Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

Résumé

Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée. Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, AEdan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries. Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du coeur humain.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Mis au programme du Baby challenge Fantasy 2014 chez Livraddict, ce livre m'a d'emblée parlé. Le fait que ce soit un recueil de nouvelles n'y est pas étranger, de même que la couverture de l'édition Folio SF, qui finalement reflète si bien le contenu de l'ouvrage.

La première phrase…

Le voici brutalement dressé, haletant, les yeux écarquillés sur la pénombre des appartements royaux.

Un trésor de recueil…

C'est incroyable comme certains auteurs ont le chic pour happer le lecteur d'entrée de jeu, de le faire prisonnier de l'histoire jusqu'au moment où l'aventure prend fin. Jean-Philippe Jaworski est de ces auteurs-là.

De part une stylistique raffinée, un sens aigu du rythme et un talent fou pour les intrigues qui tiennent en haleine, Jaworski nous offre une plongée vertigineuse au cœur des Vieux Royaumes, son univers. Ce ne sera pas une plongée agréable, il faut le dire. La beauté des mots et des métaphores fait tourner la tête, certes, mais c'est un univers dur et sombre que l'on découvre. Un monde fait de rouille et d'os, de sang et de mort, de trahisons, de promesses déçues, de pleurs et de larmes, un monde où l'air est saturé de l'odeur de la chair mise à nu, où retentissent le fracas des armures et des glaives. On en ressort grisé, mais quelque part un peu sali. Jaworski cherche le réalisme, et son objectif est pleinement atteint. Tout est si réel qu'on se croirait presque revenu 800 ans en arrière, au temps des châteaux forts et des chevaliers. Non, non, pas le Moyen âge décrit dans de si nombreux romans, ce Moyen âge idéalisé dont rêvent les enfants et dont l'image est véhiculée par ces fêtes médiévales trop légères pour être représentatives de l'époque. Jaworski nous parle du Moyen âge tel qu'il a réellement dû être. Par ces récits, l'on comprend pour quoi cette période a été surnommée "L'âge sombre".

Autre trait qui mérite d'être souligné, c'est que chaque nouvelle apporte quelque chose de différent au lecteur, chacune montre une facette nouvelle des Vieux Royaumes. Que l'on soit plongé au coeur de l'ancien royaume de Léomance, proche de notre Grèce antique, en Ciudalia, contrée proche de l'Italie que l'on connait tous, où à Bourg-Preux, chaque nouvelle apporte sa pierre à l'édifice de l'univers de Jaworski.

Je vous propose donc un petit aperçu de chaque nouvelle, juste quelques petites perles du grand trésor de guerre…

Janua vera…

"Un spasme de panique absolue. Les yeux exhorbités, il réalise qu'il ne dort pas. Son coeur cogne sa poitrine à tout rompre, il a du mal à trouver son souffle, tout son être se dilate d'horreur. Son corps baigne dans une sueur aigre, qui sent la fièvre, la déchéance, des remugles de morbidité et d'angoisse. Réfugiée dans un coin obscur de l'appartement royal, la favorite sanglote et tremble. Une pluie diluvienne fouette les vitraux et leurs croisillons de plomb : des milliers de doigts d'os, qui tambourinent avec une obstination rageuse les coloris éteints par la nuit."

Mauvaise donne…

"L'endroit n'est pas sans poésie, pour qui a le coeur bien accroché. Certes, tout cela sent la poussière, la moisissure, la pierre pourrie, la charogne sèche. Des profanateurs sont passés par là, et l'on trébuche souvent dans les débris d'un sarcophage brisé, dans des fagots d'ossements. En d'autres zones, l'air sec ou la richesse en poison de la roche ont momifié des corps. Au détour d'une niche ou d'une arche basse, la lueur fantasque de la bougie vous épie révèle soudain une chevelure roussie, un écorché de cuir, le sourire railleur d'un masque parcheminé, qui vous épie entre ses paupières mi-closes. Cette compagnie est plutôt sinistre, mais les catacombes n'exsudent pas l'atmosphère effroyable des sanctuaires du Desséché."

Le service des dames…

"A côté du chevalier, la dame de Bregor se tenait raide comme une statue. Le vent rebroussait parfois le poil soyeux de son hermine, jouait avec quelques cheveux follets échappés à son peigne ; mais la baronne conservait une rigidité de sentinelle, l'oeil fixé sur les lointains, aiguisé comme celui d'un rapace. Il y eut un moment sans parole, tout entier empli par la rumeur complexe du monde : le sifflement des tourbillons dans la charpente, la picorée d'une pluie lourde sur les lauzes, le grincement criard des girouettes, le murmure des forêts ébrouées. Ce fut un moment où le chevalier et la dame semblèrent soudain proches. Ils n'eurent pas un geste, peut-être pas même une pensée l'un pour l'autre ; mais leurs visages durs, tournés vers l'âpreté de ce paysage trop vaste, parurent soudain nus et semblables."

Une offrande très précieuse…

"Il boitilla jusqu'au cheval mort et arracha le scramasax. Il l'essuya rapidement, le rangea dans son fourreau, puis, après un coup d'oeil circulaire pour s'assurer que personne d'autre ne le menaçait, il claudiqua vers les bois les plus épais. Il s'enfonça sous les frondaisons lourdes, somnolentes, figées dans un crépuscule perpétuel, là où même la pluie ne se faufilait qu'en gouttes éparses. Le chant brutal du fer, des cris de ralliement et des hurlements d'agonie devint fantomatique, échos de guerre dans une forêt assoupie. Mais tout danger ne semblait pas écarté ; Cecht devina une silhouette furtive qui se glissait entre les troncs noirâtres, à une portée de javelot devant lui. Il ne voyait pas très bien l'intrus, il affermit sa hache dans son poing, prêt à balayer l'obstacle."

Le conte de Suzelle…

"Elle ne perdit guère de temps à remâcher sa colère ; alors qu'elle tordait sa robe pour en essorer l'eau, elle aperçut un gros taillis de mûriers. Elle en oublia de se sécher, et fila se gaver de mûres. Les joues poisseuses d'un jus rose, elle retourna au soleil, dans un pré, pour se réchauffer. Elle cueillit des fleurs des champs, s'en fit une couronne, puis s'en alla baguenauder dans les bois. Elle connaissait tous les coins à champignons de Giraucé, et partait souvent en quête de cercles de fées quand il avait plu. Mais ce jour-là, l'après-midi était chaud et ensoleillé, et sa quête se révéla infructueuse. Elle visita le chêne creux de Chenançay, chassa l'écrevisse dans un ruisseau frais comme une bise d'hiver, rôda dans une clairière où, parfois, au crépuscule, venait jouer un couple de renards."

Jour de guigne…

"En chemin, une poisse opiniâtre s'acharna sur lui. Bien qu'il ait pris le soin de raser les murs sous les encorbellements, la tête entre les épaules et l'échine basse, un seau d'ordures et d'eaux usées déversé d'un troisième étage vint le gifler de plein fouet. Dans la Rue-Qui-Grimpe, son justaucorps imprégné d'un parfum entêtant (fleur de graillon relevée par une pointe de pissou nocturne, avec garniture de vieilles épluchures) vint chatouiller le flair d'une bande de chiens errants, qui témoignèrent de leur curiosité de façon fort importune."

Un amour dévorant…

"C'est dans le clair-obscur que le drame se noue : car les deux ombres qui courent dans le bois ne se manifestent pas n'importe comment. Elles peuvent crier de jour comme de nuit, mais c'est toujours dans une atmosphère crépusculaire et incertaine, un entre-deux aqueux qui plonge le paysage dans une somnolence brouillée. Les jours de grand soleil, les nuits bien noires sont sans danger. Mais que la brume se lève, que la grisaille d'hiver éteigne le jour, qu'une lune blonde épande sa luminosité fantôme dans la forêt nocturne : alors, collines et coteaux se peuplent de longs appels rageurs ou implorants, dont les échos s'étirent dans les halliers et les sous-bois."

Le confident…

"Je suis allongé sur une table de pierre, comme un gisant sur un tombeau. Cette couche dure est située au centre d'une pièce voûtée, longue de douze pas et large de quatre. A chaque extrémité, une porte basse donne sur un corridor qui communique avec le reste du complexe. Je n'ai jamais vu l'endroit où je réside, car la lumière n'a pas pénétré en ces lieux de mon vivant ni du vivant de mes prédécesseurs ; mais, dans les premiers temps de ma réclusion, je me levais encore, et je parcourais mon domaine à tâtons. Sous mes doigts, je sentais les aspérités granuleuses de la pierre, les vides réguliers des alcôves creusées dans les murs ; et parfois, ma main rencontrait la sécheresse dépouillée des ossements."

Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

En résumé…

Les petits plus…

  • Stylistique et vocabulaire raffinés
  • Rythme très soutenu des récits
  • Des nouvelles qui captivent le lecteur du premier mot au dernier

Les petits moins…

  • Je ne trouve pas grand chose à redire, en réalité…
Ma note : 9,5/10 TROISIÈME COUP DE CŒUR 2014!!!

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 organisé par Livraddict

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 organisé par Livraddict

Lu aussi dans le cadre du challenge ABC 2014 des littératures de l'imaginaire, lettre J.

Lu aussi dans le cadre du challenge ABC 2014 des littératures de l'imaginaire, lettre J.

La quête d’Ewilan. Tome 1, D’un monde à l’autre / Pierre Bottero

La quête d'Ewilan. Tome 1, D'un monde à l'autre / Pierre Bottero

Résumé…

Camille est une jeune surdouée de 13 ans (presque 14) aux grands yeux violets. Elle n'a pas connaissance de ses fabuleux pouvoirs, et vit chez les Duciel, sa famille d'adoption si peu aimante. Un jour, alors qu'elle manque de se faire écraser par un camion, Camille se retrouve téléportée dans un monde parallèle nommé L'Empire de Gwendalavir. Elle apprend alors qu'elle est en réalité Ewilan Gil' Sayan, fille d'Elicia et Altan Gil' Sayan et qu'elle est née dans cet autre monde. Mais pour la protéger d'une guerre naissante, ses parents l'ont envoyée, ainsi que son frère, dans le nôtre, bloquant ses souvenirs. Ils ont confié leurs deux enfants à des familles différentes afin qu'ils n'aient aucun contact. C'est dans son monde d'origine qu'Ewilan, accompagnée de Salim son meilleur ami, rencontre Edwin Til' Illan et d'autres compagnons, et qu'elle apprend que la situation de l'Empire est critique.

Le fonctionnement de l'Empire repose en grande partie sur l'Art du Dessin. Cet art qui offre à qui le maîtrise un grand pouvoir, s'utilise au moyen d'une autre dimension : l'Imagination. Les Ts'liches, des créatures maléfiques appartenant à une race vieille de plusieurs millénaires qui subsiste aux dépens d'autres espèces plus ou moins civilisées, ont corrompu les plus puissants Dessinateurs du pays: les Sentinelles, laissant l'Empire affaibli. Cherchant à éliminer toute possibilité de résistance, ces créatures maléfiques ont bloqué l'Imagination. Le bras armé des Ts'liches est un peuple quasi sauvage : les Raïs, race n'ayant d'humanoïde que la forme, gouvernée par des rois fous et sanguinaires dont les sujets ne pensent qu'à s'entretuer. Exhortés par le pouvoir des Ts'liches, ils mènent des attaques au Nord que les armées alaviriennes peinent de plus en plus à contenir. Ewilan se voit donc chargée d'une mission primordiale : libérer les Sentinelles et sauver l'Empire de la menace Ts'liche.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Depuis de nombreuses années, lorsque je flâne dans les librairies à la recherche de nouvelles conquêtes, j'aime passer au rayon jeunesse baver sur les magnifiques couvertures. La couverture de ce livre-ci n'est pas exceptionnelle, mais c'est le nom qui m'a marquée, Ewilan… Je trouvais ça mignon, et ça me donnait envie de les lire, mais j'étais réticente à l'idée de lire des romans jeunesse – stupides idées préconçues!

Cette année, participant au Baby challenge 2014 fantasy sur LivrAddict, j'ai été heureusement surprise de constater que la série de La quête d'Ewilan était reprise dans la liste de séries à lire. C'est donc avec joie que j'ai sauté sur l'occasion!

La première phrase…

"Camille était âgée exactement de quatre mille neuf cents jours, soit un peu plus de treize ans, la première fois qu'elle effectua "le pas sur le côté"."

Des personnages attachants…

La première chose qui m'a frappée en entamant cette lecture, c'est le caractère de Camille/Ewilan… J'adore ce type de personnage féminin, elle a beaucoup de caractère et au moins ne se laisse-t-elle pas manger son biscuit! Sans compter qu'elle est intelligente, bien au-delà des normes, vive, sûre d'elle, ingénieuse, très mature pour son âge, sensible et pourtant dure à cuir, on peut même dire belle, compte tenu des descriptions qu'en fait Monsieur Bottero. Tout pour plaire, autrement dit.

En ce qui concerne Salim, j'aime à dire qu'il est un peu le Sam Gamegie d'Ewilan (même si elle-même n'a pas du tout le caractère de Frodon) – mis à part peut-être les sentiments amoureux, et encore 😉 Il est d'une loyauté et d'une fidélité indéfectibles, à l'écoute, toujours prêt à dédramatiser les situations pour aider Ewilan à mieux les supporter. Lui aussi plutôt mature pour son âge, il aime détendre l'atmosphère à grands renforts de boutades et de cabrioles. Ce n'est pas pour autant qu'il n'est pas sérieux, car rien au monde ne pourrait le détourner de sa volonté d'aider son amie. Et petit plus, j'apprécie beaucoup le fait qu'il soit de type africain, c'est une caractéristique peu rencontrée en fantasy, et ça fait plaisir de voir que ce n'est pas une généralité!

J'aime beaucoup la relation qu'entretient Camille avec Salim. Je les trouve touchants, tous les deux réunis par la vie difficile qu'ils mènent et le désir de s'en sortir, puis réunis par l'arrivée de cette aventure inédite dans laquelle ils sont tous deux impliqués, et pour finir les sentiments qui naissent sur la base de cette belle amitié, ou du moins le soupçonne-t-on…

A côté des deux héros principaux, on rencontre quelques personnages type… La vilaine famille d'adoption qui n'a pas un pet d'affection, la famille africaine surpeuplée pour qui l'écoute et l'attention est en option, des monstres dégoûtants très méchants, un super héros qui n'a pas l'air fort mais qu'il ne faut quand même pas trop chercher, un vieux sage qui fait office de guide spirituel, un chevalier fanfaron et peu doué mais qui a un coeur d'or, une jeune femme guerrière… Ce sont peut-être des personnages "type", mais il n'empêche qu'ils sont tous attachants à leur manière, ou détestables, c'est selon…

Un concept qui fait mouche…

Une fois les principaux personnages découverts, une autre chose qui frappe, c'est le concept sur lequel se base l'histoire. Certes, des récits d'univers parallèles, ça pullule plutôt pas mal, mais cet univers-ci a quelque chose de spécial que les autres n'ont pas 😉

Cet univers-ci possède le dessin. Nous aussi, me direz-vous, mais pas de la même façon. Quand nous autres, humains, dessinons, il s'agit de tracer de jolis motifs avec de belles couleurs sur un support, et d'exposer le résultat pour faire joli – un résumé plutôt pourri de l'art du dessin, mais soit. A Gwendalavir (c'est ainsi que se nomme l'univers parallèle en question), les gens dessinent dans leur tête, en entrant dans un domaine appelé l'Imagination. En suivant les spires, qui sont des sortes de sentiers au sein de ce domaine, ils peuvent créer des éléments dans leur tête et les transposer dans la réalité. Envie d'une barbe à papa? C'est facile, il suffit de l'imaginer, et hop! Vous êtes servis… Un ennemi à contrer? Rien de plus simple! Vous imaginez qu'il s'empêtre dans un roncier, ou qu'il est emporté par une vague géante, et le tour est joué! Heureusement, tout le monde à Gwendalavir ne sait pas dessiner, et dans le lot de ceux qui savent, tout le monde n'a pas le même niveau…

J'avoue que j'ai adoré ce concept!! C'est terriblement original, et ça laisse place à tout un tas de rebondissements incroyables et géniaux. Personnellement, quand je lis les passages où Ewilan se sert du dessin, je mets la tête des quelques rares personnes que je n'aime pas sur le corps de ses ennemis, et je laisse l'action du livre me défouler… Ca fait tout simplement rêver 🙂 Sans compter toutes les applications pacifiques que ce don pourrait avoir…

Mais pourquoiiiii ça n'existe pas vraiment?!?

En résumé…

Les petits plus :

  • Un univers et un concept génial! Merci Monsieur Bottero…
  • Des personnages très attachants.
  • Une belle histoire d'amitié et du rêve à revendre.

Les petits moins… Faut-il qu'il y en ait? Bon OK je me lance…

  • Les personnages parfois un peu trop stéréotypés.

C'est tout? Ah bon… ben oui, c'est tout!

Ma note : 9/10

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 de LivrAddict.

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 de LivrAddict.

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Prénom : La quête d'EWILAN

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Prénom : La quête d'EWILAN

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC 2014 de l'Imaginaire, avec la lettre Q, la Quête d'Ewilan (oui, j'ai utilisé une des trois tricheries pour celui-ci...).

Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC 2014 de l'Imaginaire, avec la lettre Q, la Quête d'Ewilan (oui, j'ai utilisé une des trois tricheries pour celui-ci…).

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Les mondes imaginaires après 1950.

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires 2013", catégorie Les mondes imaginaires après 1950.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l’anneau / J. R. R. Tolkien

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

En résumé…

Après un long prologue décrivant les Hobbits et leurs mœurs, le passé de la Terre du Milieu et un rapide résumé des aventures de Bilbon Sacquet, le Livre I s'ouvre sur le cent onzième anniversaire de ce dernier, soixante années après les événements décrits dans Le Hobbit. Au cours de la réception, Bilbon s'éclipse grâce à l'invisibilité que lui confère son anneau magique et quitte Hobbitebourg, laissant tous ses biens, anneau compris, à son neveu et héritier désigné, Frodon Sacquet. Dix-sept ans plus tard, leur vieil ami, le magicien Gandalf le Gris, révèle à Frodon que son anneau est en réalité l'Anneau unique, instrument du pouvoir de Sauron, le Seigneur Ténèbreux, qui l'a perdu jadis ; s'il devait le retrouver, son pouvoir deviendrait insurmontable. Gandalf presse Frodon de quitter la Comté, qui n'est plus sûre pour lui, et de se mettre en route pour le refuge qu'est Fondcombe, la demeure d'Elrond le Semi-elfe.

Frodon vend sa demeure de Cul-de-Sac, dissimulant son départ sous le prétexte d'un déménagement au Pays de Bouc, à la lisière orientale de la Comté. Accompagné de son jardinier Sam Gamegie et d'un jeune ami, Peregrin Touque (Pippin), il échappe de justesse à plusieurs reprises aux Cavaliers Noirs, serviteurs de Sauron chargés de retrouver l'Anneau. Les trois compagnons atteignent le Pays de Bouc, à l'est de la Comté, où Meriadoc Brandebouc (Merry) se joint à eux, malgré la volonté de Frodon de ne pas exposer ses amis au danger. Les quatre hobbits poursuivent leur route vers l'est, échappant aux dangers de la Vieille Forêt et des Hauts des Galgals grâce à l'énigmatique Tom Bombadil. À Bree, ils font la connaissance de l'étrange Grands-Pas, un ami de Gandalf, qui devient leur guide ; plus tard, il sera révélé qu'il s'agit d'Aragorn fils d'Arathorn, héritier d'Isildur. Les Cavaliers Noirs, toujours à leurs trousses, parviennent à blesser Frodon près du Mont Venteux, mais grâce à l'aide de l'Elfe Glorfindel, il parvient à franchir le gué de Bruinen. Les Cavaliers, qui le suivent de près, sont emportés par une crue soudaine de la rivière, et Frodon s'évanouit.

Frodon se réveille au début du Livre II : il est à Fondcombe, où Elrond l'a soigné. Il y retrouve Bilbon et aperçoit Arwen, l'Étoile du Soir, fille d'Elrond et bien-aimée d'Aragorn. S'ensuit le Conseil d'Elrond, auquel assistent des représentants des principales races de la Terre du Milieu (Elfes, Nains et Hommes). Gandalf leur apprend la trahison de Saroumane, son supérieur dans l'Ordre des Mages, qui recherche l'Unique pour lui-même. Après avoir examiné toutes les possibilités qui s'offrent à eux, les participants au Conseil décident que le seul moyen de vaincre Sauron est de détruire l'Anneau en l'amenant au cœur du Mordor, pays de Sauron, et en le jetant dans la lave des Crevasses du Destin, là où il fut forgé. Frodon se déclare volontaire pour accomplir cette tâche, et une « Communauté de l'Anneau » est formée pour l'accompagner et l'aider : elle comprend Frodon et ses trois compagnons hobbits, Gandalf, Aragorn, Boromir du Gondor, Gimli le nain et Legolas l'elfe.

La compagnie voyage à travers l'Eregion déserte, mais échoue à franchir les Monts Brumeux par le col enneigé du Caradhras. Gandalf la conduit dans les mines de la Moria, ancienne cité naine désormais peuplée par des Gobelins, mais il tombe dans l'abîme en affrontant sur le pont de Khazad-dûm un Balrog, antique créature démoniaque responsable de la ruine de la Moria. La Communauté, désormais menée par Aragorn, quitte la Moria et entre dans le pays elfique de Lothlórien, gouverné par Celeborn et Galadriel. Là, Frodon et Sam regardent dans le miroir de Galadriel et voient des visions du passé, du présent et d'un possible futur. Terrifié par l'Œil de Sauron, Frodon propose de remettre l'Anneau à Galadriel, mais celle-ci surmonte la tentation et refuse. Les Compagnons quittent la Lórien à bord de trois bateaux et descendent le grand fleuve Anduin. Arrivés à hauteur des chutes de Rauros, Boromir tente de s'emparer de l'Anneau, et la Communauté est attaquée par des Orques. Au milieu de cette confusion, Frodon et Sam partent seuls en direction du Mordor.

Résumé trouvé sur Wikipedia.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Du génie de Tolkien…

Oui oui, je n'en démords pas, ce Tolkien, c'est un écrivain de génie comme il s'en fait peu…

De quelle richesse a-t-il pourvu son univers! Tout y est, et en détails, s'il vous plaît! Que ce soit les différentes "races", avec leur histoire, leurs us et coutumes, leurs pays,… Les langues ultra-développées, au point d'être utilisables pour qui y prêt à les apprendre… L'histoire de la Terre du Milieu, poussée à l'extrême, à ce point qu'elle en paraît plausible et presque réelle…

L'auteur nous projette dans un monde qui paraît si peu imaginaire que ç'en est déroutant… et magique! Car s'il n'était la guerre de l'Anneau et les nombreux périls auxquels sont confrontés les personnages, j'aurais bien envie d'y rester, moi, en Terre du Milieu. Partir sur les routes et me laisser emporter de découvertes en découvertes…

Tolkien et sa trilogie, c'est tout mon rêve d'enfant, mon monde, les romans de mon coeur. Je les ai lus pour la première fois très jeune, et s'il me fallut plus de temps que pour un autre roman, ces livres ont tout de suite eu sur moi un effet magnétique d'une puissance rare. L'attrait fut si fort que je les ai relus en anglais quelques années plus tard, et qu'à présent, 19 ans après ma première lecture, je les relis à nouveau avec plaisir!

Il y a tant à dire et tellement peu de mots pour le faire… J'imagine que je pourrai lui faire un hommage plus dithyrambique encore dans ma chronique de récapitulation de la série!

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Parce que ce sont parfois les plus petites personnes qui font les plus grandes choses…

Ce qui frappe en premier lieu dans cette suite de romans, ce sont les personnages. Ce n'est pas pour rien que la race des Hobbits est présentée en guise d'avant-propos. Certes, il s'agit d'une race jamais encore rencontrée dans la littérature, et il était donc bon d'éclairer notre lanterne avant le début du récit. Mais je pense que le but de l'auteur était double. Sans doute voulait-il aussi mettre en exergue ces petites personnes destinées à accomplir de grandes choses. Mettre les Hobbits d'emblée en avant, c'était une manière de suggérer au lecteur qu'ils auront un rôle clé à jouer dans l'histoire.

Et de fait, quel rôle! Les Hobbits sont petits, mais costauds, et certains d'entre eux, sans doute plus ouverts d'esprits que la majeure partie de leurs comparses, se laissent entraîner dans cette quête de liberté. C'est une belle leçon de courage qui nous est livrée à maintes reprises au cours du récit. Du courage, mais aussi une belle philosophie, celle qui se veut ne pas se fier aux apparences, celle qui nous apprend que la grandeur de taille ne fait pas la grandeur d'âme.

On pourrait penser les personnages de Tolkien trop stéréotypés, mais il n'en est rien. Le nain est obtus mais recèle plus de délicatesse et d'amitié qu'on ne l'aurait cru possible, le magicien paraît tout puissant et pourtant il tombe face au Balrog, le rôdeur prend le rôle du super-sauveur dur à cuir, crade et mystérieux, et pourtant on le surprend à être l'ami des elfes, à parler leur langue et à être de sang royal,… Seul Boromir m'a réservé peu de surprises. Attiré d'emblée par le pouvoir de l'Anneau, il ne se départira pas de son désir qu'il pense être pour le bien du Gondor.

Le Seigneur des anneaux. Tome 1, La Communauté de l'anneau / J. R. R. Tolkien

Des descriptions magistrales…

Alors oui, certains pourront arguer que lire du Tolkien, ça peut vite devenir rébarbatif à cause des loooooongues descriptions et des poèmes/chansons à tout va.

Oui, certes, il y a des longueurs. Je ne le cache pas, il y a des passages que j'ai survolé…

Ceci dit, je trouve que cela fait partie du charme de l'écriture de Tolkien. Les poèmes et chansons rendent l'histoire plus véridique encore, et puis cela met un peu de lyrisme et de légèreté là où tout est assombri par la guerre et ses périls.

Quant aux descriptions, certains sont justes merveilleuses, tellement complètes qu'on s'y croirait. On voit que Tolkien était un grand amateur de nature. Ses descriptions des bois, des montagnes, des rivières, des plaines… Tout y est d'une justesse impressionnante. Moi qui suis très fan de randonnées et de plein air, j'y trouve vraiment mon compte. Combien de fois n'ai-je imaginé me trouver en Terre du Milieu lorsque je marchais solitaire dans la campagne de chez moi… Il faut dire que là où j'habitais dans le temps, la campagne faisait vraiment penser à la Comté… C'est donc avec délice que je me suis abreuvée de ces descriptions à n'en plus finir. Elles donnent corps au récit, et c'est important en fantasy de pouvoir visualiser avec précision dans quel univers on se trouve.

En résumé…

Les petits plus…

  • La sensation de réalité à la lecture de l'univers de Tolkien.
  • L'univers riche et ultra-développé de la Terre du Milieu.
  • Les personnages attachants et surprenants.
  • La philosophie générale du roman et toutes les leçons qu'on peut en tirer.
  • Les merveilleuses descriptions qui étoffent l'histoire et la rendent plus réelle encore.

Les petits moins…

  • A part quelques petites longueurs dans le récit, je n'en vois pratiquement pas.
Ma note : 9,5/10

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014

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Lu aussi dans le cadre du Challenge ABC de l'imaginaire 2014

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Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne Fantasy, catégorie Objet : Le seigneur des ANNEAUX

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Lu aussi dans le cadre du Challenge "Les lieux imaginaires"

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