[Ciel, mon cryptide ! | Saison 1] Chapitre 1, Poulpe fiction

…où Phoebe se fait rincer deux fois tandis qu’elle apprend de bien drôles de nouvelles la concernant, où Abigaïl découvre la côte belge d’une façon qu’elle n’aurait pu imaginer, où elle rencontre un charmant jeune homme en compagnie de qui elle luttera contre des forces subaquatiques qui dépassent l’entendement et où, enfin, les nouveaux animaux de compagnie (NAC) amphibies font une première apparition.

• Ostende, Belgique, le 22 juillet 1896 

Phoebe se fit rincer deux fois. Et elle n’aimait décidément pas l’eau.

La première fois, c’était à l’aquarium public flambant neuf d’Ostende. Les Belges avaient enfin décidé, après l’ouverture du premier aquarium européen à Concarneau en 1859, de se mettre au diapason de leurs homologues français en construisant le De Sweemer Aquarium. Ce n’était, bien sûr, pas pour déplaire à Abigaïl Walravens, la cryptozoologue que Phoebe accompagnait. Celle-ci affectionnait particulièrement les créatures marines, et était d’ailleurs souvent appelée à la Côte afin d’élucider les nombreux mystères de la mer.

Aujourd’hui, Abigaïl était en adoration devant l’aquarium des petites roussettes, l’attraction majeure du De Sweemer. Elles n’étaient guère visibles dans les eaux de la Mer du Nord, et la jeune femme n’était que trop heureuse de pouvoir observer leur nage parmi les récifs artificiels. Fidèle à elle-même, elle ne tenait pas en place, s’exclamant bruyamment à chaque apparition des créatures. C’était une de ces journées d’été où la chaleur se faisait aussi pesante qu’une chape de plomb. La moiteur était insupportable, tant à l’intérieur du bâtiment qu’au dehors. Mais cela ne semblait pas gêner Abigaïl, qui arpentait la vitre en agitant énergiquement son éventail. Sur ses talons, une Phoebe en nage suivait péniblement sa progression.

Cette course folle fut bientôt interrompue par une voix bourrue à l’accent flamand prononcé :

– Mademoiselle Walravens, je présume ?

Abigaïl se retourna pour fixer le nouvel arrivant de ses yeux couleur de forêt vierge. De petites fossettes se creusèrent sur son visage alors qu’elle lui souriait en retour.

– C’est bien moi ! Et vous êtes Monsieur De Sweemer ?

– Non, j’ai bien peur que Monsieur De Sweemer ait un léger contretemps. Il a dû partir en mer ce matin accompagné de votre directeur, Monsieur Monteyne, et ne rentrera qu’en fin d’après-midi. Vous m’en voyez désolé… Monsieur De Sweemer m’a chargé de vous accueillir. Mon nom est Anton, c’est moi qui supervise l’entretien des bassins.

– Enchantée, Anton. Excusez-moi, mais l’absence de Messieurs De Sweemer et Monteyne me contrarie un tantinet. Je transporte un colis que le professeur Tinkelcrowe m’a chargé de leur remettre aujourd’hui. Mais le paquet est un peu pesant dans ma besace, et par cette chaleur, je serais heureuse de pouvoir le déposer quelque part, dans un endroit sûr.

– Hmm, j’ai bien peur qu’il vous faille prendre votre mal en patience. Je suis au courant, pour la livraison. Monsieur De Sweemer m’en a touché un mot avant son départ. Malheureusement pour vous, il m’a bien spécifié qu’il ne peut lui être remis qu’en main propre, et ce par vos soins. Il a catégoriquement refusé que l’objet soit laissé sans surveillance, même dans un local fermé à clé.

Abigaïl fit la moue. Derrière elle, une Phoebe accablée par la chaleur se dandinait impatiemment, lançant des regards implorants à l’employé. Sous le petit chapeau melon d’Anton, la sueur perlait également, aussi fit-il un geste en direction des gradins :

– Mais je vous en prie, prenez place ! Le nourrissage des roussettes va bientôt débuter, si le cœur vous dit de profiter du spectacle en attendant le retour du grand patron…

– Bien sûr ! Ce serait avec joie ! fit Abigaïl, plus qu’enthousiaste. Phoebe et moi serions ravies de nous poser un peu. Le voyage a été long et plutôt éprouvant. Vous restez avec nous, bien sûr ? J’ai une foule de questions à vous poser !

– Oh ! Eh bien, je… Ma foi, puisque vous insistez…

Ils prirent place au milieu des gradins, d’où ils apercevaient pratiquement la totalité du bassin. Trois enfants d’une dizaine d’années étaient assis devant eux, tenant de petites méduses fluorescentes en laisse. Celles-ci flottaient dans les airs à l’instar des ballons de baudruche que les jeunes générations affectionnaient autrefois, avant que ceux-ci ne soient passés de mode. Leurs longs tentacules roses et tire-bouchonnés chatouillaient les têtes de leurs jeunes maîtres, les faisant rire aux éclats.

– Les enfants ! intervint sévèrement Anton. Les animaux domestiques volants ou fluorescents doivent être impérativement laissés à l’entrée de l’aquarium. Il y a un service de garderie prévu à cet effet.

Les heureux propriétaires regardèrent Anton d’un air suppliant, mais rien ne fit plier le gardien. Ils s’en furent l’air penaud, leurs méduses flottant joyeusement dans leur sillage.

– Non, ce n’était rien ! Ce n’étaient que des Pelagia Noctiluca… C’est une espèce domestique très répandue depuis que l’ablation des nématocystes urticants est devenue obligatoire. Ces méduses ne faisaient de mal à personne, à part… gâcher la vue… enfin, rien qu’un petit peu !

Phoebe leva les yeux au ciel. Elle appréciait beaucoup Abigaïl, mais cette propension à parler comme une encyclopédie l’agaçait parfois. Elle la soupçonnait de chercher à impressionner Anton, ce qui ne serait pas une première.

– C’est justement une des raisons qui font que nous interdisons l’accès aux bassins à la plupart des NAC amphibies, expliqua le gardien. La lumière qu’elles émettent dans le noir vous empêcherait de jouir du spectacle. Ce qui serait dommage au vu de… Ah, ça va commencer !

En effet, quelque chose semblait avoir stimulé les petits requins, qui tournaient dans le bassin en ouvrant la gueule avec impatience.

– Je n’avais encore jamais vu de Scyliorhinus canicula d’aussi près, murmura Abigaïl. Je les imaginais plus impressionnantes…

Anton sourit dans sa barbe.

– Rassurez-vous, vous n’avez encore rien vu… notre requin pèlerin est arrivé il y a trois jours. Le bassin n’est pas encore ouvert au public, mais je suis certain que nous pourrons faire une exception pour vous.

– Vous avez un requin pèlerin ?! s’exclama Abigaïl.

Puis elle se tourna vers Phoebe et chuchota, surexcitée :

– Phoebe, ils ont un requin pèlerin…

Mais Phoebe ne l’écoutait pas et semblait plutôt s’embêter ferme. La cryptozoologue oubliait souvent que Phoebe avait dû croiser bien plus de créatures marines qu’elle-même ne pourrait jamais en voir.

Bientôt, de petits poissons furent lâchés à la surface du bassin et descendirent lentement vers le fond. Les roussettes ne se le firent pas dire deux fois ; elles firent une bonne gorge chaude de la poiscaille ainsi mise en pâture. Abigaïl se sentait un peu désappointée ; bien que sa curiosité naturelle la pousse à apprécier le spectacle qui s’offrait à elle, cette dernière ne s’en trouvait pas tout à fait rassasiée. Le repas d’un requin marteau ou d’un grand requin blanc aurait été autrement plus divertissant.

Tandis qu’elle enfouissait cette pointe de déception derrière son éternel enthousiasme, quelque chose changea dans la façon dont les roussettes se déplaçaient. Là où elles cherchaient à passer dans la trajectoire de la nourriture qui leur était offerte, leurs mouvements se faisaient à présent désorganisés, comme si elles étaient troublées par…

– Un tentacule ! s’exclama Abigaïl. Là ! Juste derrière ce corail rouge !

– Un tentacule ? Très chère, mais vous n’êtes pas sér… !

Anton ne prit pas la peine de finir sa phrase. Lui aussi venait de le voir. C’était là, derrière les récifs artificiels. Cela se tapissait, guettant la meilleure occasion de passer à l’action. Abigaïl parut inquiète, tout à coup :

– Anton ? Est-ce que tout va…

La pieuvre sortit de sa cachette à ce moment précis, jaillissant comme un diable hors de sa boîte ; une monstruosité à la peau mucilagineuse qui se dressait à présent d’un air glouton. Sa brusque apparition fit gicler l’eau du bassin, éclaboussant abondamment les spectateurs, dont Phoebe qui épongea l’essentiel du déferlement. Elle s’apprêtait à protester avec véhémence quand quatre roussettes furent happées par la bête et pliées en deux comme de vulgaires allumettes. Puis les tentacules vacants attrapèrent les queues des petits requins et tirèrent un coup sec, déversant les tripes des animaux dans le bassin. Ce fut la panique parmi le public, qui quitta les gradins dans le chaos le plus total. Anton tenta de canaliser les touristes affolés, en vain. Seules Abigaïl et Phoebe restèrent sur leur siège, l’une inquiète et l’autre fulminant.

– Comment cette chose est-elle arrivée là ? articula la cryptozoologue.

– Je l’ignore, fit-il d’un air contrit. Le bassin est censé fonctionner en vase clos, et la présence d’un poulpe n’était évidemment pas prévue. Mille excuse, mais je vais devoir vous laisser pour aller prêter main forte aux gardiens du bassin.

– Restez ici, lui chuchota Abigaïl. Le foie de la roussette est toxique. Si notre invité surprise est malin, il les laissera de côté. Le cas échéant, la toxine présente dans les foies agira sur lui comme un somnifère puissant. Attendons encore un peu…

Anton lui jeta un regard qui oscillait entre l’étonnement et l’admiration.

– Vous êtes décidément à la hauteur de votre réputation, Mademoiselle Walravens. Mais je vais tout de même aller voir ce qui se trame du côté des gardiens. Je ne voudrais pas qu’il fasse quoi que ce soit d’inconséquent. Je veux cette pieuvre vivante…

Alors qu’il se dirigeait vers un escalier de service, des cris retentirent à l’extérieur de l’aquarium, suivis d’un vacarme qui ne présageait rien de bon. Abigaïl et le gardien échangèrent un regard puis se précipitèrent vers la sortie de secours la plus proche, laissant derrière eux une Phoebe dégoulinante.

***

La minuscule pieuvre violette était fermement recroquevillée sur elle-même, ce qui ne facilitait pas la vie de Madame Steufel. La pointe de sa fourchette refusait obstinément d’embrocher le fruit de mer, et cela commençait à l’agacer prodigieusement. Elle leva un regard impuissant vers son mari, qui paraissait beaucoup s’amuser de la situation.

– Il me semble, très chère, que votre plat fait de la résistance. Peut-être devriez-vous songer à prendre quelques cours auprès de nos amis les chinois. J’ai entendu dire qu’ils n’utilisent pas de couverts, mais des baguettes de bois dont ils se servent comme d’une pince. Je pense que ce choix d’arme serait plus judicieux.

Le regard courroucé de son épouse était éloquent.

– Et bien sûr, vous comptez m’offrir le voyage jusqu’en Chine afin que je puisse prendre congé de vos sarcasmes…

Se disant, elle donna un coup de fourchette énergique vers l’animal, qui lui échappa derechef en glissant bas de l’assiette. Le mari pouffa, puis il se leva en s’excusant et se dirigea vers l’endroit où il ne pouvait aller que seul. Honteuse, Madame Steufel se baissa discrètement pour ramasser la pieuvre avec sa serviette. Mais à sa grande surprise, l’animal avait disparu, laissant sur le sol dallé des traces de sauce tomate au curry. Ou plutôt, de la gelée de sauce tomate, vu la consistance du plat. Son mari et elle s’étaient même demandé si le restaurateur ne s’était pas trompé avec un pot de confiture. Faisant mine de rien, elle reprit la direction de son assiette, mais cette fois-ci, elle ne se gêna pas pour saisir un poulpe avec ses doigts et le gober tout rond. La vengeance a meilleur goût lorsqu’elle est faite avec effronterie…

Elle entamait une autre bataille avec ses tagliatelles qui renâclaient à s’enroulaient autour de sa fourchette, lorsqu’elle ressenti un vif gargouillement au creux de son estomac. Elle s’arrêta net, ses couverts à mi-chemin entre son plat et sa bouche. Une intense vague de nausée l’envahit, la faisant écarquiller les yeux. Puis elle hoqueta, paniquée. Tandis que ses voisins de table la dévisageaient, elle vomi péniblement un long filet sanguinolent qui vint se confondre avec la sauce de son plat. Une dame se leva précipitamment, outrée de tant de grossièreté. Elle fut suivie par d’autres, dont les commentaires écœurés se faisaient blessants.

Mais Madame Steufel était trop choquée pour s’offusquer du comportement de ses contemporains. Les douleurs dans son abdomen s’intensifiaient à chaque nouveau spasme, si bien qu’elle finit par croire que ses tourments n’auraient pas de fin. Un élancement plus puissant que les autres la fit choir de sa chaise. Son estomac avait enflé. Il semblait bouger par intermittence, et elle se demanda si les fruits de mer qu’elle venait de déguster étaient vraiment frais. Elle aurait tant aimé qu’on lui dégrafe son corset…

Ce fut là sa dernière pensée cohérente. La douleur la fit convulser sur le sol, le visage pressé contre les dalles froides, avec pour seule compagnie le brouhaha des sièges et des clients qui s’enfuient. Le dernier son qu’elle put entendre fut le déchirement de ses chairs, lorsque subitement son dîner décida de se frayer un chemin par-delà ses viscères pour sortir par le bas.

***

Dehors, sur la digue d’Ostende, une indescriptible cohue régnait. Le mouvement de foule semblait essentiellement provenir d’un petit restaurant de bord de mer. Beaucoup de gens gravitaient autour de la terrasse faisant face à la plage, d’autres la fuyaient en hurlant. Des enfants perdus pleuraient, dépassés par les événements, leurs NAC amphibies rampant ou voletant autour d’eux.

Anton courut vers le restaurant tandis qu’Abigaïl le suivait tant bien que mal, soulevant avec peine sa crinoline. Le vêtement, quoique démodé, lui tenait à cœur et elle craignait que le sable humide endommage les dentelles. Lorsqu’ils s’arrêtèrent, ce qu’elle aperçut au travers des mèches de son chignon défait la stupéfia.

– Oh, mon Dieu ! jura Anton, aussi livide qu’un suaire. Mais que s’est-il passé, ici ?!

Dans une tentative de comprendre ce qu’il voyait, il cligna rapidement des yeux. Quant à la cryptozoologue, malgré le nombre d’autopsies pratiquées et les cas étranges rencontrés, elle était clouée sur place par l’effroi et avait du mal à contenir ses haut-le-cœur.

Sur le sol gisait le corps d’une femme, du moins ce qu’il en restait. Car sous son corset s’ouvrait une déchirure béante qui séparait pratiquement les jambes du buste.

Abigaïl regarda vers ses propres jupes, puis ses pieds, et constata avec horreur qu’ils baignaient dans les fluides corporels de la malheureuse. Quoiqu’à y bien regarder, cela semblait trop épais, pour des fluides classiques… Son instinct professionnel prit le pas sur le dégoût initial, et elle se pencha pour observer la matière visqueuse de plus près. Le vermillon du sang et le gris des muqueuses étaient mélangés à une autre matière organique, presque transparente. Elle l’appréhenda du bout de sa bottine, puis l’écrasa légèrement sous son talon. C’était ferme et gélatineux, à l’instar de la chair des méduses. Se relevant, elle considéra la scène dans son ensemble. Elle regrettait de n’avoir pas pris sa valisette d’analyse, tout comme elle regretterait le bas de sa crinoline. Il était foutu, bien entendu…

– Cette matière mucilagineuse… réfléchit-elle à haute voix. Cela me rappelle quelque chose… Oh, c’est une théorie alambiquée, bien sûr, mais si j’ai raison, alors nous sommes dans de beaux draps…

– Nous ne pouvons plus rien pour cette malheureuse, fit remarquer le gardien. Que faisons-nous, maintenant ?

– Je propose que nous allions dans cette direction ! dit-elle en pointant du doigt le dépôt sanglant qui partait de la plaie de la victime et continuait en zigzaguant entre les tables, avec de-ci de-là des agglomérats visqueux du plus bel effet.

Bien qu’elle soit heureuse que Phoebe n’ait pas été là pour le voir, Abigaïl trouvait cela assez esthétique, au final.

Ce ne fut pas tant la trace qu’ils suivirent, que les hurlements des badauds, les bruits de fuite précipitée et de meubles renversés. Une fois dépassé le chaos du restaurant, la vue sur la digue et la plage se fit plus dégagée, et ils purent enfin apercevoir le responsable de ce carnage.

Un grand poulpe couvert de sang et de lambeaux de boyaux se dressait au centre de la digue. Il semblait prêt à en découdre avec les plus téméraires témoins de la scène, qui lui faisaient barrage. De toute évidence, le poulpe avait dans l’idée de rejoindre la mer après avoir commis le meurtre, et ces badauds ne l’entendaient pas de cette oreille. Abigaïl se délecta du spectacle.

– Tiens, tiens… Il semblerait que nous tenions notre Jack l’Éventreur à huit pattes ! (Puis, se tournant vers Anton : ) Qu’a donc mangé notre victime, ce midi ?

– Son assiette semblait constituée de pâtes alimentaires italiennes, de fruits de mer et de sauce tomate d’aspect douteux.

– Merci, Watson !

Sa repartie fit naître un léger sourire sur le visage d’Anton, dont la fine moustache tressauta.

– Cela confirme donc ma théorie. Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, ce poulpe provient de l’assiette de notre victime.

Le regard d’Anton s’arrondit de surprise.

– Mais… Mais ce poulpe est…

– De taille adulte, oui, je sais. Mais il était petit au moment où la victime l’a ingéré, je peux vous l’assurer. C’est la sauce tomate version gelée de raisin qui m’a mis la puce à l’oreille. La reproduction des poulpes implique l’émission par le mâle de spermatophores, c’est-à-dire de poches de muqueuse contenant… Oh, mais suis-je bête, je ne vous apprends rien !

– D’accord, mais si le gel retrouvé dans l’assiette est bien un spermatophore, celui-ci ne contient que de la semence, pas d’ovule fécondée, et encore moins de fœtus en gestation !

– De toute évidence, mon cher Anton, nous sommes en présence d’une nouvelle espèce de poulpe…

La cryptozoologue regarda le ciel d’un air très inspiré, avant d’éclater :

– Wouhouuuu !!! Une nouvelle espèce ! J’ai découvert une nouvelle espèce, Monsieur Anton !

– Euh, moi, c’est Anton tout court…

– OK, Anton Tout Court ! Je vous présente le… voyons voir… le Abigae Walravenius, une nouvelle espèce de poulpe qui envoie à l’air libre, non pas des spermatophores, mais bien des placentas complets. Madame notre victime a probablement ingéré l’occupant de l’un de ces « placentas », et bébé poulpe a terminé sa croissance dans son ventre… Dans ce cas, il s’agit d’une croissance bougrement rapide !

– Vous parlez du poulpe ou de la taille de votre égo ?

– Oh, cessez vos taquineries, voulez-vous ! Le moment est historique ! Car nous pouvons expliquer cette fulgurante croissance. Il est possible que la substance entourant le fœtus contienne des hormones de croissance en très grande proportion. Ces animaux semblent avoir fait évoluer leur technique de reproduction afin de pouvoir se multiplier le plus rapidement possible. Je ne vois qu’une raison à cela…

– Une invasion ! s’exclama Anton.

– C’est effectivement à cela que je voulais en venir, même si c’est encore un bien grand terme. Regardez notre envahisseur…

Entouré par la foule qui le piquait de toute part à l’aide de couverts glanés sur les tables, le poulpe se ratatinait à vue d’œil.

– Il essayait de rejoindre la mer. Ces poulpes ne sont pas des animaux amphibies. Ils ne peuvent donc pas nous envahir. Pas encore, du moins. Mais ils viennent sur nos côtes tester leur nouvelle technique de croissance rapide. Ça, et aussi…

Abigaïl jeta un curieux regard à son coéquipier d’un jour.

– …apprendre le secret de la vie amphibie.

– Vous croyez ?

– Je ne le crois pas. J’en suis certaine. Oh ! Mais qui voilà ? Phoebe, je t’avais dit de rester à l’intérieur de l’aquarium !

La nouvelle arrivante faisait profil bas, mais de toute évidence, elle était soulagée de pouvoir se sécher à l’air libre. Anton posa une main compatissante sur sa tête.

– Mais comment peuvent-ils être au courant, pour les NAC amphibies ?

– Ça, c’est une question autrement plus complexe. Cela supposerait déjà qu’ils soient doués d’une intelligence presque humaine et qu’ils forment une société organisée…

– Une société organisée avec un chef à leur tête ?

– Oui, plus que probablement.

– Un chef comme celui-ci ?

Les yeux d’Abigaïl suivirent le regard d’Anton. Ils s’exorbitèrent presque à la vue de ce qui s’annonçait à l’horizon.

Phoebe se fit rincer deux fois. À la seconde fois, elle sut qu’elle et l’élément eau étaient résolument en guerre.

Le soleil de milieu d’après-midi était écrasant malgré la brise, et ce geyser maritime aurait dû la rafraichir. Au lieu de quoi, elle se sentit juste aussi détrempée qu’une serpillère dans un seau d’eaux usées. La Mer du Nord n’avait rien de paradisiaque. La moindre goutte exhalait un curieux mélange de mollusque, de sel et de débris végétaux. À présent, sa peau empestait la marée, et pour couronner le tout – et ce n’était rien de le dire – une épaisse écume blanchâtre l’avait maculée de guirlandes mousseuses absolument répugnantes.

Mais cela n’empêcha pas ses yeux collés d’humidité de voir l’abomination qui montait d’entre les vagues. Une sorte d’absurdité anatomique de taille cyclopéenne, toute en peau flasque, ventouses, pustules et tentacules. La chose se frayait lentement un chemin, luttant contre le léger ressac. Cela se redressait peu à peu, ombre menaçante parmi la mouvance hypnotique des flots. D’aussi loin que Phoebe pouvait se souvenir, jamais encore elle n’avait croisé aussi étrange animal. Mais était-ce seulement animal ? Partagée entre un soupçon de crainte et la fureur difficilement contrôlable de s’être fait inondé, Phoebe s’apprêtait à lui montrer sa façon de penser d’un geste bien senti lorsqu’elle fut brusquement tirée en arrière par Abigaïl.

– Phoebe ! File vite te cacher !

Mais Phoebe faisait sa mauvaise tête. Elle ne voyait vraiment pas pourquoi elle devrait capituler alors que l’on venait de lui faire l’affront d’une nouvelle douche forcée. Cependant, elle se ravisa lorsqu’elle vit que la créature se rapprochait, et qu’elle ne semblait pas bienveillante du tout. Son ombre s’étendit peu à peu vers la plage, jusqu’à recouvrir Phoebe dont la fureur retomba pour faire place à de la peur. La chose émit un borborygme en dévisageant ouvertement Phoebe, qui se carapata. On eut dit le bruit d’un rescapé de la noyade occupé à recracher l’eau de ses poumons. Dans le ciel, les exocets et autres bancs de poissons volants avaient fui, aussi bien que les mouettes et les raies pastenagues. Les bruits typiques du bord de mer avaient cessé, si bien que dans le lointain, l’on pouvait entendre le caquètement incongru d’une hydre-avion de passage.

Après de nombreux bruits mouillés, la créature s’aperçut qu’elle ne parviendrait pas à former des mots humains avec sa « bouche », un amas de chairs glaireuses parfaitement informe. Agacée par son échec, elle désigna Phoebe avec ce qui lui tenait lieu de bras.

Abigaïl tiqua et prit la défense de Phoebe.

Dites donc, on ne vous a jamais appris qu’il est impoli de montrer quelqu’un du tentacule ? Allez faire votre marché ailleurs ! asséna-t-elle à la chose.

Mais la créature ne semblait pas prête à lâcher le morceau et se rapprocha encore du rivage autant que lui permettait le niveau de la mer. Visiblement, elle ne pouvait pas quitter le couvert des vagues pour marcher sur la terre ferme. Sans doute aurait-elle finit comme le poulpe de la digue, ce qui donnait à Abigaïl et les siens un avantage certain.

La cryptozoologue donna un coup de coude discret dans les côtes du gardien :

– Anton ! chuchota-t-elle. Faites évacuer les badauds, je prends la situation en main… Et prenez Phoebe avec vous ! Elle n’est pas en sécurité, ici.

– Vous êtes sûre de vous ?

– Oui, ne vous inquiétez pas, je trouverai bien une solution ! J’ai plus d’un tour dans mon sac, croyez-moi…

Ce disant, elle tâta sa besace et fut satisfaite de constater qu’elle était toujours aussi lourde. Quant au gardien, il éprouvait des remords de la laisser gérer seule la situation. Mais il savait que s’il voulait sauver un maximum de vies, c’était l’unique solution possible. Car l’immonde créature, d’un ample geste d’un de ses tentacules griffus, venait d’expulser vers la digue une salve de choses gluantes et ovoïdes qui tombèrent en pluie sur les étals de poissons fraîchement pêchés.

Bientôt, d’autres poulpes à croissance fulgurante firent leur apparition, menaçant les badauds et leurs NAC amphibies. Insidieusement, ils séparaient ces derniers de leurs maîtres, les repoussant vers les vagues pour permettre à l’atrocité marine de s’en saisir. Anton savait d’expérience que ces rejetons n’étaient pas difficiles à vaincre tant que leur taille ne devenait pas ingérable. Il suffisait de s’en écarter suffisamment et de laisser la bête se dessécher au soleil, ou encore de la priver d’une façon ou d’une autre de l’accès à l’eau. Pour ce qui était de leur parent, ce serait sans doute une autre histoire…

De la digue, il pouvait voir que lui et la cryptozoologue se faisaient face, s’affrontant presque du regard.

Soudain, la créature plongea un tentacule dans la mer. Elle semblait chercher quelque chose dans le fond sablonneux, car les eaux se troublaient peu à peu. Anton craignait le pire. Et s’il s’agissait d’une arme ? Mais au lieu de cela, elle s’était saisie d’un lourd fatras de vêtement détrempés qu’elle avait enfilé comme un gant et qu’elle soulevait dans les airs comme si cela ne pesait rien. À y bien regarder, cet enchevêtrement de tissu avait une forme vaguement humaine. Si c’était effectivement une arme, Anton n’en avait décidément jamais vu de semblable, et elle semblait plutôt inoffensive au demeurant.

Abigaïl, qui était plus proche, dû retenir un violent spasme gastrique. Car ce que la créature venait de soulever des fonds marins n’était rien moins que le corps d’un homme. Un marin, à en juger par ses vêtements rapiécés et son vieux tricorne qui dégouttaient lamentablement. Un premier examen rapide révélait que le corps avait dû séjourner plusieurs jours dans l’eau, voire plus, et la cryptozoologue était heureuse d’être suffisamment loin de la scène pour s’épargner les détails morbides.

La créature se servait du cadavre comme d’un pantin désarticulé et miteux. Un tentacule crochu dépassait de la bouche telle une langue pustuleuse, démesurée, grotesque. Abigaïl n’avait jamais aimé la ventriloquie, qu’elle jugeait effrayante et dénuée de sens. Elle songea carrément à faire interdire cet art quand la créature s’adressa à elle par le biais du marin occis. Sa voix était gutturale à faire se dresser les poils de nuque :

– Bonjour, Abigaïl Walravens…

La cryptozoologue en resta coite.

– Ah, ça ! Parce que vous connaissez mon nom ?

– Nous connaissons tout de vous, Abigaïl Walravens… et ce disant, un gros crabe se glissa d’entre les lèvres bleuies du marin inconnu, distordant sa bouche à la limite du possible.

Son nom ainsi prononcé et associé à cette vision de cauchemar, voilà qui hanterait Abigaïl pour le restant de ses jours. Elle se força pourtant à ne pas montrer sa peur.

– Qui êtes-vous ? lui cria-t-elle. Et pourquoi parlez-vous au pluriel ?

– Vous me décevez… Je pensais qu’en tant que cryptozoologue, vous auriez entendu parler de nous…

– Eh bien, il faut croire que non…

– Certains m’ont souvent nommé le Kraken, mais en réalité, les Mummontalo m’appellent Haliphron. Je suis leur seigneur…

– Les Mummontalo, hein ? Et vous espérez me faire croire en l’existence de ce vieux mythe ?

– Je n’ai pas besoin de vous faire croire en quoi que ce soit, notre existence n’est plus à prouver, puisque je suis là, devant vous… Nous ne sommes pas un mythe, Abigaïl Walravens. Il est vrai que nous avons failli être éradiqués il y a quelques millénaires de cela, mais nous autres Mummontalo avons une exceptionnelle capacité d’adaptation. Comment pensez-vous que nous ayons survécu aux différents âges de ce monde, là où d’autres espèces se sont éteintes ?

Abigaïl haussa un sourcil interrogateur.

– Vous êtes donc si vieux que cela ?

– Nous étions là avant que le monde soit monde, avant même que la Terre ne prenne forme. Si vous croyez qu’avant la Terre, il n’y avait rien, détrompez-vous… Mais je ne suis pas venu vous donner un cours d’histoire, bien sûr. Sachez juste que nous avons été relégués au fond des océans pendant trop longtemps. Cela ne posait pas de problème, tant que la planète était majoritairement constituée d’eau. Mais à présent que les océans s’amenuisent par l’émergence de nouvelles terres, nous commençons à manquer de place. Je n’ai rien contre votre espèce, je suis juste venu reprendre ce qui nous est dû… la Terre.

La cryptozoologue eut un petit rire narquois qui tenait plus du hoquet.

– Eh bien, vous me semblez bien mal embarqués ! C’est à peine si vous survivez plus de dix minutes hors de votre élément !

– Je n’avais pas terminé ma phrase. Je suis venu reprendre la Terre, et ma fille… C’est elle qui détient le secret de la vie à l’air libre. Avec elle à mes côtés, nous pourrons retrouver notre espace vital et notre splendeur d’antan.

– Je suis désolée, mais le secret de la vie amphibie est éventé depuis longtemps… Voyez par vous-même ! Les créatures marines marchent ou volent à nos côtés, tandis que des animaux terrestres vivent une existence paisible sous les flots. Mais ce secret n’est pas près de vous être dévoilé, vous pouvez me croire ! Et tant que vous n’aurez pas trouvé votre fille…

– Ma fille est ici, sous vos yeux…

– Mille excuses, mais je ne vois aucune créature dans les environs qui soit assez moche pour avoir une quelconque parenté avec vous…

En disant cela, Abigaïl avait conscience de son impertinence et du risque qu’elle prenait. Mais ce dialogue avec Haliphron commençait à lui taper sur les nerfs et, s’il n’avait été aussi riche en informations utiles, elle y aurait volontiers mis un terme plus tôt.

Le seigneur des Mummontalo prit un air moqueur :

– Vraiment ? Même pas celle que vous hébergez depuis six ans, environs ? Celle qui est venue avec vous aujourd’hui…

– Phoebe ?!

Abigaïl s’empêcha de regarda vers la digue pour éviter de donner à Haliphron la localisation de son poulpe de compagnie.

– Non, vous vous trompez ! Phoebe n’aime pas l’eau… Si vraiment elle avait des origines Mummontalo, elle devrait au moins savoir nager, ce qui n’est pas le cas. Et puis, entre nous, elle ne tient pas beaucoup de son présumé père…

– Phoebe a toujours été… particulière, je vous le concède. Elle est née à l’air libre, mais n’est pas revenue vers l’océan comme ses frères et sœurs. Mais les nageoires embryonnaires qui doivent commencer à prendre forme sur son dos prouvent ses origines. Sa place est auprès de son peuple, auprès de moi.

Et c’était vrai. Abigaïl avait effectivement remarqué ces nageoires naissantes, et s’était interrogée sur le sujet. Elle n’en avait rien dit à Phoebe car elle savait qu’elle s’en serait fait un sang d’encre – et l’expression vient parfaitement à point pour un poulpe. Après de nombreuses recherches, Abigaïl avait fini par capituler. Après tout, elle ne connaissait pas les origines réelles de Phoebe, qu’elle avait trouvée dans un entrepôt clandestin en compagnie d’autres NAC amphibies créés dans l’illégalité. Elle s’était faite une raison, se disant qu’elle avait peut-être tout simplement découvert une nouvelle espèce de poulpe à laquelle elle pourrait donner un nom avant de la présenter à la communauté scientifique. Puis elle s’était ravisée, sachant que le petit poulpe pourrait alors devenir le sujet d’expériences douloureuses et humiliantes. La cryptozoologue avait dès lors adopté Phoebe, qui s’était avérée être d’excellente compagnie.

– Le fait est qu’elle est particulière pour moi aussi. Je… Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Elle est comme mon ombre depuis tant d’années… Je ne peux pas vous laisser la reprendre !

– Parce que vous pensez avoir le choix ? gronda Haliphron, nullement attendri par ces propos.

Sur ces mots, la créature sembla se ratatiner sur elle-même. Mais au bouillonnement de l’eau qui l’entourait, Abigaïl comprit que quelque chose était sur le point de se produire. Quelque chose qu’elle n’avait sûrement pas envie d’expérimenter. Il était clair que le Mummontalo ne faisait que reculer pour mieux sauter. S’apprêtant au pire, elle plongea la main dans sa besace et se mit à fouiller à tâtons, non sans pester sur les sacs des dames, les objets hétéroclites que l’on pouvait y trouver, et le fait que l’on n’attrapait jamais en premier ce que l’on y cherchait. Puis elle sentit le papier kraft rembourré de tissu et poussa un soupir de soulagement.

Elle savait que le colis pour Monsieur De Sweemer contenait une arme. En revanche, elle n’en connaissait pas la nature. Le pistolet semblait des plus ordinaires, avec sa crosse en nacre sculptée, son canon de cuivre évasé et ses mollettes dont elle ignorait l’usage. Elle en avait utilisé de plus exotiques, aussi douta-t-elle fortement de son efficacité face à un Mummontalo très en colère.

Et celui-ci l’était, en vérité, car il chargea soudainement, tous tentacules dehors. Abigaïl cessa de tergiverser intérieurement. Elle tourna les mollettes au hasard, espérant trouver la bonne combinaison. Puis elle pointa le pétard vers Haliphron et pressa la détente en fermant les yeux.

Il y eut un pop un peu mollasson, un chouïa de fumée, puis plus rien.

Lorsqu’Abigaïl rouvrit les yeux, elle ne put croire ce qu’elle voyait. Haliphron aussi affichait un air parfaitement incrédule. Son expression d’ébahissement total fit rire la cryptozoologue aux éclats. Ainsi donc, c’était l’Emberlificoteur que Tinkelcrow avait choisi de céder à De Sweemer. Un pistolet dont elle avait déjà entendu parler, sans jamais avoir pu le voir de ses propres yeux, et qui était réputé pour les nœuds indémêlables qu’il produisait. Les mollettes servaient à choisir le type de nœud désiré, et l’intensité du serrage. Et le résultat était là… L’onde de choc produite par l’Emberlificoteur avait inextricablement emmêlé les tentacules du Mummontalo qui formaient à présent un amas inutilisable. Si bien que, n’ayant plus d’appui valable, il retomba lourdement dans la mer, produisant un colossal déplacement d’eau qui inonda la plage. Sur son coin de digue, Phoebe remercia mentalement le ciel de lui avoir épargné une troisième baignade. Quant à Abigaïl, elle dégoulinait littéralement, mais son visage rayonnait.

Ridiculisé par une simple humaine, Haliphron fulminait sous le couvert des vagues. Incapable d’envoyer de nouveaux rejetons vers la digue, et encore moins de se déplacer, il était à présent forcé de capituler.

– Nous voici arrivés au nœud du problème, on dirait, hein ? le railla Abigaïl. Pas de tentacules, pas de domination du monde… C’est dommage, moi qui commençais à m’habituer à votre tête de nœud…

– Ne vous moquez pas de moi ! tonna-t-il.

Malgré ses difficultés à se maintenir à la surface, ses yeux semblaient rougeoyer, et de petites fumerolles de vapeur se formaient au-dessus de lui. Abigaïl le savait encore dangereux malgré cette première victoire, aussi cessa-t-elle de l’humilier.

– Vous avez gagné pour cette fois, Abigaïl Walravens. Mais je reviendrai… Et cette fois-là, je gage que vous ne pourrez plus compter sur votre chance.

Le ton menaçant du Mummontalo fit ravaler à Abigaïl les derniers sarcasmes qu’elle avait encore en réserve. Puis il disparut dans les flots avec un remous qui fit danser l’écume au sommet des vagues. Abigaïl attendit que l’eau soit parfaitement plane avant de murmurer :

– À une prochaine fois, Haliphron…

Puis elle s’encourut rejoindre Phoebe et Anton sur la digue. Elle savait que beaucoup de travail l’attendait, entre l’autopsie des petits Mummontalo desséchés par l’air libre, et l’apprivoisement de celui qui devait encore dormir dans ce qui fut le bassin des petites roussettes. Elle savait qu’elle avait tout ce qui lui fallait sous la main pour comprendre le fonctionnement des Mummontalo, et pour contrer une seconde tentative d’invasion.

Et elle savait aussi qu’elle ne regarderait plus jamais Phoebe de la même façon.

Post-scriptum : le terme Mummontalo vient du finnois « Mummon talo » qui signifie « la maison de grand-mère »… Ouais, rien à voir… Mummon talo est aussi le titre d’une chanson du groupe folk breton EV

Nota Bene

Cette histoire, les idées et les personnages qu’elle contient sont la propriété exclusive d’Acherontia Nyx. Toute tentative de « copillage » (copie du texte, des images, des concepts, des personnages, des patronymes inventés…), que ce soit à des fins commerciales ou non, est strictement interdite.

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