Cereal readers #4

Cereal readers #4

Des Coco Pops en compagnie de Grégory Fizaine et Michel Lamart…

Bonjour tout le monde!

Cereal readers revient cette semaine avec deux auteurs plutôt méconnus (en tout cas méconnus de moi, car c'était la première fois que je croisais leurs noms dans une anthologie) : Grégory Fizaine et Michel Lamart. Une de ces plumes s'est avérée rudement efficace, l'autre m'a laissée un peu plus perplexe…

Cereal readers #4
Cereal readers #4

Les nouvelles…

La classe, de Grégory Fizaine

Un étudiant, plutôt jeune (primaire ou secondaire, pas au-delà, je dirais) rêvasse pendant les cours. Une voix bizarre lui parle dans sa tête (ou est-ce le fil de ses propres pensées?) et… modifie le cours du temps, ou quelque chose d'approchant?

OK… Je vous avoue que je n'ai pas tout compris. Peut-être est-ce parce que cette nouvelle ne fait qu'une page. Il s'agit donc d'une very short story. Et c'est sans doute là, le problème, car du coup, la chute est trop abrupte est on ne la comprend pas. Il y a trop d'éléments incompréhensibles qui ne sont absolument pas expliqués (d'où vient cette voix qu'il entend? Quel impact réel a-t-elle sur le présent du jeune homme? …). Beaucoup trop de questions restent en suspens, et c'est bien dommage. Et pourquoi donc ce "Hahaha…" à la fin? Cela m'a donné l'impression que le narrateur se payait la tronche du lecteur, ce qui n'est guère agréable, il faut l'avouer.

Un extrait pour la route, quand même? Mais un tout petit, alors, parce que la nouvelle ne fait qu'une page, alors je ne peux pas vous la retranscrire en entier…

Tient, c'est comique, mon commentaire est presque aussi long que la nouvelle… Comme quoi, elle a au moins le mérite de faire couler beaucoup d'encre…

"Je suis l'esprit pensant, une conscience à l'état pur. Je suis l'Univers et l'Univers est mien. Je sais tout, rien ne m'échappe. Je suis unique, l'Être Supérieur, je crée et je défais. Je suis immortel et éphémère à la fois. Quand une étoile explose, c'est une partie de mon être qui s'éteint. Je SUIS et vous n'êtes rien.

La classe, de Grégory Fizaine

Chuck Norris, sort de cette plume!!

Les bocaux, de Michel Lamart

Un petit garçon regarde avec délice les bocaux du boulanger où il va acheter le pain de ses parents. Les boules de chewing-gum qu'ils contiennent le fascine et régulièrement, il dépense tout l'argent du pain pour se les procurer. Des années plus tard, des crimes affreux sont commis. Les victimes sont étranglées et énucléées.

En un seul mot : flippant. Carrément flippant. La plume de Michel Lamart est diablement efficace, et ce découpage en courts paragraphes numérotés entretient à merveille le suspense. J'ai aussi aimé la façon dont le narrateur parle dans certains passages, comme s'il s'adressait à l'homme qu'est devenu le petit garçon, lui remémorant ce qu'il faisait dans sa jeunesse. J'ai aussi beaucoup aimé certains mots de vocabulaires qui ne se rencontrent pas très souvent. C'est fouillé, recherché, et diaboliquement orchestré. [Attention : SPOIL!!] Je dois dire que cette nouvelle m'a marquée. Cela m'a toujours effrayée et attristée de voir qu'un enfant tout ce qu'il y a de plus innocent puisse devenir un monstre, littéralement. De voir qu'une telle perversion puisse exister dans un être qui fut un jour un enfant heureux, insouciant et curieux de la vie. C'est… perturbant.

La peur. Elle fouillait son ventre. Main d'angoisse triturant les entrailles. Bête vivante terrée au fond de l'être. Chaude et visqueuse.
La jeune femme courait dans la rue déserte. À perte de souffle, à perte de corps. Cherchant à se dépasser elle-même pour fuir, sans doute, ce sentiment hideux qui la tirait en arrière, vers ces zones d'ombres où rôdait la mort.
La "chose" à ses trousses ne la lâchait pas, molosse de l'enfer jeté sur sa trace, attaché à ses pas. Le museau collé à cette odeur de chair fraîche et tremblante. la fille savait qu'elle ne pourrait pas lui échapper. Peut-être même ne le souhaitait-elle plus… Goût de mort dans la bouche. Il est de ces certitudes amères…

Les bocaux, de Michel Lamart

Retrouvez les scènes gores de cette nouvelle dans ma nouvelle collection d'extraits… Frissons garantis!

Ma progression dans le Phénix n°38

5 sur 7 nouvelles lues!

À très bientôt pour un nouveau Cereal readers!

Si vous appréciez ce concept, n'hésitez pas à faire pareil et à venir parler des nouvelles que vous avez lues, soit en commentaire de cet article, soit sur la page Facebook du blog!

Votre dévouée,

Acherontia.

Cereal readers #3

Cereal readers #3

Des supers copeaux de chocolat en compagnie de Valérie Herson…

Bonjour bonjour!

Cereal readers revient cette semaine avec une auteur de nouvelles plutôt méconnue (en tout cas méconnue par moi, car c'était la première fois que je croisais son nom dans une anthologie), Valérie Herson. En tout cas, méconnue ou pas, sa plume s'est avérée efficace, et il ne m'en faut pas plus pour un bon rendez-vous céréales/nouvelle!

Et en plus, on voit la petite binette de mon chat Katniss sur la première photo ^^ Elle se demande pourquoi le drôle d'engin que je tiens en main fait du bruit et de la lumière XD
Et en plus, on voit la petite binette de mon chat Katniss sur la première photo ^^ Elle se demande pourquoi le drôle d'engin que je tiens en main fait du bruit et de la lumière XD

Et en plus, on voit la petite binette de mon chat Katniss sur la première photo ^^ Elle se demande pourquoi le drôle d'engin que je tiens en main fait du bruit et de la lumière XD

La nouvelle…

La femme aux gants rouges, de Valérie Herson

Rien ne va plus dans la vie de Pierre. Son boulot lui pompe une énergie folle, et il soupçonne sa femme de le tromper. Un soir, alors qu'il rentre du travail, il prend une jeune femme en stop. Une mystérieuse jeune femme qui porte des gants rouges. Dire que cette rencontre insolite va changer le cours de son existence est un euphémisme…

J'ai vraiment bien aimé cette nouvelle, simple mais efficace. L'auteur parvient très bien à croquer une ambiance entière avec peu de mots. C'est ce qui fait la force du récit. Cela, et la chute, évidemment, phénoménale, à laquelle on ne s'attend pas vraiment. L'auteur nous met sur de fausses pistes en insistant sur de menus détails (les gants rouges, notamment) qui au final n'ont pas de réelle importance. C'est malin, vraiment très malin…

Il se mit à pleuvoir. Les essuie-glaces peinaient en grinçant. "Va falloir que je change les balais" pensa-t-il. La pluie avait assombri le ciel. En fait, il faisait presque nuit. Il alluma les codes et chercha son paquet de cigarettes dans le vide-poches. Sylvie. Pour la centième fois, il se demanda comment ils en étaient arrivés là.
Il fut surpris de voir la silhouette, sortie de la nuit par les faisceaux de lumière. Il dépassa le carrefour au pas, s'arrêta et attendit.
La femme se pencha à la vitre :
– Pouvez-vous me déposer?
Pierre acquiesça :
– Je m'arrête à l'entrée de Chartres, ça vous va?
La femme monta. Son ciré noir – étranglé sur une taille fine, nota Pierre – craqua désagréablement.
Pierre passa une vitesse, regarda dans le rétroviseur en s'engagea sur la voie.
– Sale temps, hein?
– La météo l'avait prévu.

La femme aux gants rouges, de Valérie Herson

Ma progression dans le Phénix n°38

Cereal readers #3

3 nouvelles lues sur 7!

À très bientôt pour un nouveau Cereal readers!

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Cereal readers #2

Cereal readers #2

Des Golden Grahams en compagnie de Graham Masterton! – Partie 2

Bonjour tout le monde!

Vous êtes prêt pour la seconde partie de ce bol de Golden Grahams en compagnie du maître incontesté du gore et de l'épouvante? Mais attention, hein, ne venez pas dégobiller votre déjeuner dans mon salon XD

Cereal readers #2

La nouvelle…

Elle est parue dans la revue Phenix n°38, dirigée par Marc Bailly. La nouvelle originale provient d'une anthologie, The mammouth book of terror, où elle était parue sous le titre Pig's dinner. C'est bien sûr Dennis Labbé qui l'a traduite.

Le délice pour cochon, de Graham Masterton

David et son frère Malcolm tiennent un élevage de cochons destinés à la consommation, mais l'entreprise a des difficultés financières. Un soir que David rentre d'un entretien avec un banquier, il trouve les lumières de la grange allumées. Par un malheureux concours de circonstances, alors qu'il croyait le broyeur à viande éteint et le bouton sur "marche", David ferme l'interrupteur du broyeur. Mais celui-ci se met en marche… avec Malcolm dans la cuve.

L'on retrouve dans cette nouvelle un thème que j'ai déjà rencontré chez Masterton, celui du cochon qui devient "pensant" grâce à l'incursion d'une conscience humaine dans son cerveau. Cela peut venir du fait que le cochon a mangé des restes humains (Le délice pour cochon) ou par une suite de mutations génétiques (Sang impur). Toujours est-il que dans les deux cas, le cochon est énorme, de couleur noir, et généralement létal pour qui tente de l'approcher. Un bon concentré de gore et d'imagination tordue!

Il avait quitté la porcherie à cinq heures et demie du matin, avait conduit pendant toute la route vers Chester sous une pluie diluvienne avec un fatras de sept petits cochons de Landrace souffrant peut-être d'érysipèle du cochon. Il avant attendu deux heures et demie un jeune inspecteur de l santé qui avait raté sa correspondance de Coventry. Puis il avait déjeuné d'un pudding à la viande de bœuf et aux rognons avec un directeur adjoint de banque dont le costume humide empestait comme un épagneul, et qui avait estimé ne pas pouvoir accorder à David le prêt dont lui et Malcolm avaient désespérément besoin afin de réparer le toit de la vieille grange noire.

Il avait presque atteint les escaliers de pierre lorsqu'il se rendit compte que les lumières de la fabrique de nourriture étaient restées allumées. Quelle barbe, pensa-t-il. Malcolm était toujours aussi négligent. C'était l'investissement trop ambitieux de Malcolm dans une nouvelle machinerie et l'insistance de Malcolm pour installer leur propre abattoir et leurs propres chambres froides qui avaient entraîné leurs finances jusqu'au point de non-retour. La Bryce Prime Pork avait été coincée entre la baisse de demande et la hausse des coûts, et le rêve de David de devenir propriétaire terrien prospère s'était petit à petit effiloché autour de lui.

Le délice pour cochon, de Graham Masterton

Retrouvez les scènes gores de cette nouvelle dans ma nouvelle collection d'extraits… Frissons garantis!

Ma progression dans le Phenix n°38…

2 nouvelles lues sur 7!

À très bientôt pour un nouveau Cereal Readers!

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