La quête d’Ewilan. Tome 1, D’un monde à l’autre / Pierre Bottero

La quête d'Ewilan. Tome 1, D'un monde à l'autre / Pierre Bottero

Résumé…

Camille est une jeune surdouée de 13 ans (presque 14) aux grands yeux violets. Elle n'a pas connaissance de ses fabuleux pouvoirs, et vit chez les Duciel, sa famille d'adoption si peu aimante. Un jour, alors qu'elle manque de se faire écraser par un camion, Camille se retrouve téléportée dans un monde parallèle nommé L'Empire de Gwendalavir. Elle apprend alors qu'elle est en réalité Ewilan Gil' Sayan, fille d'Elicia et Altan Gil' Sayan et qu'elle est née dans cet autre monde. Mais pour la protéger d'une guerre naissante, ses parents l'ont envoyée, ainsi que son frère, dans le nôtre, bloquant ses souvenirs. Ils ont confié leurs deux enfants à des familles différentes afin qu'ils n'aient aucun contact. C'est dans son monde d'origine qu'Ewilan, accompagnée de Salim son meilleur ami, rencontre Edwin Til' Illan et d'autres compagnons, et qu'elle apprend que la situation de l'Empire est critique.

Le fonctionnement de l'Empire repose en grande partie sur l'Art du Dessin. Cet art qui offre à qui le maîtrise un grand pouvoir, s'utilise au moyen d'une autre dimension : l'Imagination. Les Ts'liches, des créatures maléfiques appartenant à une race vieille de plusieurs millénaires qui subsiste aux dépens d'autres espèces plus ou moins civilisées, ont corrompu les plus puissants Dessinateurs du pays: les Sentinelles, laissant l'Empire affaibli. Cherchant à éliminer toute possibilité de résistance, ces créatures maléfiques ont bloqué l'Imagination. Le bras armé des Ts'liches est un peuple quasi sauvage : les Raïs, race n'ayant d'humanoïde que la forme, gouvernée par des rois fous et sanguinaires dont les sujets ne pensent qu'à s'entretuer. Exhortés par le pouvoir des Ts'liches, ils mènent des attaques au Nord que les armées alaviriennes peinent de plus en plus à contenir. Ewilan se voit donc chargée d'une mission primordiale : libérer les Sentinelles et sauver l'Empire de la menace Ts'liche.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Depuis de nombreuses années, lorsque je flâne dans les librairies à la recherche de nouvelles conquêtes, j'aime passer au rayon jeunesse baver sur les magnifiques couvertures. La couverture de ce livre-ci n'est pas exceptionnelle, mais c'est le nom qui m'a marquée, Ewilan… Je trouvais ça mignon, et ça me donnait envie de les lire, mais j'étais réticente à l'idée de lire des romans jeunesse – stupides idées préconçues!

Cette année, participant au Baby challenge 2014 fantasy sur LivrAddict, j'ai été heureusement surprise de constater que la série de La quête d'Ewilan était reprise dans la liste de séries à lire. C'est donc avec joie que j'ai sauté sur l'occasion!

La première phrase…

"Camille était âgée exactement de quatre mille neuf cents jours, soit un peu plus de treize ans, la première fois qu'elle effectua "le pas sur le côté"."

Des personnages attachants…

La première chose qui m'a frappée en entamant cette lecture, c'est le caractère de Camille/Ewilan… J'adore ce type de personnage féminin, elle a beaucoup de caractère et au moins ne se laisse-t-elle pas manger son biscuit! Sans compter qu'elle est intelligente, bien au-delà des normes, vive, sûre d'elle, ingénieuse, très mature pour son âge, sensible et pourtant dure à cuir, on peut même dire belle, compte tenu des descriptions qu'en fait Monsieur Bottero. Tout pour plaire, autrement dit.

En ce qui concerne Salim, j'aime à dire qu'il est un peu le Sam Gamegie d'Ewilan (même si elle-même n'a pas du tout le caractère de Frodon) – mis à part peut-être les sentiments amoureux, et encore 😉 Il est d'une loyauté et d'une fidélité indéfectibles, à l'écoute, toujours prêt à dédramatiser les situations pour aider Ewilan à mieux les supporter. Lui aussi plutôt mature pour son âge, il aime détendre l'atmosphère à grands renforts de boutades et de cabrioles. Ce n'est pas pour autant qu'il n'est pas sérieux, car rien au monde ne pourrait le détourner de sa volonté d'aider son amie. Et petit plus, j'apprécie beaucoup le fait qu'il soit de type africain, c'est une caractéristique peu rencontrée en fantasy, et ça fait plaisir de voir que ce n'est pas une généralité!

J'aime beaucoup la relation qu'entretient Camille avec Salim. Je les trouve touchants, tous les deux réunis par la vie difficile qu'ils mènent et le désir de s'en sortir, puis réunis par l'arrivée de cette aventure inédite dans laquelle ils sont tous deux impliqués, et pour finir les sentiments qui naissent sur la base de cette belle amitié, ou du moins le soupçonne-t-on…

A côté des deux héros principaux, on rencontre quelques personnages type… La vilaine famille d'adoption qui n'a pas un pet d'affection, la famille africaine surpeuplée pour qui l'écoute et l'attention est en option, des monstres dégoûtants très méchants, un super héros qui n'a pas l'air fort mais qu'il ne faut quand même pas trop chercher, un vieux sage qui fait office de guide spirituel, un chevalier fanfaron et peu doué mais qui a un coeur d'or, une jeune femme guerrière… Ce sont peut-être des personnages "type", mais il n'empêche qu'ils sont tous attachants à leur manière, ou détestables, c'est selon…

Un concept qui fait mouche…

Une fois les principaux personnages découverts, une autre chose qui frappe, c'est le concept sur lequel se base l'histoire. Certes, des récits d'univers parallèles, ça pullule plutôt pas mal, mais cet univers-ci a quelque chose de spécial que les autres n'ont pas 😉

Cet univers-ci possède le dessin. Nous aussi, me direz-vous, mais pas de la même façon. Quand nous autres, humains, dessinons, il s'agit de tracer de jolis motifs avec de belles couleurs sur un support, et d'exposer le résultat pour faire joli – un résumé plutôt pourri de l'art du dessin, mais soit. A Gwendalavir (c'est ainsi que se nomme l'univers parallèle en question), les gens dessinent dans leur tête, en entrant dans un domaine appelé l'Imagination. En suivant les spires, qui sont des sortes de sentiers au sein de ce domaine, ils peuvent créer des éléments dans leur tête et les transposer dans la réalité. Envie d'une barbe à papa? C'est facile, il suffit de l'imaginer, et hop! Vous êtes servis… Un ennemi à contrer? Rien de plus simple! Vous imaginez qu'il s'empêtre dans un roncier, ou qu'il est emporté par une vague géante, et le tour est joué! Heureusement, tout le monde à Gwendalavir ne sait pas dessiner, et dans le lot de ceux qui savent, tout le monde n'a pas le même niveau…

J'avoue que j'ai adoré ce concept!! C'est terriblement original, et ça laisse place à tout un tas de rebondissements incroyables et géniaux. Personnellement, quand je lis les passages où Ewilan se sert du dessin, je mets la tête des quelques rares personnes que je n'aime pas sur le corps de ses ennemis, et je laisse l'action du livre me défouler… Ca fait tout simplement rêver 🙂 Sans compter toutes les applications pacifiques que ce don pourrait avoir…

Mais pourquoiiiii ça n'existe pas vraiment?!?

En résumé…

Les petits plus :

  • Un univers et un concept génial! Merci Monsieur Bottero…
  • Des personnages très attachants.
  • Une belle histoire d'amitié et du rêve à revendre.

Les petits moins… Faut-il qu'il y en ait? Bon OK je me lance…

  • Les personnages parfois un peu trop stéréotypés.

C'est tout? Ah bon… ben oui, c'est tout!

Ma note : 9/10

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 de LivrAddict.

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 de LivrAddict.

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Prénom : La quête d'EWILAN

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Prénom : La quête d'EWILAN

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC 2014 de l'Imaginaire, avec la lettre Q, la Quête d'Ewilan (oui, j'ai utilisé une des trois tricheries pour celui-ci...).

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC 2014 de l'Imaginaire, avec la lettre Q, la Quête d'Ewilan (oui, j'ai utilisé une des trois tricheries pour celui-ci…).

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Les mondes imaginaires après 1950.

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Les mondes imaginaires après 1950.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l’anneau / J. R. R. Tolkien

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

En résumé…

Après un long prologue décrivant les Hobbits et leurs mœurs, le passé de la Terre du Milieu et un rapide résumé des aventures de Bilbon Sacquet, le Livre I s'ouvre sur le cent onzième anniversaire de ce dernier, soixante années après les événements décrits dans Le Hobbit. Au cours de la réception, Bilbon s'éclipse grâce à l'invisibilité que lui confère son anneau magique et quitte Hobbitebourg, laissant tous ses biens, anneau compris, à son neveu et héritier désigné, Frodon Sacquet. Dix-sept ans plus tard, leur vieil ami, le magicien Gandalf le Gris, révèle à Frodon que son anneau est en réalité l'Anneau unique, instrument du pouvoir de Sauron, le Seigneur Ténèbreux, qui l'a perdu jadis ; s'il devait le retrouver, son pouvoir deviendrait insurmontable. Gandalf presse Frodon de quitter la Comté, qui n'est plus sûre pour lui, et de se mettre en route pour le refuge qu'est Fondcombe, la demeure d'Elrond le Semi-elfe.

Frodon vend sa demeure de Cul-de-Sac, dissimulant son départ sous le prétexte d'un déménagement au Pays de Bouc, à la lisière orientale de la Comté. Accompagné de son jardinier Sam Gamegie et d'un jeune ami, Peregrin Touque (Pippin), il échappe de justesse à plusieurs reprises aux Cavaliers Noirs, serviteurs de Sauron chargés de retrouver l'Anneau. Les trois compagnons atteignent le Pays de Bouc, à l'est de la Comté, où Meriadoc Brandebouc (Merry) se joint à eux, malgré la volonté de Frodon de ne pas exposer ses amis au danger. Les quatre hobbits poursuivent leur route vers l'est, échappant aux dangers de la Vieille Forêt et des Hauts des Galgals grâce à l'énigmatique Tom Bombadil. À Bree, ils font la connaissance de l'étrange Grands-Pas, un ami de Gandalf, qui devient leur guide ; plus tard, il sera révélé qu'il s'agit d'Aragorn fils d'Arathorn, héritier d'Isildur. Les Cavaliers Noirs, toujours à leurs trousses, parviennent à blesser Frodon près du Mont Venteux, mais grâce à l'aide de l'Elfe Glorfindel, il parvient à franchir le gué de Bruinen. Les Cavaliers, qui le suivent de près, sont emportés par une crue soudaine de la rivière, et Frodon s'évanouit.

Frodon se réveille au début du Livre II : il est à Fondcombe, où Elrond l'a soigné. Il y retrouve Bilbon et aperçoit Arwen, l'Étoile du Soir, fille d'Elrond et bien-aimée d'Aragorn. S'ensuit le Conseil d'Elrond, auquel assistent des représentants des principales races de la Terre du Milieu (Elfes, Nains et Hommes). Gandalf leur apprend la trahison de Saroumane, son supérieur dans l'Ordre des Mages, qui recherche l'Unique pour lui-même. Après avoir examiné toutes les possibilités qui s'offrent à eux, les participants au Conseil décident que le seul moyen de vaincre Sauron est de détruire l'Anneau en l'amenant au cœur du Mordor, pays de Sauron, et en le jetant dans la lave des Crevasses du Destin, là où il fut forgé. Frodon se déclare volontaire pour accomplir cette tâche, et une « Communauté de l'Anneau » est formée pour l'accompagner et l'aider : elle comprend Frodon et ses trois compagnons hobbits, Gandalf, Aragorn, Boromir du Gondor, Gimli le nain et Legolas l'elfe.

La compagnie voyage à travers l'Eregion déserte, mais échoue à franchir les Monts Brumeux par le col enneigé du Caradhras. Gandalf la conduit dans les mines de la Moria, ancienne cité naine désormais peuplée par des Gobelins, mais il tombe dans l'abîme en affrontant sur le pont de Khazad-dûm un Balrog, antique créature démoniaque responsable de la ruine de la Moria. La Communauté, désormais menée par Aragorn, quitte la Moria et entre dans le pays elfique de Lothlórien, gouverné par Celeborn et Galadriel. Là, Frodon et Sam regardent dans le miroir de Galadriel et voient des visions du passé, du présent et d'un possible futur. Terrifié par l'Œil de Sauron, Frodon propose de remettre l'Anneau à Galadriel, mais celle-ci surmonte la tentation et refuse. Les Compagnons quittent la Lórien à bord de trois bateaux et descendent le grand fleuve Anduin. Arrivés à hauteur des chutes de Rauros, Boromir tente de s'emparer de l'Anneau, et la Communauté est attaquée par des Orques. Au milieu de cette confusion, Frodon et Sam partent seuls en direction du Mordor.

Résumé trouvé sur Wikipedia.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Du génie de Tolkien…

Oui oui, je n'en démords pas, ce Tolkien, c'est un écrivain de génie comme il s'en fait peu…

De quelle richesse a-t-il pourvu son univers! Tout y est, et en détails, s'il vous plaît! Que ce soit les différentes "races", avec leur histoire, leurs us et coutumes, leurs pays,… Les langues ultra-développées, au point d'être utilisables pour qui y prêt à les apprendre… L'histoire de la Terre du Milieu, poussée à l'extrême, à ce point qu'elle en paraît plausible et presque réelle…

L'auteur nous projette dans un monde qui paraît si peu imaginaire que ç'en est déroutant… et magique! Car s'il n'était la guerre de l'Anneau et les nombreux périls auxquels sont confrontés les personnages, j'aurais bien envie d'y rester, moi, en Terre du Milieu. Partir sur les routes et me laisser emporter de découvertes en découvertes…

Tolkien et sa trilogie, c'est tout mon rêve d'enfant, mon monde, les romans de mon coeur. Je les ai lus pour la première fois très jeune, et s'il me fallut plus de temps que pour un autre roman, ces livres ont tout de suite eu sur moi un effet magnétique d'une puissance rare. L'attrait fut si fort que je les ai relus en anglais quelques années plus tard, et qu'à présent, 19 ans après ma première lecture, je les relis à nouveau avec plaisir!

Il y a tant à dire et tellement peu de mots pour le faire… J'imagine que je pourrai lui faire un hommage plus dithyrambique encore dans ma chronique de récapitulation de la série!

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Parce que ce sont parfois les plus petites personnes qui font les plus grandes choses…

Ce qui frappe en premier lieu dans cette suite de romans, ce sont les personnages. Ce n'est pas pour rien que la race des Hobbits est présentée en guise d'avant-propos. Certes, il s'agit d'une race jamais encore rencontrée dans la littérature, et il était donc bon d'éclairer notre lanterne avant le début du récit. Mais je pense que le but de l'auteur était double. Sans doute voulait-il aussi mettre en exergue ces petites personnes destinées à accomplir de grandes choses. Mettre les Hobbits d'emblée en avant, c'était une manière de suggérer au lecteur qu'ils auront un rôle clé à jouer dans l'histoire.

Et de fait, quel rôle! Les Hobbits sont petits, mais costauds, et certains d'entre eux, sans doute plus ouverts d'esprits que la majeure partie de leurs comparses, se laissent entraîner dans cette quête de liberté. C'est une belle leçon de courage qui nous est livrée à maintes reprises au cours du récit. Du courage, mais aussi une belle philosophie, celle qui se veut ne pas se fier aux apparences, celle qui nous apprend que la grandeur de taille ne fait pas la grandeur d'âme.

On pourrait penser les personnages de Tolkien trop stéréotypés, mais il n'en est rien. Le nain est obtus mais recèle plus de délicatesse et d'amitié qu'on ne l'aurait cru possible, le magicien paraît tout puissant et pourtant il tombe face au Balrog, le rôdeur prend le rôle du super-sauveur dur à cuir, crade et mystérieux, et pourtant on le surprend à être l'ami des elfes, à parler leur langue et à être de sang royal,… Seul Boromir m'a réservé peu de surprises. Attiré d'emblée par le pouvoir de l'Anneau, il ne se départira pas de son désir qu'il pense être pour le bien du Gondor.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Des descriptions magistrales…

Alors oui, certains pourront arguer que lire du Tolkien, ça peut vite devenir rébarbatif à cause des loooooongues descriptions et des poèmes/chansons à tout va.

Oui, certes, il y a des longueurs. Je ne le cache pas, il y a des passages que j'ai survolé…

Ceci dit, je trouve que cela fait partie du charme de l'écriture de Tolkien. Les poèmes et chansons rendent l'histoire plus véridique encore, et puis cela met un peu de lyrisme et de légèreté là où tout est assombri par la guerre et ses périls.

Quant aux descriptions, certains sont justes merveilleuses, tellement complètes qu'on s'y croirait. On voit que Tolkien était un grand amateur de nature. Ses descriptions des bois, des montagnes, des rivières, des plaines… Tout y est d'une justesse impressionnante. Moi qui suis très fan de randonnées et de plein air, j'y trouve vraiment mon compte. Combien de fois n'ai-je imaginé me trouver en Terre du Milieu lorsque je marchais solitaire dans la campagne de chez moi… Il faut dire que là où j'habitais dans le temps, la campagne faisait vraiment penser à la Comté… C'est donc avec délice que je me suis abreuvée de ces descriptions à n'en plus finir. Elles donnent corps au récit, et c'est important en fantasy de pouvoir visualiser avec précision dans quel univers on se trouve.

En résumé…

Les petits plus…

  • La sensation de réalité à la lecture de l'univers de Tolkien.
  • L'univers riche et ultra-développé de la Terre du Milieu.
  • Les personnages attachants et surprenants.
  • La philosophie générale du roman et toutes les leçons qu'on peut en tirer.
  • Les merveilleuses descriptions qui étoffent l'histoire et la rendent plus réelle encore.

Les petits moins…

  • A part quelques petites longueurs dans le récit, je n'en vois pratiquement pas.
Ma note : 9,5/10

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC de l'imaginaire 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC de l'imaginaire 2014

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne Fantasy, catégorie Objet : Le seigneur des ANNEAUX

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne Fantasy, catégorie Objet : Le seigneur des ANNEAUX

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires"

Ceux des eaux mortes. 1, L’or et la toise / Brice Tarvel

Illustration de couverture par Johann Bodin

Illustration de couverture par Johann Bodin

La Fagne est un pays maudit, un pays d'eaux mortes. Deux fois maudit, par la faute des alchimistes qui ont déversé des siècles durant, dans ses rivières et ses marias, les produits de leurs expériences ; par la faute du magicien Vorpil et de son terrible maléfice : lorsqu'en Fagne du Nord, tout ou presque est soumis à un sortilège de grandissement, en Fagne du Sud, c'est un rétrécissement qui frappe choses, bêtes et gens. Dans un paysage aussi lugubre, au milieu d'un grouillement de monstruosités, on peut croiser des traînes-vase à la recherche d'un trésor, une sorcière obèse, ou de jolies demoiselles frappées de la maladie des eaux souillées…

 

Que voilà un roman qui fleure bon la veillée au coin du feu et son lot d'histoires tantôt drôles, tantôt effrayantes que les enfants émerveillés avalent avec un gloutonnerie qui fait plaisir à voir! Les Fagnes, je les connais bien. Ma maison d'enfance était située assez près de ces merveilleuses plaines mi-herbeuses mi-marécageuses, et j'y allais très fréquemment promener. Ce livre est un agréable rappel de ces moments passés à admirer la beauté sauvage de ces contrées et à en apprendre les vieilles légendes qui y sont associées. J'ai d'ailleurs été très étonnée de voir à quel point l'auteur est bien documenté sur cette région. S'il n'y a jamais mis les pieds, je tire mon chapeau bas sur sa démarche documentaire! Tout y est, depuis les descriptions époustouflantes des marécages jusqu'aux légendes sur les nuitons (que je connais mieux sous le nom de nutons). Tout est criant de réalisme, et pourtant…

Pourtant, le plus génial, c'est l'histoire que l'auteur est parvenu à en tirer. Une histoire et des légendes qu'il s'est complètement réapproprié pour créer un univers bien à lui, peuplé de magiciens fous, de sorcières déjantées, de personnages attachants aux histoires souvent tragiques (mais qui, j'en suis sûre, finiront bien), de créatures monstrueuses, de sortilèges surprenants, de maladies effrayantes, de trésors fabuleux et de monarques dégénérés. Le synopsis qui suit n'est que le tout début de l'histoire. Il s'en suivra de nombreuses aventures pleines de rebondissements, que je tairai pour laisser aux futurs lecteurs l'effet de surprise : Le magicien Vorpil, désireux de venger la mort de son maître le roi Storan II, et punir ceux qui profitent de la situation, décide de séparer le royaume de Fagne en deux, la Fagne du Nord et la Fagne du Sud. Sur la Fagne du Nord, il met en place un sortilège de grandissement, et au contraire sur la Fagne du Sud, c'est un sortilège de rapetissement. Pour palier à ce problème, un alchimiste a inventé un antidote appelé le Toiseur, qui permet à tout qui le boit de retrouver une taille normale. L'aventure commence avec deux personnages, Jodok et Clincorgne, deux traînes-vase qui souhaitent trouver une grande quantité de Toiseur dont il ont besoin pour s'emparer d'un trésor. Ils vont trouver Renelle, une sorcière obèse réputée pour son savoir-faire dans la préparation du remède. Mais celle-ci, entendant parler de trésor, décide de les devancer à leur insu…

Ce qui rend la lecture aussi agréable, c'est aussi, évidemment, le style d'écriture inimitable de Brice Tarvel. Si son histoire est unique, sa manière de l'écrire lui est aussi propre. Il convient de bien s'accrocher, au début, car on peut être de prime abord dérouté par le style employé par l'auteur tant il foisonne de termes peu usités, obsolètes, voire des néologismes propres à Tarvel. Le tout parvient à immerger le lecteur dans un univers suranné aux senteurs de feu de bois et de bonne cuisine paysanne. Je me suis plu tout au long du récit à imaginer mon appartement métamorphosé en chaumine, mon canapé en banquette chauffée au coin de l'âtre, et mon chat Tolkien en quelque créature mi-féline, mi-fantastique. Mais on ne saurait se figurer, par cette courte description, la touche rustique que l'écriture apporte au récit, il me faut donc vous dévoiler un extrait :

"Ils furent dehors, sous la pluie toujours battante, avec une douzaine de mioches d'illusion marchant sur leurs talons. Les gouttes tombées des nues d'encre traversaient les silhouettes malingreuses sans dévier leur trajectoire et les pieds des gosselots n'imprimaient aucune marque dans la bouillasse. La Renelle se tenait plus droite. Ses yeux brillaient moins et ses lèvres ne laissaient plus échapper de répugnantes coulures.

– Tu peux me lâcher le col, paladin des nénuphars, grommela la sorcière. Crois-tu que je vais me mettre à courir comme une chevrette pour fuir ta goujaterie?

Jodok obtempéra. Clincorgne s'était déjà engouffré dans l'écurie et il en ressortit bientôt en menant les gonches par le mors.

– On va chez moi, décida Renelle. C'est toujours dans ma chaumine que je traite les affaires sérieuses et on y sera plus quiets que sous ce déluge qui me glace les mamelles.

Un rapace nocturne lançait des notes lugubres très loin dans les profondeurs du marais. Les marmots fantômes se diluaient lentement, comme étrillés par un vent discret qui n'existait pas plus qu'eux.

Ils se mirent en route, Jodok et Clincorgne installés sur les gonches, avec la Renelle qui marchait devant eux en se dandinant. pour son seul usage, la commère marmonnait des mots que la nuit épongeait aussitôt."

Petite cerise sur le gâteau, une chose que j'adore trouver dans les romans que je lis : une foultitude de créatures sorties de l'imagination de l'auteur! Les gonches, par exemple, dont il est notamment question dans l'extrait ci-plus haut, sont des bêtes de monte mi-cheval, mi-dragon. On peut aussi dénombrer les cochons bleus, le dieu Mûm qui oblige ses fidèles à subir le sortilège de grandissement sans jamais user du Toiseur, le Grand Grimacier, créature de légende très redoutée qui hante les marais et fait chavirer les embarcations, les vampires du pays d'Obscurie, les chimères dont les peaux sont utilisées en magie, les nuitons, les serpents d'eau, les aquachiens et les aquaboucs, les palusaures… et de nombreuses autres à découvrir.

Seul petit bémol : une certaine cruauté qui plombe un peu parfois l'ambiance déjà très lourde de l'univers du royaume de Fagne. Mais c'est sans doute moi qui apprécie de moins en moins les scènes sanglantes…

Ceci n'est que le premier tome de la série, et il me paraît évident que les autres tomes ne tarderont pas à rejoindre ma PAL et suivront en chronique dans peu de temps sur mon blog. Cette série est pour moi un must-have!

 

Ma note : 9/10

 

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Vers d'autres chroniques…

Ceux des eaux mortes. 1, L'or et la toise / Brice Tarvel

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", pour la session 16 de mai 2013, où le mot était "mort".

Ceux des eaux mortes. 1, L'or et la toise / Brice Tarvel

Lu aussi dans le cadre du challenge "Les lieux imaginaires 2013", dans la catégorie "Lieux imaginaires après 1950".

Kane, l’intégrale. Tome 1 / Karl Edward Wagner

Kane, l'intégrale. Tome 1 / Karl Edward Wagner

Résumé de couverture :

Il s'appelle Kane.

Certains racontent qu'il est invincible, voire immortel : que la pierre de sang qu'il porte au doigt lui confère un pouvoir surhumain. Il en est même pour affirmer qu'il aurait Jhaniikest, la sorcière ailée, pour maîtresse.

Il s'appelle Kane et ne se reconnaît ni dieu ni maître.Seuls ses rêves de conquêtes et d'aventures le mènent de par le monde. Et aucun de ceux qui l'ont affronté en combat singulier n'est encore là pour s'en venter.

Il s'appelle Kane et voici son histoire.

Ma chronique :

Il s'appelle Kane et voici son histoire… Voilà qui me fait penser à une certaine série américaine, New York section criminelle je crois, où le générique termine par "voici leurs histoires…". Oui, sauf que l'histoire de Kane, on ne pourra jamais l'écrire en entier. Sans trop dévoiler l'intrigue, je peux déjà dire que ce que les gens racontent, selon le résumé de couverture ci-plus haut , n'est pas dépourvu de vérité. Kane a une longue, très longue histoire derrière lui, d'où son expérience apparemment sans limite. Voici donc ses histoires, ou mieux, voici quelques bribes de ses nombreuses aventures.

Ce que je peux dire de Kane, et qui ne se devine pas dans les premières 100 pages du roman, c'est qu'il s'agit tout simplement d'un antihéros. Un antihéros déceptif qui plus est. Le début du roman laisse entrevoir un Kane plein de qualités, d'expérience, de force, de soif d'aventure… sans compter son physique de barbare irlandais plus qu'avantageux (cent cinquante kilos de muscles, d'os et de chair humaine nous dit-on, vous rendez-vous compte?). Seulement voilà, au fur et à mesure que la première aventure se déroule, on se rend compte que Kane n'est pas toujours doué des meilleurs intentions. Son but principal est de s'amuser, parfois au détriment de la paix du monde et du bonheur de ses habitants. Je me suis parfois demandée à quel jeu il jouait, quel intérêt il servait, jusqu'à m'apercevoir que l'expression "ni dieu ni maître" lui va comme un gant. Il n'obéit en fait qu'à lui-même, surtout à son besoin de remplir le grand vide de son ennui. Mais quand je dit déceptif, ce n'est pas que j'ai été déçue par le roman ou par le personnage. C'est juste que les attentes du lecteur par rapport à sa vision d'un véritable héros, et par rapport aux qualités que nous laisse entrevoir Kane sont bousculées, voire balayées, au fur et à mesure que l'histoire avance et que le caractère de Kane ressort.

De l'histoire et du roman en eux-mêmes, sinon, je ne suis pas déçue du tout. L'écriture est plus qu'agréable à lire. Cela faisait longtemps, d'ailleurs, que je n'avais plus lu un livre pour lequel j'ai du ouvrir mon dictionnaire. Le style est assez fouillé, et on peut tomber sur quelques mots moins connus de notre belle langue française. Pour moi, ce fut le cas pour "coruscant" (et je ne parle pas de la planète dans Star Wars…) qui signifie brillant, étincelant. Dès le prologue on ne peut être que séduit par le style de l'auteur : "Sur des lieux sans nombre, la forêt érigeait sa suprématie. Des arbres géants tendaient leurs branches vers les cieux, luttant pour atteindre le soleil et l'air libre. Sous leurs frondaisons épaisses existait un autre monde que celui de la voûte céleste – le crépuscule du sol de la forêt. Là, la fraîcheur de la pénombre n'était rompue que par des rais de soleil sporadiques qui filtraient à travers les feuillages pour être absorbés dans l'épais tapis d'humus et d'aiguilles de pin qui nappait le sol. Aucun sous-bois ne se développait, sinon aux endroits où un géant arborescent s'était abattu en déchirant une brèche dans la canopée, à travers laquelle se déversait un soleil jaune. Alors, pendant un bref moment, un linceul de broussailles prospérait sur la richesse du terreau à côté du tronc en putréfaction, jusqu'à ce que les branches colmatent la trouée et asphyxient les rayons dispensateurs de vie." Là, je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai déjà l'impression de me trouver dans la forêt…

L'auteur ne fait pas que dans le poétique cependant, en témoignent les rudes scènes de batailles pouvant s'avérer très gores : "Son assaillant se maintint en selle, non sans difficulté, lui aussi. Kane balança sa hache en une courbe meurtrière quand ils vinrent au contact. Le lourd bec-de-faucon du talon de l'arme creva la grille de la visière sur l'armet de l'autre. Kane hala le manche, manquant de perdre prise, tandis que les chevaux se croisaient avec fracas. Le bec-de-faucon se dégagea dans une giclée de cervelle." On voit aussi l'excellente connaissance de l'auteur du vocabulaire de la guerre et des armes. Outre les nombreuses scènes de batailles, on voit apparaître également des scènes de la vie en temps de guerre, dont certaines très cruelles, tellement tordues qu'elles vous soulèvent le coeur : "Chaque matin, on exposait la tête des personnes soupçonnées de déloyauté envers Ortède et, par voie de conséquence, envers Sataki. Les enfants du Chapelli ne tardaient pas à trouver de nouveaux jeux avec ces terribles trophées. "Celle-ci est presque inutilisable", lui [Kane] dit-il, et il lui indiqua du doigt la rangée de têtes plantées le long du rempart de la ville. "Tu ferais mieux de la remettre à sa place et de te trouver une autre balle." "Oh non, monsieur, répondit la petite fille en prenant la tête malmenée. Celle-ci, je veux la garder. C'est ma maman." Personnellement, j'ai trouvé cela affreux… (Encore une fois le résumé de couverture ne mentait pas, on pourrait presque se trouver dans New York section criminelle…).

Ce premier tome de l'intégral comporte deux histoires : Pierre-de-sang, et la Croisade des ténèbres.

Dans Pierre-de-sang, Kane trouve une bague qui lui donne accès à une science ancienne capable de lui conférer un pouvoir presque illimité. Presque… Dans La Croisade des ténèbres, un voleur, Ortède, est possédé par une créature ancienne, un sorte de démon, et cherche, au travers d'une guerre "sainte", à rallier un maximum de fidèles. La recherche du pouvoir absolu est effectivement omniprésente dans ces deux récits où rien n'est à jeter. Et dans chaque récit, il est des personnages auxquels on apprend à s'attacher (Térès dans le premier, très masculine et vulgaire, et qui devient peu à peu plus féminine et fragile, et puis Jarvo à l'amour déçu dans le second) et d'autres que l'on apprend à haïr (surtout Ortède dans le second, à qui l'on a envie de donner des baffes, et Esketra pour son attitude hautaine et volage).

En résumé, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce premier tome, et j'ai hâte de pouvoir acheter les deux suivants! On se retrouvera donc vite pour les chroniques de la suite 🙂

Lu dans le cadre du challenge "Les lieux imaginaires 2013".

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Kane, l'intégrale. Tome 1 / Karl Edward Wagner