[Chronique] Par-delà le gouffre des étoiles, de Frédéric Gynsterblom

À défaut d’avoir atteint les sommets de l’horreur, au bout d’une ascension longue et laborieuse, c’est surtout le gouffre de la bêtise que j’ai trouvé… Un trou noir béant qui a avalé aussi bien les étoiles que mes espoirs de fan de Lovecraft.

Acherontia

Synopsis

couv53121210Les Grands Anciens ont été, sont et seront.
Du fin fond des univers multidimensionnels, ils jailliront en légions pour revendiquer la propriété de la Terre, reléguant le bétail humain au rang de pâture gémissante et soumise.
Mais peut-être sont-ils déjà là ? Dissimulés sous les traits de quidams les plus anodins ou sommeillant dans notre ADN, attendant patiemment le début d’un nouveau cycle.
Par la porte du ciel nocturne, ils viendront. Par delà le gouffre des étoiles, ils déferleront sur l’humanité pour l’emporter dans les ténèbres.
En s’inspirant de la mythologie de Lovecraft, Frédéric Gynsterblom est sur le point d’atteindre les sommets de l’horreur.

La loi d’attraction universelle

Celles et ceux qui me suivent régulièrement n’auront pas de mal à comprendre pourquoi j’ai choisi ce service presse parmi ceux proposés lors d’une des dernières Masse Critique Babelio. C’est turquoise, déjà. C’est du belge. C’est tentaculeux. Et puis ça fleure le Lovecraft à plein nez! CQFD!

Au passage, je remercie chaleureusement les éditions Livre’s Book pour le service presse!

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Par-delà le gouffre de la désillusion

Est-il besoin de vous faire un dessin pour vous dire que je n’ai pas trouvé dans ce recueil de nouvelles ce que j’étais venue y chercher? Dès la première nouvelle, je me suis trouvée désappointée. Alors que j’entamais cette lecture avec un enthousiasme débordant, ma joie est retombée comme un gros soufflé au fromage mal cuit.

Ma première déception viendra du fait que, très vite, je me suis aperçue que les nouvelles ne se basaient pas l’univers de Lovecraft à proprement parler, mais surtout sur le Necronomicon, un ouvrage publié dans les années 70, et plus connu sous le nom de Necronomicon Simon. Il n’est pas mauvais en soi, mais s’éloigne tout de même assez bien de l’univers initial proposé par l’auteur. S’il se veut un hommage à l’auteur, il verse totalement dans l’occultisme, avec rituels magiques à la clé. N’allez pas croire que les pseudo-gravures de mains en début de chaque nouvelle soit un hommage à la culture metal, ou une tentative d’explication de ses symboles. Même si cela y ressemble furieusement, je crois que l’auteur a simplement repris des signes et des explications présents dans le Necronomicon Simon. Cela n’apporte au final pas grand chose. Je n’ai pas bien compris le lien des symboles avec les nouvelles, et je crois bien que leur seul rôle est de donner l’illusion que l’on tient un ouvrage occulte entre ses mains. Bref, je ne suis pas convaincue. Alors, c’est vrai que je pourrais vous expliquer pourquoi ce recueil ne peut pas être considéré comme une fiction lovecraftienne. Mais pour être honnête, je n’en ressens pas l’envie. J’ai surtout envie de boucler cette chronique, et de repartir sur autre chose. D’ailleurs, Tiéphaine l’explique beaucoup mieux que moi dans sa critique sur Babelio. Et il n’est nul besoin de vous dire que je partage entièrement son avis…

Seconde déception, l’auteur mélange tout… mais vraiment tout! On voit ainsi apparaître au petit bonheur la chance les créatures inventées par Lovecraft, même si elles n’ont pas de liens entre elles dans la mythologie de base. Mais ce n’est pas fini. L’auteur démultiplie les clichés censés filer la frousse au lecteur. À croire qu’il a regardé des films d’horreur de série Z en boucle jusqu’à overdose… C’est particulièrement flagrant dans la seconde nouvelle, où l’auteur mélange vampires, nazis et franc-maçonnerie (soi-dit en passant, je constate que les idées reçues concernant cette dernière ont encore la vie dure…). Je me suis retrouvée à lire un condensé de poncifs du genre horrifique avec une mine de profond dégoût, comme lorsqu’on s’apprête à boire une tasse de bon café fumant, et que la première lampée nous laisse un goût de jus de chaussette. Je vous avoue que l’apparition des francs-maçons dans le récit m’avait déjà partiellement assommée. Je me suis dit : « Qu’est-ce encore que cet embrouillamini? » Puis les nazis ont fait leur apparition… et là, ça a été le coup de grâce pour moi. J’ai lâché ma lecture et l’ai laissée de côté. J’ai bien essayé de la reprendre par la suite, sans grand succès. J’ai lu le reste en diagonale pour écrire cette chronique de façon complète, et puis sait-on jamais que les nouvelles suivantes en vaudraient la peine? Mais non, en fait.

Et je ne vous parle même pas de l’état du texte en lui-même! J’avais le sentiment d’être en possession du premier jet du manuscrit non corrigé! Mise en forme hasardeuse, orthographe déplorable (et je ne pense pas qu’il ne s’agisse que de fautes de frappe), une ponctuation catastrophique, et ces maudits « !!! » qui reviennent après chaque exclamation, donnant à ce recueil l’allure d’un roman de gare mal fagoté.

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En résumé

Attention, attention, mes chers poulpes! Ce livre n’est pas la fanfiction lovecraftienne tant attendue! Ne vous laissez pas abuser par le pentacule de la couverture! Ici, au mieux, vous n’aurez droit qu’à un ersatz. Et encore. Et c’est vraiment dommage, car de nombreuses erreurs auraient pu être évitées. Surtout les fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, mais aussi l’emploi presque systématique de figures clichés des récits horrifiques de 36e zone qui sont plus risibles qu’effrayantes.

À défaut d’avoir atteint les sommets de l’horreur, au bout d’une ascension longue et laborieuse, c’est surtout le gouffre de la bêtise que j’ai trouvé… Un trou noir béant qui a avalé aussi bien les étoiles que mes espoirs de fan de Lovecraft.

Je m’attendais à mieux de la part de Livre’s Book. J’avais entendu beaucoup de bien à leur sujet ces derniers temps, mais là, pour le premier roman que je lis venant d’eux, c’est la douche froide. Bah, il ne me reste plus qu’à me sécher, et réitérer l’expérience avec un autre roman de cette maison d’édition, en évitant de me jeter sur le premier tentacule!

Ma note

6/20

 

 

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