[Interview] Cédric Sire

Vindicta, le nouveau roman de Cédric Sire, marque un virage important dans la carrière du romancier. Tout d’abord, un changement de pseudonyme, et en plus une nouvelle maison d’édition ! Du point de vue littéraire, Vindicta s’inscrit comme le digne successeur du Feu de l’Enfer, le précédent et très remarqué thriller de Cédric Sire. Ce nouveau livre propulse l’un de mes auteurs favoris au rang des maîtres incontournables du thriller français !

« Je ne sais pas si Vindicta est mon roman le plus gore, en tout cas c’est une de mes histoires les plus viscérales. »

Cédric Sire

Salut Cédric, tu es en pleine tournée promotionnelle pour ton nouveau roman, tu écumes toute la France et notre plat pays n’est pas en reste non plus. C’est une promo du Feu de l’Enfer… Comment te sens-tu ?

Au top ! Depuis que mon roman Vindicta est sorti, je n’ai jamais été autant sollicité. Ce thriller a retenu l’attention de nombreux festivals de littérature qui ont eu la gentillesse de m’inviter. La Fnac l’a également beaucoup aimé et a décidé d’organiser une tournée de rencontres dans différentes villes. Je n’avais encore jamais eu de tournée promo à cette échelle et j’adore, cela me permet de rencontrer des lecteurs un peu partout !

Avec Vindicta, tu dis avoir amorcé deux grands virages, un qui est d’ordre éditorial et un plus personnel, tu peux m’en parler ?

Cette année a été celle de tous les changements pour moi ! (Rires.) J’ai modifié mon pseudonyme, qui était Sire Cédric et qui devient, de manière plus classique, Cédric Sire, tout d’abord. J’ai également quitté ma ville, Toulouse, pour m’installer à Paris. Je multiplie des projets qui sortent résolument du fantastique de mes débuts pour jouer avec divers autres genres littéraires, chez plusieurs éditeurs différents. Bref, je m’amuse. J’ai mille idées ultra motivantes à concrétiser.

Tu as été publié aux Presses de la Cité des années durant, comment s’est terminée cette collaboration ?

En très bons termes, bien sûr. Je suis heureux d’avoir pu publier deux romans chez cette prestigieuse maison. Mes nouveaux projets n’étaient tout simplement pas adaptés à leurs domaines de compétences. En octobre, par exemple, je publie un livre dédié au Hellfest. Il est édité par Gründ, une maison spécialisée en beaux livres de ce type.

La maison d’édition Cosmopolis, qui publie Vindicta, semble être totalement indépendante, quelle est sa philosophie ?

Du noir, de la qualité, de la liberté. Vindicta était précisément le genre de livre que Cosmopolis souhaitait publier. Il est agréable de se sentir porté par une équipe enthousiaste ! Bien sûr, ils se lancent, ils ont tout à prouver. Ils se donnent donc à deux cents pour cent pour y parvenir.

Vindicta est ton roman le plus gore à ce jour, pourtant du Feu de l’Enfer n’était pas en reste. Comment as-tu construit cette plongée dans le gore et l’hémoglobine débordante ? Il semblerait qu’il n’y ait point de salut.

Je ne sais pas si Vindicta est mon roman le plus gore, en tout cas c’est une de mes histoires les plus viscérales. Tous les personnages y sont en chute libre, les nerfs à vif, ils se laissent guider par leurs émotions du début à la fin, et je me suis laissé guider par leurs réactions tout au long de l’écriture. Le récit est par conséquent devenu beaucoup plus sanglant que je l’avais envisagé initialement, mais ce n’est absolument pas par voyeurisme. Je déteste la violence pour la violence. Dans cette histoire, l’escalade progressive et, il faut bien le dire, toutes les scènes de torture qui en résultent ne sont que le reflet de la progression psychologique des personnages. Je voulais les pousser à leur limite pour comprendre ce qu’ils avaient dans le ventre. Écrire de cette manière m’a épuisé, mais le résultat est exactement ce que j’avais en tête en termes d’intensité, je suis donc très content d’avoir procédé ainsi.

Pour la sortie de ce nouveau roman, Franck Thilliez s’est livré à un petit exercice, comment est-ce arrivé ?

Franck Thilliez est un ami. Au bout d’un moment, à force de se croiser régulièrement, tous les auteurs se connaissent bien. Je lui avais envoyé le livre avant la publication, pour avoir son retour. Il se trouve qu’il l’a beaucoup aimé et nous avons eu l’idée de ce bandeau. C’est un énorme coup de pouce de sa part. Mais Franck est l’homme le plus gentil du monde, en plus d’être un incroyable romancier !

L’année dernière, lorsque je t’ai interviewé pour Metallian Magazine et le roman du Feu de l’Enfer, je te comparais plutôt à un Maxime Chatttam qu’à un Stephen King, aujourd’hui, après la lecture de ce nouveau roman, je persiste et signe. Et toi ?

Disons que Chattam et moi sommes des enfants de King, chacun à notre manière. Je considère que tous les auteurs de frisson de la vague actuelle font partie de la même famille. Pour la première fois dans l’histoire, les lecteurs préfèrent les auteurs francophones aux anglo-saxons, ce qui doit être souligné car cela en dit beaucoup sur l’évolution de notre production littéraire en termes de qualité et de profondeur ! Thilliez, Beuglet, Norek, Giébel, Favan, Minier, Bizien, Gilberti, Delzongle, Köping, Abel, Giacometti, Ravenne, Lebel, je pourrais continuer encore et encore cette liste… Aucun d’entre nous n’a la même voix, ni le même type de romans, pourtant nous formons une sorte de « scène » du nouveau noir qui a changé la donne et s’installe durablement.

Nous aurons le plaisir de te retrouver à Mon’s Livres à la fin de l’année tu seras un peu un invité d’honneur pour l’inauguration de la section Polar et Thriller. Mais tu viendras également présenter un nouveau livre !

C’est exact. En plus de Vindicta, il y aura l’ouvrage intitulé Hellfest : le festival raconté par les groupes. Je l’ai réalisé avec la formidable Isabelle Marcelly, qui sera présente avec moi à Mon’s Livres. Isabelle a longtemps été journaliste dans la presse metal. Après plus de vingt ans dans le milieu, elle connaît personnellement de nombreux musiciens, d’où l’idée que nous avons eue : faire un livre où le festival serait raconté par les artistes qui y ont joué. Ce concept a séduit l’éditeur Gründ mais aussi le Hellfest, ce qui fait que l’ouvrage est un produit officiel de l’événement.

Un rêve de gosse pour moi, je ne te le cache pas. De Behemoth à Nightwish, en passant par Sabaton, Megadeth, Amon Amarth, Slash ou Avatar, il y a les témoignages de cent groupes au sommaire. Chacun apporte ses anecdotes, digressions philosophiques, bref de l’humain et de la passion. Le tout est richement illustré, car c’est avant tout un beau livre en très grand format, et la préface a été écrite par Tobias Forge lui-même ! Isabelle et moi nous ferons un plaisir de le présenter aux metalleux qui viendront nous voir !

Tu es considéré comme un auteur étant très proche de ses fans, imaginais-tu au début de tes écrits que tout cela prendrait une telle ampleur ?

J’ai surtout conscience de ma chance. Je peux me lever chaque matin et m’adonner à ma passion. Et cela, c’est aux lecteurs que je le dois entièrement. C’est pourquoi je ne cesse de le leur répéter quand je les vois et de les remercier, c’est sincère et toujours un moment de pur bonheur.

Une interview signée Nicolas André

Nota bene

Ceci est ma toute première interview d’auteur publiée sur le blog ! Et non des moindres, puisque c’est Cédric Sire qui se livre au jeu des questions/réponses pour la promotion de son dernier roman, Vindicta. Je me dois tout de même rendre à César ce qui est à César, puisque cette interview n’est pas de moi, et n’était à la base pas destinée à voir le jour sur ce blog. En effet, c’est mon compagnon qui l’a réalisée. L’article devait initialement paraître dans un magazine, mais malheureusement, cela n’a pu se faire. Mon compagnon souhaitait que le travail effectué par l’auteur et lui-même ne soit pas perdu. Je lui ai donc proposé de publier le résultat sur mon blog, proposition que Cédric Sire a acceptée à mon grand bonheur (et pour le vôtre aussi, je l’espère).

J’aurai l’occasion de vous parler plus en profondeur de Vindicta lorsque je l’aurai lu moi-même, mais aussi du recueil sur le Hellfest, dont la chronique figurera dans mes Feuillets Métalliques. C’est une rubrique du blog que vous ne connaissez pas encore mais qui est en préparation depuis un gros mois et qui verra le jour à la fin de ce mois d’octobre.

2 réflexions sur “[Interview] Cédric Sire

  1. Chouette interview, bravo à ton compagnon !
    Du Feu de l’Enfer ne m’avait pas convaincue (J’ai préféré ses thèmes plus fantastiques), mais là, ça me donne presque envie de donner sa chance à Vindicta :p
    Hâte de découvrir cette nouvelle rubrique aussi 😀

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