pays,… Les langues ultra-développées, au point d'être utilisables pour qui y prêt à les apprendre… L'histoire de la Terre du Milieu, poussée à l'extrême, à ce point qu'elle en paraît plausible et presque réelle…

L'auteur nous projette dans un monde qui paraît si peu imaginaire que ç'en est déroutant… et magique! Car s'il n'était la guerre de l'Anneau et les nombreux périls auxquels sont confrontés les personnages, j'aurais bien envie d'y rester, moi, en Terre du Milieu. Partir sur les routes et me laisser emporter de découvertes en découvertes…

Tolkien et sa trilogie, c'est tout mon rêve d'enfant, mon monde, les romans de mon coeur. Je les ai lus pour la première fois très jeune, et s'il me fallut plus de temps que pour un autre roman, ces livres ont tout de suite eu sur moi un effet magnétique d'une puissance rare. L'attrait fut si fort que je les ai relus en anglais quelques années plus tard, et qu'à présent, 19 ans après ma première lecture, je les relis à nouveau avec plaisir!

Il y a tant à dire et tellement peu de mots pour le faire… J'imagine que je pourrai lui faire un hommage plus dithyrambique encore dans ma chronique de récapitulation de la série!

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Parce que ce sont parfois les plus petites personnes qui font les plus grandes choses…

Ce qui frappe en premier lieu dans cette suite de romans, ce sont les personnages. Ce n'est pas pour rien que la race des Hobbits est présentée en guise d'avant-propos. Certes, il s'agit d'une race jamais encore rencontrée dans la littérature, et il était donc bon d'éclairer notre lanterne avant le début du récit. Mais je pense que le but de l'auteur était double. Sans doute voulait-il aussi mettre en exergue ces petites personnes destinées à accomplir de grandes choses. Mettre les Hobbits d'emblée en avant, c'était une manière de suggérer au lecteur qu'ils auront un rôle clé à jouer dans l'histoire.

Et de fait, quel rôle! Les Hobbits sont petits, mais costauds, et certains d'entre eux, sans doute plus ouverts d'esprits que la majeure partie de leurs comparses, se laissent entraîner dans cette quête de liberté. C'est une belle leçon de courage qui nous est livrée à maintes reprises au cours du récit. Du courage, mais aussi une belle philosophie, celle qui se veut ne pas se fier aux apparences, celle qui nous apprend que la grandeur de taille ne fait pas la grandeur d'âme.

On pourrait penser les personnages de Tolkien trop stéréotypés, mais il n'en est rien. Le nain est obtus mais recèle plus de délicatesse et d'amitié qu'on ne l'aurait cru possible, le magicien paraît tout puissant et pourtant il tombe face au Balrog, le rôdeur prend le rôle du super-sauveur dur à cuir, crade et mystérieux, et pourtant on le surprend à être l'ami des elfes, à parler leur langue et à être de sang royal,… Seul Boromir m'a réservé peu de surprises. Attiré d'emblée par le pouvoir de l'Anneau, il ne se départira pas de son désir qu'il pense être pour le bien du Gondor.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Des descriptions magistrales…

Alors oui, certains pourront arguer que lire du Tolkien, ça peut vite devenir rébarbatif à cause des loooooongues descriptions et des poèmes/chansons à tout va.

Oui, certes, il y a des longueurs. Je ne le cache pas, il y a des passages que j'ai survolé…

Ceci dit, je trouve que cela fait partie du charme de l'écriture de Tolkien. Les poèmes et chansons rendent l'histoire plus véridique encore, et puis cela met un peu de lyrisme et de légèreté là où tout est assombri par la guerre et ses périls.

Quant aux descriptions, certains sont justes merveilleuses, tellement complètes qu'on s'y croirait. On voit que Tolkien était un grand amateur de nature. Ses descriptions des bois, des montagnes, des rivières, des plaines… Tout y est d'une justesse impressionnante. Moi qui suis très fan de randonnées et de plein air, j'y trouve vraiment mon compte. Combien de fois n'ai-je imaginé me trouver en Terre du Milieu lorsque je marchais solitaire dans la campagne de chez moi… Il faut dire que là où j'habitais dans le temps, la campagne faisait vraiment penser à la Comté… C'est donc avec délice que je me suis abreuvée de ces descriptions à n'en plus finir. Elles donnent corps au récit, et c'est important en fantasy de pouvoir visualiser avec précision dans quel univers on se trouve.

En résumé…

Les petits plus…

  • La sensation de réalité à la lecture de l'univers de Tolkien.
  • L'univers riche et ultra-développé de la Terre du Milieu.
  • Les personnages attachants et surprenants.
  • La philosophie générale du roman et toutes les leçons qu'on peut en tirer.
  • Les merveilleuses descriptions qui étoffent l'histoire et la rendent plus réelle encore.

Les petits moins…

  • A part quelques petites longueurs dans le récit, je n'en vois pratiquement pas.
Ma note : 9,5/10

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC de l'imaginaire 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC de l'imaginaire 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne Fantasy, catégorie Objet : Le seigneur des ANNEAUX

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne Fantasy, catégorie Objet : Le seigneur des ANNEAUX

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires"

L’attaque des oeufs de Mars, de R. L. Stine

L'attaque des oeufs de Mars, de R. L. Stine

Résumé…

"Un gros oeuf verdâtre, parcouru de veines bleutées, dans l'herbe de mon jardin?" Cette étrange découverte passionne Cliff. Mais sa curiosité se mue en angoisse lorsque l'oeuf se craquelle et laisse apparaître les grands yeux d'une créature venue d'ailleurs.

La première phrase…

"Quand Cindy veut quelque chose, elle sort aussitôt le grand jeu."

Mes premiers romans d'horreur…

Ah que de souvenirs à la lecture de ce petit roman jeunesse! Cette collection était culte à une époque, celle de ma tendre jeunesse. Quel plaisir de redécouvrir cet "avertissement" :

"Que tu aimes déjà les livres ou que tu les découvres, si tu as envie d'avoir peur, Chair de poule est pour toi. Attention, lecteur! Tu vas pénétrer dans un monde étrange où le mystère et l'angoisse te donnent rendez-vous pour te faire frissonner de peur… et de plaisir!"

Je les avais presque tous! Quelle cruelle déception lorsque ma mère a revendu ma collection… A présent je m'efforce d'en racheter tous les volumes, en prévision pour les petites têtes blondes qui viendront un jour agrandir ma petite famille 🙂

Je n'ai pas souvenirs d'avoir déjà lu celui-ci, voici qui va rattraper cette lacune!

Simple mais efficace…

Comme à son habitude, R. L. Stine nous livre un ouvrage basé sur une histoire très simple mais qui fait mouche – dans l'univers des enfants du moins. Quoi de plus effrayant, pour un enfant, qu'un curieux oeuf aux couleurs étrange que l'on trouve par hasard dans son jardin, et qui par malheur éclos, donnant naissance à une créature extraterrestre. Stine joue sur la peur de l'inconnu, de l'étranger, et cela fonctionne. J'ai pu sortir mes angoisses d'enfant du placard et leur botter le derrière une bonne fois pour toutes!

Une porte ouverte sur l'univers de la lecture…

Si le récit paraît simpliste au regard des adultes, il n'en est rien pour un enfant. Le style d'écriture est rendu volontairement accessible à tous, sans pour autant être de bas niveau. L'auteur introduit tout de même une série de mots moins connus, ou des tournures de phrases un peu plus complexes, permettant à l'enfant d'enrichir sa maîtrise de sa langue maternelle tout en s'amusant.

De même, le récit est tourné de façon à captiver d'emblée le lecteur, lui donnant envie d'aller plus loin dans l'histoire, et par là même, donnant à l'enfant le goût de la lecture. Les moments de suspens sont bien marqués, caractérisés par des phrases plus courtes, des onomatopées comiques… On se laisse prendre au jeu, sans toutefois mourir de peur, puisque les histoires sont adaptées à un jeune public.

En résumé…

Une chouette petite histoire pour frissonner en famille, et une chouette redécouverte pour moi. Noël, c'est souvent un moment où l'on aime retomber un peu en enfance, et c'est ce que j'ai fait avec cette lecture délicieusement horrifique et rafraîchissante. Même si la collection Chair de poule a connu de meilleurs volumes, celui-ci était plutôt comique à découvrir.

Ma note : 8/10.

Lu dans le cadre du challenge Petit Bac 2013, Catégorie Aliment : L'attaque des OEUFS de Mars.

Lu dans le cadre du challenge Petit Bac 2013, Catégorie Aliment : L'attaque des OEUFS de Mars.