[Mois de l’imaginaire 2019] 1e octobre – Humain.e.s, trop humain.e.s

Hello mes poulpes !

Je vous parle souvent de la littérarité des romans de l’imaginaire, de l’incroyable finesse de langage que l’on peut parfois y découvrir, pour le plus grand plaisir des habitués… mais aussi pour la plus grande surprise des détracteurs du genre !

À tous les rabats-joie qui prétendent que l’imaginaire fait partie des « mauvais genres » de la littérature, de ces livres que l’on prend par le bout des doigts comme un objet dégoûtant lorsqu’on en trouve en, ou que l’on cache derrière une fausse couverture de Goncourt ou la Une du journal Le Monde lorsqu’on « ose » en lire un… Voici 31 réponses qui, je l’espère, satisferont à vos besoins de belles lettres jusqu’au 31 octobre !

Ma robe noire n’avait pas suscité l’approbation non plus. Elle me couvrait des pieds à la tête, me donnant l’air d’une princesse Leia en grand deuil selon Navarre. Il venait enfin de voir la cinquième trilogie, et il pestait sur l’escroquerie de l’affiche de l’épisode IV :

– Elle est magnifique sur l’affiche, cette fichue robe. Fendue et tout, décolletée presque au nombril, et en vrai dans TOUT le film, c’est une bure de carmélite ! On ne voit même pas son cou à la greluche !

L’invisibilité du col est sans doute un péché majeur du point de vue de l’esthétique vampire. Mais du reste, avec le grand manteau de laine sombre à capuchon – déniché par Géraud dans sa propre garde-robe – qui enveloppait le tout, ce que mon vêtement aurait pu découvrir n’avait guère d’importance. Le chaton, lui, s’était roulé en boule dans l’une des manches kimono pendantes, au milieu de ma collection de pentacles de papier destinés à éloigner les fantômes. Il s’était endormi aussit$ot, bercé par mon pas faussement décidé.

Il faisait bon. Je n’étais pas ivre. Une pluie récente avait laissé une délicieuse odeur d’eau sur le sol rafraîchi du boulevard Saint-Germain. Tout était désert à cette heure tardive. La balade aurait pu être agréable si je n’avais pas conservé une conscience brûlante de la convocation, roulée en boule dans mon autre manche.

L’état de la chose en disait long sur mes consœurs sorcières. Les armes de la Lignée invitante gravées à l’or fin et en quadrichromie s’étalaient sur l’enveloppe au papier lourd et craquant, d’un beau blanc cassé affectant le parchemin ancien. En revanche, le contenu avait été griffonné à la hâte et au crayon à mine sur le dos d’une vieille liste de courses qui avait comporté des serviettes hygiéniques et du débouche-évier.

Jeanne-A. Debat, Humain.e.s, trop humain.e.s

N’oubliez pas de vous joindre à mon concours pour ce mois de l’imaginaire !

D’ailleurs, pour ce roman, le cadavre exquis donnerait ceci :

 » Alors même que j’avais fait un bisou à ma mère ce matin, j’ai pris le thé avec Dexter Morgan en espérant ne pas croiser son père, et j’ai trouvé cela extrêmement cathartique. »

Acherontia vous propose un chouette extrait du roman de Jeanne-A Debats « Humain.e.s, trop humain.e.s »

[Chronique nouvelles] Dragon de glace, de G.R.R. Martin

Si vous sentez la température de la pièce baisser lors de votre lecture, si votre haleine se met à tracer des volutes devant votre roman ouvert, point d’étonnement ! C’est juste le talent d’un maître de la fantasy qui est à l’oeuvre…

Acherontia Nyx

Au sommaire:
– Dragon de glace
– Dans les Contrées Perdues
– L’Homme en forme de poire
– Portrait de famille

« D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »

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[Chronique fantasy] L’envolée des Enges, de Claire Krust

Je me suis trop souvent trouvée déboussolée par les changements soudains de rythme, par les personnages que je ne cernais pas toujours, par l’univers qui n’était pas encore assez abouti et où je me promenais en aveugle.

Acherontia Nyx

Tome 1, L’envolée des Enges

Depuis des décennies, les Enges vivent en paix en haut de leur pilier, en totale communion avec le vent, exilés du reste du monde dont ils n’ont que faire. L’Envolée est proche, ce rite qui leur permet d’acquérir leurs ailes d’or et de s’élancer vers les cieux. Mais le cœur de Céléno n’est pas à la fête. Rejetée par ses pairs, privée de ce droit, elle est sur le point d’assister au départ de l’homme qu’elle aime en secret. C’est alors que l’impensable se produit. Les hommes, ces êtres qu’ils ne connaissent que dans les légendes, surgissent et mettent leur pilier à feu et à sang.
Précipitée sur la terre ferme, parachutée dans un monde qu’elle ne comprend pas et qui veut sa mort, Céléno est sauvée in extremis par Sujin l’Être de l’eau. Ensemble, ils vont remonter les traces des derniers Enges captifs et tenter de les libérer. Mais que peuvent deux parias contre la folie des hommes ?

Tome 2, Les secrets d’Éole

Le Raniarque, qui avait ordonné le génocide des Enges, est mort. C’est à son petit-fils Hélias, né de l’union d’un humain et d’une Elbe, que revient la charge. Céléno, Sujin et les leurs y voient là la possibilité d’écrire une nouvelle page de leur histoire et de sauver ceux qui peuvent encore l’être : pour la première fois en un siècle, les enfants d’Hélias décident d’unir leurs efforts pour reconquérir leurs droits bafoués. Mais si le jeune Raniarque est sensible à leur cause, ce n’est pas au goût de tous. Les massacres dans Rania se multiplient et les nobles voient d’un mauvais œil cette politique qui les prive peu à peu de pouvoir.

L’avenir des enfants d’Hélias semble bien incertain. D’autant que les secrets sur l’origine du cataclysme découverts sur le pilier où Céléno a grandi pourrait bien redistribuer les cartes et changer leur destin à tous… L’histoire est-elle vouée à se répéter ?

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[Chronique fantasy] Le dernier chant d’Orphée, de Robert Silverberg

Je ne parlerais pas de revisite, mais plutôt de dépoussiérage, de réécriture moderne façon « Silverberg » de ce pan de mythologie.

Acherontia Nyx

On dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres, sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée.

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[Chronique fantasy] Les neiges de l’éternel, de Claire Krust

J’ai sincèrement adoré ce premier roman de Claire Krust. J’ai surtout été très étonnée lorsque j’ai vu qu’elle l’avait écrit très jeune, car c’est un roman d’une grande finesse qui fait preuve d’une belle maturité.

Acherontia Nyx

Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur. Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

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[Chronique fantasy] La reine des esprits. T1, Coup d’état, de Valérie Simon

Laissez-vous guider par l’auteure, elle sait très bien prendre son lectorat par la main pour le mener là où elle le souhaite. Vous ne comprenez pas tout ? Certains termes ou notions vous échappent ? Ce n’est pas grave ! La compréhension viendra en son temps. Contentez-vous juste de vous imprégner petit à petit, à la façon d’un baba qui s’imbibe de rhum tout à son rythme.

Acherontia Nyx

Dans un empire dépendant de l’exploitation économique du Cristal, des femmes, les Initiées Denaia, noyautent les plus hautes sphères du pouvoir. Jeunes et extrêmement belles, elles ont été formées pour contrôler leurs corps et leurs esprits de façon implacable. Elles obéissent à une « Mère » qui intrigue pour s’arroger un pouvoir politique garantissant leur hégémonie. Depuis des années, ces Initiées cherchent à s’emparer de l’économie du Cristal, source de toutes les richesses et de toutes les convoitises. Pour cela, il est nécessaire de se débarrasser d’Alia, la jeune héritière. Les Initiées ne reculeront devant rien pour parvenir à leurs fins, y compris le meurtre. Pourtant, Alia n’est pas aussi démunie que son jeune âge pourrait le laisser entendre : elle aussi a suivi une formation d’Initiée, et ses propres alliés sont nombreux. Mais surtout, elle vient de se découvrir un don effrayant. Elle est capable de lire les pensées des hommes qu’elle touche.

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[Chronique steampunk] La forêt des araignées tristes, de Colin Heine

Alors, oui, je l’admets, ce début de roman m’a déstabilisée, m’a même fait craindre pour la suite de ma lecture. Il y avait trop d’inconnues pour que l’équation me semble apte à aboutir à quelque chose de bon. Et pourtant… L’univers proposé était si délicieusement mystérieux, me donnait tant envie d’en goûter plus, que je me suis finalement laissée embarquer. Le voyage en valait-il la peine ? Ça, c’est ce qu’on va voir…

Acherontia

Synopsis

Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau…

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