Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Saskia fête ses dix-huit ans et s'apprête à entrer en terminale, comme beaucoup de filles de son âge. Dans sa maison en bordure de forêt, elle mène une vie des plus ordinaires. Ordinaire, vraiment ?
Si c'était le cas, pourquoi son quotidien vire-t-il au cauchemar, enchaînant phénomènes incongrus et rencontres étranges ?
Quel secret recèle la pierre qu'elle porte au poignet depuis qu'elle a été trouvée aux portes d'un orphelinat, bébé ?
Que lui veut Tod, mystérieux garçon qui la suit comme son ombre et ne se sépare jamais de son coutelas ? Et Mara, jeune fille froide et distante, qui parle une langue incongrue ?
Peu à peu, Saskia plonge au coeur d'un monde aussi fascinant que terrifiant, peuplé de créatures ailées, de magie, de combats mortels et de prophéties troublantes.
La voici embarquée dans une guerre séculaire dont elle était loin de soupçonner l'existence…

La loi de l'attraction universelle…

Au départ, je me suis lancée dans cette lecture un peu par "obligation", puisqu'il figure dans un des baby challenges auxquels je participe. Le résumé était loin de me déplaire, pourtant, même si je ne suis pas naturellement portée vers ce genre d'histoires qui peuvent vite sombrer dans les clichés. Mais au final ce fut une belle découverte, je n'ai point été déçue!

La première phrase…

Je cours depuis longtemps.

Une histoire cliché?

J'avoue que le début de l'histoire m'a fait un peu "peur", si je puis dire. Quoi de plus banal, après tout, qu'une jeune fille dont la vie se voit bouleversée par une série de révélations… Un garçon qui la suis, une histoire d'amour entre adolescents, de la magie, des surprises, une prophétie… Je me suis dit : "Aïe, ça flaire le cliché du roman fantastique pour adolescent à plein nez!". Et pourtant…

Il y a quelque chose dans le style d'écriture de Marie Pavlenko qui fait mouche. Une sorte de force d'attraction inexplicable qui pousse le lecteur à ne pas refermer le livre avant de connaître la fin… Et de fait, je l'ai lu jusque deux heures du matin, alors que je devais aller travailler le lendemain!

Alors oui, tout cela peut paraître bien cliché, ce garçon qui suit Saskia et qui la sauve, cette fille qui se met à la suivre aussi, cette histoire d'anges qui n'en sont pas, la magie et la prophétie qui entourent Saskia peu à peu… J'ai envie de dire qu'il n'y a rien là-dedans de très novateur, mais le tout est si bien tourné qu'on en redemande, et tant pis si c'est du presque déjà vu!

Une jeune fille de caractère…

Un des points forts du roman reste cette mademoiselle Saskia. Je l'ai assez rapidement appréciée. Elle m'a très vite rappelé ma façon d'agir à son âge, sa naïveté, son innocence, ses palpitations face aux garçons de son âge, son imprudence parfois, et puis son caractère déjà bien trempé.

Hé oui, car miss Saskia en a, du caractère, et c'est tant mieux! C'est ainsi que je préfère les héroïnes féminines. Elle ne se laisse pas manger son biscuit, et sait se défendre, tout en restant quelqu'un de sensible. J'ai également été très émue par la relation entre Saskia et sa mère adoptive. Il y a beaucoup de tendresse entre elles, et certains passages m'ont beaucoup touchés.

J'ai également apprécié le personnage de Tod, jeune homme attentionné qui se pose en véritable chevalier servant. Sans parler de Domitille, l'amie de Saskia, intelligente et touche-à-tout, et son copain Antoine, original et attachant.

Tout cela fait que l'atmosphère du récit était un véritable délice à lire…

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

En résumé…

Les petits plus…

  • Un style d'écriture très agréable et attractif.
  • Une histoire captivante du début à la fin.
  • Des personnages attachants, dont une héroïne au caractère fort.

Les petits moins…

  • Cela laisse un petit goût de trop peu… Vivement les tomes suivants!!
Ma note : 9,5/10 - C'est un coup de coeur!!

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

Le protectorat de l’ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Résumé…

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n'a pas d'âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté! Que faire? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l'affaire. Des vampires indésirables s'en mêlent, d'autres disparaissent, et tout le monde pense qu'Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

La première phrase…

"Mademoiselle Alexia Tarabotti n'appréciait pas sa soirée."

Un roman steampunk?

Dès les premières pages, on baigne d'emblée dans le fantastique. Mademoiselle Tarabotti, attaquée par un vampire n'ayant aucune idée des conventions sociales en vigueur, le tue presque par mégarde à l'aide de son ombrelle… Là, c'est certain qu'avec un tel début, on ne peut pas se tromper sur le style! C'est du fantastique, et pourtant…

Il y comme un parfum de steampunk qui remonte des pages lorsqu'on les tourne. Très agréable parfum, d'ailleurs, d'encens, de métal et de vapeur mêlés, qui confère à l'ensemble du récit une aura mystérieuse qui décoiffe. Tout se passe à l'époque victorienne, mais pas tout à fait celle que l'on connaît. C'est une époque victorienne faite de technologie à vapeur, de découvertes scientifiques majeures, de manipulations médicales qui font peur… Un monde où les dames en corset se font enlever par d'obscurs ordres ayant pour logo une pieuvre de cuivre, un monde où les paranaturels peuvent tuer à coup d'ombrelle à embout métallique et où les vampires peuvent naître en laboratoire clandestin.

Des vampires et des loups-garous…

J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteure a traité le sujet "vampires vs. Loups-garous". Sans vouloir faire dans l'originalité, Gail Carriger a su ajouter au sujet une petite touche novatrice et personnelle. Les vampires vivants dans des ruches dirigées par des reines, les loups-garous vivant en meutes civilisées, et à côté de cela, ceux que l'on nomme les "isolés", ne faisant partie de rien en particulier. Il y a ce BUR, sorte d'organisme officiel chargé de veiller au bon fonctionnement de toute cette société surnaturelle, et aussi ce Cabinet fantôme… Toute une petite société fort bien rodée, savamment imaginée par l'auteure et qui revisite le sujet d'une façon très agréable. Et, il faut bien l'avouer, voir la reine Victoria qui s'en mêle, c'était plutôt drôlissime.

Sans compter une nouvelle catégorie d'être tout droit sortis de l'imagination fertile de Madame Carriger, les paranaturels, ces hommes et ces femmes nés sans âmes qui ont le pouvoir de contrecarrer ceux des surnaturels. Catégorie intéressante, car le statut de sans âme et le pouvoir qui y est lié amène tout une série de quiproquos fort comiques qui rend l'histoire adorable et délicieuse à souhait.

Une héroïne de caractère…

Un des plus grands points positifs de cette série, c'est tout de même l'extraordinaire Mademoiselle Alexia Tarabotti… Cette jeune dame a décidément tout pour me plaire. Un caractère plus qu'affirmé, très impertinent pour l'époque, un sens inné de la débrouillardise, une curiosité débordante, une intelligence au-dessus de la moyenne, un humour ironique à croquer, un goût certain pour l'aventure…

Il faut dire qu'Alexia a désespérément le chic pour se fourrer dans des situations périlleuses, à l'issue desquelles elle parvient généralement à défrayer la chronique… et écorner au passage son honneur de vieille fille de bonne famille! Mais si, aux yeux de la bonne société londonienne, elle ne fait décidément rien comme tout le monde, pour nous, c'est un véritable plaisir de suivre ses aventures rocambolesques.

Et, bon point supplémentaire pour elle, Alexia possède plus de charme que de véritable beauté. Loin de ressembler à un mannequin (je parle de ceux de notre époque), ses formes sont plutôt généreuses, son teint mat et trop foncé pour la mode de l'époque, et son nez un peu trop gros au goût de sa mère. Ca fait du bien à lire! Ca change de toutes ces héroïnes filiformes et musclées de la Bit-Lit et des romans jeunesse actuels. L'auteure nous prouve qu'il n'est nul besoin d'être "parfait" à l'extérieur pour rayonner de l'intérieur. Merci Gail Carriger!

Un peu de romance ne fait jamais de mal…

Les pérégrinations de Miss Tarabotti sont fréquemment ponctuées de ces si rafraîchissantes entrevues "galantes" avec Lord Maccon. C'est dans ce domaine que j'ai trouvé notre jeune héroïne la plus touchante… Son inexpérience des relations amoureuses et sa découverte de la chose étaient décrites avec beaucoup de douceur et de délicatesse, même s'il faut le dire, pour la stricte ère victorienne, ces intermèdes auraient été considérés comme particulièrement osés… Rien à voir avec ces scènes de sexe que l'on trouve maintenant dans la Bit-Lit et que je trouve parfois franchement crues. Au final, j'ai goûté à tous ces petits moments intimes avec beaucoup de bonheur et d'attendrissement.

Un style léger qui déride…

Ce que j'ai apprécié avec ce roman, c'est aussi le style d'écriture, mêlant tournures plus anciennes et modernité. Cela aurait pu paraître lourd, mais l'auteure y met tellement de légèreté que cela passe tout seul comme une tasse de thé sucré à point et à température parfaite. On sent dans l'écriture tout le côté guindé de la société victorienne, et à la fois le côté frivole et intelligent de notre Alexia, ce qui est, il faut le dire, un exercice de style considérable. Cerise sur le gâteau, une touche d'humour tantôt loufoque, tantôt ironique, qui relève un peu la sauce allégée baignant notre plat romanesque.

Un petit aperçu de ce style plutôt particulier :

"Aussi, Alexia, qui abhorrait la violence, se vit-elle contrainte de saisir le scélérat par les narines, une partie de son corps délicate et donc susceptible d'être douloureuse, et de le repousser au loin. Il tituba par-dessus la desserte renversée, perdit son équilibre avec un manque de grâce stupéfiant pour un vampire et tomba à terre. Il atterrit pile sur une assiette de tarte à la mélasse.

Ce qui troubla terriblement Mademoiselle Tarabotti. Elle avait un goût prononcé pour les tartes à la mélasse et se faisait une fête de pouvoir consommer cette assiette-là. Elle ramassa son ombrelle. Emporter une ombrelle à un bal du soir relevait d'un terrible manque de goût, mais mademoiselle Tarabotti allait rarement où que ce fût sans son ombrelle. Elle l'avait entièrement conçue et réalisée elle-même : un objet noir à fanfreluches sur lequel étaient cousues des pensées mauves ; la structure était en cuivre et sa pointe en argent contenait de la chevrotine.

Elle l'abattit droit sur le sommet du crâne du vampire tandis qu'il tentait de s'extraire de sa nouvelle relation intime avec la desserte. La chevrotine donnait à l'ombrelle de cuivre ce qu'il faillait de poids pour produire un "ponk" délicieusement satisfaisant.

"Mal élevé!" gronda mademoiselle Tarabotti.

Le vampire hurla de douleur et se rassit sur la tarte à la mélasse."

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

En résumé…

Les petits plus…

  • Un concept vampires vs. loups-garous plutôt novateur.
  • Une héroïne au caractère fort et qui sort des stéréotypes.
  • Une romance traitée tout en délicatesse.
  • Un style inimitable qui mêle modernité et tournures anciennes avec humour et légèreté.

Les petits moins…

  • Selon moi, il n'y en a pas…
Ma note : 9,5/10... PREMIER COUP DE CŒUR DE L’ANNÉE!!

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Cygne noir. Tome 2, Reine des ronces, de Richelle Mead

Cygne noir. Tome 2, Reine des ronces, de Richelle Mead

En résumé…

Eugénie est devenue reine des Terre-de-Daléa. Mais ça n'a rien d'une vie de château. Son royaume est en ruine, tout comme sa vie sentimentale… Et il y a toujours cette prophétie qui annonce que son premier né détruira l'humanité. Pour l'heure Eugénie s'inquiète. Des jeunes filles sont enlevées en Outremonde et tous s'en contrefichent y compris les hommes de sa vie. Qu'est-ce que ça cache ?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Les mêmes raisons que pour le Tome 1, plus le fait que ce dernier m'a plu et que j'avais envie de connaître la suite…

La première phrase…

"Les gamins capables de se servir d'une lame ou d'un flingue courent les rues ; c'est triste, mais c'est comme ça."

Cygne noir. Tome 2, Reine des ronces, de Richelle Mead

Un Tome 2 riche en rebondissements…

On peut dire que j'ai aimé ce tome 2 autant que le tome 1, ce qui est un bon premier point!

On y retrouve une Eugénie au sommet de sa forme, ou presque… En tout cas, toujours pleine de vie et dotée d'une langue bien pendue! Sa vie sentimentale connaît des hauts et des bas, ça, on commence à y être habitués, sa double vie n'est pas évidente à assumer, ça aussi on connaît. On devient même carrément blasés à cause des nombreuses scènes de fesses… Mais bon, oui, ça fait partie du charme de l'histoire 🙂

Le petit plus de ce second tome, par rapport au premier, c'est l'intrigue bien ficelée et palpitante que Richelle Mead nous propose. La grande différence? Eugenie n'officie plus de son univers pour aider ses semblables humains, mais va mener son combat à partir de l'Outremonde, pour aider ses sujets Etincelants. C'est ce qui rend cette histoire si intéressante, parce que pour parvenir à ses fins, elle va devoir aller à l'encontre de son instinct premier qui est de protéger et de servir les humains. Ce n'est pas facile pour elle, mais en justicière honnête, elle saura faire la part des choses entre ceux qui ont besoin de son aide, et ceux qu'il faut punir, doivent-ils être humains…

Sur un autre plan, le personnage d'Eugenie évolue sensiblement grâce au travail qu'elle effectue sur ses pouvoirs outremondiens. Est-ce pour un bien ou est-ce pour mieux suivre les traces de son père le Seigneur de l'orage? Seul les tomes suivants nous le diront… Ce qui est ici important, c'est que l'apprentissage de ces pouvoirs rend son personnage encore plus déchiré entre deux facettes de sa personnalité, l'Eugénie qui voudrait rester humaine et continuer son job de chaman, et l'Eugénie qui ne peut s'empêcher d'utiliser sa magie parce qu'elle sent que ça lui fait du bien. On se demande jusqu'à la fin qu'elle part d'elle-même l'emportera.

Eugénie en mouvement…

Sur un autre plan, le personnage d'Eugenie évolue sensiblement grâce au travail qu'elle effectue sur ses pouvoirs outremondiens. Est-ce pour un bien ou est-ce pour mieux suivre les traces de son père le Seigneur de l'orage? Seul les tomes suivants nous le diront… Ce qui est ici important, c'est que l'apprentissage de ces pouvoirs rend son personnage encore plus déchiré entre deux facettes de sa personnalité, l'Eugénie qui voudrait rester humaine et continuer son job de chaman, et l'Eugénie qui ne peut s'empêcher d'utiliser sa magie parce qu'elle sent que ça lui fait du bien. On se demande jusqu'à la fin qu'elle part d'elle-même l'emportera.

Par ailleurs, Eugenie va connaître des évènements traumatisants (je ne dirai pas lesquels, je spoile déjà beaucoup trop…) qui vont faire évoluer sa psychologie de manière significative.

Une fin époustouflante…

La cerise sur la gâteau, j'ai tellement accroché aux cent dernières pages, j'avais tellement envie de connaître le fin mot de l'histoire, que j'ai tout dévoré en un rien de temps! Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, si vous accrochez "bof" avec le gros du récit, attendez la fin, ça en vaut vraiment le coup… Mais je ne dirai rien! Non non, pas un mot…

En résumé…

Les petits plus…

  • Une histoire palpitante et bien ficelée.
  • L'évolution du personnage d'Eugenie.
  • La fin à couper le souffle.

Les petits moins…

  • Trop de scènes de fesses inutiles.
  • La redondance de certains thèmes, et encore, ça ne gène pas outre mesure.
  • La vie sentimentale chaotique d'Eugenie.
Ma note : 8,5/10

Lecture très divertissante :-)

Lecture très divertissante :-)

Lu dans le cadre du Challenge Mythologies du monde, catégorie Anges, démons, esprits et autres créatures de légende

Lu dans le cadre du Challenge Mythologies du monde, catégorie Anges, démons, esprits et autres créatures de légende

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

En résumé…

C'était un monde agreste et paisible, peuplé d'esprits, d'elfes et de biches. Et puis les Hommes sont venus, avec leurs chiens, leurs feux, et le cliquetis de leurs armes car, très vite, les tribus se sont fait la guerre. Les esprits ont fui… Seule Arafel, l'elfe hardi et fier, n'a pas quitté sa forêt, encore inviolée. Une pierre d'émeraude pâle la protège et elle ne hait pas les hommes. Alors, quand apparaît Ciaran, un jeune guerrier blessé, elle le secourt et lui offre une pierre de rêve, semblable à la sienne. Plus tard, il rejoindra Scaga, son allié, mais Ciaran n'est plus le même. Une voix d'elfe parle en lui, Arafel le hante. Et pourtant il aime Brandwyn, la fille de son hôte… Quel sera le destin de Ciaran, homme double et déchiré? Qui l'emportera en lui des hommes ou des esprits?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

D'une part, le fait que ce livre, acheté sur une brocante il y a maintenant neuf ans, traînait dans mes étagères sans jamais avoir été lu ni même ouvert…

D'autre part, le fait qu'en cette année 2014, j'ai décidé d'axer mes lectures principalement sur le Fantasy et le Fantastique. Je suis une fan des deux genres, mais j'estime mes connaissances dans le domaine trop limitées pour quelqu'un qui se dit fan. J'ai donc voulu commencer l'année par la lecture d'un livre fantasy "old school" et merveilleusement rétro, avant d'entamer les derniers nés de la génération fantasy 2.0…

La première phrase…

"Il existe de par le monde des choses qui jamais n'ont aimé les Hommes, qui se trouvent là depuis bien plus de temps que l'humanité puisque, alors même que les Hommes étaient encore nouveaux sur cette terre et plus vastes les forêts, il existait des lieux où l'Homme, lorsqu'il les foulait, pouvait sentir peser sur ses épaules le poids des âges du monde."

Une bien étrange histoire…

J'avoue, je suis restée sur ma faim avec cette histoire. J'avouerais même, à ma plus grande honte, m'être occasionnellement endormie sur les cinquante dernières pages… Je n'irai pas jusqu'à dire que le récit fût ennuyeux, mais il y avait quelque chose dans la façon dont il était conté qui, personnellement, me barbait royalement, du moins sur la fin… qui, comme je l'ai dit, m'a laissée sur ma faim.

Ce qui m'a déplu? Entre autre, le fait que l'on nous serve l'histoire d'un certain Ciaran dans le résumé de la quatrième de couverture, et que l'on ne parle de lui qu'à partir de la 154e page… Jusque là, j'en étais venue à me demander si l'éditeur ne s'était pas trompé de résumé. La première partie du récit était pourtant très agréable à lire, et d'une importance capitale pour la suite de l'histoire. Mais si Ciaran est tellement important dans le récit, pourquoi ne pas l'avoir introduit avant la première partie, ne fut-ce que pour dire "Nous ne parlerons pas tout de suite de lui, mais ne vous inquiétez pas, le moment viendra où il aura son rôle à jouer dans l'histoire". Un peu comme Gollum dans le seigneur des anneaux, dont on parle dès le début mais qui n'apparaît que par la suite. J'avoue que cela m'a un peu déroutée…

Un style d'écriture pourtant agréable…

Je parlais, dans mon introduction, de fantasy "old school". Nous sommes bien en plein dedans avec cet ouvrage sorti dans les années 80 et dont le style d'écriture reflète toute une époque où la fantasy et le lyrisme ne faisaient qu'un. La poésie de la langue est ici au rendez-vous, comme le montre cet extrait :

"Les Hommes empilèrent pierre sur pierre et bâtirent des logis tièdes, et ils domestiquèrent certaines parmi les choses les plus humbles, les plus paisibles, mais les plus sombres s'enfouirent encore plus profond et les plus brillantes partirent, le coeur brisé.

Sauf l'une d'elles, dont la patience et l'orgueil étaient plus grands encore que chez toutes les autres.

Un lieu demeura donc, un lieu inviolé dans tout le monde existant, une forêt plutôt modeste tout près de la mer, tout près des humains, où le temps était différent d'ailleurs.

Et cette forêt, à un moment, avait cessé d'être un lieu accueillant. Au delà de sa lisière de grandes fougères, elle était cernée d'épineux. Des arbres morts s'y entremêlaient que nul bûcheron n'avait jamais touchés, car aucun bûcheron n'aurait osé s'aventurer en un tel lieu. Durant le jour, c'était un lieu de péril. Avec la nuit, pis encore, et jamais un homme n'aurait ,osé allumer un feu trop près des arbres anciens. En ce lieu, des choses murmuraient, et le vent marmonnait avec les arbres, ou bien avec lui-même, ou avec peut-être d'autres choses encore. Les Hommes savaient que la forêt était vieille, vieille comme le monde, et jamais ils n'avaient conclu la paix avec elle."

Bien qu'emprunte d'une grande poésie, l'écriture de C. J. Cherryh peut parfois être rebutante. Le style se fait parfois tellement abstrait que cela nuit à la compréhension de l'intrigue. Mis à part cela, l'écriture est ce que j'ai trouvé de plus positif dans cet ouvrage, car elle apporte une touche magique supplémentaire à l'ensemble.

Des prénoms à coucher dehors…

Encore un autre non-sens de ce roman… Pendant tout le récit, je me suis cassé la tête à tenter de prononcer des noms tels que Caoimhin, Cearbhallain, Aelfraeda, Siobrach, Eadwulf, Cinnfhail, Diomasach, Fitheach, et j'en passe… Bien vu, des noms d'origine celte, c'est joli, mais imprononçable pour qui n'y est pas familiarisé. Un guide de prononciation aurait été le bienvenu en début de lecture, me suis-je dit.

Et que trouvai-je à la fin du roman? Un guide de prononciation! Décidément, C. J. Cherryh fait tout à l'envers…

Pour la fin…

Les petits plus…
  • Une histoire féerique
  • Une écriture lyrique et poétique à souhait
Les petits moins…
  • Une histoire qui colle mal avec le résumé qu'on lit à l'arrière du livre.
  • Des prénoms difficiles à prononcer et à retenir.
  • Un style parfois trop lyrique qui nuit à la compréhension de l'histoire.

Ma note : 6,5/10

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", Catégorie Mythologie celtique

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", Catégorie Mythologie celtique

Cygne noir. Tome 1, Fille de l’orage, de Richelle Mead

Cygne noir. Tome 1, Fille de l'orage, de Richelle Mead

Résumé…

Ça, c'est tout moi ! Aucune vie sexuelle pendant des mois, et d'un coup, tous les obsédés de l'Outremonde se mettent à me courir après…
Eugenie Markham est chaman. Dotée de grands pouvoirs, elle exerce un fructueux business en bannissant de notre monde les Faës et autres esprits qui s'y aventurent. Engagée pour retrouver une ado enlevée dans l'Outremonde, Eugenie découvre une prophétie qui met au jour des secrets bien gardés de son passé et lui réserve de très désagréables perspectives d'avenir ! Eugenie a beau manier la baguette avec autant d'assurance que le flingue, il lui faut des alliés pour une telle mission. Elle aura Dorian, un roi Faë séducteur avec un faible pour le bondage, et Kiyo, un magnifique changeforme.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Loin d'être à la base attirée par la bit-lit, je me suis pourtant laissé tenter par une collègue qui proposait de me prêter cette série. Connaissant un peu Richelle Mead – j'avais les quatre premiers volumes de Succubus l'année dernière – j'ai été séduite par l'idée.

La première phrase…

"J'avais déjà vu bien des choses étranges, mais peu d'aussi bizarres qu'une chaussure hantée."

Eugenie Markham, un personnage complexe…

Ce que cette série a d'attirant? Comme pour sa série Succubus, Richelle Mead nous fait découvrir un personnage principale attachant et ô combien séduisant. Jeune, belle, pourvue d'un corps de déesse, la langue bien pendue et de l'humour à revendre, Eugenie Markham ne manque pas d'arguments pour nous séduire. Cette première scène d'exorcisme sur une pair de chaussures, cocasse à souhait, nous met directement au parfum. Nous sommes prévenus, la suite du roman s'avérera pleine de combats magiques, d'humour et de scène de charme. Miam!

Au début, tout est simple. Eugenie a un monde sur lequel veiller, un homme à aimer, une famille à préserver, une vie bien elle, son travail routinier de chaman… Le programme pourrait paraître alléchant, certes, mais cela va bien pour les premières cent pages. Après, le lecteur se lasse rapidement. Heureusement, la complexité de notre héroïne vient à la rescousse pour préserver l'action et donner au récit sa dose bien méritée de suspens. Très vite, Eugenie, par une série de révélations croustillantes, se voit partagée entre le monde des humains pour lequel elle lutte, et celui de l'Outremonde qu'elle combat… ou du moins combattait. Ce qui entraînera un dédoublement de sa vie amoureuse, de sa loyauté et de son existence toute entière.

De la magie?

J'ai été d'emblée séduite par le travail de chaman de la miss. Bannissement d'esprits de l'eau, exclusion définitive de divinités antiques dans l'inframonde… C'est tout un pan de la mythologie qui est revisité par Richelle Mead. Loin d'être exhaustif, le tableau ouvre tout de même la voie vers une recherche d'informations plus poussée sur ces créatures et les textes dont elles proviennent.

Toutefois, j'ai été plutôt déçue par l'univers des "noblaillons", ces Faes vivant dans l'Outremonde. Le portrait qu'en fait l'auteur m'a paru bien banal par rapport à tout ce qu'on peut en lire dans les récits légendaires et les contes. J'aurais aimé les imaginer plus féeriques, plus étincelants encore.

Du "charme" à tous les étages!

Il est une question qui m'a perturbée tout au long de ma lecture… Ce roman, est-ce vraiment fait pour les adolescents? Peut-être pour ceux qui ont plus de seize ans, mais en dessous…? Loin de moi l'idée d'être vieux jeu, mais j'ai trouvé les scènes de "charme" poussées très -trop- à l'extrême. Je les qualifierais plus de pornographiques.

D'autant plus que ce sont toujours les mêmes éléments qui reviennent. Ben oui, forcément… Le monsieur, il met la petite graine dans la madame, et ils sont tous les deux très contents à la fin. Vous brodez un peu autour de ce thème, le tout explicité avec des termes très scientifiques – appelons un chat un chat, après tout ils ont tous vu ça au cours de biologie, autant faire une petite révision! Avec quelques variantes telles que la position ou le lieu, et c'est parti. Oui, sauf que, dix fois dans le même roman, ça lasse un peu. Alors peut-être que pour des adolescents, c'est le pied. Chouette, enfin un roman qui ne se lit qu'à une main, le tout sans que papa et maman s'en doutent! Mais pour un(e) adulte averti(e), ça peut être rébarbatif.

En résumé…

Les petits plus…
  • Une histoire bien ficelée et bien construite.
  • Beaucoup de suspens.
  • De l'humour quand il en faut.
  • Des personnages attachants.
Les petits moins…
  • Pas assez d'originalité en ce qui concerne la magie.
  • Trop de scènes de sexe inutiles.

Ma note : 8,5/10

Un autre avis?

Voici les critiques que j'ai pu lire sur le site bit-lit.com…

Lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013, catégorie Animal : CYGNE noir.

Lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013, catégorie Animal : CYGNE noir.

Lu aussi dans le cadre du Challenge Mythologies du monde, catégorie Anges, démons, esprits et autres créatures de légende

Lu aussi dans le cadre du Challenge Mythologies du monde, catégorie Anges, démons, esprits et autres créatures de légende

La grande encyclopédie des Fées, de Pierre Dubois

La grande encyclopédie des Fées, de Pierre Dubois

En résumé…

Entre le bien et le mal, l'archange et le dyman, la légende découvre un être. Cet être, c'est la fée. Entre l'Eden et les Enfers, la légende rêve d'un monde. Ce monde est peuplé par les fées. Entre la lumière et les ténèbres, la légende crée un crépuscule. Ce crépuscule devient la Féérie… Nous ne décidons rien. Précédant les hommes aux prémices du jour, penchées sur leur éveil, elles en brodent les pensées et perdent en chemin ceux qui s'accrochent à de vaines prétentions qui ne leur agréent point.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Acheté sur une bourse aux livres avec sa petite soeur la Grande encyclopédie des elfes, cet ouvrage m'a donné soif de nouvelles connaissances féeriques. C'est donc avec ravissement que je l'ai ouvert et en ai parcouru les pages jusqu'au dénouement.

La première phrase…

"Et voici les Fées enclosent, comme l'ont été les Lutins il y a quelque quatre ans."

Une bible ou presque…

Pierre Dubois n'est plus à présenter. Passionné par les fées, "enfayté" depuis de nombreuses années, il est une valeur sûre dans le domaine de l'elficologie. Ce sont ses ouvrages, ainsi que ceux d'Edouard Brasey qui m'ont donné envie de m'aventurer plus en avant dans cette discipline méconnue et pourtant porteuse d'avenir.

Si ce livre, qui s'inclut dans une série d'ouvrages de type encyclopédiques sur le petit peuple, n'est pas aussi exhaustif qu'on le souhaiterait, il n'en reste pas moins un petit bijou de bible féerique, un grand trésor de connaissances anciennes et fort malheureusement quasi oubliées.

De la poésie duboisienne…

Ce que j'aime, chez Pierre Dubois, c'est sa manière si personnelle et poétique de présenter nos amis du Petit Peuple. Prenons par exemple une des nombreuses descriptions magnifiquement pondues : "Lorsqu'à la mi-mars la Dryade, assotée par les humeurs de la sève montante, appelée au-dehors par les cors-calices dans lesquels soufflent les hérauts du Petit Peuple, se détache de l'écorce et va rejoindre le premier essaim sylphique, l'Hamadryade ne quitte ni la cellule dense du cambium, ni le liber où circulent l'âme sylvestre, les nerfs et le sang vert. Animée par un élan profond, elle prend appui sur ses racines, aspire de ses mille radicelles le mille vies de l'humus renaissant et s'étire, tout le long du tronc jusqu'aux plus fines ramilles, refluant toute sa moelle amoureuse dont le surplus écarte les bourgeons… et illumine son houppier encore ensommeillé d'une tendre aura amoureuse."

Ceci dit, point trop n'en faut, car si certaines descriptions sont merveilleuses et agréables à lire, d'autres se font moins compréhensibles, car trop de beaux mots l'un à la suite de l'autre embrouillent l'esprit… "Une à une, aile par aile, en vols fragmentés, émergent de la nuit miniature que le matin dissipe les sujettes fluidiformes d'une population libellunaire toute engourdie de bâillements, de replis enliseronnés qu'un ébrouement défripe. Une apprentie, reconnaissable au bonnet nigricorne, pleurniche de ne plus retrouver ses paniers contenant les fioles d'extrait d'alisier. Derrière la traîne royale la foule lactéipenne secoue ses antennules, s'assouplit la jambe phylloïde, égrène ses gammes flûtées ; bavarde, se bouscule, compare ses finesse d'épiderme, ses élégances d'élytres, s'ajuste l'ombrelle, se chamaille pour deux sous de grelots et finit enfin par répondre aux ordres en s'alignant sur un rang fantaisiste. Une douairière planirostre embouche son olifant et sonne le départ…"

Une merveilleuse bibliographie…

Étant moi-même une elficologue débutante, la bibliographie de ce genre d'ouvrage m'intéresse toujours au plus haut point, surtout si l'auteur m'a donné encore plus l'envie d'aller encore plus loin dans la recherche du Petit Peuple…

La bibliographie de Pierre Dubois a ceci de particulier qu'elle est divisée en thématiques aux titres aussi poétiques que le reste de l'ouvrage. Ainsi l'on peut voir apparaître les sections suivantes :

  • Rayonnages des boiseries enchantées de Ferral
  • A la lucarne de givre où se montrait le Père Noël
  • Sous les combles de la Sylphirie, au perchoir de la Dame Blanche
  • Sur le lutrin lunaire et les rayons de Petit Fay
  • A la poutre des Pixies, à la chatière de Dent-de-lait
  • Sous le faîtage des cinq étoiles
  • Tout près des feuillages
  • Autour de la mare aux salamandres d'or
  • Sur le chemin du SÍd par le pont de Petit Fayt

Une mine d'or pour tous ceux qui s'intéressent de près aux Fées!!

Des illustrations…

J'avoue être restée sur ma faim sur le plan des illustrations réalisées par Claudine et Roland Sabatier. Certes, elles sont féeriques à souhait, le trait est sûr, les couleurs éclatantes, et l'imagination vive. Ce que j'apprécie moins, ce sont les visages de certains personnages, trop simplistes à mon goût, et les motifs répétés que l'on retrouve en bordure de pages. La mise en couleur est pourtant fort réussie, la technique de l'aquarelle est plutôt bien maîtrisée. Mais quelque chose me chiffonne parfois au niveau du dessin en lui-même, peut-être certains tracés un peu trop hasardeux à mon goût.

En résumé…

Les petits plus…
  • Les connaissances inestimables contenues dans l'ouvrage.
  • Les textes et la poésie de Pierre Dubois.
  • La bibliographie très très utile.
Les petits moins…
  • On en veut encore! Encore plus de textes et de fées à découvrir!
  • La poésie duboisienne parfois trop poussée à l'extrême.
  • Les illustrations parfois bof-bof.

Ma note…

un très joli 9/10…

Lu dans le cadre du challenge "Mythologies du monde 2013" - Catégorie ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes

Lu dans le cadre du challenge "Mythologies du monde 2013" - Catégorie ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013" - Catégorie objet - La grande ENCYCLOPEDIE des fées

Lu aussi dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013" - Catégorie objet - La grande ENCYCLOPEDIE des fées

Sorcière ma soeur, de Graham Joyce

Sorcière ma soeur, de Graham Joyce

Résumé…

Alex et Maggie Sanders mènent une vie des plus ordinaires, jusqu'à ce qu'ils découvrent au fond d'une vieille cheminée inutilisée le journal de Bella. A première vue, celui-ci paraît bien innocent : une liste de breuvages et de simples pour soigner les petits maux de tous les jours.

Mais Maggie est très vite convaincue que derrière les mots se cache un sens destiné à elle seule. En essayant quelques recettes, elle pénètre dans un monde mystérieux auquel elle n'avait jamais cru, celui de la sorcellerie. Et quand la défunte Bella revient, en quête d'une paix qu'elle n'a pas trouvée dans la tombe, Maggie sent qu'elle risque de perdre la raison et de détruire toute sa famille.

Ce qui m'a attiré vers cette lecture…

Dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", je devais lire un livre dont le titre contient le mot "soeur". En feuilletant le catalogue de ma bibliothèque, j'ai passé outre les ouvrages sur Soeur Thérèse, les récits de vie mélodramatiques et les lettres ouvertes à une soeur réelle ou rêvée, pour me diriger directement vers le rayon fantastique/horreur avec ce livre de Graham Joyce. De plus, j'ai récemment lu La fée des dents, écrit par lui aussi, et je voulais compléter mon avis sur son style d'écriture.

La première phrase…

…tirée du prologue.

Vite, vite! Ils vont bientôt arriver. Il faut que tu le caches!

Sorcière ma soeur, de Graham Joyce

Une vision intéressante de la sorcellerie

Au fil du récit, Maggie (l'héroïne) se passionne peu à peu à la sorcellerie, une façon pour elle d'avoir une activité valorisante qui lui est propre, et aussi parce qu'elle se sent mystérieusement poussée à tenter l'expérience. Il est assez marrant de constater que nous aussi, on se passionne pour tous ces noms étranges, ces herbes oubliées et ces décoctions alambiquées. On aurait presque l'envie d'ouvrir un vieux traité de botanique et de le potasser à la recherche des propriétés cachées des plantes.

Sorcière ma soeur, de Graham Joyce

Puis vient la suite…

Après le premier tiers du roman, l'histoire se fait plus angoissante, l'ambiance beaucoup plus lourde. Plus Maggie s'enfonce dans cette sorcellerie, plus elle y laisse la raison, ce qui entraînera de nombreux événements dramatiques. Autant j'ai apprécié la première partie de l'histoire, où la magie de Maggie (tient, Maggie, Magie, plutôt redondant, non?) reste blanche, pure, utilisée pour soigner les petits bobos de la famille, autant la suite ne m'a pas plu du tout.

La suite du récit se fait de plus en plus sombre, triste, l'avenir de Maggie et de sa famille semble si morne, sans compter certaines découvertes plutôt macabres dont je ne parlerai pas pour ne pas en dire trop… Cette magie blanche tellement fascinante qui se mue en un amas noir et nauséabond de vieilles croyances et de rites poisseux… Le récit m'a fortement angoissée, si bien qu'à ce jour je ne l'ai pas encore terminé (il me reste trente pages, oooooooooooooh la vilaine! ^^). Ce n'est pas que le livre soit mauvais, je crois que c'est juste moi qui n'était pas dans les bonnes dispositions pour le lire. Au moment où je l'ai choisi à la bibliothèque, ça me paraissait être une bonne décision, et au moment où j'ai entamé la lecture, je me suis rendu compte que c'était une erreur.

Sorcière ma soeur, de Graham Joyce

Du grand Graham Joyce…

Ayant lu du même auteur, "La fée des dents", je peux affirmer que ce roman-ci est vraiment meilleur. Différent, certes. "La fée des dents" traitait des changements liés à l'adolescence au travers d'une histoire fantastique et fantasmagorique, "Sorcière ma soeur" est une pure histoire de terreur fantastique sur fond de sorcellerie médiévale. Dans ce livre, c'est la façon dont l'histoire dégénère progressivement qui est intéressante. L'auteur donne au lecteur l'impression très réaliste d'une longue chute vertigineuse au travers d'un tunnel grouillant, noir et gluant. Une plume très efficace…

Pour refléter au mieux l'ambiance du récit, noir et "féerique" à la fois…

Petites informations…

Un nom revient souvent dans le livre, celui de la déesse Hécate. Mais qui est-elle réellement? Déesse ou démon? Voici quelques pistes d'information…

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", session 18 (un titre avec le mot "soeur").

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", session 18 (un titre avec le mot "soeur").

Lu également dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013", pour la catégorie "Gros mot" (SORCIERE, ma soeur).

Lu également dans le cadre du challenge "Petit Bac 2013", pour la catégorie "Gros mot" (SORCIERE, ma soeur).

Lu également dans le cadre du challenge "Au-delà de la peur 2013".

Lu également dans le cadre du challenge "Au-delà de la peur 2013".

Lu également dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", dans la catégorie "ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes".

Lu également dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", dans la catégorie "ANGES, DEMONS, ESPRITS et autres créatures de légendes".