Le passeur de lumière, par Bernard Tirtiaux

Après une looooooooooooongue période d'absence – merci les festivals et mon costume pour la convention Star Wars!!! – voici une petite chronique au passage, d'un livre que j'ai énormément aimé et que j'ai totalement dévoré!

Le passeur de lumière, par Bernard Tirtiaux

Résumé de la couverture…

"La lumière est diffuse", dit Rosal de Sainte-Croix au jeune Nivard de Chassepierre. "Elle est fugace, changeante, capricieuse. Elle a toutes les ruses. Jamais tu ne seras satisfai de ton ouvrage, si beau soit-il. Jamais tu n'auras assez de couleurs dans tes casiers pour donner vie à un vitrail comme tu le souhaites, jamais tu n'auras la certitude de colorer juste comme on chante juste. Qu'importe! Tes pas partent du feu et tu dois atteindre le feu, devenir un maître en ton art."

Nivard ne déçut pas le chevalier qui attendait de lui la plus vertigineuse escalade jamais rêvée vers la lumière. Animé par une passion presque charnelle pour le verre et ses sortilèges, il récolte d'Orient en Occident les couleurs alchimiques de nos cathédrales. Il oeuvre en Bavière, à Saint-Denis, au Mans, à Chartres…

La quête déchirée de ce "passeur de lumière" sera alors celle d'un artisan sublime, funambule oscillant entre le ciel et l'ombre…"

Un peu d'histoire…

Le récit commence à l'adolescence de notre héros, Nivard, en l'an de grâce onze cent treize, dans la ville mosane de Huy. Nivard est un garçon très intelligent et très introverti laissé par sa mère en apprentissage chez un maître François, un orfèvre très réputé de la ville. Nivard, au début plutôt taiseux, se laisse peu à peu apprivoiser par le vieil orfèvre, et devient rapidement un excellent artisan. Il réalise une châsse magnifique pour une église locale, mais il lui manque pour la compléter un joyau qu'il ne peut trouver qu'en Orient. Il tentera alors de suivre les traces de son père, décédé en croisade, dans le but de dénicher ce bijou qui pourrait à lui seul illuminer la châsse qui lui paraît bien sombre. Il part à la rencontre de Rosal de Sainte-Croix, qui prépare un convoi pour l'Orient dont le départ est imminent. Rosal se rend très vite compte de l'ampleur du talent de Nivard et se propose de le prendre à bord du convoi, non comme orfèvre, mais comme maître verrier… Va s'ensuivre alors pour Nivard un long périple au cours duquel il va apprendre à apprivoiser cette lumière qu'il admire tant.

La quête déchirée d'un artisan oscillant entre le ciel et l'ombre…

Tout est dans le titre… Nivard, c'est un assemblage de sentiments extrêmes qui se bousculent dans un déferlement intérieur. Il oscille sans cesse entre l'amour et la haine, la tendresse et la violence, le calme apparent et l'agitation, la lumière et l'obscurité, le bien et le mal. Autant il peut se donner corps et âme à la femme qu'il aime, autant il peut haïr au point de tuer. Il peut caresser le verre, exécuter le travail le plus raffiné, et à la fois faire souffrir. On sent qu'au fond de lui se mélange des sentiments très forts, souvent contradictoires, des sentiments qui le déchirent de l'intérieur, et pourtant il conserve son attitude réservée, il vit tout au fond de lui-même, il garde tout pour lui.

Il est fort également, d'un caractère – presque – inébranlable, un caractère trempé dans l'acier et dans le feu, le genre de trempe qui fait d'un homme un véritable meneur. Il tient tête aux chevaliers les plus hauts placés lorsque le jugement de ceux-ci est altéré, il tient tête à la toute puissante église chrétienne en faisant sa propre justice, en refusant les règles établies qu'il juge inhumaines. Il défie Dieu de part ses actions, et pourtant il cherche à s'en rapprocher par le biais de la lumière…

La lumière est son chemin de vie, sa raison d'être. Ne s'est-il pas juré sur la tombe de sa mère de vouer sa vie à la lumière? "C'est dans cette église hostile, au pied de l'autel, que le garçon fit avec la morte le pacte qu'il n'accepterait plus l'hostie des mains des prêtres et qu'il ne partagerait plus leurs prières. Il atteindrait Dieu par un autre chemin, il défricherait sa propre voie vers la Lumière. Au soir du jour le plus éprouvant de sa jeune existence, Nivard traça à l'encre noire sur le revers de sa ceinture cette phrase amère qui allait diriger la marche de sa vie : Quaere Dei lumem post materiam, non gentes. Cherche la lumière de Dieu à travers la matière au mépris des humains."

La vie de Nivard est jalonnée de grands bonheurs et de désastres, d'amour inconditionnel lumineux comme le jour et de désespoir aussi profond et noir que les abysses de l'océan. On dit toujours qu'il ne peut y avoir de lumière sans une part d'ombre, que l'on ne peut pleinement profiter du bonheur si on ne connaît pas son opposé. C'est de la complémentarité de ces extrêmes que naît le génie de Nivard. Plus il connaît l'obscurité et le désespoir, plus il fait sombre au fond de lui, plus il est poussé vers la lumière. L'obscurité de son âme torturée, par contraste, fait ressortir son étincelle d'artiste et l'aide à apprivoiser par le verre l'immatérialité de la lumière. "Rosal de Sainte-Croix laisse entendre sa voix aussi tendre que ferme : – Il y a dans ton regard tout ce qu'un homme doit souffrir pour approcher la lumière de Dieu, c'est ce regard-là qu'il nous faut, pas celui d'un saint! – Je n'ai pas le droit de boucler vos églises de ma révolte et de mes interrogations. Je ne peux prétendre à cette tâche. je vous enjoins de comprendre et d'accepter mon choix. Je suis en disgrâce. Dieu est hors de ma portée. – Quoi que tu dises, Nivard, et quoi que tu penses de toi-même, tu es l'initié, le détenteur, coupe Rosal de Sainte-Croix. C'est toi seul qui possède l'héritage, toi seul qui détiens la note et personne d'autre ne peut oeuvrer à ta place."

La poésie de la lumière…

Dans ce roman, ce qui m'a frappée dès les premières lignes, c'est cette poésie qui filtre au travers de chaque mot, de chaque métaphore. Tout dans le style d'écriture laisse entrevoir la force des sentiments de Nivard, sa force de caractère aussi. Comme cette merveilleuse description du sentiment amoureux : "Il est une femme heureuse qui se révèle rameau après rameau à un homme qui se désécorce. Ils sont sous le charme l'un de l'autre et n'existent plus que l'un pour l'autre. Ils croquent le fruit à pleine bouche, avec gourmandise, insatiablement. C'est l'heure du partage, de l'alliance entre le creuset et les pépites d'or, entre les mains et l'eau de source, entre le creux d'une épaule et la rondeur d'une tête, c'est l'heure où les blessures s'ouvrent et les sangs se mêlent, c'est l'heure du dédoublement et de la fusion des êtres."

On ne compte plus toutes les fois où le mot lumière apparaît, comme une litanie qui rappelle sans cesse à Nivard le chemin de vie qu'il s'est tracé. La lumière intervient dans tous les aspects de sa vie, dans l'eau d'une source, dans un vitrail, dans un bijou, dans les yeux de son aimée, sur un paysage,… Elle change en fonction de la vision qu'il porte sur le monde, en fonction de son bonheur ou de ses malheurs. Il la recherche avidement, se sentant perdu lorsqu'il ne la perçoit plus, et elle le guide jusqu'au sommet de son art, se laissant peu à peu apprivoiser par son savoir faire.

En résumé…

Il y aurait encore tellement de choses à dire sur ce roman… La complexité du personnage de Nivard, les rebondissements de l'histoire, les personnages tous aussi attachants les uns que les autres, le style féerique de l'auteur… Je suis presque comme la lumière, une source intarissable d'étincelles d'admiration pour cette oeuvre magistrale de Bernard Tirtiaux. Rien n'y est à jeter, on y apprécie chaque phrase, chaque mot comme on goûterait chaque goulée d'un excellent vin, s'émerveillant devant chaque note et chaque arôme, se laissant enivrer par la force délicate du breuvage. Il est de ces livres qui vous grandissent l'âme, celui-ci en fait partie.

Ma note : une lumineuse découverte! 12/10, au moins…

Tout au long du roman, j'ai pensé à cette chanson. Elle parle du feu et de l'eau, de leur complémentarité et de leur différence. De la force et de la beauté du feu, de la force et de la douceur de l'eau. Ca me rappelle énormément les parts d'ombre et de lumière qui se disputent l'âme de notre héros.

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", pour la session 17 de juillet 2013 où le mot était "Lumière" (http://aperto.libro.over-blog.com/article-challenge-un-mot-des-titres-session-17-118121538.html)

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", pour la session 17 de juillet 2013 où le mot était "Lumière" (http://aperto.libro.over-blog.com/article-challenge-un-mot-des-titres-session-17-118121538.html)

Lu également dans le cadre du challenge Moyen âge (http://delivrer-des-livres.fr/challenge-moyen-age/)

Lu également dans le cadre du challenge Moyen âge (http://delivrer-des-livres.fr/challenge-moyen-age/)

D'autres l'ont lu!

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Nouvelles acquisitions en mai 2013

Foire du livre d'occasion oblige, j'ai fait quelques "nouvelles" acquisitions pour ma bibliothèque, à la grande joie de ma PAL débordante!

Nouvelles acquisitions en mai 2013

Dans la catégorie romans :

  • LEWIS, C.S. Le monde de Narnia. Paris : Galimard, 2002.

Résumé de couverture : Retrouvez réunis en un seul ouvrage, les sept volumes du Monde de Narnia. Guidés par le lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier C.S. Lewis.

Bon, les critiques lues sur Babelio font un peu peur, mais j'ai envie de me faire ma propre opinion. J'avais adoré le premier film sorti au cinéma, et même si le second m'avait franchement déçue, je me dis que peut-être le livre pourrait être différent… à voir!

Nouvelles acquisitions en mai 2013
  • WYNNE JONES, Diana. La conspiration Merlin. Paris : J'ai lu, 2008.

Résumé de couverture : Le Multivers est composé d'une infinité d'univers parallèles, dont le nôtre et… celui des îles de Blest, qui concentre toute la magie du Multivers. Dans ce monde si différent du nôtre, un complot vise à renverser le Merlin, le mage le plus puissant du Royaume. Roddy et Nick, deux jeunes gens qui n'auraient jamais dû se rencontrer, vont devoir s'allier. Pour tenter de mettre fin à cette terrible machination, il leur faudra aller au bout d'un formidable périple entre les univers…

Ici, clairement, c'est le titre qui m'a attirée. C'est le même nom que mon chien. La force soit avec lui…

Nouvelles acquisitions en mai 2013
  • EDDINGS, David et Leigh. Les rêveurs. T1, Le réveil des anciens dieux. Paris : Pocket, 2007. (Fantasy).

Résumé de la couverture : Huit dieux règnent sur le monde depuis des millénaires. Quatre d'entre eux transmettront bientôt leurs pouvoirs à leurs successeurs qui sont encore des enfants endormis. On les appelle les Rêveurs. Leur ennemi le plus puissant est le Seigneur des Terres Dévastées, Vlagh, dont l'ambition est de devenir immortel en détruisant la fratrie divine. Il a créé une armée d'êtres hybrides à son image, à la fois insectes, reptiles et humains. Il prépare ses immondes troupes et attend. Il va lancer la plus grande guerre que ce monde ait jamais connue. Mais au-delà des ténèbres qui s'annoncent, l'espoir viendra des enfants-dieux, car leurs aînés ont décidé, contre les lois éternelles qui les gouvernent, de les éveiller avant terme…

Et un petit Eddings de plus pour compléter ma collection… Je n'avais encore aucun livre de cette saga-ci, voici donc un bon début 🙂

Nouvelles acquisitions en mai 2013

Dans la catégorie anthologies :

  • DUVEAU, Marc. La grande anthologie de la Fantasy. Paris : Omnibus, 2003.

Résumé de couverture : De ses racines qui plongent au coeur des plus anciennes traditions orales à ses derniers avatars, ce sont tous les courants de la fantasy qui sont présentés ici, en cinq parties et soixante-dix textes. De la tendresse à la violence, du baroque au comique, du rêve au cauchemar, dieux, elfes, magiciens, barbares et guerriers, savants et sorciers ou simples humains vous entraînent vers des terres inconnues au travers de paysages intérieurs jusqu'au fond tourmenté de l'inconscient.

J'ai craqué tout de suite pour cette charmante brique. Après tout, les anthologies, c'est toujours tout bon pour découvrir de nouveaux auteurs géniaux…

Nouvelles acquisitions en mai 2013
  • REGNIER-BOHLER, Danielle. La légende arthurienne : le Graal et la Table ronde. Paris : Robert Laffont, 1989. (Bouquins).

Résumé de la couverture : Pour les amoureux de la légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde, une armada d'universitaires, sous la direction de Danielle Régnier-Bolher (maître de conférences à l'université de Paris III, Sorbonne nouvelle), a conçu le livre qui réunit les plus grands textes européens du XIIe au XVe siècle. La préface de Danielle Régnier-Bohler situe parfaitement le phénomène arthurien dans la littérature et l'Histoire. D'emblée, le regard sur ce monde est plus averti lorsqu'il commence à découvrir la première aventure : Perceval le Gallois ou le Conte du Graal. Par ailleurs, chacune des quinze histoires bénéficie de notes, d'une bibliographie et d'une introduction, signée à chaque fois par un spécialiste différent. Ainsi peut-on faire des recoupements grâce à ces éclairages complémentaires qui interdisent une vision unique du mythe. Bien au contraire, des perspectives s'esquissent et laissent deviner les facettes qui rendent cette légende universelle. Enfin, un lexique des termes de civilisation, une table des noms propres et cartes ainsi qu'un tableau chronologique conçu par Michel Pastoureau enrichissent cette authentique encyclopédie arthurienne. Il ne reste alors qu'à se laisser glisser dans le labyrinthe merveilleux qui berça tout l'Occident et à remercier ce collectif d'érudits pour ce cadeau inestimable ! –Jean-Marc Savary Histoires évoquées : Perceval le Gallois ou le Conte du Graal Perlesvaus, le Haut Livre du Graal Merlin et Arthur : le Graal et le Royaume Le Livre de Caradoc Le Chevalier à l'épée Hunbaut La Demoiselle à la mule L'Âtre périlleux Gliglois Méraugis de Portlesguez Le Roman de Jaufré Blandin de Cornouaille.

Voilà qui est vraiment pour me plaire, un grand recueil des récits de la légende arthurienne, où ne figure pas que les plus connus. Trop souvent les récits arthuriens sont romancés, modifiés, presque dénaturés. Dans cette édition, les textes nous sont fournis traduits – fort heureusement! – mais presque "purs", ce qui est plus intéressant à mes yeux. Une version originale en vis-à-vis du texte français aurait été intéressante, mais bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie ^^

Nouvelles acquisitions en mai 2013

Dans la catégorie bibliothèque d'elficologie (c'est ainsi que je nomme la catégorie de mes documents traitant des contes, légendes, mythologie et croyances en tout genre) :

  • NOEL, Pol. Contes et légendes des Hautes-Fagnes et des environs. Grivegnée, Noir dessin production, 2001. (Collection contes et légendes de chez nous).

Résumé de couverture : Voici enfin réunis les plus beaux contes et les plus fantastiques légendes du plateau des Hautes-Fagnes et des environs. Le territoire compris entre la Vesdre et l'Amblève regorge d'histoires plus mystérieuses les unes que les autres. Pol Noël a rassemblé ici une trentaine de ces récits qui sentent bon le terroir et les veillées au coin du feu. De Verviers à Stavelot, de Vielsalm à Spa, d'Aywaille à Malmedy, d'Eupen à Polleur et de Theux à Raeren, sans oublier les Hautes-Fagnes elles-mêmes, découvrez tout ce qui fait le charme de ces légendes ancestrales. Ce recueil est agrémenté d'une douzaine d'illustrations inédites de Dominique Schillings et d'une trentaine de cartes postales anciennes.

Nouvelles acquisitions en mai 2013
  • MARKALE, Jean. Les mystères de la sorcellerie. Paris : France Loisirs, 1992.

Résumé de couverture : Compilation des pratiques magiques et de la sorcellerie à travers les siècles et les pays, Jean Markale présente avec ce livre-documentaire un intéressant panorama des superstitions et rituels de l'antiquité à nos jours. Divisé en deux parties, son ouvrage se penche tout d'abord sur la pratique de la sorcellerie dans l'Histoire, puis propose un petit voyage au sein de la magie contemporaine.