Martyrs. Livre 1, d’Oliver Peru

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d'un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu'ils se croient à l'abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d'un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d'embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer…

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

La loi de l'attraction universelle…

Acheté sur un coup de coeur à la FNAC de Liège (la couverture me plaisait bien…), ça tombait à pic car je dois le lire cette année pour le Baby challenge fantasy de Livraddict! Voilà qui sera chose faite 😉

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

La première phrase…

L'assassin souriait.

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

Un bon roman de fantasy traditionnel…

Traditionnel, mais tellement bon, en même temps! Un roman de fantasy médiévale, avec ses villes fortifiées, ses bas quartiers, ses auberges, ses guerres, ses intrigues politiques… mais pas uniquement. Certes, il y a le roi, cet infâme personnage qui en veut plus, toujours plus. Gros, gras, repoussant, et pourtant machiavéliquement intelligent. Certes, il y a ces deux frères assassins, issus d'un peuple guerrier aujourd'hui presque éteint, qui vivent dans l'ombre de leur petit commerce sanglant. Il y aussi cette demoiselle enfermée dans son château, au sommet de la plus haute colline de la ville. Banal, tout cela? Laissez moi rire!

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

…avec des rebondissements… surprenants!

Si l'univers reste proche des sentiers battus, il s'en écarte parfois, pour notre plus grande joie. J'ai notamment apprécié le concept des fantômes, ces âmes revenues d'outre-tombe un beau jour sans crier gare, et qui maintenant errent à la surface de la terre et terrorisent la population, s'ils ne sont vus comme objets de curiosité. J'ai apprécié également les arserkers, le fameux peuple guerrier évoqué ci-plus haut. Cela fait penser aux berserkers, certes, il est probable que l'auteur s'en soit un petit peu inspiré, mais ça, j'ai oublié de lui demander… Si leurs lois paraissent durs, on prend assez facilement leur cause très à cœur.

Mais ce qui m'a le plus attachée à l'histoire, c'est l'arserker borgne qui semble suivre les deux frères assassins partout où ils vont, et qui paraît même déterminer leur avenir à l'aide de ses mystérieuses cartes de tarot.

Les dessins réalisés par l'auteur lui-même donnent une touche encore plus particulière à l'ensemble du roman, très personnalisée, et pourtant cela facilite davantage l'incursion dans son univers.

Le récit, quant à lui, est très rythmé, avec finalement assez peu de longueur, et il happe le lecteur pour ne le relâcher qu'à la toute fin. Et quelle fin!! Je n'en dit pas plus mais… On en reste sur sa faim! Une fin qui explique tout, et qui laisse encore plus perplexe qu'au départ, vous y croyez, vous?

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

Des personnages sensationnels…

J'ai adoré le caractère de chacun des personnages, sans exception. Les deux frères, déjà, sont totalement différents l'un de l'autre, presque opposés, et pourtant soudés par des liens fraternels forts, touchants. Pour ma part, j'ai un petit faible pour le caractère d'Irmine, plus introverti, ce qui me correspond mieux, Helbrand étant beaucoup plus ouvert aux autres et au monde.

J'ai aimé sans vraiment aimer le roi Karmalys, car c'est un personnage difficile à cerner. Mais en tout cas, j'admire le travail réalisé par l'auteur sur la psychologie de ce roi détestable et pourtant tellement humain. D'ailleurs, lorsque j'ai croisé Oliver Peru en dédicace aux Anthisnoises cette année, il m'a dit que c'était son personnage préféré.

Mais le personnage que moi j'ai préféré, il s'agit de Kassis Irrasen, la fameuse jeune dame enfermée dans son château. J'ai aimé son caractère, d'abord naïf, puis de plus en plus affirmé au fil des expériences. J'ai adoré son histoire d'amour avec Irmine, leurs débuts, leurs difficultés, leurs questionnements. Ce récit m'a beaucoup touchée car je l'ai trouvé vraiment très réaliste d'un point de vue psychologique. Je me mettais si bien à leur place que s'en était presque douloureux. D'où mon admiration pour la plume de Monsieur Peru. Du grand art, vraiment.

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

Ma petite histoire avec Monsieur Peru…

Comme je vous le disais plus haut, je suis allée le voir en dédicace aux Anthisnoises cette année, et je dois dire que l'entrevue m'a bien plu. Monsieur Peru est quelqu'un de très sympathique, et également un dessinateur de grand talent, comme en témoigne la belle dédicace qu'il m'a laissé dans mon roman ^^

PS : je mettrai bientôt le scan dans cet article!

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru

En résumé…

Les petits plus…

  • De la bonne fantasy médiévale sans trop de clichés
  • Des rebondissements attendus et parfois beaucoup moins attendus!
  • Des personnages attachants à la psychologie finement ciselée.

Les petits moins…

J'ai essayé d'en trouver, mais je n'en vois pas.

Martyrs. Livre 1, d'Oliver Peru
Ma note : 9,5/10 - C'est un coup de coeur!!

Kushiel. Tome 1, La marque, de Jacqueline Carey

Kushiel. Tome 1, La marque, de Jacqueline Carey

Phèdre nô Delaunay a été vendue par sa mère alors qu'elle n'était qu'une enfant.
Habitant désormais la demeure d'un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l'histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout…
les arts du plaisir.
Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d'elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.
Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque.
Or, lorsqu'elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d'Ange, elle n'a d'autre choix que de passer à l'action.
Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d'embûches, qu'il lui faudra mener jusqu'au bout pour sauver son peuple.

Une des représentations de la marque de Phèdre
Une des représentations de la marque de Phèdre

La loi de l'attraction universelle…

Encore un livre dont j'avais beaucoup entendu parler en bien, il me tardait donc de l'essayer moi-même. Et comme je l'ai reçu le tome 1 lors du Swap Comment chat va bien que j'ai fait avec Melodiiee, je me suis empressée de le lire!

Carte de l'univers de Kushiel
Carte de l’univers de Kushiel

Un univers de fantasy typique…

Certes oui, un univers fantasy typique, avec sa cartographie propre, ses us et coutumes, ses dieux, ses croyances, ses peuples, ses créatures… Et pourtant…

j'ai particulièrement apprécié celui-ci pour sa touche d'originalité. En effet, la carte de cet étonnant univers n'est pas sans rappeler l'Europe que nous connaissons. Terre d'Ange, où habite Phèdre, n'est autre que la France, avec ses coutumes raffinées et sa nourriture sans égal. Alba représente l'Angleterre, Eire l'Irlande, Aragonia l'Espagne, le Caerdiccae Unitae l'Italie (ou l'empire romain, c'est selon), les pays plats les Pays-Bas, et la Skaldie l'ensemble des pays slaves. D'ailleurs, pour chaque peuple qui habite les différentes régions, on retrouve un peu des coutumes et des particularités des mêmes peuples que nous connaissons. J'ai trouvé ce parallèle assez original, et cela méritait d'être souligné.

Phèdre dans un sanctuaire de Kushiel
Phèdre dans un sanctuaire de Kushiel

…et atypique à la fois

Atypique, comme je le disais, de par ce parallèle avec l'univers tel que nous le connaissons, mais aussi de par les croyances et les coutumes de Terre d'Ange. Les D'Angelins ont tout une kyrielle de rituels liés à leurs divinités, dont certains peuvent nous paraître très étranges. Le plus étrange, à mon sens, étant ce pour quoi Phèdre "travaille". En effet, au cœur de leur capitale, les D'Angelins ont construit ce qu'ils appellent la Cour de Nuit. C'est un établissement qui fait en fait office de maison close. Divisée en différentes maisons, les personnes qui travaillent à la Cour de nuit sont réparties dans ces différentes maisons en fonction de leurs "talents" ou, plus simplement, de leurs tendances sexuelles. La Cour de nuit est sous la coupe d'une divinité, et donc, en plus d'être de parfaits objets de plaisir, ses adeptes sont également les serviteurs de cette divinité. L'acte sexuelle est donc fortement ritualisé, tout comme l'apprentissage de l'art de donner du plaisir.

Jolie madame en position sexy
Jolie madame en position sexy

La sexualité (dé)mystifiée…

C'est un concept donc très particulier, mais j'y ai très rapidement adhéré, car cela confère à l'histoire une aura un peu mystique qui, du coup, permet aux scènes de sexe de ne jamais devenir vulgaires. Toutes ces scènes sont décrites presque à mots couverts, comme s'il s'agissait de la chose la plus belle et la plus pure au monde. Et je vous rassure, on n'en trouve pas toutes les dix pages. Elles sont juste là pour émailler le récit d'agréable façon, et aussi pour permettre au lecteur de se faire une meilleure idée de ce qu'est la Cour de nuit et du travail de Phèdre.

Le corps, également, est presque divinisé. Si vous n'avez pas confiance en vous, en votre physique, si vous avez une mauvaise relation à votre corps, ce livre est fait pour vous! Pour la petite histoire, je l'ai lu alors que je sortais tout juste d'une peine de cœur (et pas une petite…). Je ne correspondais plus aux goûts de monsieur en matière de physique, apparemment… Alors que j'avais le moral au plus bas, me sentant comme une sorte de monstruosité ambulante, ce livre m'a vraiment permis de me dire que la beauté, ce n'est pas le regard de l'autre qui la crée, c'est ce que l'on a au fond de soi et qui irradie jusqu'au travers du physique. J'ai appris beaucoup de chose sur la beauté et l'acceptation de soi, et ça m'a beaucoup aidée à traverser ce moment difficile. Comme quoi, la lecture peut vraiment avoir de bons côtés.

Phèdre et sa marque achevée
Phèdre et sa marque achevée

Une écriture toute en finesse…

Je dois dire que l'écriture de Jacqueline Carey est juste délectable. J'ai savouré chaque page comme une gorgée de très bon vin. Ça glissait tout seul, tellement bien que j'ai achevé cette brique en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Le texte est tantôt poétique, tantôt lyrique, voir épique, mais on ne sombre jamais dans la vulgarité ou la facilité. Le niveau de langue est relativement soutenu, et c'est très appréciable, car cela se fait de plus en plus rare de nos jours. Ce récit, c'est de la dentelle faites de mots, cousue sur une tenue livresque des plus sexy.

La romance de Phèdre et de Joscelin
La romance de Phèdre et de Joscelin

Un roman au final très féminin…

Venons-en à notre héroïne principale, Phèdre. Personnellement, je l'ai radicalement A-DO-REE!! Elle est féminine jusqu'au bout des ongles, et pourtant elle cache au fond d'elle un véritable caractère de guerrière. J'ai aimé autant sa délicatesse et sa féminité que sa volonté de survivre à toutes les épreuves qui lui sont imposées. Malgré sa particularité qui n'est pas des moindres (sa marque de Kushiel, vous verrez se que cela signifie en lisant le livre ^^), elle reste un personnage profondément humain, avec sa sensibilité et ses faiblesses. Elle aurait pu être une héroïne intimidante par son assurance et son charisme, elle aurait pu effrayer avec cette caractéristique dont son œil est le témoin, et pourtant il n'en est rien. Elle ne peut être qu'attachante, au final, que ce soit dans ses relations avec les différents personnages ou que ce soit de par le rôle qu'elle joue dans l'histoire.

Jacqueline Carey
Jacqueline Carey

Un peu de Jacqueline Carey…

Jacqueline Carey, née en 1964, est américaine. Grande voyageuse, elle a nourri son imaginaire des cultures et des lieux les plus fascinants qu’elle a traversée. La Marque, qui ouvre le cycle de Kushiel, a été un best-seller immédiat et a fait d’elle la reine d’une Fantasy riche, flamboyante et troublante, un « roman historique contant une histoire qui n’a jamais eu lieu » selon sa propre formule.

(source : http://www.fnac.com)

Dessin de Melisande Shahrizai
Dessin de Melisande Shahrizai

En résumé…

Les petits plus…

  • L'écriture sublime de Jacqueline Carey
  • L'héroïne, Phèdre, pour son caractère
  • L'univers qui est en parallèle avec le nôtre
  • Le concept de la Cour de nuit et les scènes de sexe sans aucune vulgarité
  • L'histoire palpitante et tellement héroïque sur la fin

Les petits moins…

  • Dois-je vraiment en donner? Car même si je cherchais bien, je crois que je n'en trouverais pas…

La marque de Kushiel
La marque de Kushiel
Ma note : 10/10 - C'est un coup de coeur!!

Un challenge dark fantasy!

Un challenge dark fantasy!

La dark fantasy, c'est quoi?

Définition d’Elbakin : Il s'agit là d'une fantasy pessimiste, voire désabusée. Les rôles sont inversés par rapport à la high ou l'heroic fantasy ; c'est le Mal qui prend le dessus sur le Bien. La dark fantasy est une fantasy qui inclut des éléments d'horreur mais ça n'en devient pas pour autant de l'horreur. L'un des plus anciens auteurs de ce genre est Clark Ashton Smith qui faisait partie du cercle de Lovecraft, et a donc subit son influence pour les univers baroques et cauchemardesques.

Wikipedia : La dark fantasy est un sous-genre des littératures de l'imaginaire dans lequel les distinctions entre le bien et le mal, thèmes récurrent dans la fantasy générale, s'effacent au profit d'histoires au ton plus réaliste et dur, parfois violent.
Ces dernières laissent généralement une grande part aux manipulations et intrigues politiques, mais elles entament également une réflexion sur les côtés les plus sombres de l'être humain.

Petite bibliographie…

Légende :

(Les livres sont dans ma PAL

Les livres sont à acheter pour un autre challenge)

Abercrombie, Joe – La première loi, Servir froid, Les héros, Pays rouge
Ange – Ayesha
Bishop, Anne – La trilogie des Joyaux Noirs
Bousquet, Charlotte – L’archipel des Numinées
Brust, Steven – Les aventures de Vlad Taltos
Chandler, David – Les sept Lames
Cluzeau, Nicolas – Le dit de Cythèle
Coe, David B. – La couronne des 7 royaumes
Cook, Glen – Les annales de la compagnie noire
Erikson, Steven – Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts
Ferrand, Cédric – Wastburg
Geha, Thomas – Le sabre de sang
Genefort, Laurent – Hordes
Hohlbein, Wolfgang – La chronique des immortels
Howard, Robert E. – Salomone Kane
John, Thomas – Lunardente
King, Stephen – La tour sombre
Lang, John – Le bouclier obscur
Lawrence, Mark – L’empire brisé
Lee, Tanith – Le dit de la terre plate
Lovecraft
Lumley, Brian – La terre des rêves
Lynch, Scott – Les salauds Gentilshommes
Martin, George R. R. – Le trône de fer
Miller, Karen – Les seigneurs de guerre
Moorcock, Michael – Le cycle d’Elric
Mondiot, Vincent & Lafarge, Raphaël – Teliam vore
Morgan, Richard – Terre des héros
Pevel, Pierre – La trilogie de Wielstadt
Polanski, Daniel – Le baiser du rasoir
Remic, Andy – Les vampires d’Airain
Robert, Michel – L’agent des ombres
Rouaud, Antoine – Le livre et l’épée
Sapkowski, Andrzej – La saga du Sorceleur
Villeneuve, Magali – La dernière terre
Wagner, Karl Edouard – Kane
Weeks, Brent – L’ange de la nu
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Le challenge…

Les règles :

Lire des livres (romans, recueils, nouvelles) appartenant au genre Dark Fantasy. Les BD, mangas et artbooks sont acceptés.
Le challenge dure 1 an, du 15 mai 2014 au 15 juin 2015. Vous pouvez vous inscrire tout au long de l’année.
Les titres choisis peuvent rentrer dans un autre challenge.

Participation :

Les inscriptions sont ouvertes à tous et se font soit sur ce topic, soit sur le post du challenge sur mon blog (à venir).
Article de présentation avec les liens apprécié.
Sur chaque chronique que vous réalisez dans le cadre du challenge, placez-y la bannière qui se trouve au début de cet article.
Donnez-moi les liens de vos chroniques ici, ou sur le blog (mais dans l'article dédié s’il vous plait) ou par mail afin que je puisse les comptabiliser. Chaque mois, je ferais un récapitulatif avec vos billets.

Les catégories :

En début de challenge vous choisissez un échelon. Celui-ci détermine le nombre minimum d'ouvrages que vous espérez lire pendant le challenge, lorsque vous dépassez celui-ci, vous basculez automatiquement dans l’échelon supérieur.
De 1 à 5 livres > Back to black
De 6 à 12 livres > Fade to black
Plus de 12 livres > Paint it black

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

Saskia fête ses dix-huit ans et s'apprête à entrer en terminale, comme beaucoup de filles de son âge. Dans sa maison en bordure de forêt, elle mène une vie des plus ordinaires. Ordinaire, vraiment ?
Si c'était le cas, pourquoi son quotidien vire-t-il au cauchemar, enchaînant phénomènes incongrus et rencontres étranges ?
Quel secret recèle la pierre qu'elle porte au poignet depuis qu'elle a été trouvée aux portes d'un orphelinat, bébé ?
Que lui veut Tod, mystérieux garçon qui la suit comme son ombre et ne se sépare jamais de son coutelas ? Et Mara, jeune fille froide et distante, qui parle une langue incongrue ?
Peu à peu, Saskia plonge au coeur d'un monde aussi fascinant que terrifiant, peuplé de créatures ailées, de magie, de combats mortels et de prophéties troublantes.
La voici embarquée dans une guerre séculaire dont elle était loin de soupçonner l'existence…

La loi de l'attraction universelle…

Au départ, je me suis lancée dans cette lecture un peu par "obligation", puisqu'il figure dans un des baby challenges auxquels je participe. Le résumé était loin de me déplaire, pourtant, même si je ne suis pas naturellement portée vers ce genre d'histoires qui peuvent vite sombrer dans les clichés. Mais au final ce fut une belle découverte, je n'ai point été déçue!

La première phrase…

Je cours depuis longtemps.

Une histoire cliché?

J'avoue que le début de l'histoire m'a fait un peu "peur", si je puis dire. Quoi de plus banal, après tout, qu'une jeune fille dont la vie se voit bouleversée par une série de révélations… Un garçon qui la suis, une histoire d'amour entre adolescents, de la magie, des surprises, une prophétie… Je me suis dit : "Aïe, ça flaire le cliché du roman fantastique pour adolescent à plein nez!". Et pourtant…

Il y a quelque chose dans le style d'écriture de Marie Pavlenko qui fait mouche. Une sorte de force d'attraction inexplicable qui pousse le lecteur à ne pas refermer le livre avant de connaître la fin… Et de fait, je l'ai lu jusque deux heures du matin, alors que je devais aller travailler le lendemain!

Alors oui, tout cela peut paraître bien cliché, ce garçon qui suit Saskia et qui la sauve, cette fille qui se met à la suivre aussi, cette histoire d'anges qui n'en sont pas, la magie et la prophétie qui entourent Saskia peu à peu… J'ai envie de dire qu'il n'y a rien là-dedans de très novateur, mais le tout est si bien tourné qu'on en redemande, et tant pis si c'est du presque déjà vu!

Une jeune fille de caractère…

Un des points forts du roman reste cette mademoiselle Saskia. Je l'ai assez rapidement appréciée. Elle m'a très vite rappelé ma façon d'agir à son âge, sa naïveté, son innocence, ses palpitations face aux garçons de son âge, son imprudence parfois, et puis son caractère déjà bien trempé.

Hé oui, car miss Saskia en a, du caractère, et c'est tant mieux! C'est ainsi que je préfère les héroïnes féminines. Elle ne se laisse pas manger son biscuit, et sait se défendre, tout en restant quelqu'un de sensible. J'ai également été très émue par la relation entre Saskia et sa mère adoptive. Il y a beaucoup de tendresse entre elles, et certains passages m'ont beaucoup touchés.

J'ai également apprécié le personnage de Tod, jeune homme attentionné qui se pose en véritable chevalier servant. Sans parler de Domitille, l'amie de Saskia, intelligente et touche-à-tout, et son copain Antoine, original et attachant.

Tout cela fait que l'atmosphère du récit était un véritable délice à lire…

Le livre de Saskia. Tome 1, Le réveil, de Marie Pavlenko

En résumé…

Les petits plus…

  • Un style d'écriture très agréable et attractif.
  • Une histoire captivante du début à la fin.
  • Des personnages attachants, dont une héroïne au caractère fort.

Les petits moins…

  • Cela laisse un petit goût de trop peu… Vivement les tomes suivants!!
Ma note : 9,5/10 - C'est un coup de coeur!!

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu dans le cadre du Baby challenge fantastique 2014 de Livraddict

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014, ligne fantastique, catégorie prénom : le livre de SASKIA

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

Lu aussi dans le cadre du Challenge "Un mot, des titres", session 23, "Livre"

Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

Résumé

Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée. Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, AEdan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries. Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du coeur humain.

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

Mis au programme du Baby challenge Fantasy 2014 chez Livraddict, ce livre m'a d'emblée parlé. Le fait que ce soit un recueil de nouvelles n'y est pas étranger, de même que la couverture de l'édition Folio SF, qui finalement reflète si bien le contenu de l'ouvrage.

La première phrase…

Le voici brutalement dressé, haletant, les yeux écarquillés sur la pénombre des appartements royaux.

Un trésor de recueil…

C'est incroyable comme certains auteurs ont le chic pour happer le lecteur d'entrée de jeu, de le faire prisonnier de l'histoire jusqu'au moment où l'aventure prend fin. Jean-Philippe Jaworski est de ces auteurs-là.

De part une stylistique raffinée, un sens aigu du rythme et un talent fou pour les intrigues qui tiennent en haleine, Jaworski nous offre une plongée vertigineuse au cœur des Vieux Royaumes, son univers. Ce ne sera pas une plongée agréable, il faut le dire. La beauté des mots et des métaphores fait tourner la tête, certes, mais c'est un univers dur et sombre que l'on découvre. Un monde fait de rouille et d'os, de sang et de mort, de trahisons, de promesses déçues, de pleurs et de larmes, un monde où l'air est saturé de l'odeur de la chair mise à nu, où retentissent le fracas des armures et des glaives. On en ressort grisé, mais quelque part un peu sali. Jaworski cherche le réalisme, et son objectif est pleinement atteint. Tout est si réel qu'on se croirait presque revenu 800 ans en arrière, au temps des châteaux forts et des chevaliers. Non, non, pas le Moyen âge décrit dans de si nombreux romans, ce Moyen âge idéalisé dont rêvent les enfants et dont l'image est véhiculée par ces fêtes médiévales trop légères pour être représentatives de l'époque. Jaworski nous parle du Moyen âge tel qu'il a réellement dû être. Par ces récits, l'on comprend pour quoi cette période a été surnommée "L'âge sombre".

Autre trait qui mérite d'être souligné, c'est que chaque nouvelle apporte quelque chose de différent au lecteur, chacune montre une facette nouvelle des Vieux Royaumes. Que l'on soit plongé au coeur de l'ancien royaume de Léomance, proche de notre Grèce antique, en Ciudalia, contrée proche de l'Italie que l'on connait tous, où à Bourg-Preux, chaque nouvelle apporte sa pierre à l'édifice de l'univers de Jaworski.

Je vous propose donc un petit aperçu de chaque nouvelle, juste quelques petites perles du grand trésor de guerre…

Janua vera…

"Un spasme de panique absolue. Les yeux exhorbités, il réalise qu'il ne dort pas. Son coeur cogne sa poitrine à tout rompre, il a du mal à trouver son souffle, tout son être se dilate d'horreur. Son corps baigne dans une sueur aigre, qui sent la fièvre, la déchéance, des remugles de morbidité et d'angoisse. Réfugiée dans un coin obscur de l'appartement royal, la favorite sanglote et tremble. Une pluie diluvienne fouette les vitraux et leurs croisillons de plomb : des milliers de doigts d'os, qui tambourinent avec une obstination rageuse les coloris éteints par la nuit."

Mauvaise donne…

"L'endroit n'est pas sans poésie, pour qui a le coeur bien accroché. Certes, tout cela sent la poussière, la moisissure, la pierre pourrie, la charogne sèche. Des profanateurs sont passés par là, et l'on trébuche souvent dans les débris d'un sarcophage brisé, dans des fagots d'ossements. En d'autres zones, l'air sec ou la richesse en poison de la roche ont momifié des corps. Au détour d'une niche ou d'une arche basse, la lueur fantasque de la bougie vous épie révèle soudain une chevelure roussie, un écorché de cuir, le sourire railleur d'un masque parcheminé, qui vous épie entre ses paupières mi-closes. Cette compagnie est plutôt sinistre, mais les catacombes n'exsudent pas l'atmosphère effroyable des sanctuaires du Desséché."

Le service des dames…

"A côté du chevalier, la dame de Bregor se tenait raide comme une statue. Le vent rebroussait parfois le poil soyeux de son hermine, jouait avec quelques cheveux follets échappés à son peigne ; mais la baronne conservait une rigidité de sentinelle, l'oeil fixé sur les lointains, aiguisé comme celui d'un rapace. Il y eut un moment sans parole, tout entier empli par la rumeur complexe du monde : le sifflement des tourbillons dans la charpente, la picorée d'une pluie lourde sur les lauzes, le grincement criard des girouettes, le murmure des forêts ébrouées. Ce fut un moment où le chevalier et la dame semblèrent soudain proches. Ils n'eurent pas un geste, peut-être pas même une pensée l'un pour l'autre ; mais leurs visages durs, tournés vers l'âpreté de ce paysage trop vaste, parurent soudain nus et semblables."

Une offrande très précieuse…

"Il boitilla jusqu'au cheval mort et arracha le scramasax. Il l'essuya rapidement, le rangea dans son fourreau, puis, après un coup d'oeil circulaire pour s'assurer que personne d'autre ne le menaçait, il claudiqua vers les bois les plus épais. Il s'enfonça sous les frondaisons lourdes, somnolentes, figées dans un crépuscule perpétuel, là où même la pluie ne se faufilait qu'en gouttes éparses. Le chant brutal du fer, des cris de ralliement et des hurlements d'agonie devint fantomatique, échos de guerre dans une forêt assoupie. Mais tout danger ne semblait pas écarté ; Cecht devina une silhouette furtive qui se glissait entre les troncs noirâtres, à une portée de javelot devant lui. Il ne voyait pas très bien l'intrus, il affermit sa hache dans son poing, prêt à balayer l'obstacle."

Le conte de Suzelle…

"Elle ne perdit guère de temps à remâcher sa colère ; alors qu'elle tordait sa robe pour en essorer l'eau, elle aperçut un gros taillis de mûriers. Elle en oublia de se sécher, et fila se gaver de mûres. Les joues poisseuses d'un jus rose, elle retourna au soleil, dans un pré, pour se réchauffer. Elle cueillit des fleurs des champs, s'en fit une couronne, puis s'en alla baguenauder dans les bois. Elle connaissait tous les coins à champignons de Giraucé, et partait souvent en quête de cercles de fées quand il avait plu. Mais ce jour-là, l'après-midi était chaud et ensoleillé, et sa quête se révéla infructueuse. Elle visita le chêne creux de Chenançay, chassa l'écrevisse dans un ruisseau frais comme une bise d'hiver, rôda dans une clairière où, parfois, au crépuscule, venait jouer un couple de renards."

Jour de guigne…

"En chemin, une poisse opiniâtre s'acharna sur lui. Bien qu'il ait pris le soin de raser les murs sous les encorbellements, la tête entre les épaules et l'échine basse, un seau d'ordures et d'eaux usées déversé d'un troisième étage vint le gifler de plein fouet. Dans la Rue-Qui-Grimpe, son justaucorps imprégné d'un parfum entêtant (fleur de graillon relevée par une pointe de pissou nocturne, avec garniture de vieilles épluchures) vint chatouiller le flair d'une bande de chiens errants, qui témoignèrent de leur curiosité de façon fort importune."

Un amour dévorant…

"C'est dans le clair-obscur que le drame se noue : car les deux ombres qui courent dans le bois ne se manifestent pas n'importe comment. Elles peuvent crier de jour comme de nuit, mais c'est toujours dans une atmosphère crépusculaire et incertaine, un entre-deux aqueux qui plonge le paysage dans une somnolence brouillée. Les jours de grand soleil, les nuits bien noires sont sans danger. Mais que la brume se lève, que la grisaille d'hiver éteigne le jour, qu'une lune blonde épande sa luminosité fantôme dans la forêt nocturne : alors, collines et coteaux se peuplent de longs appels rageurs ou implorants, dont les échos s'étirent dans les halliers et les sous-bois."

Le confident…

"Je suis allongé sur une table de pierre, comme un gisant sur un tombeau. Cette couche dure est située au centre d'une pièce voûtée, longue de douze pas et large de quatre. A chaque extrémité, une porte basse donne sur un corridor qui communique avec le reste du complexe. Je n'ai jamais vu l'endroit où je réside, car la lumière n'a pas pénétré en ces lieux de mon vivant ni du vivant de mes prédécesseurs ; mais, dans les premiers temps de ma réclusion, je me levais encore, et je parcourais mon domaine à tâtons. Sous mes doigts, je sentais les aspérités granuleuses de la pierre, les vides réguliers des alcôves creusées dans les murs ; et parfois, ma main rencontrait la sécheresse dépouillée des ossements."

Janua vera, de Jean-Philippe Jaworski

En résumé…

Les petits plus…

  • Stylistique et vocabulaire raffinés
  • Rythme très soutenu des récits
  • Des nouvelles qui captivent le lecteur du premier mot au dernier

Les petits moins…

  • Je ne trouve pas grand chose à redire, en réalité…
Ma note : 9,5/10 TROISIÈME COUP DE CŒUR 2014!!!

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 organisé par Livraddict

Lu dans le cadre du Baby challenge fantasy 2014 organisé par Livraddict

Lu aussi dans le cadre du challenge ABC 2014 des littératures de l'imaginaire, lettre J.

Lu aussi dans le cadre du challenge ABC 2014 des littératures de l'imaginaire, lettre J.

Le protectorat de l’ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

Résumé…

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n'a pas d'âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté! Que faire? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l'affaire. Des vampires indésirables s'en mêlent, d'autres disparaissent, et tout le monde pense qu'Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

La première phrase…

"Mademoiselle Alexia Tarabotti n'appréciait pas sa soirée."

Un roman steampunk?

Dès les premières pages, on baigne d'emblée dans le fantastique. Mademoiselle Tarabotti, attaquée par un vampire n'ayant aucune idée des conventions sociales en vigueur, le tue presque par mégarde à l'aide de son ombrelle… Là, c'est certain qu'avec un tel début, on ne peut pas se tromper sur le style! C'est du fantastique, et pourtant…

Il y comme un parfum de steampunk qui remonte des pages lorsqu'on les tourne. Très agréable parfum, d'ailleurs, d'encens, de métal et de vapeur mêlés, qui confère à l'ensemble du récit une aura mystérieuse qui décoiffe. Tout se passe à l'époque victorienne, mais pas tout à fait celle que l'on connaît. C'est une époque victorienne faite de technologie à vapeur, de découvertes scientifiques majeures, de manipulations médicales qui font peur… Un monde où les dames en corset se font enlever par d'obscurs ordres ayant pour logo une pieuvre de cuivre, un monde où les paranaturels peuvent tuer à coup d'ombrelle à embout métallique et où les vampires peuvent naître en laboratoire clandestin.

Des vampires et des loups-garous…

J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteure a traité le sujet "vampires vs. Loups-garous". Sans vouloir faire dans l'originalité, Gail Carriger a su ajouter au sujet une petite touche novatrice et personnelle. Les vampires vivants dans des ruches dirigées par des reines, les loups-garous vivant en meutes civilisées, et à côté de cela, ceux que l'on nomme les "isolés", ne faisant partie de rien en particulier. Il y a ce BUR, sorte d'organisme officiel chargé de veiller au bon fonctionnement de toute cette société surnaturelle, et aussi ce Cabinet fantôme… Toute une petite société fort bien rodée, savamment imaginée par l'auteure et qui revisite le sujet d'une façon très agréable. Et, il faut bien l'avouer, voir la reine Victoria qui s'en mêle, c'était plutôt drôlissime.

Sans compter une nouvelle catégorie d'être tout droit sortis de l'imagination fertile de Madame Carriger, les paranaturels, ces hommes et ces femmes nés sans âmes qui ont le pouvoir de contrecarrer ceux des surnaturels. Catégorie intéressante, car le statut de sans âme et le pouvoir qui y est lié amène tout une série de quiproquos fort comiques qui rend l'histoire adorable et délicieuse à souhait.

Une héroïne de caractère…

Un des plus grands points positifs de cette série, c'est tout de même l'extraordinaire Mademoiselle Alexia Tarabotti… Cette jeune dame a décidément tout pour me plaire. Un caractère plus qu'affirmé, très impertinent pour l'époque, un sens inné de la débrouillardise, une curiosité débordante, une intelligence au-dessus de la moyenne, un humour ironique à croquer, un goût certain pour l'aventure…

Il faut dire qu'Alexia a désespérément le chic pour se fourrer dans des situations périlleuses, à l'issue desquelles elle parvient généralement à défrayer la chronique… et écorner au passage son honneur de vieille fille de bonne famille! Mais si, aux yeux de la bonne société londonienne, elle ne fait décidément rien comme tout le monde, pour nous, c'est un véritable plaisir de suivre ses aventures rocambolesques.

Et, bon point supplémentaire pour elle, Alexia possède plus de charme que de véritable beauté. Loin de ressembler à un mannequin (je parle de ceux de notre époque), ses formes sont plutôt généreuses, son teint mat et trop foncé pour la mode de l'époque, et son nez un peu trop gros au goût de sa mère. Ca fait du bien à lire! Ca change de toutes ces héroïnes filiformes et musclées de la Bit-Lit et des romans jeunesse actuels. L'auteure nous prouve qu'il n'est nul besoin d'être "parfait" à l'extérieur pour rayonner de l'intérieur. Merci Gail Carriger!

Un peu de romance ne fait jamais de mal…

Les pérégrinations de Miss Tarabotti sont fréquemment ponctuées de ces si rafraîchissantes entrevues "galantes" avec Lord Maccon. C'est dans ce domaine que j'ai trouvé notre jeune héroïne la plus touchante… Son inexpérience des relations amoureuses et sa découverte de la chose étaient décrites avec beaucoup de douceur et de délicatesse, même s'il faut le dire, pour la stricte ère victorienne, ces intermèdes auraient été considérés comme particulièrement osés… Rien à voir avec ces scènes de sexe que l'on trouve maintenant dans la Bit-Lit et que je trouve parfois franchement crues. Au final, j'ai goûté à tous ces petits moments intimes avec beaucoup de bonheur et d'attendrissement.

Un style léger qui déride…

Ce que j'ai apprécié avec ce roman, c'est aussi le style d'écriture, mêlant tournures plus anciennes et modernité. Cela aurait pu paraître lourd, mais l'auteure y met tellement de légèreté que cela passe tout seul comme une tasse de thé sucré à point et à température parfaite. On sent dans l'écriture tout le côté guindé de la société victorienne, et à la fois le côté frivole et intelligent de notre Alexia, ce qui est, il faut le dire, un exercice de style considérable. Cerise sur le gâteau, une touche d'humour tantôt loufoque, tantôt ironique, qui relève un peu la sauce allégée baignant notre plat romanesque.

Un petit aperçu de ce style plutôt particulier :

"Aussi, Alexia, qui abhorrait la violence, se vit-elle contrainte de saisir le scélérat par les narines, une partie de son corps délicate et donc susceptible d'être douloureuse, et de le repousser au loin. Il tituba par-dessus la desserte renversée, perdit son équilibre avec un manque de grâce stupéfiant pour un vampire et tomba à terre. Il atterrit pile sur une assiette de tarte à la mélasse.

Ce qui troubla terriblement Mademoiselle Tarabotti. Elle avait un goût prononcé pour les tartes à la mélasse et se faisait une fête de pouvoir consommer cette assiette-là. Elle ramassa son ombrelle. Emporter une ombrelle à un bal du soir relevait d'un terrible manque de goût, mais mademoiselle Tarabotti allait rarement où que ce fût sans son ombrelle. Elle l'avait entièrement conçue et réalisée elle-même : un objet noir à fanfreluches sur lequel étaient cousues des pensées mauves ; la structure était en cuivre et sa pointe en argent contenait de la chevrotine.

Elle l'abattit droit sur le sommet du crâne du vampire tandis qu'il tentait de s'extraire de sa nouvelle relation intime avec la desserte. La chevrotine donnait à l'ombrelle de cuivre ce qu'il faillait de poids pour produire un "ponk" délicieusement satisfaisant.

"Mal élevé!" gronda mademoiselle Tarabotti.

Le vampire hurla de douleur et se rassit sur la tarte à la mélasse."

Le protectorat de l'ombrelle. Tome 1, Sans âme, de Gail Carriger

En résumé…

Les petits plus…

  • Un concept vampires vs. loups-garous plutôt novateur.
  • Une héroïne au caractère fort et qui sort des stéréotypes.
  • Une romance traitée tout en délicatesse.
  • Un style inimitable qui mêle modernité et tournures anciennes avec humour et légèreté.

Les petits moins…

  • Selon moi, il n'y en a pas…
Ma note : 9,5/10... PREMIER COUP DE CŒUR DE L’ANNÉE!!

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu dans le cadre du challenge "Petit Bac 2014", Ligne fantastique, Catégorie Objet

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde"

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

La pierre de rêve, de C. J. Cherryh

En résumé…

C'était un monde agreste et paisible, peuplé d'esprits, d'elfes et de biches. Et puis les Hommes sont venus, avec leurs chiens, leurs feux, et le cliquetis de leurs armes car, très vite, les tribus se sont fait la guerre. Les esprits ont fui… Seule Arafel, l'elfe hardi et fier, n'a pas quitté sa forêt, encore inviolée. Une pierre d'émeraude pâle la protège et elle ne hait pas les hommes. Alors, quand apparaît Ciaran, un jeune guerrier blessé, elle le secourt et lui offre une pierre de rêve, semblable à la sienne. Plus tard, il rejoindra Scaga, son allié, mais Ciaran n'est plus le même. Une voix d'elfe parle en lui, Arafel le hante. Et pourtant il aime Brandwyn, la fille de son hôte… Quel sera le destin de Ciaran, homme double et déchiré? Qui l'emportera en lui des hommes ou des esprits?

Ce qui m'a attirée vers cette lecture…

D'une part, le fait que ce livre, acheté sur une brocante il y a maintenant neuf ans, traînait dans mes étagères sans jamais avoir été lu ni même ouvert…

D'autre part, le fait qu'en cette année 2014, j'ai décidé d'axer mes lectures principalement sur le Fantasy et le Fantastique. Je suis une fan des deux genres, mais j'estime mes connaissances dans le domaine trop limitées pour quelqu'un qui se dit fan. J'ai donc voulu commencer l'année par la lecture d'un livre fantasy "old school" et merveilleusement rétro, avant d'entamer les derniers nés de la génération fantasy 2.0…

La première phrase…

"Il existe de par le monde des choses qui jamais n'ont aimé les Hommes, qui se trouvent là depuis bien plus de temps que l'humanité puisque, alors même que les Hommes étaient encore nouveaux sur cette terre et plus vastes les forêts, il existait des lieux où l'Homme, lorsqu'il les foulait, pouvait sentir peser sur ses épaules le poids des âges du monde."

Une bien étrange histoire…

J'avoue, je suis restée sur ma faim avec cette histoire. J'avouerais même, à ma plus grande honte, m'être occasionnellement endormie sur les cinquante dernières pages… Je n'irai pas jusqu'à dire que le récit fût ennuyeux, mais il y avait quelque chose dans la façon dont il était conté qui, personnellement, me barbait royalement, du moins sur la fin… qui, comme je l'ai dit, m'a laissée sur ma faim.

Ce qui m'a déplu? Entre autre, le fait que l'on nous serve l'histoire d'un certain Ciaran dans le résumé de la quatrième de couverture, et que l'on ne parle de lui qu'à partir de la 154e page… Jusque là, j'en étais venue à me demander si l'éditeur ne s'était pas trompé de résumé. La première partie du récit était pourtant très agréable à lire, et d'une importance capitale pour la suite de l'histoire. Mais si Ciaran est tellement important dans le récit, pourquoi ne pas l'avoir introduit avant la première partie, ne fut-ce que pour dire "Nous ne parlerons pas tout de suite de lui, mais ne vous inquiétez pas, le moment viendra où il aura son rôle à jouer dans l'histoire". Un peu comme Gollum dans le seigneur des anneaux, dont on parle dès le début mais qui n'apparaît que par la suite. J'avoue que cela m'a un peu déroutée…

Un style d'écriture pourtant agréable…

Je parlais, dans mon introduction, de fantasy "old school". Nous sommes bien en plein dedans avec cet ouvrage sorti dans les années 80 et dont le style d'écriture reflète toute une époque où la fantasy et le lyrisme ne faisaient qu'un. La poésie de la langue est ici au rendez-vous, comme le montre cet extrait :

"Les Hommes empilèrent pierre sur pierre et bâtirent des logis tièdes, et ils domestiquèrent certaines parmi les choses les plus humbles, les plus paisibles, mais les plus sombres s'enfouirent encore plus profond et les plus brillantes partirent, le coeur brisé.

Sauf l'une d'elles, dont la patience et l'orgueil étaient plus grands encore que chez toutes les autres.

Un lieu demeura donc, un lieu inviolé dans tout le monde existant, une forêt plutôt modeste tout près de la mer, tout près des humains, où le temps était différent d'ailleurs.

Et cette forêt, à un moment, avait cessé d'être un lieu accueillant. Au delà de sa lisière de grandes fougères, elle était cernée d'épineux. Des arbres morts s'y entremêlaient que nul bûcheron n'avait jamais touchés, car aucun bûcheron n'aurait osé s'aventurer en un tel lieu. Durant le jour, c'était un lieu de péril. Avec la nuit, pis encore, et jamais un homme n'aurait ,osé allumer un feu trop près des arbres anciens. En ce lieu, des choses murmuraient, et le vent marmonnait avec les arbres, ou bien avec lui-même, ou avec peut-être d'autres choses encore. Les Hommes savaient que la forêt était vieille, vieille comme le monde, et jamais ils n'avaient conclu la paix avec elle."

Bien qu'emprunte d'une grande poésie, l'écriture de C. J. Cherryh peut parfois être rebutante. Le style se fait parfois tellement abstrait que cela nuit à la compréhension de l'intrigue. Mis à part cela, l'écriture est ce que j'ai trouvé de plus positif dans cet ouvrage, car elle apporte une touche magique supplémentaire à l'ensemble.

Des prénoms à coucher dehors…

Encore un autre non-sens de ce roman… Pendant tout le récit, je me suis cassé la tête à tenter de prononcer des noms tels que Caoimhin, Cearbhallain, Aelfraeda, Siobrach, Eadwulf, Cinnfhail, Diomasach, Fitheach, et j'en passe… Bien vu, des noms d'origine celte, c'est joli, mais imprononçable pour qui n'y est pas familiarisé. Un guide de prononciation aurait été le bienvenu en début de lecture, me suis-je dit.

Et que trouvai-je à la fin du roman? Un guide de prononciation! Décidément, C. J. Cherryh fait tout à l'envers…

Pour la fin…

Les petits plus…
  • Une histoire féerique
  • Une écriture lyrique et poétique à souhait
Les petits moins…
  • Une histoire qui colle mal avec le résumé qu'on lit à l'arrière du livre.
  • Des prénoms difficiles à prononcer et à retenir.
  • Un style parfois trop lyrique qui nuit à la compréhension de l'histoire.

Ma note : 6,5/10

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, Session 21, "Pierre".

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge Petit Bac 2014, Ligne Fantasy, Catégorie Matière : La PIERRE de rêve

Lu aussi dans le cadre du challenge "Mythologies du monde", Catégorie Mythologie celtique

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