[Chronique littéraire] Le trône de Satan, de Graham Masterton

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[Chronique littéraire] Le trône de Satan, de Graham Masterton

Résumé…

Rick Delatolla se flatait d'avoir le don de flairer les bonnes affaires. Et le fauteuil en acajou richement sculpté de serpents et de corps humains entrelacés paraissait bien être l'occasion du siècle.
Jusqu'à ce que des choses étranges commencent à arriver à Rick et sa famille : arbres du jardin dépérissant en quelques heures, journées entières s'écoulant en un clin d'oeil, chien dévoré de l'intérieur par un monstrueux insecte.
Rick savait qu'il n'avait pas le choix : il fallait qu'il détruise le fauteuil avant que le fauteuil ne détruise tout ce qui comptait pour lui.
Mais le trône de Satan l'avait pris en affection et tenait absolument à lui accorder ses bienfaits…

La loi de l'attraction universelle…

Les romans de Masterton sont en quelques sortes mes romans de l'été. Certains lisent des Harlequins sur la plage, du Guillaume Musso, du Harlan Coben, ou Cinquante de nuances de Grey… moi, c'est du Graham Masterton. Pourquoi? Parce que j'ai lu mon tout premier Graham Masterton il y a un peu plus de treize ans de cela, alors que j'étais en vacances en Provence. Depuis lors, dès que j'ouvre un Masterton, c'est l'ambiance des vacances qui s'invite chez moi! Chaque année, je m'offre quelques romans de Masterton, et je les dévore au soleil ^^ Cette année, j'ai commencé avec le Trône de Satan, et je continuerai avec les Puits de l'enfer, puis le Jour J du jugement… Quel programme!

Peu d'originalité…

Ce que j'aime, d'habitude, chez Masterton, ce sont les vieilles légendes ou les croyances passées de mode qu'il va dégoter pour ensuite nous livrer une de ces compositions gore et glauque à souhait. Dans ce roman, nous avons affaire à un super fauteuil maléfice capable de tous les maléfices. Euh… ouais bon, côté originalité, on repassera, hein… Les objets maléfiques, ensorcelés ou hantés, je crois qu'on en trouve à la pelle dans la littérature d'horreur. Déjà à ce stade, je me trouve un rien déçue par rapport à ce que l'auteur nous propose habituellement. Mais je me rassure en me disant qu'il va certainement nous garder en haleine avec pleins de rebondissements, des tueries aussi sanglantes que tordues, une intrigue haletante, et une finale qu'on n'attend plus tellement la situation paraît impossible à résoudre. Eh bien…

Attention : risque de spoil!!

Eh bien non, pas de bol! Niveau gore, nous avons la mort atroce du pauvre labrador qui n'a rien demandé à personne. Ça reste courant, dans ce type de bouquins, ce sont souvent les animaux de compagnie qui y passent en premier. Parce que ça fait froid dans le dos, parce que ces petites bêtes-là, c'est tout mignon, tout Kawaï, et qu'on n'a pas du tout envie de les imaginer baignant dans leur sang, les intestins à l'air… Du coup, c'est un effet régulièrement utilisé par les écrivains d'horreur. Tellement utilisé que ça en devient trop banal, trop attendu.

Seconde scène gore? Le pauvre curé du village qui se fait massacrer par la méchante influence maléfique du fauteuil. Oui bon… Là encore, c'est trop attendu. Le curé entrait à peine dans l'histoire que je connaissais déjà le sort qui lui serait réservé. Et bien franchement, Masterton a déjà trouvé plus original et plus tordu comme façon de rendre l'âme.

Et puis après? Plus grand chose, en fait… Et quoi, merde?! C'est pas censé être LE trône de Satan en personne? Question influence maléfique, j'ai déjà vu plus impressionnant (dit celle qui n'en mènerait pas large s'il devait lui arriver ne fut-ce que le quart du dixième de ce que le héro de l'histoire subit XD). On aurait pu imaginer, je ne sais pas, moi… des gens qui deviennent fous au contact du fauteuil et qui se mettent en devoir de trucider tout ce qui passe à leur portée, peut-être. Ou des scènes où le fauteuil tuerait les gens de façon atroce et abjecte à distance. Ou encore, des scènes d'orgie où ceux qui approchent le fauteuil deviendraient incapables de contrôler leurs pulsions… Oui, enfin bon ^^'… C'est le fauteuil du diable, les mecs, on aurait pu se permettre toutes les horreurs possibles et imaginables, mais au final, non. Deux scènes de gore, un peu de surnaturel pas bien méchant à gauche à droite, c'est tout. Comme le dit Rammstein dans sa chanson "Bück dich", ich bin enttäuscht… (je suis déçue, pour les non-germanophones XD).

Et que penser du grand final, alors? Le fils du héro, l'Innocent agneau de Dieu, qui vient sauver les meubles (c'est le cas de le dire :-D) en repoussant l'infernal présence. Euh… déjà, c'est pas parce que c'est un enfant qu'il est innocent, hein. Les enfants, ça fait des bêtises comme tout le monde, ça peut dire des méchancetés, se moquer de ses petits camarades de classe et faire sa teigne quand l'envie leur en prend. Innocence, peut-être, et encore. Perfection, je ne pense pas. Et puis le coup du "Papa, je ne veux pas aller m'assoir sur le fauteuil qui fait peur", et puis quand le héro tourne le dos deux secondes, le petit va prendre sa place tout naturellement sur le trône, euh… faudra m'expliquer ce qui l'a fait subitement changer d'avis. Peut-être que Satan, qui était en train de s'incarner sur son trône, tenait un super caramel maléfique en main? Je me moque un peu, là, mais oui, c'est le résultat d'une frustration sans borne causée par un "grand final" d'à peine deux pages et demi qui laisse vraiment un goût de trop peu.

En résumé…

Points positifs :
  • C'est un roman de Graham Masterton… donc c'est censé être bien. Je dis bien "censé".
  • L'ambiance est quand même sympa et pas trop mal rendue, on ressent malgré tout bien l'influence maléfique du fauteuil sur la vie du héro et de sa famille.
  • L'impression de désespoir total quant à la résolution du problème de départ, impression souvent inhérente aux romans de Masterton.
Points négatifs :
  • Très peu d'originalité par rapport à ce à quoi l'auteur nous a habitués.
  • Intrigue et fin trop courtes et pas assez développées.
  • Exploitation du thème de Satan assez pauvreteuse, selon mon avis.
Ma note : 13/20. J'aurais pu mettre moins, mais j'ai rajouté un point ou deux pour l'ambiance générale du récit.

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